J’ai appris à connaître le prophète muhammad (saw)

Ce compte-rendu est différent de ceux que j’ai l’habitude de vous partager. Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux ont sans doute déjà lu une grande partie. Plutôt que d’attendre la fin, j’ai écrit des textes à différentes étapes de ma lecture. Ce sont ces textes, qui ressemblent un peu à un carnet de routes (ou de lecture) que j’ai envie de partager avec vous. 

Mon cœur a tremblé d’émotion quand j’ai vu « Le nectar cacheté » en librairie. Je voulais lire une biographie du prophète Muhammad (saw) avant le mois de Ramadan et mon amie Maeva me l’a recommandé. Il a été écrit à la suite d’un concours international organisé par la ligue islamique pour rédiger une biographie du prophète (saw) et il a remporté le premier prix. Le Cheikh Safiyyu l’a écrit en tenant compte de diverses sources et en expliquant parfois les divergences.

J’ai commencé à le lire en version numérique mais j’avoue que c’était un peu difficile. Il y avait pas mal de fautes et j’aime beaucoup plus le papier. Malgré tout ça, les premiers chapitres que j’ai lus étaient magnifiques. On ressent quelque chose d’indescriptible quand on apprend de nouvelles choses dans notre religion, quand on comprend mieux certaines, quand on se questionne et qu’on trouve des réponses (ou pas).

J’avais abandonné ma lecture pendant le mois de Ramadan mais grâce à Dieu j’ai enfin pu lire « Le nectar cacheté » entièrement pendant ce mois de Juillet et je vous partage mes impressions au fil des différentes parties. 

11 Juillet 2020 : la conversion d’Umar 

Nous nous sommes demandées un jour, avec une amie, comment nous aurions réagi si nous vivions au temps du prophète Muhammad (saw) lorsqu’il a commencé à transmettre le message de l’unicité de Dieu. Est-ce qu’on aurait été promptes à y croire ou est-ce qu’on aurait fait partie des hypocrites ou des mécréants, des gens qui auraient combattu cette nouvelle religion ? On a souvent tendance à dire que ça serait bien de vivre à l’époque du prophète (saw) mais est-ce qu’on aurait vraiment pu supporter ce que les premiers musulmans ont supporté ?

A l’époque de la révélation, les arabes étaient polythéistes. L’adoration de multiples idoles dans la Kaaba était même une importante source de revenus et de pouvoir pour les Qurayshites. C’est donc l’une des raisons pour lesquelles ils en voulaient à cet homme qu’ils ont pourtant toujours considéré comme quelqu’un d’honnête et de probe, de déclarer l’unicité de Dieu et d’inciter le peuple à se détourner des idoles. Tous ceux qui rejoignaient l’islam étaient considérés comme des traîtres qui ont apostasié la religion de leurs ancêtres ; quand bien même leur lignée remontait jusqu’à Ismael (as) et Ibrahim (as) qui étaient monothéistes.

Ce matin, je relis le passage sur la conversion d’Umar Ibn Al-Khattâb (ra), l’un des meilleurs compagnons du prophète Muhammad (saw). Le Cheikh Safiyyu raconte qu’Umar (ra) était un farouche opposant à l’islam. Il faisait partie de ceux qui maltraitaient les musulmans. Il y a même un passage qui dit qu’il a frappé une jeune esclave convertie jusqu’à lui dire « si je te laisse, c’est uniquement parce que je suis lassé [de te battre] ». C’est cet homme qui est ensuite devenu l’un des plus fervents défenseurs de l’islam au point de devenir un Calife après la mort du prophète (saw).

D’après les récits, Umar (ra) était tiraillé par des sentiments contradictoires, entre son respect des traditions de ses aïeux, son penchant pour l’ivresse et la distraction et son admiration pour la détermination des musulmans qui enduraient toutes sortes de sévices pour l’amour de leur croyance. Le jour de sa conversion, il avait décidé d’aller tuer le prophète Muhammad (saw). Or, celui-ci avait demandé auparavant à Allah de renforcer l’islam par la conversion d’Umar ou d’Abû Jahl Ibn Hishâm qui était aussi un grand ennemi pour les musulmans. C’est donc Umar qui a été choisi. Sa conversion a créé un grand remous dans la société parce que c’était un homme craint et respecté.

L’histoire d’Umar me rappelle qu’on peut passer du plus grand polythéiste et ennemi de la religion à en devenir l’un des meilleurs pratiquants. Tout comme l’inverse est également possible. Lorsqu’on est croyant, de naissance ou converti, plutôt que de dénigrer les autres, on devrait se rappeler d’où l’on vient, remercier Allah de nous avoir guider et demander qu’Il en fasse de même pour les autres. S’Il a changé le cœur d’Umar (ra), Il peut le faire aussi pour d’autres. Et sinon, Il sait toujours ce que nous ne savons pas.

Que Dieu assainisse nos cœurs et raffermisse notre foi.

16 Juillet : en route pour Médine 

En lisant « Le nectar cacheté », je suis bien consciente que je ne pourrai pas tout retenir. Il y a tellement d’informations et de détails sur la vie du prophète Muhammad (saw) qu’il faudrait le lire à plusieurs reprises pour s’en imprégner vraiment. Et encore…

Il y a également beaucoup de noms qui peuvent prêter à confusion. Quand on parle de certains personnages, on dit leurs noms en les identifiant à leurs pères et à leurs clans. Mais il y a tellement d’homonymes qu’on peut facilement s’y perdre. Heureusement, le plus important avec cette première lecture est d’avoir un aperçu général de ce que fût la vie, la mission, les challenges et les victoires du prophète Muhammad (saw) et des premiers musulmans.

J’ai lu comment Abû Bakr (ra), l’un de ses plus fidèles compagnons rachetait des esclaves convertis pour les affranchir. Comment les arabes polythéistes maltraitaient tous ceux qui devenaient musulmans à la Mecque. Le prophète (saw) lui-même n’était pas épargné. Il était protégé au début par son oncle Abû Tâlib mais même du vivant de ce dernier, on le persécutait un peu. Certains Qurayshites sont allés jusqu’à proposer à Abû Tâlib de livrer son neveu pour qu’ils le tuent et ils lui donneraient en échange un autre jeune homme fort de la communauté…

Abû Tâlib n’a jamais renoncé au polythéisme mais il a protégé le prophète Muhammad (saw) jusqu’à sa mort. C’est lorsqu’il est décédé que les choses ont empiré. Par ailleurs, il est décédé juste peu de temps avant la mort de Khadîja, la première épouse du prophète (saw), la première personne à avoir cru en lui et qui a dépensé ses biens pour la propagation de l’islam. L’année de leurs décès a été appelée l’année du chagrin.

J’ai également redécouvert les premières migrations vers l’Abyssinie et comment leur roi chrétien, a protégé les musulmans émigrés. Quand ils ont récité la sourate Mariam pour partager le message de l’islam, le Négus a estimé qu’il n’était pas différent des paroles de Jésus (as). Il a refusé de les livrer aux Qurayshites qui voulaient les ramener à la Mecque.

En ce moment, je suis arrivée à l’année de l’hégire. Il y a eu de nombreuses conversions dans la ville de Médine, appelée autrefois Yathrib et tous les musulmans ont émigré vers là-bas. Yathrib ayant une position stratégique dans le commerce des Arabes et un peuple fort qui pouvait combattre, ça n’arrangeait pas les Mecquois polythéistes que les musulmans s’y installent. Ils faisaient tout pour empêcher les émigrations jusqu’à ce que le prophète (saw) lui-même et Abû Bakr (ra) partent à leur tour.

Cheikh Safiyyu relate comment Alî (ra) s’est couché à la place du prophète (saw) pour faire croire à ceux qui complotaient pour le tuer qu’il était encore là. Puis comment le prophète (saw) est passé devant eux sans qu’ils ne le voient et a pris la route avec Abû Bakr (ra) pour se réfugier dans une grotte avant de repartir vers Médine. J’ai fait une pause à la page 182, ils sont toujours en route et j’ai encore 300 et quelques pages à lire in shaa Allah.

L’une des choses intéressantes dans « Le nectar cacheté », c’est que l’auteur prend la peine de souligner les différentes versions de certains récits. Il y a parfois des différences mais il faut arriver à se focaliser sur le message principal et ce qu’on peut en tirer de profitable plutôt que de se focaliser sur les détails qui ne seront pas forcément utiles. Mais c’est bien de connaître les divergences d’opinions pour soi-même.

Que Dieu nous aide à en apprendre davantage sur notre religion.

18 Juillet : la bataille de Badr 

En principe, tous les musulmans devraient connaître l’histoire de la bataille de Badr. Je fais le malin parce que je viens de finir de lire les chapitres dessus, mais même sans lire “Le nectar cacheté” on connaît un peu l’histoire parce qu’il y a plusieurs références sur le sujet dans le Coran. Mais avant d’aborder cette première victoire des musulmans sur les polythéistes, retournons à l’hégire, l’émigration des musulmans de la Mecque vers Médine.

Les musulmans mecquois étaient persécutés par les Qurayshites parce qu’ils ont décidé de proclamer l’unicité de Dieu. Ils ont donc dû abandonner leurs biens, leurs demeures et quitter leurs familles, pour se réfugier à Médine où il y avait déjà pas mal de convertis. Les musulmans médinois – qu’on appelle aussi les Ansâr – les ont bien accueillis et partageaient même leurs biens avec eux.

En représailles, suite à la fuite des musulmans et au refuge qui leur a été accordé à Médine, les Qurayshites ont imposé un embargo sur la ville, si bien que c’était difficile de s’approvisionner. Jusque là, les musulmans avaient subi les persécutions sans réagir. Des versets ont été ensuite révélés pour les autoriser à se défendre et à combattre ceux qui les ont combattus.

Ce qui est bien à savoir ici, c’est que c’est dans un cadre bien précis que Dieu a demandé aux musulmans d’aller en guerre contre les polythéistes qui les tuaient. Malheureusement, ces versets sont souvent pris hors contexte pour justifier le terrorisme. Et lorsqu’on n’apprend pas notre religion, c’est très facile de se faire avoir. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’avais envie de lire la biographie du prophète Muhammad (saw) et que j’espère aussi en savoir davantage sur les conquêtes qui ont suivies, in shaa Allah.

Je me souviens que je débattais beaucoup avec un ami qui est très fan de Malcolm X parce que je trouvais qu’il devait être plus pacifique. En fait, généralement, on diabolise un peu Malcolm X en l’accusant de prôner la violence et en le comparant à Martin Luther King. Pourtant, quand on lit sa biographie, on se rend compte qu’il demandait surtout que les noirs se défendent face à l’oppression des blancs aux États Unis. C’était la même chose par rapport aux musulmans et aux polythéistes arabes. Ce qui me ramène à l’éternel questionnement. Doit-on toujours tendre la deuxième joue ou doit-on se défendre, appliquer la loi du talion ? Quand nos familles sont opprimées, assassinées, comment doit-on réagir ?

Le prophète Muhammad (saw) a lancé plusieurs expéditions militaires contre les caravanes mecquoises sans succès. La bataille de Badr a été le premier affrontement entre les musulmans et l’armée des polythéistes mecquois. À la base, le prophète Muhammad (saw) essayait de s’emparer d’une importante caravane mecquoise chargée de biens et qui n’était protégée que par une quarantaine d’hommes.

Ayant eu vent des projets des musulmans, Abû Sufyân, qui était responsable de la caravane, a envoyé des messagers à la Mecque pour demander qu’on vienne les protéger. Il a aussi pris une route annexe qui leur a finalement permis d’échapper aux musulmans. L’armée de la Mecque est sortie avec plus de 1000 hommes et a décidé de s’arrêter à Badr. Il auraient pu rentrer chez eux parce que la caravane était saine et sauve mais ils voulaient montrer leur supériorité face aux musulmans et asseoir leur autorité face aux autres peuples environnants.

Lorsqu’il a été clair que les musulmans affronteraient l’armée mecquoise, certains mecquois ont décidé de ne pas prendre part à la guerre. Finalement, ce sont 1000 polythéistes qui ont fait face à seulement 300 et quelques musulmans. Selon les sources, ils étaient 313, 314 ou 317 hommes. Dieu a envoyé des anges en renfort et les mecquois ont essuyé une défaite cuisante. Cette victoire des musulmans a contribué à la conversion de nombreux médinois et à accroître la crainte des autres peuples pour les musulmans et l’islam.

J’ai fait une pause à la page 251, un peu avant la bataille d’Uhud. En ce moment, j’essaie d’adopter une nouvelle routine. Lire pendant au moins 30 minutes le matin, après la prière de Fajr, et lire au moins 30 minutes la nuit, jusqu’à ce que je m’endorme. L’idée est de couper ma connexion internet et de mettre le chrono pendant 30 minutes. Ça m’aide à avancer dans ma lecture. Vous devriez essayer pendant 10, 20 ou 30 minutes, si vous avez du mal à lire en général ou si le volume d’un livre vous fait peur.

Que Dieu nous garde.

20 juillet : la bataille d’Uhud 

Parfois on gagne, parfois non. Après la victoire éclatante des musulmans à Badr, leur réputation s’est accrue dans la région. Ils ont mené plusieurs autres expéditions militaires et ont réussi à faire main basse sur une riche caravane de la Mecque. Affligés, les Qurayshites polythéistes ont décidé de partir en guerre à nouveau et cela a donné lieu à la bataille d’Uhud.

L’une des choses qui m’a marquée est que le prophète Muhammad (saw) demandait très souvent les avis de ses compagnons avant de prendre une décision. En islam, il est recommandé de consulter ses frères musulmans dans certaines situations. En tant que chef, le prophète Muhammad (saw) aurait pu s’en passer mais il montrait lui-même l’exemple.

Lorsque les polythéistes ont décidé d’attaquer Médine, le prophète (saw) a suggéré que les musulmans restent à l’intérieur de la ville pour la défendre. La majorité préférait sortir pour se battre et il s’est finalement plié à leur avis. Il a établi une stratégie qui nécessitait que les archers restent positionnés sur une colline pour protéger les musulmans qui se battaient plus bas. Il a intimé l’ordre aux archers de ne pas bouger aussi bien en cas de défaite que de victoire. Ils devaient rester à leurs postes jusqu’à ce qu’il envoie un messager les appeler.

L’armée des polythéistes était composée de 3000 hommes et il y avait même une dizaine de femmes qui les accompagnaient pour les encourager. Du côté des musulmans, il y avait au départ 1000 hommes mais le chef des hypocrites, ˋAbd Allah Ibn Ubay, a réussi à convaincre un tiers des combattants de se retirer.

Malgré tout, alors même que Hamza, le lion de Dieu, l’oncle et frère de lait du prophète Muhammad (saw) avait été tué, les musulmans ont réussi à avoir le contrôle de la situation. Les archers repoussaient les cavaliers mecquois qui essayaient d’attaquer les croyants par derrière et à un moment, les polythéistes ont commencé à prendre la fuite.

Malheureusement, en voyant les autres combattants ramasser le butin, la majorité des archers a abandonné la colline pour se ruer sur les biens. Un groupe de cavaliers polythéistes en a profité pour décimer le groupe des archers restants et reprendre le dessus sur les musulmans.

Le prophète Muhammad (saw) a été blessé pendant cette bataille. Il y a même eu une rumeur selon laquelle il était mort et cela a contribué à affecter le moral des troupes. Heureusement, il n’en fut rien. Il a été vaillamment défendu par ses compagnons et l’un d’entre eux, Talha, a été célébré pour l’avoir protégé jusqu’à en perdre des doigts. Des sources racontent également que deux anges sont intervenus pour défendre le prophète Muhammad (saw).

Lorsque la majorité des combattants qui protégeait initialement le prophète a été tuée, un autre groupe de musulmans s’est attroupé autour de lui. Il y avait une femme parmi eux, Umm Imara. En faisant des recherches, j’ai vu qu’elle a également pris part à d’autres batailles alors qu’on ignore souvent que des musulmanes ont combattu.

Le prophète Muhammad (saw) et ses compagnons ont réussi à se retirer dans les montagnes. Les musulmans ont subi de lourdes pertes mais d’après le Cheikh Safiyyu, la bataille d’Uhud ne peut pas être considérée catégoriquement comme une défaite. Les Qurayshites n’ont eu ni butin, ni prisonnier musulman et il n’ont pas réussi à tuer le prophète Muhammad (saw) comme ils le souhaitaient. D’ailleurs, ils se sont eux-mêmes empressés de se retirer plutôt que d’essayer de prendre Médine.

Abû Sufyân qui était encore polythéiste, a donné rendez-vous aux musulmans à Badr pour l’année suivante mais il n’y a finalement pas eu de combat.

La bataille d’Uhud a révélé le visage des hypocrites et montré les conséquences de la désobéissance. Pour le Cheikh Safiyyu, elle a également appris aux musulmans à dominer leur âme et à se départir de l’orgueil. S’ils gagnaient toutes les batailles, ils n’auraient peut-être pas pu faire preuve d’humilité.

Cet épisode a entaché la réputation des musulmans et plusieurs tribus ont commencé à les attaquer. Au point où même à l’intérieur de Médine, des juifs avec qui il avait pourtant signé un pacte, ont comploté pour tuer le prophète Muhammad (saw). Heureusement, Dieu lui a révélé leurs plans et les musulmans les ont conduit à l’exil.

Les pages qui suivent la bataille d’Uhud relatent plusieurs expéditions jusqu’à la bataille du fossé. Je l’ai vécue ce matin avant de refermer « Le nectar cacheté » à la page 337. Il me reste moins de 200 pages à lire et j’ai hâte d’arriver au retour des musulmans à la Mecque, in shaa Allah. Parfois on gagne, parfois non ; mais l’issue finale est toujours favorable à celui qui croit en Dieu.

Que le Tout-Miséricordieux nous aide à remporter nos batailles du moment.

24 Juillet : en route pour la Mecque

“As-tu ouvert sa poitrine pour savoir s’il était sincère ou non ?” 

Mon cœur a frémi en lisant cette phrase mais avant d’y revenir, je veux aborder le traité d’Al-Hudaybiyya.

En l’an 6 de l’hégire, le prophète Muhammad (saw) a pris la route avec plus d’un millier de musulmans pour effectuer le pèlerinage à la Mecque. Il s’était vu en rêve, pénétrant le Sanctuaire sacré et accomplissant les rites du petit pèlerinage. Il en a informé ses compagnons et ces derniers ont cru que cela devait se produire la même année.

À proximité de la Mecque, Al-Qaswâ’, la chamelle du prophète Muhammad (saw), s’est agenouillée au sol et a refusé d’avancer. Ce n’était pas dans ses habitudes et le prophète (saw) y a vu un signe. Il a fait le serment d’accepter si jamais les Qurayshites lui faisaient une quelconque proposition respectant les droits sacrés de Dieu.

Les Qurayshites ne voulaient pas donner l’accès au sanctuaire sacré et il y a eu plusieurs négociations. Je vous passe les détails mais le plus important est que le prophète Muhammad (saw) a décidé de signer un traité de paix que l’on appelle le traité d’Al-Hudaybiyya.

L’accord stipulait entre autres que les Musulmans n’entreraient pas à la Mecque cette année là mais qu’ils pourraient revenir l’année suivante pour effectuer le pèlerinage. Il incluait également une trêve de 10 années pendant lesquelles personne ne devait être agressé. Les autres tribus étaient libres de s’allier aux Qurayshites ou aux Musulmans et toute agression contre une tribu alliée devait être considérée comme une agression de tout son camp.

Ce traité était considéré comme une victoire par Dieu et son prophète (saw). C’était la première fois que les Qurayshites reconnaissaient un statut aux musulmans alors qu’avant ils ne cherchaient qu’à les tuer. D’après le Cheikh Safiyyu, en signant ce traité, ils reconnaissaient implicitement la force des musulmans et leur incapacité à les combattre.

Ce passage m’a rappelée qu’Allah sait ce que nous ne savons pas. Bon nombre de musulmans n’ont pas compris la décision du prophète Muhammad (saw) d’accepter cet accord et de repartir sans avoir accès au Sanctuaire sacré. Umar (ra) a été l’un des plus affligés et s’est même fâché. Il a toutefois regretté son attitude plus tard et a fait de nombreuses choses pour demander pardon à Dieu.

Les musulmans ont effectivement pu faire le pèlerinage l’année suivante. Après le traité d’Al-Hudaybiyya, le Cheikh Safiyyu nous parle des missives que le prophète Muhammad (saw) a envoyé à différents souverains pour les inciter à embrasser l’islam. Certains ont été réceptifs, d’autres non. Il y a beaucoup de détails sur ces correspondances puis sur les expéditions militaires qu’il y a eu après Al-Hudaybiyya.

J’avoue que toutes ces informations m’ont un peu ennuyée par moments et j’ai mis plus de temps à avancer dans ma lecture. J’avais juste hâte d’arriver enfin à la prise de la Mecque mais avant celle-ci, il y a eu cet épisode que j’ai mentionné au début du texte.

Les musulmans ont lancé une expédition militaire chez les Al-Huraqât et ont tué plusieurs ennemis. On raconte qu’un musulman, Usâma Ibn Zayd, a tué un membre de la tribu ennemie alors qu’il a témoigné de l’unicité de Dieu. Lorsque le prophète (saw) a condamné son geste, Usâma a prétexté que le défunt n’a récité la profession de foi que pour sauver sa vie. C’est suite à cela que le prophète (saw) lui a demandé s’il a ouvert la poitrine de ce dernier pour savoir s’il était sincère ou non.

Ce passage m’a touchée parce qu’on est souvent promptes à juger la croyance des uns et des autres alors qu’Allah sait ce que nous ne savons pas. En vrai, le fait de porter le voile, de garder la barbe, ne garantit pas qu’on ne commet pas les pires péchés quand les portes sont closes. Celui qu’on estime être moins bon musulman est parfois plus sincère dans ses actes d’adoration que nous qui avons des signes apparents de piété. C’est Allah Seul qui est apte à juger de qui est un bon croyant et qui ne l’est pas. Mais comme toujours, nous avons tendance à oublier la poutre dans nos yeux pour nous focaliser sur la paille dans ceux des autres.

Je me suis arrêtée à la page 453, en l’an 8 de l’hégire. Les musulmans viennent de conquérir la Mecque sans grande bataille même s’il y a eu quelques morts. Les Qurayshites avaient au préalable trahi le traité d’Al-Hudaybiyya en participant à une attaque envers une tribu alliée aux musulmans. En représailles, le prophète Muhammad (saw) a refusé de maintenir le traité et est allé à la Mecque avec 10 000 compagnons. Seuls quelques Qurayshites ont tenté de résister et ont été tués. Le prophète (saw) avait auparavant déclaré que ceux qui resteraient chez eux ou dans le sanctuaire seraient en sécurité.

Les musulmans ont détruit les idoles dans la Kaaba puis dans les environs de la Mecque. La conquête de celle-ci a convaincu plusieurs autres tribus de se rallier à l’islam et a sonné le glas du paganisme dans la région. Même Abû Sufyân et son épouse Hind Bint `Utba, deux grands ennemis du prophète Muhammad (saw), se sont convertis. À la bataille d’Uhud, Hind avait arraché le foi de Hamza, l’oncle du prophète (saw) et l’avait mis en bouche avant de le recracher. Mais même elle, a été pardonnée. Quand je pense à nous autres et nos cœurs pleins de rancune…

Il me reste maintenant moins de 100 pages et j’espère terminer « Le nectar cacheté » avant la fin de la semaine in shaa Allah. 

Que le Tout-Miséricordieux nous fasse Miséricorde et nous aide à nous pardonner les uns les autres.

27 Juillet : la fin

« Abû Bakr leur annonça : « Que ceux parmi vous qui adoraient Muhammad sachent que Muhammad est mort. Mais que ceux qui adoraient Dieu sachent qu’Il est le Vivant qui point ne meurt. Dieu a dit : « Muhammad n’est rien d’autre qu’un Envoyé qui fut précédé par d’autres. S’il vient à mourir ou à se faire tuer, allez-vous faire volte-face ? Ceux qui feront volte-face ne nuiront à Dieu en rien. Et Dieu récompensera [Ses serviteurs] reconnaissants. » »

J’ai enfin fini « Le nectar cacheté » du Cheikh Safiyyu ar-Rahman al-Mubarakfuri. Ce sont 533 pages pour découvrir l’histoire de l’islam et du prophète Muhammad (saw). Comme on le sait, le prophète (saw) s’est exilé à Médine lorsque les Qurayshites le combattaient. Avec ses compagnons musulmans mecquois et médinois, il a réussi à remporter de nombreuses batailles qui ont rallié d’autres tribus à l’islam.

Les médinois se demandaient si une fois la Mecque conquise, il retournerait chez les siens. Ce n’est pas ce qu’il a fait. Après la conquête de la Mecque, le prophète (saw) est retourné à Médine et y a vécu jusqu’à sa mort à l’âge de soixante trois ans et quatre jours. 

On a vu comment un peuple peut-être  affligé lorsqu’il perd une icône ou un dirigeant. Imaginez donc comment les musulmans de l’époque ont vécu la mort de celui que l’on considère comme le meilleur des hommes. Umar a refusé de croire que le prophète (saw) était mort et disait que c’était un mensonge des hypocrites. Il a fallu les mots d’Abu Bakr pour rappeler à tout le monde que le prophète Muhammad (saw) n’était qu’un Envoyé de Dieu, le sceau des prophètes oui, mais un homme. 

En islam, on n’adore pas le prophète Muhammad (saw). On prie Allah de le bénir ansi que sa famille comme il l’a fait pour Ibrahim (as) et sa famille, mais on ne le prie pas lui-même. Il nous sert d’exemple en termes de comportement en tant que musulmans et c’est en cela que l’on s’appuie sur sa sunna à travers les Hadiths, pour réglementer plusieurs aspects de notre vie. 

Avant de mourir, le prophète Muhammad (saw) a été malade pendant 13 ou 14 jours. Il a passé les derniers jours auprès de son épouse Aisha (ra) et c’est sous son lit qu’il a été enterré, à Médine. Il a annoncé à sa fille Fatima (ra) qu’elle serait la première à le rejoindre après sa mort et c’est ce qui a été fait. C’est d’ailleurs la seule parmi ses enfants à avoir vécu jusqu’à son décès.

Lire « Le nectar cacheté » était important pour moi pour mieux connaître ma religion et le prophète Muhammad (saw). Je sais qu’il me faudra le relire à nouveau in shaa Allah mais je suis déjà très heureuse de cette première expérience. La foi n’est pas un fleuve tranquille. Il nous arrive de douter, de se remettre en question, de questionner nos croyances. Malheureusement, ce sont des sujets que l’on a peur d’aborder en public. Que penseront les autres s’ils savent ce qui se passe à l’intérieur de notre tête et de notre cœur ? Est-ce qu’on a le droit de douter en tant que croyant ?

Je suis toujours reconnaissante d’avoir des proches avec qui je peux parler de doutes. Ce n’est malheureusement pas le cas pour tout le monde. En lisant, j’ai parfois été choquée par les descriptions des guerres, des exécutions. J’en parlais avec mon amie et nous sommes revenues sur l’importance de connaître les contextes et les cultures de chaque époque. Ce qui nous paraît grave aujourd’hui pouvait être plus commun et même nécessaire à une certaine époque. 

Les guerres entre les tribus arabes étaient fréquentes avant l’islam. On pouvait tuer pour des broutilles et une tribu toute entière se soulevait pour sauver l’honneur de l’un des siens. L’islam a réconcilié plusieurs peuples mais il y a également eu des batailles pour protéger, défendre et conquérir. Cela a été le cas de plusieurs autres religions par le passé mais on a souvent tendance à l’oublier. Ça m’a d’ailleurs donné envie d’en apprendre davantage sur les différentes conquêtes religieuses in shaa Allah.

Peut-on parler de polémiques en islam sans mentionner l’épouse du prophète Muhammad (saw), Aisha (ra) ? C’est l’un des sujets les plus délicats de notre religion et sur lesquels bon nombre de personnes non-musulmanes critiquent l’islam. D’après plusieurs sources et même dans « Le nectar cacheté », il est dit qu’Aisha (ra) avait six ans lorsque le prophète (saw) l’a épousée et neuf ans lorsqu’il a consommé le mariage. D’aucuns disent qu’il faut tenir compte de l’époque parce que c’était faisable, qu’elle était pubère, mature, etc. Mais j’avoue que ça fait partie de l’un de mes grands questionnements. 

Aisha (ra) a été l’une des personnes les plus influentes de l’islam. C’était la fille d’Abû Bakr, le compagnon le plus proche du prophète (saw). C’est par elle que plusieurs enseignements du prophète (saw) ont été transmis et les compagnons la consultaient très souvent après la mort du prophète (saw).

D’après le Cheikh Safiyyu, le prophète a contracté au total treize mariages mais deux ne furent pas consommés. Khâdija (ra) sa première épouse, a été la seule jusqu’à son décès. Elle avait quarante ans et lui vingt-cinq lorsqu’il l’épousa. Elle lui a donné des filles et des fils mais les garçons sont tous morts en bas âge. Les filles étaient au nombre de quatre : Zeynab, Ruqayya, Umm Kulthûm et Fâtima. Khâdija a été la première personne à croire au message du prophète  (saw) et elle a utilisé sa fortune pour soutenir l’islam. 

Le Cheikh Safiyyu explique que les mariages du prophète (saw) ont surtout été des moyens de conclure des alliances avec différentes tribus. Les liens de famille et de belle-famille chez les arabes sont tels que les tribus devenaient plus réceptives à l’islam lorsqu’une de leurs filles devenait une épouse du prophète Muhammad (saw). On évite d’aller en guerre contre sa belle-famille. Ses mariages avec les filles d’Umar (ra) et Abû Bakr (ra) tout comme les mariages de ses propres filles avec Uthman (ra) et Ali (ra) ont aussi contribué à raffermir les liens avec ses plus proches compagnons.

À la fin du livre, nous avons des descriptions du prophète (saw) selon plusieurs sources. Sur son physique, son comportement, etc. Plusieurs s’accordent à dire qu’il était un bel homme de taille moyenne avec des sourcils et des cils fins. Il était généreux, courageux, intègre, patient, pardonneur, etc. Il n’a pas vécu dans la luxure alors qu’il aurait pu. Il donnait ce qu’il possédait aux pauvres. Il se contentait tellement de peu qu’un jour, un verset est descendu pour demander à ses femmes de choisir entre les biens de l’au-delà et les biens terrestres parce qu’elles se plaignaient de leur indigence.

Ça m’a fait plaisir de découvrir certains miracles qu’il a fait parce qu’on n’en parle pas souvent en islam. Cela inclut des blessures qu’il a guéries en imposant sa salive, de la nourriture qu’il a multipliée pour nourrir des foules, etc. On découvre aussi son voyage au ciel au cours duquel il a reçu la prescription des cinq prières. 

J’ai appris qu’il y a des détails sur lesquels il ne fallait pas trop s’attarder. Les sources ne sont pas toujours en accord sur certains faits et il vaut mieux se focaliser sur ce qui est plus important. Ce qui peut faire de nous de meilleurs musulmans, de meilleures personnes, en accord avec nos croyances et nos valeurs. 

Connaître notre religion fait partie de nos devoirs. J’ai pris plaisir à apprendre et à partager régulièrement avec vous. Gloire à Dieu si ces partages vous ont été bénéfiques et je demande pardon pour les erreurs de ma part. Je prie qu’Allah nous aide à Le connaître davantage, qu’Il dissipe nos doutes, nous aide à comprendre ce que nous pouvons comprendre, à accepter que certaines choses ne relèvent que de Lui et à surtout faire ce qui nous accordera Sa satisfaction. 

Publié par

Passionnée de lecture, d'écriture, de voyages et d'éducation. Je rêve de transformer l'éducation en Côte d'Ivoire. De la rendre plus interactive et inclusive.

2 commentaires sur « J’ai appris à connaître le prophète muhammad (saw) »

  1. Merci pour ce magnifique partage ! on te remerciera jamais assez, c’est un immense travail que tu viens d’accomplir. Qu’Allah continue d’éclairer ton chemin pour qu’on profite davantage de tes écrits.

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