Lire, écrire, vivre…

Certaines personnes sont capables de nous faire ressortir des choses profondément enfouies en nous. C’est le cas de Paule Marie Assandre dont je vous ai parlé pour le Camp Ahiman Women 2019. Paule Marie est une artiste qui utilise la danse pour aider les femmes à s’accepter et s’aimer, à travers le concept Body Acceptance. Ce dimanche 1er septembre, elle m’a invitée à partager ma passion pour la lecture et l’écriture. J’intervenais aux côtés d’Amee, slameuse et de Sabine, blogueuse et créatrice de bijoux.

C’était un moment riche en émotions qui m’a rappelé la grâce que j’ai de pouvoir vivre ma passion et la partager aux autres. Qu’il s’agisse de la lecture ou de l’écriture, j’ai l’opportunité de les mettre en avant au quotidien, d’exprimer ce que je ressens pour ces deux passions et même de pouvoir être rémunérée en le faisant, alors que ma formation académique en est très éloignée. Malheureusement, bon nombre de personnes se privent de faire ces choses qui les feraient pourtant vibrer. Parce que la société essaie de nous mettre dans un moule. Parce qu’on a peur d’assumer qui on est, ce qu’on ressent, ce qu’on pense. Parce qu’on a peur de briller, on finit par éteindre cette flamme qui nous habite.

Paule Marie a souligné qu’elle se sentait puissante. Quand elle danse, quand elle chante, elle ne cherche pas à ce qu’on lui dise qu’elle le fait bien. Elle recherche juste à exprimer la puissance qu’elle ressent en elle. Et pour elle, tous les êtres humains sont puissants. Malheureusement, la société est construite telle que l’on ne veut voir que quelques individus briller pendant que les autres resteront cantonnés au simple rôle de suiveurs. Elle nous a invité à ne pas subir la vie, d’autant plus qu’elle est si brève.

Parfois, les parents ne se rendent pas compte de l’impact que leurs mots peuvent avoir sur leurs enfants, sur leur estime d’eux-mêmes. Parents ou pas, bien souvent, par nos mots, nous amenons certaines personnes à douter de leurs capacités. Plutôt que de les encourager à s’améliorer, nous leur demandons de se taire parce qu’ils n’ont pas atteint nos standards. Combien de rêves, de talents, de carrières, sont ainsi tués dans l’oeuf ? J’ai souvent du mal à relire certains de mes premiers écrits parce que je les trouve mauvais. Pourtant, ce sont ces débuts timides qui m’aident à affiner mon écriture au fil des lignes. Il faut beaucoup de temps pour apprendre et s’améliorer.

Body acceptance - Tchonté 2

Il y a eu des rires, des larmes et des énergies positives dans l’air. Le cadre intimiste et artistique du Bushman invitait à se livrer aux confidences, à transmettre nos émotions. C’était la première fois que j’y mettais les pieds et j’ai beaucoup apprécié le décor. J’ai aussi fait de belles rencontres. J’y étais pour partager ma passion, mais j’en suis ressortie profondément émue. Par cette jeune femme qui avait l’impression de ne plus avoir de la valeur parce qu’elle n’avait pas réalisé le rêve de son père. Par cette autre qui admirait le travail qu’on fait au Centre Eulis parce qu’elle même sait l’importance du livre, surtout dans les quartiers précaires. Par celle qui ayant reçu des commentaires négatifs très jeune, a décidé de ne plus rien écrire…

Chacune des 19 femmes présentes avait une histoire à raconter avec l’écriture, la lecture, ou juste une autre passion. Certaines ont parlé plus que d’autres, mais je suis certaine que toutes, nous avons été touchées par ce qui est ressorti de cette rencontre. J’ai personnellement été marquée par les mots de Paule Marie, lorsqu’elle nous disait de ne pas attendre la perfection pour nous lancer, pour chanter, pour publier un livre…

J’ai aimé redécouvrir le parcours d’Amee, comment elle s’est mise à la lecture, à l’écriture, puis au slam. Comment elle s’est retrouvée devant plus de 30 000 personnes à faire un hommage en slam pour la veillée artistique d’Arafat DJ. Au début, ses parents ne comprenaient peut-être pas, mais aujourd’hui, ils lui ont accordé sa bénédiction et cela se ressent encore plus dans ses multiples activités.

Sabine écrit également et entretient un blog. Mais elle a aussi choisi de manifester son identité à travers la création de bijoux, pour donner vie à sa première passion, la mode. Elle aussi n’a pas eu le soutien de ses parents dès le départ. Mais les retours des uns et des autres ont fini par les convaincre que son entreprise avait de la valeur, au point où ils y ont même investi.

Body acceptance - Tchonté 3

Des millions de personnes à travers le monde se contentent d’exister plutôt que de vivre, et cela pour plusieurs raisons. Des espaces comme celui mis en place par Paule Marie, permettent d’exorciser certaines blessures du passé, de rencontrer des personnes qui peuvent nous inspirer et de se donner la chance de rêver à nouveau.

Amee, Sabine et moi, avons commencé à écrire très jeunes. Pas forcement parce que nous rêvions d’en faire une carrière, mais tout simplement parce qu’on avait des choses à raconter, à exprimer. Que ce soit des fictions, des faits du quotidien ou un engagement politique, écrire nous permet de transmettre nos valeurs, nos émotions, nos pensées, nos rêves…

Tout le monde n’a pas le courage de se lancer. On craint parfois d’en dire trop sur nous, que nos textes dévoilent une facette de nous-mêmes que nous ne sommes pas encore prêtes à assumer. On se demande si ce que l’on veut partager pourrait apporter de la valeur aux autres. Comme l’a dit Amee, la première personne qui en sera positivement affectée, c’est soi-même. Alors oui, ce que nous produirons aura de la valeur, non seulement pour nous, mais aussi pour ceux qui nous liront ou découvriront ce qu’on réalise.

Vivre sa passion et la partager, même lorsqu’on doute nous-mêmes, permet d’aider une autre personne à faire de même. Comme si on lui donnait à elle aussi l’autorisation de s’affirmer, d’essayer, d’être elle-même, sans s’en excuser. Il ne s’agit pas forcement de tout plaquer pour ne pratiquer que sa passion. Mais s’il y a une chose qui vous fait ressentir des émotions fortes, que vous avez envie d’accomplir, alors trouvez un créneau et réalisez-vous. Rêvez, écrivez, lisez, dessinez, voyagez, agissez, mais surtout vivez !!!

Publié par

Passionnée de lecture, d'écriture, de voyages et d'éducation, je rêve de transformer l'éducation en Côte d'Ivoire. De la rendre plus interactive et inclusive. C'est pourquoi j'ai créé le Centre Eulis en 2017 et ce blog me sert de journal de bord pour tout ce que j'apprends au quotidien. J'écris des histoires, des comptes-rendus de livres, d'évènements, de voyages, mais surtout, je m'écris.

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