L’une des choses que j’aime dans les livres, c’est leur capacité à nous faire découvrir des réalités différentes des nôtres.
En lisant « Bara Te Sorola », j’ai mieux compris ce que peuvent traverser des milliers de jeunes en quête d’emploi parce qu’ils n’ont pas les bons diplômes et/ou les bonnes connexions.
Le livre raconte le parcours de Tee et, à ses côtés, celui de certains de ses amis du lycée. La majorité d’entre eux, après leurs études, ont eu du mal à trouver un emploi stable.
Tee fait partie de ceux qui ont obtenu un BTS. Après quelques stages non concluants, il enchaîne les demandes d’emploi sans succès.
Ce désert d’opportunités le rend progressivement aigri, même si cela ne l’empêche pas de décrocher une petite amie, à défaut d’un emploi…
L’écriture est accessible et, au fil des pages, on se met à espérer pour TEE.
Mais le personnage est loin d’être un saint. Parfois vulgaire dans ses propos et pas toujours très loyal, il va peu à peu se laisser convaincre de faire des choix qui vont à l’encontre de ses aspirations initiales.
J’ai aimé cette évolution du récit, qui montre comment le désespoir et l’absence de perspectives peuvent conduire à prendre des décisions que l’on n’aurait jamais envisagées au départ.
Sans que l’intrigue soit clairement située en Côte d’Ivoire, le pays de Tee y ressemble fortement.
L’auteur Fauquin Coulibaly, fait notamment une satire du système de formation, de l’inadéquation entre les programmes scolaires et le marché de l’emploi, des concours de la fonction publique, etc.
On y parle également de droit de cuissage, aussi bien subi par des femmes que par des hommes, et ce volet m’a particulièrement intéressée.
Parce qu’au-delà de la recherche d’emploi, le livre montre aussi les rapports de pouvoir qui peuvent exister lorsqu’une personne est en position de vulnérabilité et dépend d’une autre pour accéder à une opportunité.
Côté édition, en revanche, il y a encore beaucoup à faire. Entre les marges mal délimitées, certains passages peu lisibles et les coquilles, je pense que ce livre a un beau potentiel qui aurait pu être mieux exploité sur le plan éditorial.
Je ne suis pas certaine qu’il soit disponible en librairie. Je l’ai reçu directement de l’auteur lors d’un événement et je suis contente de lui avoir donné une chance. Parce qu’au-delà de ses défauts, « Bara Te Sorola » m’a fait réfléchir.
Et je pense qu’il me rendra sans doute un peu plus empathique envers les personnes qui cherchent désespérément un emploi et auxquelles on demande parfois simplement de « patienter » ou de « persévérer », sans comprendre leurs défis.
Certes, certains doivent améliorer leur profil et développer eux-mêmes d’autres compétences, mais il faut aussi reconnaître que bien souvent, le système est le principal obstacle à l’atteinte de leurs objectifs.
« Bara Te Sorola » est disponible via WhatsApp au 07 78 09 42 02 ou au 01 02 65 65 82.

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