On applaudit beaucoup les succès. On parle moins des tentatives ratées.

Pourtant, je crois profondément que nos échecs, nos détours et nos occasions manquées participent aussi à construire la personne que nous devenons.

Je pense que l’une de mes plus grandes forces est ma capacité à relativiser. Je m’attarde rarement longtemps sur ce qui ne fonctionne pas. Bien sûr, je ressens la déception. Je prends le temps d’être triste, de digérer. Mais ensuite, j’essaie d’avancer.

De même, lorsque j’échoue ou que je n’atteins pas un objectif, j’arrive généralement à continuer sans passer des mois à ruminer ce qui n’a pas marché.

Alors aujourd’hui, j’ai envie de parler de quelques échecs.

1. Je n’ai pas fait le YALI.

Vous me direz peut-être qu’ayant déjà étudié aux États-Unis, ce n’était pas indispensable. Mais j’aurais vraiment aimé vivre cette expérience.

Ce qui m’attirait particulièrement dans le YALI, c’était le réseau que l’on construit et la possibilité de bénéficier d’un accompagnement pour développer davantage un projet existant.

Pendant mes études aux États-Unis, j’étais encore en train de chercher ma voie. C’est plus tard que j’ai véritablement compris que l’éducation et l’impact social étaient les domaines dans lesquels je voulais évoluer. J’aurais aimé avoir cet accompagnement pour décupler mon potentiel.

La première fois que j’ai postulé, j’étais en Chine. Je pense que mes informations de résidence étaient probablement trop ambiguës pour rassurer le comité.

La deuxième fois, j’ai été retenue pour passer un test écrit… alors que j’étais en voyage en Turquie. Le test avait lieu quelques jours avant mon retour. J’ai demandé s’il était possible de le faire en ligne ou à mon retour, mais ce n’était pas envisageable.

J’avoue que je l’ai mal vécu à l’époque et j’ai décidé de ne plus jamais postuler… c’est l’un de mes plus gros goumins.

2. J’ai essayé de lancer une marque de vêtements.

Les anciens s’en souviennent peut-être. Il y a plus de six ans, j’ai lancé « Kiyali », une marque de vêtements pour femmes voilées.

L’idée était belle : proposer des vêtements élégants, modernes et modestes.

Le besoin existait mais pour être honnête, ce n’était pas du tout mon couloir. Je n’étais pas passionnée par la mode. Je connaissais peu les tissus. Je travaillais avec des couturiers qui n’étaient pas toujours très fiables (bon dans ce domaine, c’est dur d’en trouver qui le sont).

Et surtout… je ne savais pas vendre. La vente reste encore aujourd’hui un exercice inconfortable pour moi, mais je remarque que j’y arrive beaucoup mieux lorsque je suis passionnée par le sujet, comme c’est le cas avec les livres et les formations.

J’ai quand même vendu quelques robes. J’en ai porté certaines. Et j’ai fini par offrir le stock restant.

Cette expérience m’a surtout appris une chose : il faut connaître son couloir. 

Je l’ai vraiment compris pendant une foire où j’exposais mes vêtements. Les visiteurs ont acheté tous les livres islamiques pour enfants présents sur mon stand… alors que les robes étaient censées être la raison principale de ma présence. 

On dit dans la vie quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer… 

3. J’ai postulé deux fois à l’UNICEF.

La première fois que j’ai postulé, je n’ai reçu aucune réponse. Pas de mail. Rien. Dans le système, cette candidature de 2020 est d’ailleurs restée longtemps « en cours ».

Quelques mois plus tard, le poste a été relancé. J’ai postulé à nouveau, passé un test écrit depuis une île à Grand-Lahou, puis une interview et la vérification de mes références. Et j’ai obtenu le poste.

Mais avant de repostuler, j’ai beaucoup hésité. J’en ai parlé à une personne qui travaillait déjà à l’UNICEF. Il m’a expliqué qu’il postulait également pour ce poste. En plus, c’était pratiquement ce qu’il faisait déjà, mais le poste avait été reclassé à un niveau supérieur.

Je me suis dit qu’il n’y avait aucune chance que je l’obtienne. Mais Allah sait mieux. Mon ami et grand frère a finalement reçu une autre opportunité en Afghanistan et j’ai obtenu le poste à Abidjan.

Si je n’avais pas essayé une deuxième fois, je n’aurais jamais vécu l’une des expériences professionnelles les plus enrichissantes de ma vie.

4. J’ai mille et une histoires inachevées.

Avant de publier « Un cœur à reprendre », j’ai écrit d’autres débuts d’histoires. Des idées. Des brouillons. Des personnages qui ne verront probablement jamais le jour.

Mais je suis convaincue que ces tentatives abandonnées ont contribué à me permettre d’aller jusqu’au bout avec mon premier roman. Parfois, ce que l’on croit être du temps perdu est simplement de la préparation.

5. Je ne parle toujours pas mandarin.

En 2017, j’ai passé quatre mois en Chine. Mon père voulait que j’apprenne le mandarin. Moi, j’aimais voyager. J’ai donc décidé de partir prendre des cours dans une université à Suzhou.

J’ai beaucoup aimé l’expérience. J’avais même acquis une bonne base. Mais Abidjan me manquait énormément.

J’avais lancé le Centre Eulis quelques mois auparavant et j’avais l’impression de l’avoir abandonné.

J’aurais dû et j’aurais pu rester un an pour consolider mes acquis. Mais il n’y avait pas d’attiéké là-bas…

Résultat : neuf ans plus tard, j’ai presque tout oublié.

J’aimerais bien réapprendre un jour, mais aujourd’hui mes priorités seraient plutôt l’arabe et le sénoufo.

Toutes ces expériences m’ont appris quelque chose.

Je n’ai peut-être pas atteint tous les objectifs que je m’étais fixés, mais chacune de ces étapes m’a apporté des compétences, des leçons et une meilleure compréhension de moi-même. Parfois, une porte qui ne s’ouvre pas nous pousse simplement vers une autre.

Et pendant que j’écris ces lignes, je me souviens d’ailleurs d’une autre belle opportunité que j’ai ratée pendant mon bachelor en finance…

Mais ça, ce sera pour une autre fois, in shaa Allah. 


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