25 décembre 2015 – 25 décembre 2023.
Al hamdoulilah cela fait 8 ans aujourd’hui que je porte le hijab de manière permanente. Loin d’être un signe de perfection, c’est un symbole et un rappel constant de mon identité en tant que femme musulmane.
« Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » Sourate Al-Ahzab (33:59)
Le voile est effectivement un signe de reconnaissance pour les musulmans. Je m’en souviens chaque fois qu’un(e) inconnu(e) me lance la salam. Quand on m’offre à manger à l’heure de la rupture pendant le mois de Ramadan. Ou encore quand une inconnue me demande dans un aéroport en terre étrangère, dans quel sens il faudrait prier. Ça fait partie des petits moments qui font sourire et me rappellent de ce verset.
« Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès. » Sourate Al-Noor (24:31)
Dès la lecture de ce verset, je savais que je devais mettre le voile. Non pour attester d’une quelconque piété ou pour prouver au monde entier que j’étais meilleure que d’autres mais par signe de soumission envers Allah. Pour me rapprocher davantage de ce qu’Il demande. Pour essayer d’être une meilleure musulmane et pour que ce voile soit pour moi une barrière face à certains péchés.
Le hijab n’est pas un bout de tissu magique qui vous transforme dès que vous le mettez. Le combat reste le même. Tous les jours, il faut faire de son mieux pour prier à l’heure, ne pas mentir, s’éloigner de la fornication, de la médisance et de tout ce qu’Allah déteste.
Porter ce voile n’est pas non plus une chose facile. Si pour certaines la chaleur et la peur de ne pas pouvoir le garder les empêche de sauter le pas, pour d’autres, il s’agit surtout du regard des autres. Pourrons-nous avoir du travail ou un époux alors qu’on se couvre ? Que vont dire nos amis et notre famille ?
Je me suis posée les mêmes questions. Il m’a fallu 3 ans après ma conversion pour réussir à sauter le pas. Je suis passée par l’étape des bonnets, des foulards qu’on attache alors qu’on porte une mini-jupe. Trois fois après ma conversion il m’est arrivé de me tresser avec des mèches ou de la laine.
Est-ce que mes parents penseront que je suis devenue « extrémiste » parce que je porte le hijab ? Devenir musulmane était déjà un challenge mais ce n’était pas écrit sur mon front. Porter en plus le voile ? Tous les jours ? Devant tout le monde ? C’était un autre championnat.
Ce que j’ai appris c’est qu’Allah guide qui Il veut et que c’est Lui seul qui nous donne notre subsistance. J’ai pensé que je porterais le voile après le mariage. Ou après être allée à la Mecque. Puis je me suis souvenue que rien ne me garantissait que je vivrais jusqu’à l’un de ces jours.
Je me suis rapprochée de certaines amies qui le portaient déjà. J’ai posé des questions sur les difficultés qu’elles avaient rencontrées et comment elles les avaient surmontées. Et j’ai surtout demandé à Allah de me faciliter ce choix.
J’atteste qu’Allah me l’a effectivement facilité. Je n’avais pas spécialement prévu de garder le voile ce 25 décembre 2015. Je ne l’ai même pas dit aux amies avec qui j’assistais à un évènement islamique jusqu’à ce que l’une d’entre elles me pose la question en voyant que je ne l’enlevais pas à la sortie. J’étais au Canada. De retour aux Etats Unis, mes amis de classe ont à peine remarqué le changement parce que j’avais déjà la tête couverte tout le temps.
A Abidjan, mes parents ont été surpris mais ils s’y attendaient probablement déjà. Ils l’ont accepté plus facilement que je ne l’imaginais. Même si mes frères me taquinent souvent quand je porte mes vêtements amples, ils seraient les premiers à me défendre si quelqu’un osait toucher à mon voile.
Cela fera bientôt 3 ans que je travaille à Unicef in shaa Allah. J’ai enseigné dans une université privée et en maternelle. J’ai gagné des prix pour mes activités de blogueuse et d’entrepreneure sociale et j’ai été invitée à des événements à travers le monde sans que mon hijab ne soit questionné. Mes craintes n’étaient pas injustifiées mais encore une fois, Allah est le Meilleur Garant et Il nous suffit.
À une sœur qui aimerait un jour porter le voile, qu’Allah te le facilite. À celles qui ont du mal à trouver du boulot parce qu’elles refusent de l’enlever. Qui sont critiquées par des proches. Qui ont du mal avec la chaleur… Allah voit chacun de nos défis. Qu’Il nous accorde la meilleure récompense ici bas et dans l’au-delà. Le port du hijab n’est qu’une des obligations que nous avons envers Allah, qu’Il nous facilite l’obéissance et l’accomplissement de toutes les autres et fasse de nous de meilleures musulmanes.

Répondre à Be Better Now BBN Annuler la réponse.