Qu’est-ce qui peut amener la plus belle femme de l’entreprise à s’amouracher de l’homme le plus laid ?

David Foenkinos nous répondrait sans doute : la délicatesse.

J’ai beaucoup aimé ce livre. Je l’ai trouvé drôle, léger et poétique. On y découvre Nathalie, qui vit une belle histoire d’amour avec son époux François… jusqu’à sa mort brutale. Bouleversée, elle se renferme dans son travail et doit faire face aux avances de son patron, Charles, qui n’attendait que la bonne occasion pour lui déclarer sa flamme.

Nathalie le remet à sa place : il est marié, et même si elle devait à nouveau s’intéresser à un homme, ce ne serait absolument pas lui. 

Finalement, contre toute attente, c’est sur Markus que son choix va se porter. Markus est tout sauf un séducteur : ni beau, ni élégant, ni charismatique. Il est l’antithèse de tout ce qu’on imagine pour Nathalie. Et pourtant…

Au delà de ses maladresses, Markus est drôle, cultivé, et…. délicat. Et c’est peut-être ce dont Nathalie avait le plus besoin.

Ce roman est très différent de mes lectures habituelles, mais j’ai passé un bon moment de lecture, tout en douceur et plein de surprises.. J’ai particulièrement aimé les tournures de phrases, parfois presque absurdes, qui m’ont fait penser à l’univers de L’Étranger de Camus — sans jamais tomber dans l’invraisemblable.

Mon coup de cœur ? L’écriture. Je vous partage d’ailleurs quelques extraits à la fin.

En tout cas, si vous cherchez une lecture légère, sensible, sans prise de tête, ce roman se lit facilement et vous fera, à coup sûr, sourire.


Extraits

“ Elle aimait rire, elle aimait lire. Deux occupations rarement simultanées puisqu’elle préférait les histoires tristes. ”

“Quand un homme vient voir une inconnue, c’est pour lui dire de jolies choses. Existe-t-il, ce kamikaze masculin qui arrêterait une femme pour asséner : « Comment faites-vous pour porter ces chaussures ? Vos orteils sont comme dans un goulag. C’est une honte, vous êtes la Staline de vos pieds ! »”

Après l’accident de François. 

“Personne ne pouvait croire à son réveil. On tenta, illusion, de la rassurer : « On vous préviendra aussitôt, mais là, il est vraiment préférable que vous vous reposiez un peu. » Nathalie ne répondit pas. Chacun la poussait à s’allonger, à suivre le mouvement horizontal. Elle partit alors avec ses parents. Sa mère prépara un bouillon qu’elle ne put avaler. Elle prit à nouveau deux cachets, et tomba sur son lit. Dans sa chambre, celle de son enfance. Ce matin encore, elle était une femme. Et elle s’endormait maintenant comme une petite fille.”

“Elle avançait dans leur salon, et tout était là. À l’identique. Rien n’avait bougé. La couverture toujours sur le canapé. La théière aussi sur la table basse, avec le livre qu’elle était en train de lire. Et fut saisie tout particulièrement par la vision du marque-page. Le livre était ainsi coupé en deux ; la première partie avait été lue du vivant de François. Et à la page 321, il était mort. Que fallait-il faire ? Peut-on poursuivre la lecture d’un livre interrompu par la mort de son mari ?”

Markus, après le premier baiser surprise de Nathalie. 

“II prit l’escalier, oublia aussitôt ce fâcheux contretemps. Il se sentait toujours aussi léger, repassait en boucle dans sa tête la scène du baiser. C’était déjà un film culte dans ses souvenirs. Il ouvrit enfin la porte de son appartement, et trouva son salon bien trop petit par rapport à son envie de vivre. ”

Markus, quand il était adolescent, avant qu’il ne pleure pour une femme. 

“À cette époque, Markus n’avait pas encore une conscience aiguë de sa personne. Il se savait doter d’un physique peu agréable, mais cela ne lui paraissait pas surnaturel d’être avec une jolie femme. Depuis toujours, il avait entendu : « Les femmes ne sont pas aussi superficielles que les hommes ; le physique compte moins pour elles. L’essentiel sera toujours d’être cultivé et drôle ». Alors il avait appris beaucoup de choses, et tentait de faire preuve d’esprit. Avec quelque réussite, il faut l’avouer. Ainsi, les porosités de son visage s’effaçaient presque derrière ce que l’on pouvait appeler un certain charme.”

Markus après son premier dîner avec Nathalie, lorsqu’elle lui a envoyé un message pour le remercier de la belle soirée…

“II répondit simplement : « Merci de l’avoir rendue belle. » II aurait voulu répondre quelque chose de plus original, de plus drôle, de plus émouvant, de plus romantique, de plus littéraire, de plus russe, de plus mauve. Mais finalement, cela allait très bien avec la tonalité du moment. Dans son lit, il sut qu’il ne serait pas capable de s’endormir : comment aller vers le rêve quand on vient de le quitter ?”


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3 réponses à « Qu’est-ce qui peut amener la plus belle femme de l’entreprise à s’amouracher de l’homme le plus laid ? »

  1. Avatar de Faman Toure
    Faman Toure

    Salut tchonté,

    j’espère que vous allez bien. Je souhaiterais vous intégrer votre groupe de lecture. Merci de m’indiquer les formalités.

    Cordialement !

    Faman Toure 0778136546

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    1. Avatar de Tchonté Silué

      Hello, vous pouvez nous contacter au 0707826717.

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      1. Avatar de Stéphane KABAMBA

        Bonjour madame, il serait possible d’intégrer en ligne aussi ? Je suis de la République Démocratique du Congo, et j’ai toujours aimé venir ici vous lire. Et j’aime vos chroniques.

        Stéphane KABAMBA

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