Ce que j’ai appris en postulant chez UNICEF

Crédit photo : Milequem Diarassouba

J’ai commencé cet article avant d’avoir la décision finale d’UNICEF et je comptais le publier indépendamment du résultat mais j’avoue que c’est beaucoup plus cool de le faire après une réponse positive. Cela fait déjà plus de deux mois que je travaille chez UNICEF en tant que responsable de l’engagement des jeunes et j’ai envie de revenir un peu sur ce qui m’a amenée ici.

En 2019, j’ai décidé de prendre une année presque sabbatique, entièrement consacrée à mon blog et au Centre Eulis. Je voulais en profiter pour mettre sur pied des activités lucratives pour le centre tout en produisant plus de contenus en ligne. J’avais la chance de collaborer souvent avec des entreprises et autres organisations et donc d’avoir une source de revenu sans un travail à temps plein.

Al hamdoulilah, 2020 a été riche en expériences. La pandémie du Coronavirus a imposé un ralenti à nos activités mais cela m’a quand même permis d’essayer de nouvelles choses et de me lancer dans de nouveaux projets.

J’ai participé au programme Irawo Taka, qui m’a donné beaucoup plus confiance en moi et en ce que j’avais à offrir au monde, pour proposer des produits et services payants. Ce programme, Mylène et Ulrich, ont fait partie de mes sources de motivation pour lancer les ateliers Book’Art à Cocody puis des Box éducatives pour les enfants et plus tard pour les adultes avec Sakina.

J’ai co-animé un atelier d’écriture avec Befoune pendant plusieurs mois et nous avons vu passer cinq cohortes pour un total de 19 participants qui sont allés jusqu’au bout du programme. J’ai appris que j’avais la capacité de transmettre ce que je savais de l’écriture à d’autres personnes et de les accompagner dans leur processus pour lire utile, écrire utile et interagir utile. Je n’aurais sans doute pas eu le temps et l’envie d’essayer cette nouvelle expérience si j’avais un emploi à temps plein.

En Mai 2020, j’ai lancé la plateforme Hijab Stories pour partager des histoires autour du voile. En moins de 6 mois, nous avons passé la barre des 25 000 abonnés sur Facebook et nous avons donné la parole à 36 femmes pour partager leurs expériences. Ces vidéos aident à changer la perception de bon nombre de personnes sur le hijab et celles qui le portent et elles ont même amené certaines femmes à sauter le pas.

En Juillet 2020, une aînée m’a partagé une offre d’emploi d’UNICEF dans le domaine de l’engagement des jeunes. Ce post avait beau l’air d’être conçu spécialement pour moi, je me suis demandé si j’avais l’expérience nécessaire pour y prétendre. J’ai postulé sans me faire d’illusions mais j’ai quand même mis du cœur à l’ouvrage. Je n’ai eu aucun retour pendant des semaines puis l’offre a été à nouveau mise en ligne en Septembre. J’y ai postulé une seconde fois en me disant que je n’avais rien à perdre de toutes les façons.

J’avais envie de travailler chez UNICEF pour plusieurs raisons et la première est que je suis passionnée par l’éducation. Je veux contribuer au développement de générations de jeunes, agents de solutions dans leurs communautés. Je veux que notre système ne forme pas uniquement des jeunes en quête d’emploi mais que les apprenants puissent avoir les outils nécessaires pour améliorer le monde autour d’eux. Je ne me voyais pas travailler dans un domaine éloigné de l’éducation ou de l’autonomisation des jeunes.

Jeune championne UNICEF pour les enfants depuis 2018, j’ai eu l’occasion d’observer le travail que fait UNICEF Côte d’Ivoire sur le terrain. Entre la construction de salles de classe à partir de briques en plastique recyclé, et les nombreux programmes pour développer le potentiel des jeunes comme U-Report, Jeunes blogueurs, et Jeunes reporters, je suis consciente qu’UNICEF contribue réellement à changer les choses loin des préjugés que l’on a souvent sur les organismes internationaux.

Travailler à UNICEF représentait pour moi une opportunité de toucher beaucoup plus de jeunes et de me rapprocher davantage de ma mission d’améliorer l’éducation en Côte d’Ivoire. En plus de mettre à profit les compétences que j’ai acquises dans le domaine de l’enseignement, de la création de contenu et de la gestion d’ateliers éducatifs, je pourrai en développer de nouvelles dans la mise en place de procédures, la communication et la gestion de projets à plus grande échelle in shaa Allah

Enfin, même si c’est le genre de choses que l’on ne dit pas toujours à voix haute, obtenir un post à UNICEF représentait également la garantie d’une source de revenu stable et satisfaisante, surtout pour les proches. Je savais que mes parents seraient plus rassurés et qu’ils délaisseraient les questions et remarques sur mes choix professionnels atypiques pour se focaliser sur ma vie sentimentale…

Plusieurs personnes pensent sans doute que j’ai été appelée directement par UNICEF grâce à mes actions dans le domaine de l’éducation des enfants et des jeunes mais il n’en est rien. Certes mon background a aidé dans le processus de sélection mais j’ai postulé comme tout le monde et c’était dur ! Je partage avec vous cinq choses essentielles que j’ai apprises pendant cette expérience.

1 – La première fois ne sera pas forcément la bonne.

Je n’aurais pas eu l’opportunité d’avoir cet emploi si je m’étais découragée après la première fois. J’aurais pu me dire que ce n’était pas fait pour moi parce que je n’avais pas eu de retour. Au lieu de cela, j’ai essayé de voir comment est-ce que je pouvais améliorer mon dossier et j’ai retenté ma chance. C’est une leçon que je devrai garder avec moi chaque fois que je serai amenée à aller au-delà de la première tentative.

2 – Les références sont importantes et parfois inéluctables.

J’ai souvent rechigné à postuler pour des offres de bourses, de participation à des formations ou autres qui nécessitaient que l’on soumette des lettres de recommandations. Je n’avais pas envie de déranger et je trouvais que je n’étais jamais suffisamment proche des personnes dont la recommandation aurait eu de la valeur : les professeurs, les conseillers, etc. Ce n’est pas un hasard si le système scolaire américain encourage la participation en classe et dans les clubs de l’école pour se démarquer et avoir de bonnes références en cas de besoin.

Les entreprises et les programmes d’excellence effectuent souvent des enquêtes avant de vous sélectionner et UNICEF n’a pas dérogé à la règle. J’ai eu des recommandations de la part de mes superviseurs à mes deux emplois précédents mais aussi de deux personnes avec qui j’ai collaboré dans des cadres différents. Cela m’a rappelée l’importance de faire des activités extra-professionnelles ou extra-scolaires qui représenteront une plus-value dans notre CV et d’entretenir de bonnes relations avec les personnes avec qui on travaille.

3 – Les gens sont prêts à vous aider.

Comme je le disais précédemment, je n’aime pas déranger. J’ai longtemps hésité avant de contacter la personne qui occupait le post avant moi pour lui demander des conseils. Pourtant dès que je l’ai fait, Daniel a été disponible pour répondre à toutes les questions que je me posais ; même celles dont les réponses auraient pu paraître évidentes. Je lui en suis tellement reconnaissante ! Je le suis également envers mon amie qui m’a aidée à affiner mon CV en me faisant mille et un retours. Parfois il suffit juste de demander.

4 – Les challenges nous aident à booster notre confiance en soi. 

À l’école, j’étais le genre d’élève qui pensait avoir raté le devoir et qui se retrouvait avec la meilleure note de la classe. Toujours avec ce fameux syndrome de l’imposteur, j’ai tendance à sous-estimer mes capacités, même si cela ne m’empêche pas forcément de réaliser ce que je souhaite. À chaque étape du processus, j’ai cru que j’avais tout foiré. Je l’ai pensé en soumettant le test écrit et également lorsque j’ai passé mon entretien. En même temps, chaque nouvelle étape représentait une victoire pour moi et une raison de croire en mon potentiel. Le processus de recrutement est tellement rigoureux que même en échouant au dernier round, on peut être fier de ce qu’on a pu accomplir.

5 – Tout arrive en temps voulu.

Dans mes prières, j’ai demandé à Allah de me permettre d’avoir cet emploi s’il serait un bien pour moi ou de m’en éloigner si ça ne serait pas le cas. Je savais que bon nombre de mes amis avaient des emplois plus stables et des revenus plus importants mais j’étais heureuse avec ce que j’avais accompli jusque là – quand mes proches ne me demandaient pas ce que je faisais de ma vie. – Tout ce que j’ai fait a contribué à mon épanouissement et à me mener où je suis aujourd’hui. Outre quelques courts épisodes de doutes, je n’avais aucune envie de faire autre chose que ce que je faisais. J’ai choisi de postuler à UNICEF parce que je savais que c’était une organisation et un poste qui m’aideraient dans ma mission personnelle. Je suis consciente que cette nouvelle aventure vient avec ses challenges mais après deux mois de travail, je suis plus que certaine que tout arrive en temps voulu et que je suis exactement là où je dois être.

Ps : Le processus de sélection a duré trois longs mois et c’était assez éprouvant d’être dans l’attente de la réponse finale.  Pour ceux qui seraient tentés de demander comment faire pour rejoindre UNICEF, il faut suivre tous les réseaux sociaux pour voir les offres publiées et postuler sur le site. Le processus de recrutement diffère en fonction du type de contrat mais vous pouvez être sûr qu’il sera fait sur la base du mérite.

Je vous recommande d’utiliser les magnifiques designs proposés sur Canva pour la rédaction de vos CVs et de vous engager dans les domaines qui vous intéressent pour être prêts lorsque la bonne opportunité se présentera in shaa Allah.

Publié par

Passionnée de lecture, d'écriture, de voyages et d'éducation. Je rêve de transformer l'éducation en Côte d'Ivoire. De la rendre plus interactive et inclusive.

27 commentaires sur « Ce que j’ai appris en postulant chez UNICEF »

    1. Merci pour ton partage d’expériences et félicitations à toi. Tu es vraiment là où tu seras encore plus utile à la jeunesse ivoirienne.

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  1. Merci de partager cette belle expérience. Je crois que les meilleurs personnes sont celles qui ont le plus peur de ne pas être à la hauteur. Mais tu es admirable. Bravo !!!

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  2. C’est très interessant d’avoir ton point de vue, UNICEF m’a permis de mieux me découvrir aussi, et de me professionnaliser dans mon domaine. Keep it Real sis’

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  3. Bonjour, bonne mission qu’Allah t’assiste. En lisant les 5 étapes on peut facilement comprendre vous aviez mérité ce poste. Moi j’ai une question ou je peux trouver les désigns proposé par canva

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  4. Je suis vraiment anthousiasmer par ton article ça m’a beaucoup donné de l’élan c’est ne vraiment pas facile de trouver ou réussir ce qu’on cherche d’un seul coup, mais votre historique est vraiment intéressant et m’a beaucoup touché au plus fond de ma sensibilité je te félicite vraiment restons en contact

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