Article écrit depuis Mars, mais j'avoue que j'ai mis du temps à le traduire en anglais... 

Musique, pièce de théâtre, slam… La dédicace de « Démon-cratie » sortait de l’ordinaire. Malgré le retard accusé avant le début de la cérémonie, je n’ai pas regretté d’y être allée. On était loin de l’image de l’écrivain qui s’assoit pendant des heures dans une librairie, en espérant que des clients lui achèteront un livre. C’était exactement le genre de dédicace de livre que j’avais envie de voir. 

 

Le titre du roman, les jeux de mots entre démon et démocratie attirent. La couverture me séduit moins mais laisse présager les évènements sordides qu’on découvre entre ces pages. Dans la république de Nêtêbêsso, les religieux mènent une lutte acharnée pour obtenir le pouvoir. Imams, prêtres et pasteurs, utilisent le bon Dieu pour assouvir leurs desseins malsains. La population se laisse endoctriner et subit les dérives de ses dirigeants. Les extrémistes de chaque religion commettent de nombreuses exactions au nom de leur pseudo foi. Les puissances occidentales tissent des alliances avec ceux qui peuvent les aider à piller le pays. Vous l’avez compris, le chaos est le maitre-mot dans « Démon-cratie. » 

 

En général j’aime les histoires dramatiques, mais là cela en était trop pour moi. Le jour de la dédicace, l’artiste Wêrê-Wêrê Liking a déploré le manque d’amour dans certaines oeuvres en général. Elle souhaitait qu’on fasse plus la promotion des choses positives parce que l’on attire ce à quoi l’on pense. Je l’ai comprise lorsque je me suis plongée dans la lecture de  « Démon-cratie. » Le tourbillon de violence dans ce livre ne me donnait qu’une envie: tourner la dernière page. La description de certaines scènes d’horreur était trop crue à mon goût. Alors que Yahn Aka parlait d’une lueur d’espoir le jour de la cérémonie, j’ai eu du mal à l’apercevoir au fil des chapitres. 

 

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Dans « Démon-cratie », j’ai eu l’impression que le peuple ne pourra jamais se défaire de ces dirigeants assoiffés de pouvoir qui ne pensent qu’à leurs intérêts personnels. Et quand ils se débarrassent d’un, c’est pour en accueillir un autre du même calibre s’il n’est pas pire… J’ai entr'aperçu cette même idée d’un cycle infernal à la fin de « Le cercle des tropiques » d’Alioum Fantouré. Seulement avec ce dernier au moins, certains personnages ont vaillamment lutté et sont demeurés fidèles à la cause du peuple. Dans « Démon-cratie », l’accent est plus porté sur le mal que le bien. L’écrivain est libre de choisir la dimension qu’il souhaite donner à son oeuvre mais, j’aurais bien aimé voir un peu plus les actions de ceux qui n’acceptent pas de demeurer sous le joug des dictateurs. 

 

« Démon-cratie » est une satire du fondamentalisme religieux et de la mauvaise gestion du pouvoir dans nos pays Africains. Yahn Aka pointe du doigt de nombreux maux qui minent le continent sans oublier d’y mentionner le rôle joué par les anciens colonisateurs. J’ai apprécié les dénonciations faites par l’auteur et le style utilisé mais j’ai vécu un véritable cauchemar avec les coquilles qui pullulaient le livre. Des mots qui ont sauté, des accords mal appliqués, la mauvaise utilisation des ponctuations… Je sais que ce n’est pas toujours évident de se relire soi-même mais je me suis demandée s’il existe des gens chargés de faire des relectures et des corrections d’oeuvres littéraires à Abidjan. J’ai été encore plus déçue en pensant au fait que l’auteur lui-même possède une maison d’édition. « Démon-cratie » devrait être corrigé et réédité.

 

Yahn Aka a voulu utiliser le style Nzassa de l’écrivain Jean Marie Adiaffi, qui allie plusieurs genres dans un seul livre. Je ne suis pas une fan de poésie mais j’ai apprécié les poèmes insérés dans chaque chapitre, la plupart du temps à la fin. Ces poèmes me font penser à un homme qui entre en scène à la fin de chaque acte d’une pièce de théâtre, pour déclamer quelques vers résumant la situation. En repensant au monologue joué le jour de la dédicace et au style utilisé dans le livre, j’espère vraiment que Yahn Aka pensera à en faire une pièce de théâtre. Je serais prête à payer pour voir une mise en scène complète de « Démon-cratie ».

 

 

"Démon-cratie" by Yahn Aka 


Written since march, but I admit I took a lot of time to translate it in English... 
 

Music, play, slam ... The dedication of « Démon-cratie" (Demon-cracy) was out of the ordinary. Despite the delay before the ceremony, I didn’t regret going there. We were far from the image of the writer who sits for hours in a bookstore, hoping that the clients buy him a book. It was exactly the kind of book dedication I wanted to see.  

 

 

 

The title of the novel, the pun between demon and democracy attract. The cover was less attractive to me but helps to predict the sordid events that one discovers through the pages. In the Republic of Nêtêbêsso, the religious people are fighting for power. Imams, priests and pastors, use God to satisfy their unhealthy purposes. The population is easily indoctrinated and suffers the abuses of its leaders. The extremists of each religion commit many exactions in the name of their pseudo-faith. The Western powers are building alliances with those who can help them to plunder the country. As you can see, chaos is the keyword in "Démon-cratie." 

 

I usually like dramatic stories, but that was too much for me. On the day of the dedication, the artist Wêrê-Wêrê Liking deplored the lack of love in some books in general. She wanted us to promote more positive things because we attract what we think. I understood it when I got into the reading of "Démon-cratie." The whirlwind of violence in this book triggered only one desire: turn the last page. The description of some horror scenes was too raw for me. While Yahn Aka mentioned a glimmer of hope on the day of the ceremony, I had trouble seeing it through the chapters. 

 

 

In "Démon-cratie," I had the impression that people will never be able to get rid of those power-hungry leaders who only care about their personal interests. And when they get rid of one, it’s to accommodate another of the same calibre if not worse ... I came across this same idea of ​​an infernal cycle at the end of « Le cercle des tropiques » (The circle of the tropics) by Alioum Fantouré. But with the latter at least, some characters bravely fought and remained faithful to the cause of the people. In « Démon-cratie », there is more emphasis on evil than good. The writer is free to choose the dimension he wishes to give to his work, but I would have liked to see more of the actions of those who do not accept to remain under the yoke of dictatorships.

 

"Démon-cratie" is a satire of religious fundamentalism and mismanagement of power in our African countries. Yahn Aka points the finger at many evils that undermine the continent without forgetting to mention the role played by the former colonizers. I appreciated the denunciations made by the author and the style used but I had a nightmare with the typos that swarmed the book. Missing words, wrong conjugation, misuse of punctuation ... I know it's not always easy to reread oneself but I wondered if there are people in charge of proofreading literary works in Abidjan. I was even more disappointed thinking about the fact that the author himself owns a publishing house. "Démon-cratie" should be corrected and re-edited.

 

Yahn Aka wanted to use the Nzassa style of the writer Jean Marie Adiaffi, which combines several genres in a book. I am not a fan of poetry but I appreciated the poems inserted in each chapter, usually at the end. These poems make me think of a man entering the scene at the end of each act of a play, to declaim a few verses summarizing the situation. Thinking again about the monologue played on the day of the dedication and the style used in the book, I really hope that Yahn Aka will think of making it a play. I would be willing to pay to see a fully staged production of « Démon-cratie". 

 

 

Les Chroniques De Tchonté

Young African woman addicted to God, Books, Ice Cream, Travels, Writing and much more. I want to transform the education system in Cote d'Ivoire. Isn't that great or crazy? Fotamanan (Welcome in Senoufo) to my world. Take a seat!

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