J’ai lu Le monde s’effondre

J’ai lu Le monde s’effondre pour la première fois en classe de seconde. Je viens de le relire en version anglaise et c’est nettement meilleur. Je ne parle pas juste du fait que ce soit la version originale. Mais plutôt parce que je l’ai lu au bon moment. Je pense que la façon dont on perçoit un livre dépend beaucoup de l’époque de sa vie à laquelle on le lit. Lorsque j’ai lu Le monde s’effondre en seconde, je n’ai pas été épatée plus que ça. J’aimais beaucoup plus les histoires sur des choses auxquelles je pouvais m’identifier plus facilement. Je ne réalisais pas à quel point c’était important de connaitre l’histoire de mon peuple.
 

En me voyant lire Le monde s’effondre, un étudiant Nigérian de mon université m’a dit qu’il ne pensait pas qu’une fiction pouvait lui apporter de l’instruction. Il préfère les livres plus académiques. J’ai tenté de lui expliquer que les romans comme Le monde s’effondre sont à différencier du fantastique car ils sont basés sur la réalité. Je trouve moi qu’il est beaucoup plus facile d’apprendre certaines choses, (histoire, culture générale…) quand elles sont mises dans le contexte du roman.  Mais bien évidemment les gouts ne sont pas censés être discutés…

Si vous ne l’avez pas encore lu, vous devriez acheter Le monde s’effondre avant même de finir de lire cet article. L’une de mes camarades de classe, également du Nigeria, m’a dit qu’elle ne comprenait pas toute l’attention qu’on porte à cette œuvre. Moi aussi je ne comprenais pas. Mais j’ai eu l’occasion à travers certains speechs de Chimamanda Ngozi Adichie, et la lecture de certains textes de Chinua Achebe, de comprendre l’importance de Things Fall Apart (titre original). Le monde s’effondre est survenu à une époque ou peu de livres étaient écrits par des Africains, sur la vie avant les colons. Chinua Achebe a étudié  à l’université, plusieurs œuvres écrites par des occidentaux qui dépeignaient les Africains comme des êtres sauvages qui ont été sauvés par l’arrivée des colons. Avec Le monde s’effondre, on entre dans le quotidien des Igbo. On découvre leurs traditions, leurs coutumes, bonnes comme mauvaises et les bouleversements provoqués par la colonisation.  

Okonkwo est un valeureux guerrier du village d’Umuofia. Sa plus grande peur est la peur elle-même. Il n’a aucune tolérance envers les faibles et garde un souvenir peu glorieux de son propre père. Toute la vie d’Okonkwo est destinée au travail et à l’acquisition de titres de noblesse. Il dirige son foyer d’une main de fer et désespère de voir son fils Nwoye suivre ses traces. Okonkwo aurait voulu que sa fille Ezinma, qui lui ressemble beaucoup plus soit un garçon… A la suite d’un accident, Okonkwo s’exile avec ses  femmes et ses enfants dans le village de sa mère. Au cours de son exil, les anglais s’installent dans le pays et son fils devient chrétien. Okonkwo retourne dans son village 7 ans plus tard et découvre que l’homme blanc y a installé son autorité et sa religion. Il trouve que les braves hommes d’Umuofia  se sont ramollis. La douleur de voir son fils rejoindre des étrangers n’est rien comparée à l’humiliation que lui-même et ses paires subissent. Les autres ont peut-être décidé de se soumettre aux anglais mais Okonkwo n’a pas l’intention de se laisser faire…

Il y a tellement de choses à dire sur Things Fall Apart… Achebe a écrit sans faux fuyants pour montrer que certes il y avait des choses à changer mais les Africains ne vivaient pas à l’état de nature. La société Africaine a été bouleversée non seulement par les blancs mais aussi par ces nègres de maison encore plus zélés à la tâche que le colonisateur. Certains colons comme le père Brown respectaient les autochtones. Mais il y en avait comme le Révérend Smith pour qui il ne fallait faire aucun compromis.

En lisant Le monde s’effondre, on rigole, mais c’est surtout de la colère, de la tristesse et de la frustration qui nous animent en refermant le livre. Quelqu’un vient chez toi, monte tes enfants contre toi, t’insulte, te bat et s’offusque lorsque tu réagis. L’histoire est dans un contexte bien avant la naissance de mes grands-parents. Mais il suffit d’ouvrir les yeux pour se rendre compte que la colonisation continue son bout de chemin sous d’autres apparats… Ais-je besoin de rajouter que vous devez lire Le monde s’effondre ? 

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Passionnée de lecture, d'écriture, de voyages et d'éducation, je rêve de transformer l'éducation en Côte d'Ivoire. De la rendre plus interactive et inclusive. C'est pourquoi j'ai créé le Centre Eulis en 2017 et ce blog me sert de journal de bord pour tout ce que j'apprends au quotidien. J'écris des histoires, des comptes-rendus de livres, d'évènements, de voyages, mais surtout, je m'écris.

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