Comment profiter de sa vingtaine : le cerveau et le corps

La vingtaine est la période la plus incertaine et la plus difficile de la vie. Je le sais parce que j’ai 25 ans, que j’ai des amis dans la vingtaine, et que j’ai lu « The defining decade: why your twenties matter and how to make the most of them now » (La décennie décisive: pourquoi la vingtaine est importante et comment en tirer le meilleur parti maintenant) par la psychologue Meg Jay.

Meg Jay est une psychologue américaine spécialisée dans le développement des adultes, ceux de la vingtaine en particulier. J’ai découvert son livre à travers des tweets de Kiyani et je me suis dit que ça pourrait être intéressant de voir comment un livre axé sur la vie des jeunes aux Etats-Unis pourrait être appliqué à ma propre expérience. Meg Jay l’a divisé en trois grandes parties: le travail, l’amour, le cerveau et le corps. Je vous en parlerai donc dans trois articles différents. 

Travail: https://leschroniquesdetchonte.com/comment-profiter-de-sa-vingtaine-le-travail-

Amour: https://leschroniquesdetchonte.com/comment-profiter-de-sa-vingtaine-lamour-

Le cerveau et le corps

Avez-vous déjà entendu dire qu’une personne est intelligente à l’école, mais pas dans la vie réelle ? Ou qu’une autre qui n’était pas très douée en classe est beaucoup plus débrouillarde dans la vraie vie ? J’ai beaucoup aimé la dernière partie du livre parce qu’elle nous explique pourquoi nous faisons certaines choses à différentes phases de notre vie, et la différence entre être intelligent à l’école, et l’être face à des situations réelles. 

Meg Jay explique que la plus ancienne partie du cerveau, la première à se développer, est celle responsable de nos émotions. Elle se développe à la base du cerveau, près de la colonne vertébrale, et contrôle la respiration, le sexe, les émotions, les sens, le sommeil, la faim, la soif, en gros, nos tendances animales.

Le lobe frontal du cerveau est le centre du fonctionnement exécutif. C’est là que résident notre raison et notre jugement. Il nous aide à prendre des décisions face à des situations complexes. Cette partie du cerveau ne se développe complètement qu’entre 20 et 30 ans. Cela pourrait expliquer pourquoi la capacité à réfléchir de manière plus poussée vient parfois plus tard. Mais cela ne vient pas directement avec l’âge, mais avec la pratique et l’expérience. Notre cerveau change en réponse à notre environnement. 

Être intelligent à l’école nécessite de pouvoir résoudre des problèmes qui ont des réponses précises, dans un délai déterminé. Mais être un adulte qui réfléchit de manière plus poussée implique de pouvoir réagir de façon adéquate face à des situations incertaines. C’est la raison pour laquelle certaines personnes qui avaient de mauvais résultats scolaires réussissent parfois mieux dans leur vie professionnelle et / ou personnelle. 

À 20 ans, le cerveau atteint sa taille maximale mais il continue d’affiner son réseau de connexions. De nouvelles connexions se développent à l’adolescence pour nous préparer aux incertitudes de l’âge adulte. Les connexions du lobe frontal qu’on n’utilise pas sont détruites. À partir de 20 ans, nous devons construire la personne qu’on veut être pendant notre vingtaine et au delà. C’est le moment d’apprendre au maximum parce que nous devenons ce que nous faisons, voyons, entendons tous les jours.

La vingtaine est une période pendant laquelle nous avons tendance à douter de nous-mêmes, à nous sentir anxieux et incompétents au travail. Notre cerveau accorde une attention particulière aux choses qui nous surprennent, aux trucs bizarres, aux émotions fortes, etc. Nos souvenirs les plus vifs sont ceux du début de l’âge adulte. Notre cerveau réagit beaucoup plus aux informations négatives que celui des adultes plus âgés. Nous avons donc tendance à prendre les critiques négatives très personnellement. Nos aînés, quant à eux, savent que certaines choses ne doivent pas être prises à coeur et savent comment le faire. Avec le temps et l’expérience, on finit par réaliser que tous les problèmes peuvent être résolus ou qu’à défaut on peut y survivre. Rappelez vous de la dernière fois que vous avez eu le coeur brisé, ou que vous avez traversé des moments difficiles au travail. 

Meg Jay parle de deux types de mentalités: la mentalité fixe et la mentalité de croissance (c’est plus cool en anglais, fixed mindset et growth mindset). Les personnes avec une mentalité fixe croient que soit on a un talent naturel pour quelque chose, soit on ne l’a pas. Alors que les gens avec une mentalité de croissance croient qu’on peut changer, apprendre, et développer des qualités. Selon Meg Jay, les succès sont en grande partie dus à une grande pratique. On peut avoir une inclination innée ou un talent particulier mais on a toujours besoin de pratiquer. 

La confiance en nos capacités vient de l’extérieur, pas de l’intérieur. Cela vient de nos expériences, de réussites passées. Pour être plus confiants en notre capacité à accomplir un travail, nous devons pratiquer encore plus et penser à ce que nous savons déjà faire. Nous pouvons utiliser les commentaires positifs pour booster notre confiance et les commentaires négatifs pour nous améliorer. On n’arrivera pas à mieux se sentir en évitant les difficultés de la vie adulte, mais plutôt en nous investissant. Les investissements que nous faisons dans notre travail ou nos relations amoureuses nous aident à mûrir notre personnalité. On devient plus heureux en ayant des objectifs et en travaillant pour les atteindre. Les objectifs nous permettent de déclarer qui nous sommes et qui nous voulons être. Ils nous aident à structurer nos prochaines années et notre vie de manière générale. 

Meg Jay

J’ai particulièrement apprécié le fait que l’auteur utilise des histoires vraies pour expliquer les concepts qu’elle développe. Les histories de ses clients nous montrent que l’inquiétude et les doutes que nous traversons sont communs et qu’il y a de l’espoir que nous puissions changer les choses pour aborder la trentaine avec plus de tranquillité. Mais l’un des sujets est resté pour moi une source d’anxiété: la fertilité.

Contrairement à la pensée commune, Meg Jay dit qu’il y a une horloge biologique aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Avec l’âge, les spermatozoïdes se dégradent et peuvent être associés à des problèmes neurocognitifs comme l’autisme, la schizophrénie, la dyslexie, etc. Mais la fertilité féminine est celle qui a le plus retenu l’attention des chercheurs.

La fécondité chez les femmes culmine à la fin de la vingtaine. Pour la majorité, c’est donc le meilleur moment pour avoir un bébé. À partir de 30 ans, on devient moins féconde, et même si ce n’est pas impossible, c’est généralement plus compliqué de faire des enfants après 35 ans. La qualité des oeufs diminue et le système endocrinien qui régule les hormones et indique à l’organisme comment procéder avec une grossesse devient moins efficace. Aujourd’hui, il y a de plus en plus de femmes qui deviennent mères dans la quarantaine. Mais les médias parlent moins de tous les coûteux traitements nécessaires et des couples qui n’arrivent pas à concevoir malgré ces traitements.

C’est beaucoup plus stressant d’essayer de concevoir dans la trentaine, parce que cela devient une urgence. En plus, il y a encore plus de stress quand on a des enfants dans la trentaine parce qu’il y a un grand fossé entre les générations des grands parents, des parents et des petits-enfants. Les parents dans la trentaine doivent souvent prendre soin aussi bien de leurs propres parents, que de leurs enfants à bas âge. Et les grands-parents sont souvent trop vieux pour aider à s’occuper des petits-enfants.

En tant qu’êtres humains, nous avons tendance à favoriser les récompenses d’aujourd’hui par rapport à celles du futur. Les jeunes de la vingtaine en particulier, pensent que c’est le meilleur moment d’adopter un mode de vie Yolo (you only live once ou on ne vit qu’une fois) sans planifier l’avenir, d’autant plus que nous ne savons pas ce qui pourrait se passer. Mais bien que ce soit effectivement le meilleur moment pour s’amuser, on doit aussi préparer l’avenir. C’est important d’établir un calendrier, de réfléchir à ce que nous aimerions être dans quelques années, et travailler pour y arriver. 

J’ai essayé de partager les idées qui m’ont semblé les plus importantes dans le livre, mais je vous recommande de le lire vous-même. La traduction du français à l’anglais n’est pas toujours évidente, donc j’ai une préférence pour mon compte-rendu en anglais, que vous pouvez lire ici. Et si vous n’en avez pas encore marre, vous pourrez regarder ma vidéo sur ma Page Facebook ou sur mon compte Instagram.

Lire « The defining decade: why your twenties matter and how to make the most of it now » m’a aidé à mieux comprendre les différents domaines de ma vie et à réfléchir à ce que je peux améliorer. Comme le dit Meg Jay, la vie est pleine d’incertitude. Il n’y a pas de formule spécifique pour avoir une « bonne » vie et certaines choses sont comme elles sont. C’est à nous d’apprendre, de nous informer davantage, pour savoir comment réagir adéquatement. Si nous accordons une attention particulière à notre vingtaine, nous aurons sans doute un avenir plus brillant.

Publié par

Passionnée de lecture, d'écriture, de voyages et d'éducation, je rêve de transformer l'éducation en Côte d'Ivoire. De la rendre plus interactive et inclusive. C'est pourquoi j'ai créé le Centre Eulis en 2017 et ce blog me sert de journal de bord pour tout ce que j'apprends au quotidien. J'écris des histoires, des comptes-rendus de livres, d'évènements, de voyages, mais surtout, je m'écris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s