« Le mur de la honte » de Charlène Danon

Photo par Mohamed Ade Oladepo

Avez-vous déjà été tellement énervé par un personnage de roman que vous en oubliez qu’il s’agit d’une fiction? C’est exactement ce qui m’est arrivé en lisant « Le mur de la honte » de Charlène Danon.

Charlène m’a offert son premier roman à l’occasion d’une visite au Centre Eulis avec Israël Yoroba. Le mardi en voyant une superbe photo d’elle et « Le mur de la honte », je me suis dit qu’il était temps de l’entamer. L’objectif était de le lire le plus rapidement possible et en deux jours c’était chose faite. Ça m’a donné l’occasion de laisser les réseaux sociaux un tout petit peu.

Cloé est belle, issue d’une famille riche et s’apprête à épouser l’homme parfait. Elle est l’unique enfant de ses parents et son père lui a toujours offert ce qu’elle désirait. Pierre-Philippe Assepo vient d’un milieu tout à fait différent. Orphelin de mère, il a grandit avec l’indifférence de son père et le mépris de sa belle-mère et de son demi-frère. Il a réussi à tirer son épingle du jeu en se consacrant à ses études et enseigne maintenant à l’Université. La différence de classes sociales n’a pas empêché les deux amoureux de s’unir, mais la stupidité les habitudes de princesse de Chloé et la haine que voue Ange-Ulrich à son demi-frère Pierre Philippe, pourraient bien semer des troubles dans le foyer des Assepo.

Photo par Israël Yoroba

Je me suis ennuyée au début avec la vie parfaite de Cloé. Charlène Danon a été très prolixe dans la description physique des personnages principaux, des endroits, de la luxure, et à certains moments je m’en serais bien passée, même si cela peut plaire à certains lecteurs. Je trouvais les prénoms de certains personnages, Cloé, Pierre-Philippe, Joana Fortuna, assez éloignés des réalités ivoiriennes, mais disons que je fais un caprice de lectrice. Une fois les premiers chapitres passés, le rythme change. Je n’ai pas été beaucoup surprise par les évènements mais j’ai quand même été énervée par les actes prévisibles de Cloé.

Bien que mariée, Cloé ne peut s’empêcher d’organiser des fêtes onéreuses et de faire des virées nocturnes avec ses amies pendant que son mari plus casanier reste à la maison. Sa thèse de doctorat ne la préoccupe plus parce qu’elle estime avoir une vie parfaite. Son époux l’aime plus que tout au monde et lui sera d’un énorme soutien pendant son stress post-grossesse. Ses riches parents sont constamment à ses soins et elle a une magnifique petite fille. Au détour de l’une de ses sorties, elle rencontre un homme qui la séduit et l’humilie pendant l’une des pires nuits de sa vie. Comme si cela ne suffisait pas, elle découvre plus tard qu’il s’agit du demi-frère de son époux. Et Ange-Ulrich semble prêt à tout pour détruire la vie de son frère.

Malgré toute la perfidie du personnage d’Ange-Ulrich, j’ai beaucoup plus détesté celui de Cloé. Pas parce qu’elle a été infidèle, mais parce qu’elle a enchaîné des décisions plus stupides les unes que les autres pour essayer de rattraper cette fameuse nuit. Si le but de Charlène Danon était d’énerver ses lecteurs, elle a réussi. « Le mur de la honte » fera bondir votre coeur de colère.

 

Il y a malheureusement pas mal de coquilles dans le roman. Une remarque que j’ai faite dans la plupart des livres que j’ai lus récemment. Cela est dû sans aucun doute à des failles au niveau des -nouvelles- maisons d’éditions. Dans le cas d’Edilivre, les auteurs doivent payer des frais pour que leurs livres soient relus par des professionnels. J’ignore si cela réduit le nombre de coquilles mais en tout cas ça affecte l’image non seulement de l’oeuvre mais aussi de l’éditeur. Le livre est censé aider les lecteurs à s’instruire, s’évader, mais aussi améliorer leur propre écriture. C’est bien dommage lorsque certains ouvrages sont eux-mêmes plein de fautes.

« Le mur de la honte » se lit facilement et vous offre un moment d’évasion, mais les frasques de Cloé me sont restées en travers de la gorge. Et vous, avez-vous déjà détesté un personnage de roman comme s’il existait vraiment?

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Publié par

Passionnée de lecture, d'écriture, de voyages et d'éducation, je rêve de transformer l'éducation en Côte d'Ivoire. De la rendre plus interactive et inclusive. C'est pourquoi j'ai créé le Centre Eulis en 2017 et ce blog me sert de journal de bord pour tout ce que j'apprends au quotidien. J'écris des histoires, des comptes-rendus de livres, d'évènements, de voyages, mais surtout, je m'écris.

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