Dans mon article précédent, je vous parlais de mon challenge de 2017. Celui de lire tous les Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire. La tâche ne semble pas aisée donc je me suis mise à l’oeuvre dès que possible. Je ne regrette pas d’avoir commencé par "La carte d’identité" de Jean-Marie Adiaffi. Tout le long du livre, je me demandais pourquoi je n’ai pas eu la chance de connaître Adiaffi. Il fait partie sans aucun doute des pionniers de la littérature ivoirienne. Né en 1941, Jean Marie Adiaffi était écrivain, scénariste, cinéaste et critique littéraire. Il a fait des études de cinéma puis a obtenu une licence en philosophie à la Sorbonne. Il a également donné des cours de philosophie dans des collèges et lycée en Côte d’Ivoire. Adiaffi a obtenu le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire en 1981 pour "La carte d’identité." Il est malheureusement décédé en 1999. Vous en saurez plus sur lui via wikipédia

J’ai particulièrement aimé l’aspect culturel de "La carte d’identité". Des mots, expressions et proverbes en Agni, nous permettent de découvrir la culture Agni et Akan. "La carte d’identité" est une satire de l’aliénation politique, culturelle et religieuse qu’ont subi les Africains avec la colonisation. Mélédouman (je n’ai pas de nom) prince héritier du royaume de Bettié, est arrêté par le Commandant de Cercle Kakatika (monstre géant). Mélédouman est conduit au bureau du commandant sans la moindre explication. Sur les lieux, on lui demande de présenter sa carte d’identité. Il a beau fouillé, le prince Agni n’arrive pas à trouver le fameux papier. Il est emprisonné, battu et torturé, au point où il devient aveugle. Le Commandant lui accorde une semaine pour retrouver la carte. Guidé par sa petite fille Ebah Ya, Mélédouman aveugle et fatigué, part à la recherche de ce bout de papier dont dépend sa survie. 

Malgré les longues tirades de Mélédouman qui m’ennuyaient parfois, j’ai vraiment aimé son personnage. Certains interlocuteurs, le prêtre de l’église, le Commandant, et le maître de l’école, tentaient de défendre la colonisation et ses outils d’asservissement. C’était juste magnifique de lire les arguments de Mélédouman pour les contrer. Il a fait des études en France, mais explique au Commandant qu’il ne s’en sent pas plus important que les autres villageois du royaume. Pour Mélédouman, la culture Africaine et Agni en particulier, est toute aussi magnifique que celle du Français. La langue française aujourd’hui utilisée en de nombreux lieux, a elle même été méprisée dans les siècles passés. C’est à force de travail acharné, que certains savants ont réussi à la défendre et à l’enrichir. La lutte d’imposition du français, devrait nous servir d’exemple pour maintenir et enrichir nos langues maternelles. Au sortir de ce livre, j’ai eu encore plus envie d’apprendre Nafara (Sénoufo) et de partager ma culture avec les autres. 

Faites un tour sur ma page Facebook pour ne rien rater. N’hésitez pas à partager votre avis si vous avez déjà lu "La carte d’identité" de Jean-Marie Adiaffi. En tout cas, je vous le recommande! 

The identity card by Jean-Marie Adiaffi

In my previous article, I was talking about my challenge of 2017. That of reading all the Major Literary Prize of Black Africa (Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire). The task doesn’t seem easy so I started as soon as possible. I don’t regret starting with "The identity card" by Jean-Marie Adiaffi. Throughout the book, I wondered why I didn’t get a chance to know Adiaffi. He is undoubtedly one of the pioneers of the Ivorian literature. Born in 1941, Jean Marie Adiaffi was a writer, screenwriter, filmmaker and literary critic. He studied cinema and then obtained a bachelor's degree in philosophy from the Sorbonne. He also taught philosophy at high schools in Cote d'Ivoire. Adiaffi obtained the « Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire » in 1981 for  "The identity card". Read more about him via wikipedia.
 

I particularly liked the cultural aspect of the identity card. Words, expressions and proverbs in Agni, help us to discover the Agni and Akan culture. "The identity card" is a satire of the political, cultural and religious alienation that Africans underwent with colonization. Mélédouman (I don’t have a name) crown prince of the kingdom of Bettié, is arrested by the Commander of Cercle Kakatika (giant monster). Mélédouman is taken to the commander's office without any explanation. Once there, he is asked to show his identity card. He looks in vain, the Agni Prince cannot find the famous paper. He is imprisoned, beaten and tortured to the point where he becomes blind. The Commander gives him a week to find the card. Guided by his granddaughter Ebah Ya, blind and tired, Mélédouman go to look for that piece of paper on which depends his survival.

Despite the long monologues of Mélédouman that sometimes annoyed me, I really liked his character. Some interlocutors, the priest of the church, the Commandant, and the school teacher, tried to defend colonization and its tools of enslavement. It was just magnificent to read Mélédouman's arguments to counter them. He studied in France, but explains to the Commander that he doesn't feel more important than the other villagers of the kingdom. For Mélédouman, the African culture and Agni in particular, is just as magnificent as that of the French. The French language used today in many places, has itself been despised in past centuries. It is through hard work that some scholars have succeeded in defending and enriching it. The struggle to impose French should serve as an example to maintain and enrich our mother tongues. At the end of this book, I had a higher desire to learn Nafara (Sénoufo) and to share my culture with others.

Take a look at my Facebook page to stay tuned. Don’t hesitate to share your opinion if you have read "The identity card" by Jean-Marie Adiaffi. Anyway, I recommend it!

 

Les Chroniques De Tchonté

Young African woman addicted to God, Books, Ice Cream, Travels, Writing and much more. I want to transform the education system in Cote d'Ivoire. Isn't that great or crazy? Fotamanan (Welcome in Senoufo) to my world. Take a seat!

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