La fille du train de Paula Hawkins

« Je vais arrêter. Mais demain pas aujourd’hui. Dans quelques heures, pas maintenant. Maintenant c’est trop dur. Aujourd’hui j’en ai vraiment besoin parce que… J’arrête quand je veux, je ne veux juste pas maintenant. »


Quiconque a déjà eu une addiction sait à quel point c’est difficile de s’en défaire. On a parfois du mal à comprendre que quelqu’un ne se prenne pas en main tout en sachant à quel point cette addiction lui ruine la vie. Du mal à comprendre que la volonté parfois ne fait pas tout et encore moins lorsqu’elle est elle même défaillante. Une fois qu’on est accro, qu’on est pris dans l’habitude de prendre une dose par instinct, le retour en arrière a l’air presqu’impossible. Ce n’est pas Rachel dans « La fille du train » qui vous dira le contraire.

Rachel est divorcée, sans enfant, sans emploi, et alcoolique. Alcoolique parce que sans enfant et divorcée et virée parce que alcoolique. Cathy, chez qui elle vit en sous-location, ne sait pas qu’elle a perdu son emploi. Tous les jours elle prend le train de 8h04 d’Ashbury à Londres et fait le trajet inverse à l’heure de la descente. Pendant ses voyages, elle a repéré la maison d’un jeune couple à qui elle a inventé une vie. Elle ne les connait pas, même s’ils habitent à deux pas de son ancienne maison. Ils ont emménagé après son départ. Dans sa tête ils se nomment Jess et Jason. Dans la vraie vie il s’agit de Megan et Scott. Tous les jours elle observe leur maison d’une fenêtre du train, en s’imaginant qu’ils ont une vie heureuse d’amoureux. La vie qu’elle n’a plus. Tous les jours c’est la même routine, jusqu’à ce qu’elle voit Jess-Megan embrasser un homme qui n’est pas Jason-Scott. Rachel repense à sa propre vie et en veut à Megan. Megan disparait le lendemain. Personne ne sait où elle se trouve et Rachel n’arrive pas à se souvenir de ce qu’elle a fait la nuit de sa disparition. Elle s’est réveillée le matin avec des blessures et un immense trou de mémoire. Elle a l’impression d’être impliquée dans la vie de ce couple qu’elle ne connait pourtant que dans son imagination. Entre son addiction pour l’alcool, son incapacité à accepter que son mari ait refait sa vie et la disparition de Megan, la vie de Rachel et des autres personnages de « La fille du train » nous donne des palpitations.


 

J’ai commencé « La fille du train » dans le train. Normal non? Marie m’a dit que je l’adorerais. Le début m’a surtout énervée. Il y avait ces moments où j’avais envie de hurler « mais bordel arrête de boire! », « non ne fais pas ça! Tu vas encore plus te rabaisser. » J’éprouvais à la fois de la colère et de la compassion pour Rachel. Je n’arrivais pas à comprendre qu’elle continue de se faire humilier encore et encore… « La fille du train » comme tout bon thriller nous mène en bateau. L’histoire est racontée à la fois par Rachel, Anna la nouvelle épouse de son mari et Megan, la femme dont elle imagine la vie. À chaque chapitre on découvre de nouvelles réponses qui au lieu de nous éclairer sèment encore plus de doutes dans notre esprit. L’écriture est simple et transporte facilement. Je n’avais aucun mal à m’imaginer dans le train, observant la maison de Megan et Scott à travers les yeux de Rachel. Partageant sa peine et son désespoir. J’ai stressé par moments, prenant des pauses pour ralentir le rythme de mon coeur. En refermant le livre je n’étais pas aussi émerveillée que je pensais que je le serais à la fin, mais j’ai aimé ces moments de lecture. C’est le deuxième Thriller que je lis cette année. Je ne saurai dire encore si je deviendrai une grande fan du genre mais j’aime bien la sensation d’adrénaline qu’ils produisent. Comme les films d’horreur… Si vous ne l’avez pas encore fait, j’espère que vous lirez bientôt « La fille du train » de Paula Hawkins. Il y a également une adaptation cinématographique. Je suis sûre que le trailer vous donnera envie d’en savoir plus, mais on sait tous que le livre est toujours mieux.
 

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Passionnée de lecture, d'écriture, de voyages et d'éducation, je rêve de transformer l'éducation en Côte d'Ivoire. De la rendre plus interactive et inclusive. C'est pourquoi j'ai créé le Centre Eulis en 2017 et ce blog me sert de journal de bord pour tout ce que j'apprends au quotidien. J'écris des histoires, des comptes-rendus de livres, d'évènements, de voyages, mais surtout, je m'écris.

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