ll y a quelques années, en France, à Calais, existait une jungle pas comme les autres : un immense bidonville qui réunissait jusqu’à 10 000 migrants venus de plusieurs pays, essayant de rejoindre l’Angleterre après avoir voyagé dans des conditions terribles. Je n’en avais jamais entendu parler jusqu’à ce que je lise « Entre deux mondes » d’Olivier Norek.
Ce livre, je l’ai commencé l’année dernière, puis je l’ai refermé parce que je n’étais pas dans le bon état émotionnel. Dès le début, une femme et un enfant, en pleine traversée de la mer, sont confrontés à un drame. La fille est malade. Le passeur veut la jeter à l’eau, comme si elle n’était qu’un vulgaire objet que l’on pouvait passer par-dessus bord sans la moindre hésitation.
J’ai lu les conditions dans lesquelles elles ont fui leur pays. Le père et époux, qui risquait sa vie en Syrie, était obligé de les faire partir pour les protéger. J’ai lu l’espoir, la peur, le désarroi… puis j’ai refermé le livre, jusqu’à récemment.
Adam, policier syrien, joue double jeu. Il se bat dans l’ombre contre le régime dictatorial au pouvoir et sait ce que cela lui vaudrait s’il était découvert. Lorsque le danger se rapproche, il décide de faire partir Nora et Maya vers l’Angleterre avant de les rejoindre plus tard. Seulement voilà : une fois à Calais, dans la jungle, aucune trace des femmes de sa vie. Il fait alors la rencontre d’un jeune soudanais muet, dont il sauvera la vie, s’attirant par la même occasion de terribles ennuis.
Au fil des pages, on découvre la misère humaine, la cruauté, mais aussi des élans d’humanité grâce à ces personnages qui refusent de fermer les yeux sur la tragédie qui les entoure. On espère avec Adam et ce garçon qu’il a nommé Kilani, faute de connaître son vrai prénom. On réalise que derrière les chiffres, derrière les termes « migrants » ou « réfugiés », il y a des êtres humains qui essaient simplement de survivre, des personnes qui ont parfois vécu l’indescriptible.
Qu’ils viennent du Soudan, de l’Afghanistan, de la Syrie ou d’un autre pays qu’ils ont dû fuir, ils ne cherchent pas seulement à s’imposer ou à déranger les populations locales des États dans lesquels ils se réfugient. Ils cherchent un endroit où la mort ne sera plus à leurs trousses. Malheureusement, pour ceux qui ont séjourné dans la Jungle de Calais, ils ont découvert, en France, un endroit où l’on pouvait encore tuer sans conséquences.
Ce roman est poignant, déchirant, et il nous rappelle à quel point nous sommes privilégiés. Il nous met face à des réalités qui semblent lointaines et qui, pourtant, auraient pu arriver à n’importe lequel d’entre nous. Il suffit de voir les conflits récents, avec les attaques dans le Moyen-Orient, pour se rappeler que rien n’est jamais garanti.
Bref, j’ai lu mon 10e livre de 2026 et je vous le recommande. Mais si vous n’avez pas le cœur solide pour supporter, n’oubliez pas que mon premier roman « Un cœur à reprendre » vous attend également !

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