Histoire presque romantique: chapitre 1

Je vais faire court. J’ai décidé d’écrire une histoire d’amour sur ma page Facebook : Les Chroniques de Tchonté. C’est le genre d’histoires que moi-même je lis beaucoup moins. Oui, je n’assume pas. Mais c’est un challenge pour me remettre à l’écriture de la fiction, et à pratiquer beaucoup plus souvent cet art que j’affectionne.

J’ai décidé de partager les chapitres ici également, pour ceux qui me suivent sur d’autres réseaux sociaux mais n’ont pas Facebook. Pour une raison que j’ignore, il se pourrait que certains aient envie de lire également cette histoire presque romantique. In shaa Allah, je publierai un nouveau chapitre tous les lundis et vendredis.

Prêts? Attachez-vos ceintures de sécurité parce qu’on embarque aussitôt avec le premier chapitre.

Chapitre 1: Le début de la fin du célibat 

Ça avait l’air si facile. Il suffisait de prendre son téléphone, de regarder les photos, et de valider lorsque l’on était intéressé en glissant vers la droite ou d’éjecter en glissant vers la gauche. Elle se contentait de rester couchée sur son lit, et de faire son marché pour le prochain homme qu’elle rencontrerait. Elle en avait marre de cette vie de célibataire qui semblait ne pas vouloir finir. Elle avait longtemps hésité avant de s’inscrire sur ce site de rencontres. Mais sa rupture avec Dave remontait à plus d’un an et il était temps qu’elle se remette en selle. Son amie Marcelle lui avait conseillé de télécharger cette application qui lui permettrait d’identifier d’autres personnes dans sa zone qui ont envie de vivre une nouvelle histoire d’amour. Bien sûr, il y avait aussi le risque que certains ne recherchent qu’un coup d’un soir, mais qui ne tente rien n’a rien. Ça serait à elle de mettre des limites et de ne pas tomber dans les bras du premier homme venu. 

Cela faisait trois minutes qu’elle regardait la même photo. Dans sa description, le candidat disait faire 1m75. Il irait bien avec son mètre 70. Son visage était tout ce qu’il y avait de plus banal mais ses centres d’intérêt étaient le sport, les voyages, et l’art. Et il semblait également bien sculpté sur la photo qu’il avait mise en profil. Elle valida son profil et déposa son téléphone sur le lit avant d’aller se faire un thé à la menthe verveine. 

Pendant que l’eau chauffait, elle repensa à ces derniers mois de célibat et d’abstinence. Jamais elle n’aurait cru pouvoir tenir pendant un an. Mais après Dave, elle avait été dévastée et avait eu du mal à envisager une nouvelle relation. Ce n’était pas un problème de confiance, elle avait juste peur de devoir tout reconstruire avec un autre, et que cela s’écroule comme un château de cartes. 

Dave et elle s’étaient connus pendant sa première année d’université. Ils étaient dans le même département, et s’étaient rencontrés pendant un cours de comptabilité. Elle, jeune fille qui débarquait de la Côte d’Ivoire, étudiante étrangère et ne parlant pas encore parfaitement l’anglais. Lui, jeune américain, originaire de la ville d’Atlanta et qui semblait connaître tout le monde à l’université. Il s’était volontiers proposé comme son guide pour l’aider à s’intégrer. Elle avait bien quelques camarades ivoiriens, mais on lui avait dit qu’elle aurait dû mal à améliorer son anglais si elle ne traînait qu’avec eux. 

Dave était charmant, attentionné, et toujours prêt pour l’aider. C’est lui qui lui avait recommandé de s’inscrire dans un club de l’université pour se faire plus d’amis, mais aussi avoir un bon réseau et de bonnes recommandations pour décrocher un boulot sur le campus. Elle ne pouvait travailler en dehors de l’école qu’après sa première année. Et pour augmenter ses chances d’obtenir un emploi hors du campus, elle devait avoir quelques expériences à rajouter sur son CV. En plus, trouver du travail à l’école permettrait d’allonger les fins de mois. Elle avait rejoint un club de lecture sentimentale. Dave avait rigolé en lui disant qu’il lui faudrait également un club où il y a plus d’actions. Il était membre de l’association Habitat for Humanity sur le campus, et il lui proposa de participer à l’une de leurs sorties pour se faire une idée de leur travail. 

Habitat for Humanity est une organisation internationale à but non lucratif, qui construit des maisons simples, décentes et abordables, pour aider des personnes de milieux modestes à avoir leur propre logement. Les maisons sont construites par des bénévoles avec l’aide de quelques professionnels, et l’organisation ne fait pas de profit sur la vente aux propriétaires. Les personnes bénéficiaires de ces maisons doivent également donner de leur temps pour construire d’autres maisons, et aux Etats Unis et au Canada, elles ne paient pas d’intérêt sur leur hypothèque. 

C’était le mois d’ Octobre et il commençait déjà à faire froid. Trop froid pour la jeune ivoirienne habituée à la chaleur d’Abidjan. Elle avait porté un pull sur un T-shirt à manches longues, un jean et des baskets, pendant que Dave portait juste un T-shirt à manches courtes, et un short large qui s’arrêtait à ses genoux. Il était passé la chercher devant sa résidence universitaire, les Commons, et ils avaient rejoint les autres membres du Club devant le centre récréatif de l’université. Trois autres personnes étaient montées dans la voiture de Dave et ils avaient filé vers le sud de la ville. À leur arrivée, ils avaient été accueillis par une charmante dame aux cheveux poivre et sel, qui invitait les bénévoles à s’inscrire sur la liste de présence. Ils avaient ensuite pris un café, en attendant l’arrivée du chef de projet.

Il y avait trois maisons en cours de construction et les bénévoles présents avaient été répartis en équipes. Dave et elle avaient été séparés pendant le dispatching et aucune des personnes venues avec eux en voiture n’était dans son groupe à elle. On l’avait assignée à la mise en place du jardin avec trois autres bénévoles et un paysagiste professionnel. Elle avait eu du mal à sortir de sa coquille. Mais peu à peu, l’atmosphère s’était détendue. Ses collègues du jour avaient le contact facile et étaient tous bénévoles depuis plusieurs années. Le travail n’était pas bien difficile. Elle devait aider à nettoyer l’espace jardin en enlevant les mauvaises herbes, puis planter de jeunes plants apportés par le paysagiste. À midi, ils ont eu droit à des hot dogs, des sandwiches au poulet, au thon et végétarien. Les premiers à avoir fini de manger reprenaient aussitôt le travail, ou pouvaient se reposer quelques minutes avant de reprendre. Aux environs de 16h30, le chef de projet a remercié tous les bénévoles du jour et les étudiants sont retournés sur le campus. 

La famille qui devait recevoir la maison sur laquelle elle avait travaillé était constituée d’une mère célibataire et ses deux enfants. La femme était infirmière et ses enfants étaient au collège pour le garçon, et au primaire pour la fille. La mère était également sur le site et travaillait à l’intérieur pour poser les premières couches de peinture. Elle avait tellement remercié toutes les personnes venues travailler sur sa maison qu’elle avait failli fondre en larmes.

Lorsque Dave lui demanda comment elle avait apprécié cette première journée, elle lui avait juste demandé comment est-ce qu’on intégrait le club. Elle n’avait jamais eu l’occasion de participer à des services communautaires à Abidjan mais le bien-être que lui avait procuré le fait de contribuer à la joie de quelqu’un d’autre était inestimable. Et comme Dave le lui avait dit, rejoindre le club lui avait permis de se faire de nouvelles connaissances. L’un des membres l’a aidée à avoir un boulot étudiant au Centre récréatif de l’université, et c’est sur un chantier qu’elle a rencontré son premier employeur hors-campus.

Elle en était encore à ses réflexions sur sa relation avec Dave lorsque le bruit de la bouilloire la ramena à la réalité. Cela faisait plus d’un an qu’elle n’était plus avec Dave et elle devait recevoir son diplôme en finance du J. Mack Robinson College of Business le semestre suivant. Elle avait décidé de rentrer définitivement dans le monde du travail avec un homme à son bras. Elle versa un peu d’eau chaude sur son sachet de thé et retourna sous sa couette. L’homme au mètre 75 lui avait laissé un message et elle avait hâte de savoir ce qu’il disait…

Publié par

Passionnée de lecture, d'écriture, de voyages et d'éducation, je rêve de transformer l'éducation en Côte d'Ivoire. De la rendre plus interactive et inclusive. C'est pourquoi j'ai créé le Centre Eulis en 2017 et ce blog me sert de journal de bord pour tout ce que j'apprends au quotidien. J'écris des histoires, des comptes-rendus de livres, d'évènements, de voyages, mais surtout, je m'écris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s