Mon journal de Ramadan 2021

Ce journal sera mis à jour régulièrement in shaa Allah.

Jour 0 : un nouveau départ 


J’ai pris énormément de plaisir à partager mon mois de Ramadan avec vous l’année dernière. J’en remets donc une couche cette année même si beaucoup de choses ont changé et que ça pourrait être difficile d’écrire tous les jours. Je travaille à temps plein en ce moment et je suis vraiment très très occupée par mon boulot. J’espère toutefois que le temps que je passerai en moins sur les réseaux sociaux m’aidera à tenir ce journal quotidiennement. 

Al hamdoulilah, c’est une grâce immense de pouvoir de nouveau profiter de ce mois béni. Plusieurs d’entre nous ont perdu des proches ou connaissent au moins une personne qui nous a devancés dans l’au-delà. Allah nous donne l’opportunité d’accumuler davantage de bonnes actions et nous devrions en profiter au maximum. 

J’ai dû écrire et effacer plusieurs fois certaines phrases parce que je me suis rendu compte que j’écrivais un peu trop comme une coach s’apprêtant à donner des conseils à ses élèves. L’objectif de ce journal est avant tout de faire une introspection et de documenter mon mois de Ramadan. Ce que je lis, écoute, apprends, pense… je vais donc rentrer directement dans le vif du sujet.


J’ai pris plusieurs résolutions à la fin du mois de Ramadan de l’année dernière. J’espérais me rapprocher davantage d’Allah, prier plus souvent les nuits, jeûner, apprendre mieux ma religion et le Coran, etc. Je m’apprêtais à dire que j’ai malheureusement échoué à les tenir mais je me suis rendu compte que non. Al hamdoulilah, je pense avoir positivement évolué par rapport à celle que j’étais il y  a quelques mois. Je ne suis certes pas devenue une As du Coran, mais j’ai fait des progrès dans ma lecture et j’ai maintenu un lien avec le Coran même s’il m’arrivait d’avoir des périodes de relâchement.


Pendant les mois qui ont suivi le Ramadan, j’ai lu la magnifique biographie du prophète Muhammad (Saw), « Le nectar cacheté ». J’ai appris énormément de choses aussi bien à travers ce livre qu’avec d’autres ouvrages et des écoutes de podcasts et de vidéos. Je suis ravie de dire que j’ai réussi à jeûner beaucoup plus souvent, les lundis et jeudis. Pas tous, mais vraiment beaucoup plus qu’avant. C’était malheureusement plus difficile de continuer à faire les prières nocturnes mais ce n’est que partie remise. 


Je suis ravie de voir que ces mois n’ont pas totalement effacé les efforts du mois de Ramadan passé. Il me reste toutefois encore énormement de choses à faire. Il y a malheureusement de mauvaises habitudes que j’ai reprises et de bonnes actions que je n’ai pas pu accomplir. Je ne connais toujours pas les 99 noms d’Allah connus en islam et même si j’ai fait des progrès, il me reste encore beaucoup à accomplir dans ma relation avec le Coran. 

Cette année, comme d’habitude, j’ai eu du mal à déterminer mes objectifs de Ramadan à l’avance. Je n’en avais qu’un seul en particulier qui me tenait à coeur, pouvoir lire au moins le tiers du Coran en Arabe. J’y rajoute maintenant l’apprentissage de 33 noms d’Allah et de pouvoir me lever suffisamment tôt pour faire des prières nocturnes avant Fajr in shaa Allah. 

J’ai vu quelque part qu’il serait bien de se choisir 4 objectifs précis.  Je ne sais pas encore quel serait mon quatrième défi mais le fait d’écrire ce journal représente déjà un challenge plutôt important. De plus, je vais résister à l’envie de me connecter sur les réseaux sociaux et je sens que ça ne sera pas une mince affaire. 

Je suis un peu sceptique à l’idée de vous dire certaines choses cette fois-ci. Est-ce que j’en dis trop ? Est-ce que je tombe dans l’ostentation ? Est-ce que je ne devrais pas cacher certaines de mes faiblesses et ce que je considère  comme des accomplissements au risque de me glorifier ? Je n’ai pas encore la réponse à ces questions mais je prendrai les choses comme elles viennent et je dirai ce qui me semble approprié en espérant que mon intention reste la bonne. 


Ce premier épisode aurait pu être empreint de plus d’émotions et de sagesses mais je n’avais que ce bilan à vous partager et je n’ai pas envie de creuser plus que ça. C’est un nouveau mois de Ramadan, un nouveau départ. Nous avons peut-être eu des lacunes pendant les mois précédents mais nous avons l’opportunité d’essayer à nouveau d’être de meilleurs musulmans, de meilleures personnes. Ca ne sera pas forcément facile mais je prie qu’Allah nous aide à nous rapprocher davantage de Lui pendant ces quatre prochaines semaines. 

Excellent mois de Ramadan à nous tous !

Jour 1 : chaque instant compte.


« Certes nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons. » 

Al-Baqarah (2:156)


Le président du Conseil Supérieur des Imams de Côte d’Ivoire, Cheick Aïma Traoré Mamadou est décédé aujourd’hui à l’âge de 77 ans. Il avait été désigné président du COSIM à la suite du décès de son prédécesseur Cheick Boikary Fofana, il y a moins d’un an. 

Les décès de ces deux personnalités de la communauté musulmane ivoirienne me font penser à ceux de nos deux précédents premiers ministres : Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko, également décédés à moins d’un an d’intervalle en 2020 et 2021.

Allah fait ce qui Lui plaît. Peu importe notre rang, peu importe notre richesse, peu importe nos niveaux de piété, d’autorité et de pouvoir, nous finirons tous par partir. Il est le seul Éternel. Tout disparaîtra, sauf Sa Face.

Rien ne nous garantit qu’on verra la seconde d’après et encore moins la fin de ce mois de Ramadan. Chaque instant compte pour nous rapprocher d’Allah et nous avons mille et une opportunités de le faire en ce moment. 

J’ai écouté l’une des vidéos de l’imam Omar Suleiman sur la meilleure façon de lire le Coran. J’ai certes envie de lire le tiers du Coran en arabe cette année mais son message m’a interpellée. Omar Suleiman a rappelé que nous pouvons créer un lien avec le Coran de différentes manières. On peut le lire en entier plusieurs fois, lire juste une partie ou même lire la traduction. Le fait de lire la traduction pour  comprendre la parole d’Allah est une source de mérites même si ce n’est pas au même niveau que de pouvoir lire en Arabe. 

Omar Suleiman a parlé de l’importance de méditer sur ce qu’on lit. On peut et devrait certes se fixer des objectifs en termes de nombres de pages ou de Juz à lire, mais c’est également très important de réfléchir sur la parole de notre Créateur. Ça m’enlève une petite pression et je me dis que je lirai ce que je pourrai en essayant au maximum de m’axer sur les enseignements à tirer de chaque passage in shaa Allah.

J’ai été ravie de découvrir la série Qur’an 30 for 30 que l’imam Omar Suleiman anime avec Sheikh Abdullah Oduro. Ils reçoivent chaque fois un invité avec qui ils discutent des thèmes abordés dans chaque partie ou juz* du Coran. C’est la deuxième saison et je compte regarder celle de 2020 plus tard in shaa Allah. Je pense que ces minis tafsirs m’aideront beaucoup à mieux apprécier ma lecture du Coran. 

Qu’Allah nous facilite la réalisation de nos objectifs de Ramadan et ne nous rappelle que lorsqu’Il sera satisfait de nous. 


* Un juz est l’une des trente parties dans lesquelles le Coran est parfois divisé. Cette division permet de faciliter la lecture du Coran pendant les 30 jours du mois de Ramadan et de faciliter la mémorisation. 

Jour 2 : restons concentrés.

Je fais partie de la génération 2.0 qui a du mal à se détacher de son téléphone alors qu’elle est en compagnie d’autres personnes. Ces derniers mois, je fais l’effort conscient de ne pas passer mon temps sur mon téléphone lorsque je vais au restaurant avec des amis. Je fais toujours des photos et vidéos des plats mais j’essaie de redéposer mon téléphone juste après. Bien sûr, ça m’arrive toujours d’avoir des moments d’oubli mais c’est un effort que je continue de poursuivre.

Dans le deuxième épisode de « Meeting Muhammad (saw) », Omar Suleiman décrit le caractère du prophète (saw). Il rappelle que c’était un homme tout le temps souriant qui accordait réellement son attention à ses interlocuteurs lors des discussions. Quand il vous écoutait, vous aviez l’impression d’être la personne la plus importante au monde, tellement il tournait tout son être vers vous.

L’imam Omar Suleiman raconte un épisode particulier que j’ai beaucoup aimé mais dont je n’ai pas retrouvé de trace ailleurs. Je ne peux donc pas garantir que cette histoire est vraie mais elle m’a touchée. Il dit qu’il y a un récit selon lequel le prophète Muhammad (saw) jetait quelques coups d’oeil à sa bague alors qu’il était dans une conversation. Il l’a finalement enlevée et l’a mise de côté puis a dit à ses compagnons qu’elle le distrayait alors qu’il devait les écouter entièrement.

Encore une fois, je n’ai pas trouvé de sources sûres sur cette histoire mais elle m’a interpellée. Dans une conversation, c’est une preuve de respect de se focaliser sur la ou les personnes que l’on a en face et je suis vraiment coupable de ne pas le faire très souvent. Il m’arrive de manipuler mon téléphone alors même que je suis dans un appel téléphonique ou dans une conversation en face à face avec d’autres personnes. On le fait pratiquement tous aujourd’hui, à tel point que ça en devient malheureusement banal.

Dans mon travail en ce moment, je suis amenée à gérer un milliard de choses à la fois et c’est très facile de terminer la journée sans avoir réellement terminé une tâche précise parce qu’on jonglait sur tout en même temps. Nous sommes dans un monde qui glorifie le fait d’effectuer plusieurs tâches au même moment alors que cela nous est bien souvent nuisible.

Nous ne sommes pas à 100 % sur une activité particulière et nous finissons par ne réaliser que la moitié de la qualité de ce qu’on aurait pu produire si on s’était mieux focalisé. Je pense que c’est une mauvaise habitude qui finit par nous suivre dans tout ce qu’on fait et nous avons du mal à nous concentrer dans tous les aspects de notre vie, prière incluse.

Que cette histoire sur le prophète (saw) soit authentique ou pas, je sais qu’il avait vraiment cette habitude de respecter et d’accorder toute son attention à ceux avec qui il échangeait. Etant donné que nous devons apprendre du meilleur des hommes, je compte faire davantage d’efforts in shaa Allah pour m’améliorer à ce niveau mais aussi pour être mieux concentrée dans tous les autres aspects de ma vie in shaa Allah.

Qu’Allah nous aide à mieux connaitre le prophète Muhammad (saw) et à suivre son exemple.

Jour 3 : boulot, embouteillages et Ramadan

J’ai passé presque 2h de temps dans les embouteillages aujourd’hui pour rentrer du boulot. Je suis arrivée quelques minutes après l’heure de la rupture et après avoir bu de l’eau et prié Maghrib, je n’avais pas d’énergie pour chercher à manger. Ce n’est que vers 21h que j’ai pu enfin manger quelque chose de solide.

J’ai décidé de rentrer plus tôt du travail que d’habitude pour rompre le jeûne à la maison et faire mes prières tranquillement mais je suppose que tous les musulmans ont le même objectif en ce moment. Les embouteillages sont énormes et quand on conduit, on est doublement fatigué au moment d’arriver à la maison.

On a discuté entre amies du challenge que cela représente de travailler ou d’aller à l’école pendant le Ramadan, surtout à cause des embouteillages. Mais il y a aussi les interactions avec les autres et certains commentaires qui peuvent être déplacés. Certaines personnes évoluent dans un environnement où les gens font des blagues sur le jeûne qu’eux seuls trouvent drôles. Certes ce n’est pas toujours facile mais pour tout ça il faut dire al hamdoulilah.

Al hamdoulilah parce qu’on a la grâce d’avoir un boulot, une école, la santé pour pouvoir jeûner, les moyens pour se déplacer, des opportunités pour accumuler de bonnes actions. Nous avons parfois l’impression de ne pas faire suffisamment d’actes d’adoration à cause de nos différentes activités mais Allah voit et sait tout. Il voit nos efforts et nos challenges.

Nous n’avons fait que trois jours de jeûne mais j’ai déjà perçu les difficultés dans mon emploi du temps. Entre le boulot auquel il faut aller très tôt pour éviter les embouteillages, le long trajet de retour à la maison, les interactions familiales et les prières de Taraweeh, j’ai finalement peu de temps pour réaliser des objectifs additionnels comme lire le Coran alors que je tombe de fatigue.

Pendant nos échanges, certaines de nos amies ont trouvé que d’autres arrivaient à accomplir beaucoup. Pourtant on a tous des challenges personnels. Nous avons conclu que le mieux serait de trouver des astuces pour profiter de ce mois de différentes manières.

Personnellement, je profite de mon trajet en voiture pour écouter les enseignements sur Yaqeen Institute et ils me donnent matière à réfléchir. J’essaie de lire le Coran pendant au moins 10 minutes le matin et quelques lignes le soir. C’est encore très peu à mon goût mais j’espère pouvoir améliorer les choses au fil des jours in shaa Allah.

On peut également écouter et réciter le Coran en voiture. Faire plus d’aumônes qu’à l’accoutumée. Sourire davantage, éviter de s’énerver. Faire quelques zikrs additionnels après les prières. Lutter contre nos « petits » pêchés. Tout cela peut être source de mérites.

En attendant, je suis contente parce que j’ai réussi à être plus concentrée pendant cette journée. J’évitais de manipuler mon téléphone pendant les réunions, en marchant ou en étant sur mon ordinateur. Je me suis focalisée sur chacune de mes tâches précises du début jusqu’à la fin en résistant à l’envie d’aller sur tout en même temps. Al hamdoulilah je trouve que j’ai été plus productive et je prie que ça dure.

Qu’Allah nous aide à surmonter nos challenges et à profiter de ce mois de mille et une manière.


Jour 4 : mourir au bon moment

« Est-ce que tu aimerais qu’Allah te rappelle à Lui pendant que tu fais ce que tu es en train de faire en ce moment ? »

C’est la question que je me suis posée quand j’ai fini d’écouter cet enseignement de l’imam Omar Suleiman. Oui je sais, je parle beaucoup de lui. Je l’aime beaucoup en Allah et je prie que notre Seigneur lui accorde les mérites de toutes ses actions pour la communauté.

Malheureusement, nous ne pouvons pas être constamment engagés dans des actes d’adoration. La vie suit son cours. On doit travailler, s’occuper de sa famille, cuisiner, dormir, etc. Bon nombre d’activités nous accaparent pendant la journée et les rares moments où nous sommes en réelle adoration, c’est pendant la prière. Et là encore, bien souvent, notre esprit vagabonde vers nos nombreuses préoccupations plutôt que de se connecter à notre Créateur.

On souhaite souvent qu’Allah nous rappelle à Lui pendant que nous sommes en train de prier. On imagine qu’on irait alors directement au paradis. Mais comme disait Omar Suleiman, ce n’est pas raisonnable de demander à Allah de nous accorder une bonne mort si nous n’avons pas une bonne vie.

Omar explique que les gens qui meurent généralement pendant la prière, sont des personnes qui passaient beaucoup de temps dans la prière. Nous ne savons pas à quel moment Allah nous rappellera mais il y a de fortes chances que nous mourrions en étant en train de faire ce que nous avons l’habitude de faire.

En écoutant Omar Suleiman, je me suis remise en question. Je me dis qu’en me posant la question plus haut fréquemment, je serai sûrement amenée à surveiller davantage tout ce que je fais pour m’assurer de ne pas être dans une activité qui déplaît à Allah.

Et si on mourrait pendant que nous sommes en train de médire d’une personne ? En train de commettre la fornication ? En route pour se disputer avec son frère ou alors qu’on garde une rancoeur envers quelqu’un ?

Je suis bien consciente que nous ne pouvons pas vivre en étant parfaits; nous serions des anges sinon. Mais nous devons faire davantage d’efforts si nous souhaitons réellement mourir dans une bonne position. Je vais terminer ce texte en partageant cet Hadith que j’aime beaucoup et que j’ai envie de citer depuis pas mal de temps.

« D’après Abû Sa’îd Al-Khudrî le Prophète d’Allah  (saw) a dit :  

« Parmi les peuples qui vivaient avant vous, il y avait un homme qui avait tué quatre-vingt dix-neuf personnes.  Il demanda après l’homme le plus savant sur terre. On lui désigna un moine. Il alla le trouver et lui dit qu’il avait tué quatre-vingt dix-neuf personnes ; Il lui demanda s’il lui restait une possibilité de se repentir. Le moine dit aussitôt : « Non ». Alors la personne le tua sur le coup et compléta ainsi le nombre des ses victimes à cent.

Puis, il demanda de nouveau après le plus grand savant de la terre. On lui désigna une personne. Il alla la trouver et lui dit qu’il avait tué cent personnes ; il lui demanda s’il lui restait quelque possibilité de se repentir. Il lui dit : « Oui et qu’est ce qui fait obstacle entre toi et le repentir ? Va dans tel pays, là-bas vivent des gens qui ne font qu’adorer Allah exalté. Adore donc Allah avec eux et ne retourne jamais dans ton pays car c’est une terre de mal. »

Il se mit en route, et arrivé à mi-chemin, il fut atteint par la mort. Les anges de la miséricorde et les Anges des tourments se disputèrent à son sujet. Les Anges de la miséricorde dirent : « Il est venu se repentir désirant de tout son coeur retourner vers Allah ». Et les Anges des tourments dirent : « Il n’a jamais fait de bien toute sa vie durant.

C’est alors qu’un Ange sous l’apparence humaine vint à eux. Ils le prirent pour juge. Il leur dit :  « Mesurez la distance qui le sépare de chacune des deux terres. Destinez-le ensuite à celle dont il est le plus proche. » Ils mesurèrent et trouvèrent qu’il était près de la terre qu’il voulait rejoindre, alors ce furent les Anges de la miséricorde qui lui retirèrent son âme. (Bukhari, Muslim) 

Et dans une autre version, toujours dans les mêmes recueils d’Al-Bukhari et de Muslim :  

« …il fut atteint par la mort, alors il mit sa poitrine en direction de la terre souhaitée. Les Anges de la miséricorde et ceux des tourments se disputèrent à son sujet. Allah ordonna à la terre de destination de se rapprocher et à la terre de départ de s’éloigner. 

Et l’Ange qui était juge dit : « Mesurez la distance entre les deux terres. » Ils trouvèrent qu’il était plus proche de la terre du bien d’un empan. Par conséquent, Allah lui pardonna ses méfaits. »
Rapporté par Al-Bukhârî n° 3470. »

Cet Hadith nous montre à quel point la Miséricorde d’Allah est immense mais aussi que nos intentions et nos actes au moment où nous mourrons pourront jouer un rôle déterminant dans notre vie après la mort in shaa Allah.

Qu’Allah nous aide à mener une vie qui lui plait et nous rappelle dans de bonnes conditions.

Jour 5 : l’engagement communautaire

J’ai reçu un magnifique cadeau aujourd’hui. Plutôt deux en un. Il s’agit des deux volumes d’une exégèse du Coran écrite par Abd-Rahman As-Sadi. C’est la première exégèse que je possède mais elle me donne déjà envie d’en avoir d’autres in shaa Allah.

Je cherche toujours le meilleur moyen de côtoyer le Coran pendant ce mois de Ramadan et je pense l’avoir enfin trouvé al hamdoulilah. Je ne suis pas fermée à des changements mais j’aime beaucoup ma nouvelle méthodologie. J’ai décidé d’utiliser des vidéos d’apprentissage du Coran sur YouTube qui aident à réciter et à apprendre de petites parties du Coran et qui semblent destinées aux enfants.

J’avais envie de lire le Coran à partir de la Fatiha en enchaînant avec Al-Baqarah plutôt que de lire les dernières sourates, plus faciles, mais j’avoue que c’est plutôt difficile d’aller un peu à l’aveugle avec une sourate que je ne maîtrise pas encore.

En m’aidant de ces vidéos d’apprentissage,  j’apprécie mieux ma lecture coranique. De plus, avec cette exégèse que je viens de recevoir, j’ai la possibilité de lire le Coran et de lire ensuite l’interprétation de chaque verset. Maa shaa Allah j’aime beaucoup. Qu’Allah récompense mon gentil donateur.

Je n’ai pas lu les premières parties de l’exégèse. Je l’ai directement entamée avec les cinq premières ayats de la sourate Al-Baqarah. J’ai été particulièrement touchée par ce passage sur la salât et la Zakat.

« Il est très fréquent que le Très Haut réunisse la prière et la Zakât dans le Coran, car la prière implique la sincérité envers l’Adoré, alors que la Zakât et les dépenses impliquent la bienfaisance envers Ses serviteurs. Par conséquent, la cause du bonheur du serviteur réside dans sa sincérité vis-à-vis de l’Adoré et dans son effort à être utile aux créatures, alors que la cause de son malheur réside dans l’absence de ces deux qualités et vertus : ni sincérité, ni bienfaisance. »

J’ai effectivement remarqué que bon nombre de fois, la Zakât et la prière sont associées dans le Coran. On sait déjà qu’elles font partie des deux piliers de l’Islam mais j’ai beaucoup apprécié l’explication de l’auteur qui aide à mieux comprendre à quel point elles sont importantes.

J’admire la facilité qu’ont certaines personnes à faire preuve de gentillesse. Moi je dois souvent m’exhorter intérieurement à le faire pour mon Créateur et je prie qu’Allah m’aide davantage sur cette voie. Pendant ces récents jours, j’ai parfois eu envie de me fâcher ou de ne pas rendre certains services et à chaque fois je me suis dit que je le ferais pour Allah.

En tant que musulmans, nous devons être utiles à notre communauté, à notre entourage. Je ne cesse de le dire, on peut le faire de plusieurs manières. L’un de mes amis partage de petits rappels quotidiens via Whatsapp pendant le mois de Ramadan. Il est architecte et il lui arrive de donner de son temps et de son expertise pour réaliser des projets pour la communauté musulmane.

Aujourd’hui, nous avions une journée d’ateliers pour Ahiman Women, une association de femmes qui promeut le leadership féminin. Les vingt lycéennes présentes ont eu droit à des ateliers sur le slam, le plaidoyer, les menstruations et les harcèlements sexuel et moral. Cette association n’est pas spécifiquement dédiée aux musulmanes mais nos actions n’ont pas à être limitées à notre communauté même si nous devons y être particulièrement engagés.

Ce Tafsir sur les premiers versets d’Al-Baqarah me conforte encore plus sur l’importance de l’engagement communautaire. Qu’Allah nous aide à être sincères dans son adoration et à faire preuve de bienfaisance envers Ses créatures.

Jour 6 : la quête de la connaissance

Quand je me suis convertie à l’Islam et que j’apprenais la prière, je croyais qu’on devait toujours croiser les bras sur la poitrine en priant. Ce n’est que quelques années plus tard que j’ai su que cela variait d’une école juridique à une autre. Il en est de même pour de nombreuses autres pratiques et lorsqu’on ignore la diversité qui existe dans l’islam, on est très vite tenté de condamner les différences que l’on voit chez les autres.

Ce matin, j’ai eu envie de faire des recherches sur l’auteur de l’exégèse que j’ai reçue et j’ai découvert que le Cheikh Abd Ar-Rahman As-Sa’di était de l’école Hanbalite. C’est la plus petite des quatre grandes écoles Sunni. Son fondateur, Ahmad Ibn Hanbal, est considéré par plusieurs savants comme un traditionaliste, un collecteur de hadiths, plutôt qu’un juriste. Les principes de l’école Hanbalite reposent sur une interprétation littérale du Coran et de la Sunna et un rejet de l’utilisation de l’opinion personnelle et du raisonnement par analogie (sauf dans de très rares cas).

Dans mes recherches, j’ai découvert Ibn Kathir et At-Tabari, qui sont également deux auteurs d’exégèse parmi les plus réputés. Ibn Kathir était de l’école Shâfi’ite et At-Tabari a fondé l’école Jariri – qui n’existe plus – après avoir également suivi les principes de l’école Shâfi’ite. L’école Shâfi’ite a été fondée par Muhammad ibn Idris Al-Shafi’i. Ses principes reposent principalement sur l’utilisation du Coran et des ḥadiths puis le consensus  des érudits musulmans et la déduction par analogie quand aucune réponse précise n’est donnée par les premières sources.

Les deux autres écoles sont les écoles Hanafite et Malikite. L’école Hanafite est considérée comme la plus libérale du fait de l’accent mis sur l’utilisation de la raison et de l’opinion tandis que l’école Malikite met plus l’accent sur l’avis des compagnons du prophète (saw) et sur la pratique des médinois, étant donné qu’ils sont les descendants des compagnons.

Au-delà de certaines divergences, les quatre grandes écoles s’accordent toutefois sur l’acceptation du Coran et des Hadiths comme sources premières de la loi islamique.

Pourquoi est-ce important de connaître ces quatre grandes écoles et leurs fondements ? Parce que cela aide à mettre en contexte les écrits des auteurs d’exégèse ou d’autres ouvrages religieux. J’imagine qu’As-Sa’di pourrait avoir des interprétations différentes de celles d’Ibn Kathir et d’At-Tabari. Loin de dire que certaines interprétations sont meilleures que d’autres, on peut mieux comprendre certains avis lorsqu’on sait de quelles écoles ils proviennent.

Certains auteurs ont été influencés par différentes écoles et d’autres ont même fondé les leurs. Cela signifie qu’un savant pourrait donner un avis qui ne relève pas forcément de son école mais de manière générale, il ne s’en éloigne pas.

Il n’était pas encore 7h du matin que mon amie et moi avions ouvert plusieurs pages sur Google pour faire des recherches sur ces trois auteurs et leurs écoles. Nous avons vu qu’il y avait encore tellement de courants de pensée différents qu’il nous serait sans doute difficile de tous les étudier.

Nous sommes chaque jour ébahies par la quantité de choses que nous ne savons pas sur l’islam. Bon nombre de musulmans et non-musulmans pensent que l’islam n’a qu’un seul courant de pensée. Moi-même, je ne connaissais que le sunnisme et le chiisme sans même réellement savoir en quoi ils divergeaient, avant de commencer à apprendre davantage sur la religion.

C’est facile de croire que ceux qui font des choses différentes de nous sont obligatoirement en tort. On peut certes ne pas être d’accord avec certains principes une fois qu’on les connaît, mais il faut davantage s’instruire avant de se prononcer sur ce qui est correct ou pas.

J’espère avoir rendu fidèlement les descriptions des quatre grandes écoles. Je vous recommande de faire des recherches additionnelles et vous prie de me faire un retour en cas d’erreur.

Qu’Allah nous facilite la quête de connaissance et fasse de nous des bien-guidés.


Jour 7 : la justice sans exception

J’aime beaucoup découvrir des récits de la vie du prophète Muhammad (saw) à travers les vidéos de Yaqeen Institute. Ils sont racontés de manière très simple qui donne envie de faire plus de recherches et aide aussi à découvrir le contexte dans lequel certaines ayats ont été révélées.

Omar Suleiman raconte une histoire intéressante sur la justice dans l’épisode du Juz 5 de Qur’an 30 for 30. J’ai eu du mal à trouver le récit en français sur internet mais j’ai également eu un petit aperçu dans l’exégèse du cheikh Abd Ar-Rahman As-Sa’di.

Dans la ville de Médine, un musulman qui s’appelait Tu’mah Ibn Ubayriq a volé le bouclier d’un autre musulman et l’a caché chez l’un de ses amis. Étant donné que ce dernier était juif, Tu’Mah se disait qu’il pourrait s’en sortir en rejetant la faute sur lui et que le prophète ferait un jugement en sa faveur parce qu’il était musulman.

Allah a protégé Son messager (saw) en lui révélant le complot pour lui éviter de faire un jugement injuste. Le prophète Muhammad (saw) a donc libéré le juif et condamné Tu’mah Ibn Ubayriq. C’est par rapport à cette histoire qu’Allah a révélé les ayats 105-113 de la sourate An-Nisa.

105. Nous avons fait descendre vers toi le Livre avec la vérité, pour que tu juges entre les gens. selon ce qu’Allah t’a appris. Et ne te fais pas l’avocat des traîtres. Et implore d’Allah le pardon car Allah est certes Pardonneur et Miséricordieux.

106. Et ne dispute pas en faveur de ceux qui se trahissent eux-mêmes. Allah vraiment, n’aime pas le traître et le pécheur.

107. Ils cherchent à se cacher des gens, mais ils ne cherchent pas à se cacher d’Allah. Or, Il est avec eux quand ils tiennent la nuit des paroles qu’Il (Allah) n’agrée pas. Et Allah ne cesse de cerner (par Sa science) ce qu’ils font.

108. Voilà les gens en faveur desquels vous disputez dans la vie présente. Mais qui va disputer pour eux devant Allah au Jour de la Résurrection? Ou bien qui sera leur protecteur?

109. Quiconque agit mal ou fait du tort à lui-même, puis aussitôt implore d’Allah le pardon, trouvera Allah Pardonneur et Miséricordieux.

110. Quiconque acquiert un péché, ne l’acquiert que contre lui-même. Et Allah est Omniscient et Sage.

111. Et quiconque acquiert une faute ou un péché puis en accuse un innocent, se rend coupable alors d’une injustice et d’un péché manifeste.

112. Et n’eût été la grâce d’Allah sur toi (Muhammad) et Sa miséricorde, une partie d’entre eux t’aurait bien volontiers égaré. Mais ils n’égarent qu’eux-mêmes, et ne peuvent en rien te nuire. Allah a fait descendre sur toi le Livre et la Sagesse, et t’a enseigné ce que tu ne savais pas. Et la grâce d’Allah sur toi est immense.”

Cette histoire nous interpelle par rapport à notre rapport à la justice. Est-ce que nous prenons toujours fait et cause pour les personnes injustement incriminées ou oppressées ou est-ce que nous nous basons sur nos relations avec le coupable ?

J’ai toujours ce petit remords quand je pense à l’un de mes proches qui a fait un acte répréhensible et avec qui je n’ai jamais vraiment échangé sur le sujet. Je n’étais pas forcément en position de juge mais je me sens mal de n’avoir pas parlé lorsque j’ai eu vent de l’histoire.

Ce n’est pas toujours facile de remettre les autres en cause, lorsqu’il y a un lien de famille ou un rapport d’autorité. C’est encore plus difficile de leur donner tort alors que l’affaire est traitée devant d’autres personnes.

J’ai souvent entendu qu’il faut toujours défendre ses proches, même quand ils ont tort et ensuite les conseiller en privé. Certains parents font également cela lorsqu’ils jugent une affaire entre leurs enfants, en choisissant de donner raison à l’un ou l’autre par rapport à son statut d’aîné ou de benjamin, alors qu’il est fautif. C’est peut-être une façon de gérer les choses pour ne pas remettre en cause le respect ou la compassion qui doit exister entre les enfants, mais ça reste de l’injustice. Idem quand nous prenons le parti d’un proche qui a fait du mal à une autre personne.

Nous ne sommes que des humains, avec nos failles et nos inclinaisons mais qu’Allah nous accorde l’esprit de discernement et nous aide à être justes à l’image du prophète Muhammad (saw).

Jour 11 : Al hamdoulilah c’est dur !

Je sais que je vous dois quelques articles dans le journal mais comme le titre l’indique, en ce moment c’est dur. J’ai déjà les thèmes que je veux aborder pour les jours ratés mais je vais être tendre avec moi-même et laisser les mots sortir quand ils seront prêts in shaa Allah.

J’ai choisi ce titre avec un petit soupçon d’humour. Je l’ai choisi par rapport à l’épisode 16 de la série “Angels in your presence” d’Omar Suleiman. Il avait souligné l’importance de dire “al hamdoulilah” quand on est malade parce que les anges rendent compte à Allah et Il décide de ce qu’Il fera de nous en cas de décès ou de guérison en fonction de ce que nous disons quand on nous demande comment on va. Alors en ce moment c’est dur mais al hamdoulilah !

Al hamdoulilah, aujourd’hui a été particulièrement difficile comme journée et ça n’a rien à voir avec le fait que je me sois levée un peu trop tard pour le sahour. C’était la première fois que ça m’arrivait depuis le début du mois de Ramadan et j’ai juste eu le temps de boire deux gorgées d’eau avant la fin du temps réglementaire. Il faut dire aussi que j’ai dormi plus tard que d’habitude parce que j’avais une discussion intéressante avec papa.

Je ne pense toutefois pas avoir eu plus faim que d’habitude. Mais je ressentais le besoin de manger par moment parce que c’était dur. Parce que je passais une journée difficile et que le meilleur remède à mes peines reste un bon plat de garba ou une délicieuse glace. Bien sûr, en dehors des moments d’intimité où je peux écrire pour me soulager, parler à une amie, ou me retrouver avec mon Créateur et laisser libre cours à ma peine.

Aujourd’hui le travail était dur. Je me sentais impuissante face aux milles et une règles et procédures à respecter, appliquer. Face aux nombreuses responsabilités et deadlines. Je me sentais épuisée, frustrée et je me demandais si je finirais pas surmonter ces obstacles.

Aujourd’hui, je me suis demandé si j’étais obligée de savoir lire le Coran à la perfection. Prononcer chaque lettre parfaitement, telle une native de la langue arabe. Je me suis demandé si ce n’était pas suffisant de savoir lire de manière générale, de pouvoir apprendre des sourates et avancer, sachant que le minimum serait là.

Aujourd’hui était dur et j’avais envie de pleurer alors que j’étais encore au bureau mais Allah n’a pas voulu libérer mes larmes. Il n’en a relâché qu’en très petite quantité quand j’ai enfin pu tenir pour chapelet pour l’invoquer. J’avais envie de pleurer pour me libérer du poids que je ressentais sur ma poitrine quand bien même je savais que tout finirait par bien se passer s’Il le veut. Et Il le veut toujours.

« Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. (…) »

Sourate Al Baqara, (2:286)

Je le sais. J’en suis même certaine. Et c’est bien pour ça que je sais que les choses finiront par s’arranger in shaa Allah. Mais est-ce que ça m’empêche d’avoir mal ? Pas du tout. Ca me donne juste de l’espoir parce qu’Al-Fattah, le Victorieux, va m’aider à surmonter mes challenges.

Al hamdoulilah c’est dur mais ce n’est sûrement rien comparé à ce que le prophète Ayoub (as) a connu. J’ai la garantie que très bientôt, je serai surtout fière d’avoir réussi à me dépasser de nouveau grâce au Puissant, Al-Aziz. Ah oui, j’utilise maintenant les autres noms d’Allah parce qu’Al hamdoulilah, j’ai réussi mon challenge de connaître au moins 33 de Ses noms.

“Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Elle sera récompensée du bien qu’elle aura fait, punie du mal qu’elle aura fait. Seigneur, ne nous châtie pas s’il nous arrive d’oublier ou de commettre une erreur. Seigneur! Ne nous charge pas d’un fardeau lourd comme Tu as chargé ceux qui vécurent avant nous. Seigneur! Ne nous impose pas ce que nous ne pouvons supporter, efface nos fautes, pardonne-nous et fais nous miséricorde. Tu es Notre Maître, accorde-nous donc la victoire sur les peuples infidèles.”

Al-Baqarah (2:286)

Al hamdoulilah…


Jour 13 : la polygamie


Je viens de finir « Stay with me » d’Ayòbámi Adébáyò, un roman qui aborde le sujet de la polygamie et qui m’a donné envie de développer une réflexion que j’ai eue sur le sujet il y a quelques semaines.

L’imam Omar Suleiman a réalisé une vidéo dans laquelle il aborde la vie de couple de Fatima (ra) et Ali (ra). Fatima (ra) était la fille bien-aimée du prophète Muhammad (saw). L’une des quatre femmes à avoir perfectionné sa religion, et considérée comme l’une des meilleures femmes aux côtés de Mariam ou Marie (ra) la mère de Jésus (as), Khadidja (ra) la première épouse du prophète Muhammad (saw) et Assia (ra) la femme du pharaon.

Fatima (ra) était la dernière fille du prophète (saw) et la plus proche de lui. Elle était à ses côtés lorsque Khadidja (ra) est morte et a dû l’épauler lorsqu’il faisait face aux pires humiliations au début de la prophétie. Elle est également la seule qui a vécu jusqu’à sa mort et elle a été la première à le rejoindre après son décès.

Ali (ra) était le cousin du prophète Muhammad (saw). Il a été élevé par le prophète (saw) à partir d’un très jeune âge et il a été le premier homme à se convertir à l’islam après l’annonce du message du prophète (saw). Il avait très peu de moyens financiers mais c’est à lui que le prophète Muhammad (saw) a choisi de donner sa fille en mariage.

D’après Omar Suleiman, Ali (ra) était un valeureux guerrier et un grand poète qui déclamait souvent des vers pour son épouse. Il a également été le quatrième calife après Abou Bakr (ra), Umar (ra) et Uthman (ra), mais il est considéré chez les chiites comme le premier calife, celui qui devait succéder directement au prophète (saw) parce qu’étant de la même famille.

Je partage tous ces détails pour montrer à quel point Ali (ra) et Fatima (ra) étaient précieux aux yeux du prophète Muhammad (saw). Ils vivaient à côté de lui et ils avaient une vie plutôt modeste mais le prophète (saw) leur rendait visite très souvent, passait des nuits en prière avec eux et jouait beaucoup avec leurs enfants.

Omar Suleiman raconte que du vivant de Fatima (ra), des membres du clan d’Abu Jahl, qui fut l’un des farouches opposants du prophète Muhammad (saw) ont voulu proposer une de ses filles en mariage à Ali (ra) pour créer une alliance. Omar explique qu’Ali (ra) n’avait pas donné de réponse mais que le prophète Muhammad (saw) lui a dit que Fatima (ra) était une partie de lui et que quiconque blessait sa fille le blessait également. Il aurait également dit qu’il n’était pas convenable que la fille d’Abu Jahl soit la coépouse de la fille du prophète (saw).

En faisant des recherches, j’ai vu qu’il y a quelques divergences entre les sunnites et les chiites par rapport à cette histoire. Certaines sources disent que c’est Ali (as) qui a fait la demande, d’autres qu’il a reçu la proposition, tandis que les chiites disent qu’il n’y a rien eu de tel et qu’il s’agit d’une campagne de dénigrement à l’encontre d’Ali (as). Quoi qu’il en soit, le récit d’Omar Suleiman m’a interpellée. De même que d’autres histoires que j’ai lues sur la vie dans le foyer du prophète (saw).

Aujourd’hui, bon nombre de musulmanes, des jeunes femmes en particulier, sont critiquées parce qu’elles ne veulent pas de coépouses. On estime qu’on n’a pas le droit de refuser quelque chose qui a été autorisée par Allah dans le Coran. On en parle parfois comme si c’était aussi facile pour n’importe quel être humain d’accepter de partager la personne qu’elle aime avec une autre.

En entendant l’histoire de Fatima (ra) et Ali (ra), je me suis dit que bien que la polygamie était autorisée, le prophète (saw) lui-même n’en a pas voulu pour sa fille parce qu’il savait que ça la blesserait. Fatima (ra) est considérée comme l’une des meilleures femmes qui ait existé et même elle aurait été affectée par une action qui était pourtant autorisée par Allah. On peut mettre sur le tapis le fait que le prophète (saw) a mis l’accent sur la lignée de la potentielle coépouse mais cela n’enlève rien au fait que ça montre qu’on peut toutes et tous avoir des réticences face à la polygamie sans pour autant être de mauvaises musulmanes ou musulmans.

Dans les faits nous savons tous que la polygamie est autorisée. Mais on oublie souvent de rappeler qu’elle exige de l’époux qu’il ne se penche pas tout à fait vers une épouse au détriment de l’autre. Bon nombre de jeunes femmes assistent à des situations injustes vécues par leurs mères et refusent d’accepter le même traitement. Je ne sais pas si cela fait d’elles, de nous, de mauvaises personnes mais je sais qu’à l’instar de la polygamie, le divorce est également autorisé même s’il n’est pas souhaitable.

Dans la maison du prophète (saw), on sait tous qu’il n’a pas été polygame du vivant de Khadija (ra) et qu’après sa mort, il n’a épousé que des veuves et des divorcées, en dehors d’Aicha (ra). Ses mariages servaient surtout d’alliances avec d’autres peuples. Aicha (ra) était sa préférée et avait droit à certaines faveurs mais cela ne l’empêchait pourtant pas d’avoir des crises de jalousie. Alors que dire des femmes qui sont parfois délaissées au profit d’autres femmes ou qui craignent de subir une injustice comme elles en ont vu autour d’elles.

Ces histoires lorsqu’on les apprend, nous rassurent sur le fait que nous sommes juste humaines à l’image des pieuses compagnes du prophète (saw). Le prophète Muhammad (saw) était parfait mais même chez lui, ses épouses avaient souvent des différends.

Nous prions qu’Allah nous évite de nous égarer, qu’Il nous accorde de pieux partenaires, nous aide à être de bons époux et de bonnes épouses et ne nous donne pas un fardeau supérieur à nos capacités.

Jour 18 : doux mariage !

Disclaimer : Cet article était beaucoup trop long et j’ai dû supprimer la partie introductive parce qu’elle n’était pas si importante pour le cœur du sujet. J’ai hésité à le publier parce qu’il peut susciter des troubles chez certains, les femmes en particulier, autant qu’il en a suscité en moi. Je prie toutefois qu’il nous aide plutôt à trouver les bonnes réponses et qu’Allah nous éloigne de l’égarement. Je vous prie de ne pas le lire, si vous avez des doutes sur votre cheminement religieux. Let’s go !

J’ai envie d’avoir une cérémonie de mariage sobre et j’ai demandé à une aînée qui est maman et mariée depuis peu comment elle a géré l’organisation du sien. Sa réponse ne m’a pas beaucoup aidée. Cette veinarde s’est mariée à l’époque où la Covid-19 (je me suis résolue à dire “la”) faisait encore peur aux ivoiriens et elle a pu avoir une cérémonie extrêmement simple, partageant même simplement des barquettes de nourriture à certains invités. J’ai failli tomber à la renverse quand elle m’a dit combien lui ont coûté ses robes tant les montants étaient dérisoires par rapport à ce que j’imaginais.

Par contre, la suite de ses réponses m’a beaucoup plus intéressée. Elle m’a dit que c’était surtout l’après mariage qu’il fallait préparer. Je le savais déjà bien sûr, mais la répétition est pédagogique. Elle a parlé des douleurs de la nuit de noces lorsque la femme est pucelle et de la nécessité de faire preuve de patience et de pardon l’un envers l’autre pendant la cohabitation.

Cette aînée m’a dit qu’elle n’envisageait pas de se marier parce qu’on dit en islam que le paradis d’une femme se trouve sous les pieds de son mari. Comme elle savait qu’en ne respectant pas les principes de la soumission elle risquait de se retrouver de l’autre côté de la barrière, elle préférait laisser son paradis sous les pieds de sa maman.

C’était la première fois que j’entendais cette justification d’une femme par rapport à ses réticences face au mariage et ça m’a fait sourire et réfléchir. Aujourd’hui, elle est mariée à un homme qui sait faire preuve de patience et de compréhension et al hamdoulilah elle ne regrette pas son choix. Elle l’a justement épousé parce qu’il remplissait ces deux critères.

Après notre conversation, j’ai pensé aux sacrifices qui sont souvent attendus des femmes dans le mariage et il y a une ayaat en particulier qui m’est venue en tête.

“Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand!”

Sourate An-Nisa (4:34)

Le fait d’avoir le droit de “frapper” une épouse désobéissante m’a toujours chiffonnée. J’ai entendu certains enseignants musulmans dire qu’il s’agit ici de frapper la femme avec juste une brindille ou un voile, sans lui faire vraiment mal. D’autres, qu’on pouvait la frapper mais en évitant de lui faire des marques et sans toucher son visage.

Avant d’écrire cet article, je suis allée voir ce qu’en dit Abd Ar-Rahman As-Sa’dî dans son tafsir. Je vous partage cela en image.

J’ai lu un tafsir d’Ibn Kathir en anglais qui a également confirmé que l’homme peut battre sa femme mais de manière “non violente” si elle n’obéit pas après les méthodes précédentes.

Les traductions du Coran vers les autres langues ont parfois des différences. La traduction de mon Coran en français est différente de celle qui se trouve dans le tafsir d’As-Sa’dî. C’est la raison pour laquelle, on encourage les musulmans à apprendre à lire le Coran en arabe et à apprendre la langue même et toutes les nuances et contextes historiques associés à certains mots et ayaats.

Toutefois, peu importe les traductions, cette notion d’autorité des hommes sur les femmes et l’autorisation de les frapper si elles continuent de leur désobéir après avoir été exhortées et après s’être éloigné d’elles dans le lit, est présente dans les différentes traductions que j’ai lues. En français et en anglais. (Quoi que plutôt qu’autorité, certains parlent souvent de responsabilité et de protection.)

Traduction dans l’exégèse du Cheikh As-Sa’di

J’ai pensé au fait que cette autorisation était peut être une mesure dissuasive, à l’instar du fait de couper la main d’un voleur ou de lapider des personnes coupables d’adultère. Les femmes vertueuses n’auraient rien à craindre parce qu’elles savent qu’elles ne feront rien de grave qui amènerait leur époux à lever la main sur elles. Plutôt que d’y voir un encouragement à battre les femmes si nécessaire, on pourrait plutôt y trouver une exhortation à la droiture pour la femme.

Malheureusement, de nombreux hommes peuvent utiliser ce passage du Coran pour justifier leurs abus envers les femmes parce qu’on a beau parler de non violence ou mettre l’accent sur le fait de procéder d’abord par l’exhortation et l’éloignement, les Hommes interprètent toujours les textes à leur convenance. C’est une fenêtre ouverte pour des hommes naturellement violents.

Je sais qu’il faut faire attention à notre interprétation du Coran, au risque de s’égarer. Il faut toujours aller vers des sources jugées crédibles plutôt que de se fier uniquement à sa propre compréhension. C’est la raison pour laquelle je me suis tournée vers As-Sa’di et Ibn Kathir mais leurs explications ne m’ont pas vraiment convaincue.

Est-ce que ce passage m’amène à remettre en question ma foi ? Pas vraiment. Par contre, il me conforte dans mon idée qu’au delà de la lecture et des interprétations qu’on peut faire du Coran, notre bon sens doit également nous venir en appui dans nos prises de décision.

Selon la tradition prophétique, le prophète Muhammad (saw) n’a jamais battu aucune de ses femmes. Par contre, après un incident où elles ont commis une faute par jalousie entre elles, il s’est éloigné d’elles toutes pendant un mois. Cet exemple n’abroge pas l’ayaat 34 de la sourate An-Nisa parce que le Coran est la première source de législation en islam mais il montre la meilleure voie à suivre.

Le prophète n’a pas levé la main sur ses épouses alors qu’il arrivait qu’elles fassent des choses qui lui déplaisaient. Il faisait preuve de patience, les réprimandait par les mots ou s’éloignait juste d’elles.  Ces méthodes sont celles recommandées en premier pour ramener l’entente dans le foyer.

J’ai beau être musulmane, je n’accepterai pas que l’on utilise ce passage coranique pour justifier les violences envers les femmes quand il y a tout simplement la possibilité de divorcer une femme qu’on estime insoumise, désobéissante ou irrespectueuse. Un homme qui s’empresse de battre sa femme et de se justifier par cette ayaat n’a sans doute pas suffisamment lu le Coran et la Sira du prophète Muhammad (saw).

“Et parmi Ses signes Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l’affection et de la bonté. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent.”

Sourate Ar-Rum (30:21)

Qu’Allah fasse de nous des (futurs) partenaires pieux, aimants et respectueux les un(e)s envers les autres et qu’Il nous guide sur le chemin de ceux qu’Il a comblé de faveurs.

Jour 20 : les dix dernières nuits

Étant la championne des challenges (achevés ou pas), je me suis lancée un défi pour les 10 dernières nuits de Ramadan. J’ai décidé de me déconnecter de WhatsApp à partir de la prière de maghrib jusqu’à l’aube in shaa Allah.

Cette année, ma détox des réseaux sociaux a été beaucoup plus facile que je ne l’imaginais. Sans doute parce que j’en avais réellement besoin pour souffler. Je me suis parfois retrouvée sur Facebook, Twitter ou Instagram en faisant des recherches, mais à aucun moment je n’ai eu envie de scroller, d’ouvrir mes messages ou de lire les notifications. Par contre, comme l’année dernière, je me suis rendu compte que je passais un peu plus de temps dans les stories WhatsApp. Ce n’est certes pas autant de temps que sur les autres réseaux sociaux, mais la plateforme reste quand même une grande source de distraction.

Dans ses conseils pour bien profiter des dix dernières nuits de Ramadan et espérer trouver Laylatul Qadr, la nuit du destin, l’imam Omar Suleiman a rappelé que la nuit commence à partir de la prière de maghrib. Bon nombre d’entre nous perdons les mérites de cette nuit parce que nous restons sur les réseaux sociaux au lieu de nous mettre dans de meilleures dispositions pour adorer, invoquer Allah. Nous ne sommes pas censés rester éveillés juste en gardant les yeux ouverts mais en ayant une intimité avec notre Seigneur.

Cette soirée est considérée comme la 21e nuit du mois de Ramadan. L’une des nuits impaires pendant lesquelles il y a plus de chances selon les savants, de vivre la nuit du destin. Il est toutefois recommandé de veiller toutes les dix dernières nuits plutôt que de n’attendre que les nuits impaires. Il y a plusieurs façons dont on peut profiter de ces soirées. Nous pouvons prier, lire le Coran, écouter le Coran, lire la traduction du Coran et des tafsirs pour méditer, faire des invocations.

Pour les femmes qui ont des congés spéciaux, nous pouvons tout faire, hormis la prière. Ce n’est donc pas le moment de nous reposer sur nos lauriers même si nous ne pouvons pas prier. Certes, pour celles dont cette période est accompagnée de douleurs, cela peut être difficile de faire certains actes, mais nous pouvons toujours essayer d’écouter des enseignements et de méditer.

Pour cette première nuit, j’ai réussi à quitter WhatsApp et j’avoue que ça m’a fait un bien fou de me concentrer sur ma lecture du Coran. J’ai réalisé encore une fois qu’Allah nous parle réellement à travers Son livre, quand nous prenons la peine de l’écouter. Trois ayats dans la sourate Al-Baqarah m’ont particulièrement touchée sur l’importance de faire des aumônes.

« 267. Ô les croyants! Dépensez des meilleures choses que vous avez gagnées et des récoltes que Nous avons fait sortir de la terre pour vous. Et ne vous tournez pas vers ce qui est vil pour en faire dépense. Ne donnez pas ce que vous-mêmes n’accepteriez qu’en fermant les yeux! Et sachez qu’Allah n’a besoin de rien et qu’Il est digne de louange.

268. Le Diable vous fait craindre l’indigence et vous recommande des actions honteuses; tandis qu’Allah vous promet pardon et faveur venant de Lui. La grâce d’Allah est immense et Il est Omniscient. »

(…)

270. Quelles que soient les dépenses que vous avez faites, ou le voeu que vous avez voué, Allah le sait. Et pour les injustes, pas de secoureurs! » 

J’avais l’impression qu’Allah s’adressait directement à moi. D’autant plus que dans l’un des épisodes de Qur’an 30 for 30 que j’ai suivi distraitement, j’ai entendu l’un des speakers parler des chuchotements de shaytan quand nous voulons faire des aumônes. Le diable nous fait croire que nous allons sombrer dans la pauvreté si nous faisons des dons aux autres alors que c’est bien tout le contraire, Allah nous enrichit davantage.

J’ai récemment été surprise en faisant le bilan de mes dépenses depuis le début de l’année, tant elles étaient énormes ! Je me suis dit que j’allais essayer de les réduire à partir de ce mois, pour ne pas aller en dessous du seuil de l’épargne que je me suis fixée. Je me suis rendu compte que cela impliquait du coup que je fasse aussi plus attention et plus de calculs par rapport aux aumônes que je pourrais faire pendant ce mois de Mai et donc de Ramadan.

Ces différentes ayats ont été de puissants rappels pour moi. Allah m’a bénie au delà de mes espérances ces derniers mois. Et quand bien même j’ai fait beaucoup de dépenses, al hamdoulilah il m’a donné les moyens de le faire. Qu’est-ce qui me garantit que je verrai demain et pourrai jouir de l’épargne que je souhaite garder. Certes, il ne faut pas juste dépenser pour dépenser, mais l’argent que l’on donne dans le sentier d’Allah est source de tellement plus de mérites.

De même, l’ayat 267 m’a rappelé l’importance de ne pas donner ce que nous même n’accepterions pas. Je me souviens qu’on disait souvent à l’église que nous ne devions pas mettre les pièces de monnaie trop lisses et difficiles à écouler dans le panier de la quête et ça m’a marquée depuis cette époque.

C’est très facile de faire dons de nos vieilleries mais nous devons faire attention à ne pas offrir des choses que les gens n’accepteront que parce qu’ils sont dans l’indigence. Allah nous recommande plutôt de donner ce que nous aimons. Même si nous donnons des vêtements que nous ne portons plus, assurons nous qu’ils soient dans un bon état ou de les recoudre si nécessaire.

Enfin, quand nous faisons des vœux, quand nous promettons de faire des choses si Allah nous accorde ce que nous désirons, n’oublions pas de tenir nos promesses. Quand bien meme nous ne les formulons qu’intérieurement, Allah est Omniscient et nous demandera des comptes pour chacune de nos dépenses, pour chaque vœu formulé et pour chaque acte posé.

Si comme moi vous n’avez pas vraiment réalisé tout ce que vous souhaitiez accomplir pendant ce mois de Ramadan, nous avons encore quelques jours pour faire mieux. Qu’Allah nous accompagne pendant ces dix dernières nuits et nous accorde Laylatul Qadr.


Jour 23 : musulmane et riche


C’est très cliché mais j’ai envie d’être riche pour pouvoir aider les gens. C’est la réponse que j’ai entendu bon nombre de personnes donner et je ne sais pas pour les autres mais personnellement c’est très clair dans ma tête.

L’une de mes amies a lancé une collecte de fonds pendant ce mois de Ramadan pour aider des personnes dans le besoin, musulmanes ou non. En plus des vivres, l’argent collecté permet d’aller plus loin. L’année dernière, Djeneba a pu aider une nourrice dont le bébé souffrait de malnutrition, à se nourrir plus convenablement et à avoir les éléments nutritifs nécessaires au bon développement de son enfant. Elle a aidé certaines veuves, mères, à avoir un logement plus décent en payant la caution d’une maison, ou à être carrément indépendante en ayant un capital pour entreprendre une petite activité.

On ne parle pas ici des milliards de Bill et Melinda Gates qui permettent d’éradiquer des maladies dans le monde. On parle de quelques centaines de mille qui ont la capacité d’améliorer des dizaines de vies, une personne à la fois.

Hier, Djeneba a publié l’histoire de Pélagie, une mère de trois enfants, abandonnée par son mari et hébergée par sa sœur qui est elle-même malade en ce moment. Pélagie sait confectionner des vêtements mais sa dernière expérience en tant qu’employée s’est mal terminée. Elle pourrait devenir indépendante financièrement et s’occuper de sa famille si elle possédait une machine à coudre qui coûte entre 70 et 120 000 francs.

Bien sûr, j’imagine que posséder la machine ne résoudrait pas forcément tous ses problèmes, mais ça pourrait lui donner une base solide pour remonter la pente. Pour certains d’entre nous, cet argent ne représente pas autant que ce qu’il représentera pour cette femme ou pour beaucoup d’autres dans sa situation.

J’ai été touchée quand j’ai lu l’histoire de Pélagie parce que c’est le genre de soutien qui m’intéresse le plus. Comment aider les gens pour qu’ils n’aient plus besoin d’aide. Comment aller au-delà de l’aumône ponctuelle que l’on donne mais qui n’aide pas à changer la situation du bénéficiaire sur le long terme.

C’est la raison pour laquelle j’aime amener les gens à acquérir des connaissances, à apprendre à faire des recherches, à réaliser des choses par eux-mêmes. C’est encore cliché mais c’est en apprenant à pêcher aux gens et en leur donnant les premiers outils nécessaires pour pêcher qu’on les aide à ne plus demander du poisson tout le temps.

Honnêtement, j’avais la possibilité de payer la machine à coudre mais je ne voulais pas être la seule à contribuer. D’autant plus que je savais que mon amie aurait encore d’autres cas à gérer et que plus d’argent ne serait jamais de trop. J’ai partagé l’histoire dans ma propre story et  j’ai réuni plus que l’argent nécessaire en moins de 24h.

Plusieurs personnes ont décidé de contribuer à cette cagnotte et l’une d’entre elles a donné à elle seule plus que les 120 000 francs demandés pour la machine. C’est l’une des personnes qui répond toujours aux appels de dons que je fais. Je ne sais pas quel travail elle fait mais je prie toujours Allah de lui donner autant qu’elle donne aux autres.

Aujourd’hui, j’ai découvert le podcast Noires et riches sur YouTube. Mon amie Befoune me l’a envoyé pour m’inviter à améliorer nos prix et nos offres en matière de formation.  Nous co-animons des ateliers d’écriture payants et elle estime que les prix que nous fixions l’année dernière sont faibles par rapport aux efforts fournis et aux résultats obtenus. Elle a raison mais ça ne m’empêchait pas de faire de la résistance.

J’ai une vision précise de la vie qui consiste à fournir à tout le monde, riche ou pauvre, les moyens d’atteindre leurs objectifs. C’est la raison pour laquelle je veux contribuer à bâtir une éducation de qualité inclusive en Côte d’Ivoire. Cette vision semble en contradiction avec le fait de faire payer des centaines de mille à un petit groupe de personnes pour leur permettre d’acquérir certaines compétences alors qu’on pourrait permettre à plus de personnes de profiter de ces formations à un prix plus bas.

Dans l’épisode 5 de Noires et riches, les trois co-animatrices racontent comment elles ont gagné leurs premiers 10 000 euros. L’une d’entre elles vendait des gâteaux haut de gamme, la deuxième a organisé un événement pour aider les gens à trouver l’amour et la troisième a lancé un programme en ligne pour des personnes qui voulaient savoir comment quitter leur boulot et quoi faire ensuite. 

Mavic, Elodie et Lyvia, ont créé leur podcast pour démystifier l’argent et aider plus de femmes à devenir riches. Elles ont des rapports différents à l’argent mais chacune d’entre elles semble pouvoir en gagner de plus en plus facilement aujourd’hui grâce aux expertises qu’elles ont développées. Elles ont accepté l’idée de n’offrir leurs services qu’à un groupe de personnes qui ont les moyens de payer plus cher que la moyenne. Mais cela ne les empêche pas de continuer à aider d’autres personnes, de manière différente, notamment à travers leurs partages d’expérience sur internet.

En les écoutant, mon cerveau s’est mis à bouillonner mais j’ai surtout pensé au fait qu’il est possible d’être riche sans compromettre ses valeurs religieuses. Peut-être que je me trompe. Peut être que ça dépend du niveau de richesse que l’on souhaite atteindre. Mais je crois fermement que je peux gagner suffisamment d’argent tout en étant intègre et grâce à mes compétences, pour pouvoir voyager, ouvrir des bibliothèques partout en Côte d’Ivoire et m’occuper convenablement de ma famille in shaa Allah.

Nous avons souvent tendance à associer l’argent à quelque chose de malsain. J’en suis moi-même coupable. Pourtant, c’est une grâce qu’Allah nous fait d’avoir assez d’argent pour pouvoir venir en aide aux autres. Le compagnon du prophète Muhammad (saw), Abou Bakr (ra), a libéré plusieurs esclaves musulmans parce qu’il était riche. Khadija (ra) a contribué au développement de l’islam parce qu’elle avait les ressources financières pour aider son époux dans sa mission.

Je sais très clairement pourquoi je veux être riche. Voyager sans m’inquiéter de l’argent, ouvrir des bibliothèques pour que tous les enfants aient accès au savoir, pourvoir aux besoins de ma famille encore mieux que mon père l’a fait pour nous et aider les personnes dans le besoin à devenir indépendantes financièrement. Je ne sais pas encore comment je vais y arriver totalement mais al hamdoulilah je pense être sur le bon chemin. Je vais continuer de tester mille et une choses en m’assurant de ne pas m’éloigner du droit chemin in shaa Allah.

Encore une fois, ce n’est pas le fait d’être riche qui est un problème. C’est ce qu’on fait pour le devenir et comment on utilise nos ressources. Qu’Allah nous aide à assainir notre relation avec l’argent et à avoir les moyens nécessaires pour aider les personnes dans le besoin.


Jour 27 : la décision


Qu’est-ce qui nous empêche de prendre la décision de changer ? Pendant le mois de Ramadan, nous faisons de réels efforts pour avoir de meilleures habitudes. Ce n’est certes pas parfait mais je pense que la plupart d’entre nous deviennent de meilleures versions d’eux même pendant ce mois béni. Nous essayons de faire moins de péchés, d’être moins distraits, de prier plus, de faire plus de dons. Nous arrivons à nous priver de nourriture pendant tout un mois. Parce que nous l’avons décidé.

C’est vrai qu’il y a une atmosphère spéciale pendant le mois de Ramadan qui peut faciliter les choses. Notre état d’esprit est différent. Mais en vrai, ne sommes-nous pas les mêmes personnes avant, pendant et après le mois de Ramadan ? Si nous arrivons à craindre Allah davantage pendant ce mois, pourquoi ne le faisons nous pas aussi en dehors ?

J’ai tellement bien géré mon détachement des réseaux sociaux ce Ramadan que je me suis demandé ce qui m’empêchait réellement de le faire en permanence. Les réseaux sociaux me sont utiles. Je les utilise pour communiquer avec les autres, apprendre, partager ce que j’apprends, écrire, promouvoir mes activités, entretenir des relations. Mais les réseaux sociaux sont également une grande source de distraction pour moi. Je passe parfois trop de temps à scroller sans faire quelque chose de vraiment utile.

Je n’envisage pas de disparaître de Facebook, Twitter et Instagram. Pour l’instant, j’y trouve plus d’avantages que d’inconvénients. Par contre je pense que je dois sérieusement envisager le moyen de perdre moins de temps sur ces plateformes. Si j’ai pu y être de temps en temps en me focalisant sur les choses précises que j’y cherchais, qu’est-ce qui m’empêche de faire cela également en dehors du Ramadan ? De les utiliser de manière encore plus consciente ?

J’ai dormi plus tôt que d’habitude pour me lever à la bonne heure pour le sahour et la prière. J’ai moins utilisé mon téléphone. J’ai écouté plus d’enseignements islamiques. Je n’ai quasiment pas ressenti l’envie d’écouter de la musique. J’ai jeûné 19 jours straight avant que dame nature ne réclame ses droits.

Encore une fois, certes, tout cela a été possible grâce à Allah, grâce à l’atmosphère particulière qui règne partout pendant le Ramadan, mais aussi et surtout parce que nous avons pris la décision de changer notre comportement. Nous avons fait preuve de plus de discipline que d’habitude et même si cela peut être difficile de le faire sur le long terme, essayons. On n’a pas besoin de réussir tout d’un coup, mais nous pouvons faire de petits efforts, un à la fois, pour garder les bonnes pratiques développées pendant ce mois béni.

Qu’Allah nous aide à faire preuve de plus de discipline et à ne pas retomber dans nos mauvaises habitudes après le mois de Ramadan.

Jour 29 : Aid el Fitr Moubarak !


Ces dernières semaines, je ne me suis pas sentie très utile, assise derrière mon bureau. Ça m’a manqué d’être sur le terrain, d’interagir directement avec des jeunes, des enfants. J’ai passé mon temps à faire des planifications, des budgétisations, des rendez-vous… Je sais qu’il faut tout ça pour que la machine fonctionne. Je sais que ça aura de l’impact une fois que tout sera bien installé in shaa Allah, mais ça me manque d’être en contact direct avec la cible de mes actions.

Le week-end dernier, j’ai eu l’opportunité de replonger dans le bain. Nous avions une séance de formation pour Ahiman Women, une association de leadership féminin. J’ai co-animé un atelier sur la rédaction du CV et ça m’a fait un bien fou de pouvoir donner de mon temps de cette manière. Je me suis sentie utile, vivante.

J’ai réalisé que j’avais énormément besoin de ces moments privilégiés où je transmets directement ce que j’ai appris. Ce n’est malheureusement pas facile de les avoir lorsqu’on est épuisé par la semaine de boulot, mais je sens que cela peut représenter une énorme bouée de sauvetage. J’ai réalisé que même si je ne peux pas le faire de manière régulière, il faut que je m’organise pour avoir de petites séances de formation de temps en temps. Pour moi, encore plus que pour ceux qui en bénéficieront.

C’est drôle de constater à quel point tout ça est important pour moi. C’est vrai que je n’ai jamais voulu m’asseoir derrière un bureau. J’ai choisi l’entrepreneuriat social plutôt que la finance parce que je voulais être en contact avec les gens. J’ai choisi mon travail actuel pour avoir plus d’impact, mais après quatre mois, j’avoue que ça me pèse de passer autant de temps entre quatre murs. J’ai hâte que les choses se mettent véritablement en marche en espérant que je puisse avoir l’occasion de voir l’exécution de nos programmes sur le terrain.

En attendant, j’apprends tout de même de nouvelles choses qui me seront définitivement utiles dans mon parcours. Ce n’est certes pas ce que j’aurais voulu faire de mes journées, mais tout ce volet administratif est nécessaire pour réaliser ce que je veux. Je serre donc les dents et j’apprends pour faire mieux demain in shaa Allah.

Tout ça n’a pas grand chose à voir avec la fin du Ramadan mais je ne pouvais qu’écrire sur ce que je ressentais à cet instant précis. Ce mois de Ramadan était loin du confort de celui de l’année dernière parce qu’il y avait le boulot et les embouteillages à gérer à la descente. Pourtant, j’ai eu l’impression après mon article disant à quel point c’était dur, qu’Allah m’a donné plus de facilités ! Je ne me retrouvais plus dans des embouteillages, même quand je quittais le boulot un peu plus tard que je ne le souhaitais.

Al hamdoulilah, même si je n’ai pas tenu bon nombre des objectifs que je voulais atteindre, j’ai énormément appris de ce mois de Ramadan et j’ai hâte d’être à l’année prochaine in shaa Allah. Le dernier Ramadan m’a aidée à jeûner plus souvent et à me rapprocher davantage du Coran. J’espère que celui de cette année renforcera mon lien avec le livre saint et surtout sa compréhension à travers la lecture des tafsirs.

Ça m’a fait plaisir de tenir ce journal. C’est vrai que je n’ai pas écrit tous les jours mais chaque article m’a aidée dans mon introspection et a suscité des conversations intéressantes avec vous. J’ai même été ravie que mon journal ait donné envie à d’autres sœurs d’en écrire à leur tour. Qu’Allah facilite pour que nous maintenions cette habitude sur le long terme.

Al hamdoulilah pour ce mois de Ramadan qui s’achève et pour la grâce que nous avons eue de pouvoir le voir en entier. Que le Tout -Miséricordieux nous pardonne nos erreurs et nous récompense pour nos efforts. Qu’Il nous guide afin que nous ne retombions pas dans nos travers et qu’Il nous accorde encore d’autres mois de Ramadan, plusieurs Laylatul Qadr et l’opportunité de faire partir des bienheureux du paradis.

Aid el Fitr Moubarak people !

Publié par

Passionnée de lecture, d'écriture, de voyages et d'éducation. Je rêve de transformer l'éducation en Côte d'Ivoire. De la rendre plus interactive et inclusive.

17 commentaires sur « Mon journal de Ramadan 2021 »

  1. MashAllah qu’Allah nous accorde les ressources nécessaires pour mener à bien nos adorations pendant ce mois béni. Qu’Allah te facilite la tenue de ton journal.
    Je suis toujours une fidèle lectrice même si je ne commente pas tout tes post, Allah sait l’impact que t’as dans ma vie. Keir inchAllah, je t’aime en Allah ma sœur.

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  2. Allahouma amine Ukhty. Merci déjà d’entrée pour cette belle inspiration et intelligible exhortation à l’adoration d’Allah. J’ai pas lu ton journal de Ramadan 2020, car je viens juste de connaître ta page mais en y jetant un coup d’oeil j’ai juste kiffé Masha Allah. Et je pense le lire in shaa Allah en attendant celui de 2021 . T’es juste pleine d’inspiration et de motivation. Continue ainsi et Allah te fortifie toujours en ce sens. Merci pour ce gros boulot que t’abbats au quotidien et Allah t’en récompense au centuple. Ramadan Kareem à toi également🙏❤

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  3. As salamou aleykoum wa rahmatoulahi wa barakatouhou Tantie,
    Al Hamdoulillah. Merci pour ce rappel enrichissant.

    Je suis entièrement d’accord avec l’avis de Sheik Omar sur la nécessité de méditer ce que nous lisons du Qur’an. Et on peut lire quelques pages en arabe et ensuite méditer sur le sens desdits versets en français ou toute langue que l’on maîtrise( ou d’autres versets). On en profite plus que doublement.

    Je ne suis pas pour cette “course” à la lecture de plusieurs pages du Qur’an. Nous ne sommes en concurrence qu’avec nous-mêmes: devenir meilleur que ce que nous étions hier.
    Qu’Allah nous facilite cet exercice.
    Courage à toi et continue de nous tirer vers le haut.
    Ramdam Moubarak. #OnEssaieEncore

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    1. Waleykoum salam wa rahmatoullah wa barakatouh tonton. Amine !! Merci beaucoup pour ton avis. C’est vrai que c’est mieux de savoir ce qu’on lit plutôt que de lire juste pour lire. Allah sait mieux.

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  4. Amine ALLAH te récompense pour ton partage. L’année dernière j’ai lu ton journal après le Ramadan et c’était très enrichissant. Cela m’a inspiré pour écrire un journal physique de Ramadan cette année. Je le fais surtout pour qu’après Ramadan je puisse relever mes plus car je me focalise trop sur les moins en général.
    ALLAH nous fortifie dans la réalisation de nos objectifs et la constance surtout Amine.

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  5. Merci pour ton beau texte.
    Ce sera un plaisir de te lire chaque jour pendant tout ce mois de Ramadan.
    Je pense que je lirai ton journal de 2020.
    Puisses Allah te protéger et t’aider à atteindre tes objectifs.

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  6. Bravo.
    J’ai fait ta connaissance digitale par le biais d’une amie qui adore la lecture et qui t’a tagué sur Facebook comme influenceuse littéraire en résumant le livre qu’elle avait lu grâce à toi.
    Depuis ce jour, je te suis et j’avoue que je perds pas mon temps à te lire.
    Comme je ne te suis que sur Facebook c’est sûrement la raison pour laquelle c’est aujourdui avec ton post de redirection que j’ai vu ton récit de Ramadan 2021.
    Je l’ai lu d’une traite.
    Sincèrement Merci pour ce partage.
    Je sais que je reviendrai relire ton journal de Ramadan 2021.
    Pas de doute. Le lire d’une traite à ses avantages et inconvénients…
    QU’ALLAH te bénisse femme inspirante.

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