Il l’aime encore…

Papa Alassane Ndoye a vécu pendant 5 ans en France, poursuivant des études pour devenir ingénieur en informatique. Il s’apprête à retourner au Sénégal et toutes ses pensés convolent vers son amour Aminata. 

À quelques jours de son retour, Alassane reçoit une lettre de son père, l’informant qu’il lui a choisi une épouse. Le mariage a déjà été célébré et Alassane semble ne pas avoir son mot à dire. Son monde s’effondre. 

Alassane n’arrive pas à croire que ses parents ont pris une décision aussi importante sans le consulter. Il tente de résister mais son père est intraitable. Un Lébou doit épouser une Lébou, et le mariage entre Alassane et sa cousine Rokhaya est déjà scellé. Le père Ndoye ne compte pas revenir sur sa parole et menace même de renier son fils si celui-ci ose lui désobéir.

Pour notre prochaine rencontre de « Lire, discuter et manger », nous hésitions entre « Les frasques d’Ebinto » d’Amadou Koné, et « Je l’aime encore » de Mamadou Fakaly Doumbouya. C’est finalement ce dernier qui l’a emporté, et même si je préférais le roman d’Amadou Koné, j’avoue que je ne suis pas très fan de la dernière édition. Quoi qu’il en soit, nous avons presque tous lu « Les frasques d’Ebinto » au collège et en lisant « Je l’aime encore » on y retrouve pas mal de similitudes. 

« Je l’aime encore » de Mamadou Fakaly Doumbouya m’a lacéré le coeur mais j’ai réussi l’exploit de garder les yeux secs jusqu’à la fin de ma lecture. J’ai été prise entre sentiments de révolte, de colère, et de pitié.

Les parents croient toujours bien faire pour leurs enfants. Il arrive qu’il s’arrogent le droit de prendre certaines décisions qui auront pourtant un impact décisif et pas forcément positif, sur la vie de leur progéniture. Quelles études poursuivre? Qui épouser?

De par leurs expériences, je suis d’accord sur le fait que les parents sont souvent plus sages que leurs fils et filles. Cela n’empêche cependant pas le fait qu’ils devraient juste conseiller dans certaines situations plutôt qu’imposer leur volonté. Et surtout, ils devraient considérer le fait que le bonheur de leur enfant doit primer sur leur honneur, et cela d’autant plus quand ils se mettent tous seuls dans des situations compliquées.

Alors j’en ai voulu aux parents d’Alassane, qui non contents de briser les projets d’avenir entre Alassane et Aminata, espéraient que leur fils saute de joie à l’annonce de la nouvelle. J’en ai voulu particulièrement à son père, homme stricte pour qui il n’y avait que son verbe comme parole d’évangile.



Mamadou Fakaly Doumbouya

J’ai eu pitié d’Alassane, d’Aminata et de Rokhaya. Mais j’ai également parfois été énervée par Alassane et Rokhaya. Alassane parce qu’il a dépassé certaines limites, et Rokhaya par son entêtement à forcer le destin et le coeur d’un homme qui appartenait à une autre.

Le thème de l’opposition entre l’amour et la tradition, et entre l’ancienne et la nouvelle génération, est souvent présent dans les livres d’auteurs Africains. C’est par exemple le cas dans « Sous l’orage » de Seydou Badian et « Trois prétendants, un mari » de Guillaume Oyono-Mbia. La différence ici est que la décision est imposée à un homme alors que c’est généralement aux femmes que ça arrive dans d’autres livres, et dans la réalité.  

« Je l’aime encore » n’est pas un livre qui vous fera apprendre grand-chose en termes de culture générale, du moins selon moi. L’auteur mentionne certes la fierté particulière des Lébou, le test de virginité de la jeune mariée à l’aide du drap blanc, et le poids des traditions dans les relations entre les parents et leurs enfants, mais ce sont des choses que l’on sait déjà plus ou moins.

Contrairement à d’autres livres que j’ai lus d’auteurs sénégalais, il n’y a pas beaucoup de descriptions sur les us et coutumes des personnages. L’auteur a surtout mis l’accent sur les sentiments du personnage principal et narrateur, Alassane Papa Ndoye. « Je l’aime encore » est définitivement un livre qui vous fera ressentir de fortes émotions, et que je vous recommande. 

Notre prochaine rencontre de « Lire, discuter et manger » aura lieu le Samedi 24 Novembre à 14h, au Centre Eulis, in shaa Allah. Faites-moi signe sur ma page Facebook « Les chroniques de Tchonté » si vous aimeriez y prendre part pour discuter de « Je l’aime encore » de Mamadou Fakaly Doumbouya.

Publié par

Passionnée de lecture, d'écriture, de voyages et d'éducation, je rêve de transformer l'éducation en Côte d'Ivoire. De la rendre plus interactive et inclusive. C'est pourquoi j'ai créé le Centre Eulis en 2017 et ce blog me sert de journal de bord pour tout ce que j'apprends au quotidien. J'écris des histoires, des comptes-rendus de livres, d'évènements, de voyages, mais surtout, je m'écris.

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