Gary Chapman m’a encore éblouie !

Presqu’un mois après ma lecture précédente, j’ai enfin réussi à terminer un livre. Et quel livre ! “The 4 seasons of marriage” de Gary Chapman est un chef d’œuvre !

C’est mon 3e livre de l’auteur et dans l’ordre, je dirais que “Les 5 langages pour trouver l’amour” s’adresse plus aux célibataires même si je le recommande à tout le monde. “Ce que j’aurais aimé savoir avant de me marier” serait davantage profitable aux personnes en cheminement, fiancés, jeunes mariés. Et “Les saisons du mariage” devrait être lu par toutes les personnes mariées, ensemble ou individuellement. 

Chapman explique qu’un mariage peut passer par 4 saisons : l’hiver, le printemps, l’été et l’automne. L’hiver et l’automne sont les périodes les plus difficiles tandis que l’été et le printemps sont naturellement les plus heureuses. 

Dans la première partie du livre, il décrit chacune des saisons, les émotions ressenties par les partenaires, les attitudes qu’ils ont, les actions qu’ils posent et le climat de la relation dans son ensemble. C’est encore plus intéressant grâce aux exemples de couples qu’il a rencontrés ou conseillés et qui illustrent bien la réalité. 

Dans la seconde partie du livre, Chapman partage 7 stratégies pour sortir de l’automne et de l’hiver ou profiter davantage de l’été et du printemps. Gérer ses échecs du passé, adopter une attitude gagnante, apprendre à parler le langage d’amour de l’autre, développer une écoute empathique, découvrir la joie d’aider son époux à réussir, tirer profits des différences et implémenter le pouvoir de l’influence positive en s’attelant à être le changement qu’on aimerait voir chez l’autre. 

Selon l’auteur, tous les couples peuvent passer par ces différentes saisons. Les couples qui semblent les plus heureux ont aussi eu leur automne ou leur hiver pour plusieurs raisons : naissance des enfants, perte de boulot, infidélité, mensonges, etc. La différence avec ceux qui finissent par divorcer ou restent malheureux ensemble est que l’un d’entre eux ou tous les deux ont décidé de reconstruire leur mariage et de fournir les efforts qu’il fallait. 

Gary Chapman a expliqué dans “Ce que j’aurais aimé savoir avant de me marier” qu’il a eu des difficultés avec son épouse au début de leur union. Dans ses interviews on apprend qu’il y a même des moments où ils se sont disputés juste avant d’aller à l’église alors qu’il était prédicateur. Ce qui a changé pour lui est qu’à l’image de Jésus lavant les pieds de ses apôtres, il a décidé de se mettre au service de son épouse. Ça ne signifie pas que son mariage est parfait parce que tous les mariages sont en constante évolution, mais ils naviguent plus en été qu’en hiver après plusieurs années à se construire. 

Copyright : alleluia events

En tant qu’être humain, c’est très facile de blâmer l’autre pour ce qu’il aurait dit ou fait ou ce qu’il aurait tu ou manqué de faire. On voit la paille dans son œil sans essayer de retirer la poutre qu’on a dans le nôtre. Cela se manifeste dans toutes nos relations aussi bien en couple, en amitié, dans la famille que dans le milieu professionnel. On a pourtant plus de contrôle sur l’attitude que nous pouvons adopter face à une situation donnée plutôt que celle de l’autre en face. 

“Les saisons du mariage” n’est pas une potion magique qui répare tout une fois qu’on l’a lu. Les stratégies présentées nécessitent du travail, du temps et beaucoup de patience pour voir un changement. Gary Chapman s’est basé sur son expérience personnelle, celle de centaines de couples qu’il a rencontrés et sur les principes bibliques. 

La foi tient une place importante dans la vision que Gary Chapman a du mariage et que l’on soit chrétien ou d’une autre confession religieuse, on se retrouve très bien dans ses textes. L’une des choses qui m’a marquée est que pour lui, le but de la vie n’est pas d’accomplir nos objectifs personnels mais de connaître Dieu et de le glorifier et l’honorer. Le mariage renforce la possibilité d’atteindre cet objectif. Il est censé être l’environnement idéal où chaque partenaire est le complément de l’autre et où ils s’aident mutuellement à developer les talents que Dieu leur a donnés. 

En islam, on considère également que le mariage est un acte d’adoration dont l’objectif est de nous rapprocher davantage du Créateur. Nous sommes à une époque où nous abandonnons vite quand les choses deviennent difficiles. On divorce, on se remarie et rebelotte. Pour les croyants, il faut savoir que les conflits dans le mariage proviennent du diable. Nous avons notre responsabilité bien sûr mais plutôt que de voir notre partenaire comme notre ennemi, nous devons nous allier pour faire face à l’adversité. Il y a ce Hadith qui met bien en exergue le rôle de Satan dans les divorces. 

D »après Jâbir, le prophète صلى الله عليه وسلم a dit :

« Iblis (Satan) établit son trône sur l’eau et envoie ses légions. Le démon qui a (ensuite) le plus de proximité avec lui est celui qui a réussi le plus grand trouble (fitna).

L’un de ces démons vient à lui et dit : « J’ai fait ceci et cela. »

Mais il lui répond : « Tu n’as rien fait. »

Puis l’un d’entre eux vient à lui et lui dit : « Je n’ai pas lâché (tel humain), jusqu’à ce que j’ai réussi à provoquer la séparation entre lui et son épouse.

Iblis rapproche de lui ce démon et lui dit : « Quel bon fils es-tu ! »

Rapporté par Muslim, n° 2813

Bien sûr les conseils de Gary Chapman ne signifient pas qu’il faut rester dans des unions abusives et dangereuses. Il faut faire preuve de bon sens et utiliser ces outils pour avoir un mariage durable et sain. Après ma lecture de “The 4 seasons of marriage”, j’ai définitivement envie de lire tous les autres livres de l’auteur. Je ne sais pas s’ils me toucheront autant que les précédents mais une chose est sûre, Gary Chapman semble savoir de quoi il parle et je vous recommande de le lire si ce n’est déjà fait. 

Une femme sera toujours une femme.

En tant que jeune femme africaine et musulmane, j’ai conscience du poids des attentes de la société et de ma famille sur moi mais ce n’est rien comparé à ce que peuvent vivre certaines femmes dans d’autres communautés. J’ai grandi sans aucun frein à mon éducation académique. Mes parents tenaient à ce que chacun de leurs enfants aille le plus loin possible à l’école. Aujourd’hui encore, après mon Master, mon père me demande souvent si je n’ai pas envie de faire un autre diplôme. Si ça ne tenait qu’à lui, j’aurais déjà un doctorat.

J’ai lu “A woman is no man” le cœur lourd en réalisant encore une fois à quel point l’école est un luxe pour des millions de femmes à travers le monde. C’est un luxe également pour certains hommes mais quand il s’agit d’offrir des opportunités à un enfant dans une famille, le garçon est très souvent priorisé. En plus de cela, ces femmes n’ont pas voix au chapitre dans la plupart des décisions qui les concernent. 

Isra a 17 ans et vit en Palestine lorsque ses parents la donnent en mariage à Adam, 30 ans et qui vit à Brooklyn aux États Unis. La Palestine est sous occupation et la famille d’Isra est particulièrement pauvre. Elle a grandi la tête enfouie dans les livres pour s’évader, sous les coups de son père, les larmes de sa mère, et les mille et une contraintes qui accompagnent son statut de fille arabe. Bien qu’apeurée par l’inconnu, Isra espère que la vie est différente pour les femmes aux États Unis, qu’elle aura plus de liberté. Elle se rendra vite compte que sa mère avait raison lorsqu’elle lui disait qu’une femme reste une femme peu importe l’endroit de la terre où elle se trouve. 

Aux États Unis, Isra se plie en 4 pour obtenir l’affection de son mari et de sa belle mère Farida. Épouse soumise, belle-fille travailleuse, elle accepte toutes les brimades sans broncher. Malheureusement pour elle, Isra donne naissance à 4 filles dans un monde qui les considère comme des fardeaux. Elle s’éteint au fil de ses grossesses, des remarques blessantes et des coups, en se rendant compte que ses filles risquent d’avoir le même destin qu’elle.

Plusieurs années plus tard, on découvre Deya, la première fille d’Isra et Adam. Ses parents ne vivent plus et ses sœurs et elles sont élevées par leurs grands parents paternels. Deya a l’âge auquel les jeunes filles palestiniennes commencent à échanger avec des prétendants. Elle aimerait continuer ses études et aller à l’université mais ses grands parents ne l’entendent pas de cette oreille. Ce n’est pas parce qu’ils sont installés aux États Unis que leurs petites filles sont des américaines. Ils sont arabes et il faut veiller à la réputation de la famille. 

Deya se pose de nombreuses questions. Qu’est-il arrivé à ses parents ? Pourquoi est-ce qu’aucun membre de leur famille ne leur rend visite alors qu’elles ont une tante, des oncles et des cousins ? Pourquoi sa mère a t-elle toujours été aussi triste et distante vis à vis d’elle ? Que doit-elle faire pour éviter un mariage précoce et poursuivre ses rêves ? Comment peut-elle protéger ses petites sœurs ?

Au fil des chapitres alternant entre le présent et le passé, nous voyons les choses tantôt sous l’angle de vue d’Isra, de Deya ou de Farida. Si on en veut beaucoup à Farida dans l’histoire, on ne peut s‘empêcher de noter qu’elle-même est aussi victime d’un système et de ses règles. Sous le masque de femme forte et autoritaire qu’elle affiche, se cachent ses propres démons du passé. 

Bien que le roman mette l’accent sur les abus vécus par les femmes, Etaf Rum ne néglige pas non plus les défis auxquels font face les hommes arabes, immigrés. On le voit particulièrement avec Adam qui est l’aîné de sa famille et de qui l’on attend tous les sacrifices. Il doit travailler toujours plus et oublier ses propres aspirations pour assurer la pitance de la maison et l’avenir de ses petits frères. Il subit également la pression de sa mère pour avoir un fils et perpétuer le nom de la famille. On comprend que son genre, bien que privilégié, ne lui donne pas forcément la possibilité de faire ses propres choix et d’être heureux. La différence, est qu’en tant qu’homme, il peut déverser ses frustrations sur son épouse et la blâmer pour tout. 

Etaf Rum

J’ai aimé le fait que l’auteure montre la différence entre les enseignements prêchés par l’islam et ce qui est réellement pratiqué dans certaines communautés musulmanes. Ce n’était pas l’islam qui primait mais les coutumes du peuple. Je me suis demandé pourquoi est-ce qu’on s’accroche autant à des règles qui finalement nous rendent plus misérables qu’autre chose. Les hommes, les pères, les femmes, les mères, tout le monde contribue à maintenir un système qui les opprime tous d’une manière ou d’une autre. Pour les hommes, il faut ramener de l’argent, être fort en toute circonstance, taire ses émotions, etc. Pour les femmes ? Toute leur vie doit se résumer au foyer, se marier, faire des enfants, des garçons de préférence, tenir sa maison et surtout garder le silence et tout supporter. La réputation et l’honneur doivent passer avant tout, y compris le bonheur de ceux que l’on dit aimer. 

Cette lecture a été douloureuse même si j’apercevais une lueur d’espoir par moments. Au delà de la fiction, “A woman is no man” ou “Le silence d’Isra” en français, reflète la réalité de bon nombre de femmes à travers le monde. La lutte pour nos droits a permis d’accomplir beaucoup de choses. Nous pouvons aller à l’école, gagner de l’argent en travaillant, ouvrir un compte bancaire sans l’aval d’un époux, conduire un véhicule, faire du vélo, choisir notre époux, etc. mais même ces droits basiques ne sont pas encore des acquis pour toutes. 

Les violences conjugales y compris le viol marital sont toujours banalisées. Certaines filles sont privées d’éducation et mariées de force. Des veuves sont spoliées de l’héritage de leur époux et les femmes n’ont pas droit à la terre dans certaines contrées. Malgré toutes les avancées, nous sommes encore très loin d’une égalité de droits entre les femmes et les hommes aussi bien sur les plans professionnel et social que dans le cercle familial. Lorsqu’on élève un peu trop la voix et qu’on aspire à quelque chose de différent, tout le monde, les femmes elles-mêmes y compris, nous rappelle qu’une femme n’est pas un homme. Comme s’il fallait l’être pour être considéré tout simplement comme un être humain…

Nos batailles sont surmontables. 

Je prends plaisir à lire des biographies ces dernières années parce qu’elles me montrent tout ce que l’être humain est capable de réaliser. Les rêves que l’on peut accomplir. Les obstacles que l’on peut surmonter. Les blessures dont on peut guérir. 

Lorsqu’on passe par des épreuves, on peut penser que le ciel nous tombe sur la tête. Que nous sommes les personnes plus misérables de la terre. Que personne d’autre ne pourrait comprendre ce par quoi l’on passe ni même traverser des choses semblables. Pourtant, il suffirait que nos proches nous racontent leurs propres difficultés pour qu’on se rende compte que l’herbe n’est pas forcément plus verte à côté. 

La vie n’est jamais totalement rose. Elle vient avec ses hauts et ses bas. Ce n’est pas forcément parce que nous sommes de mauvaises personnes, que nous avons fait plus d’erreurs que les autres ou que nous sommes incompétents. Oui, on peut éviter certaines choses, on peut essayer de tout faire bien, mais la vie nous donnera quand même quelques coups de temps en temps. Et qu’on le croit ou non à l’instant T, ces moments troubles sont rarement éternels.

J’ai commencé “Les victorieuses” de Laetitia Colombani sans vraiment prêter attention au résumé. Celle qui me l’a offert m’a dit qu’il était bien. Qu’elle l’avait même préféré à “La tresse” du même auteur et que j’ai personnellement adoré. Contrairement à Hyasmine, je ne préfère pas “Les victorieuses” mais ce roman inspiré d’une histoire vraie m’a particulièrement touchée et rassurée.

Laetitia nous relate l’histoire de deux femmes à deux époques différentes. Solène, avocate à Paris, est victime d’un burn-out et se retrouve à l’hôpital après le suicide de l’un de ses clients. En plus des médicaments, le psychiatre lui recommande de faire du bénévolat. De se rendre utile aux autres pour aller mieux. Elle est réticente au début mais finit par tenter l’expérience. Elle assure une heure de permanence par semaine au Palais des femmes, un foyer qui accueille des femmes et des enfants en situation de précarité. Solène y joue le rôle d’écrivain  public pour aider ces femmes à écrire des courriers administratifs, des lettres personnelles et bien d’autres choses. Si elles sont méfiantes au début, les femmes du palais finissent progressivement par l’adopter. 

Quasiment un siècle en arrière, nous découvrons l’histoire de Blanche Peyron, jeune française engagée dans l’armée du salut et déterminée à aider les plus démunis, les femmes en particulier. Blanche et Albin Peyron sont les fondateurs du Palais des femmes. Animés de leur désir d’être utile aux autres, ils ont réussi à réunir plusieurs millions de francs en 1925 pour racheter l’hôtel qui a ensuite servi à accueillir des milliers de femmes en difficultés. Un hôtel que même la mairie de Paris estimait trop cher à acheter, rénover et entretenir. 

L’Armée du salut est un mouvement international protestant fondé en 1865 pour propager la foi chrétienne et lutter contre la pauvreté. Lors de son implantation en France, ses membres dont faisaient partie Blanche et son mari ont été insultés, battus, et parfois même tués. Malgré tout, les Peyron ont continué leur mission de servir les plus démunis jusqu’à ce que le pays finisse par adopter ce mouvement et lui reconnaisse officiellement son utilité en a France lui reconnaisse officiellement son utilité. Je ne connaissais pas l’Armée du Salut et encore moins Peyton. Je ne savais pas que “Les victorieuses” était inspiré d’une histoire vraie. J’ai moi-même été inspirée par cette histoire. 

Blanche Peyton et son mari ont réussi à installer l’armée du Salut en France alors que les membres étaient insultés, battus et parfois même lynchés. 

Les fins d’année sont particulièrement stressantes au boulot avec les derniers objectifs à atteindre tout en jonglant avec plusieurs contraintes. C’est tellement la folie qu’on oublie parfois qu’on est passé par la même chose avant et que tout s’est finalement bien terminé. Bien sûr l’idéal serait d’anticiper en se basant sur les erreurs du passé mais disons que ce n’est pas toujours aussi évident. 

Pendant qu’on court de part et d’autres, écartelés entre plusieurs obligations à satisfaire aussi bien dans le cadre professionnel que personnel, on peut avoir cette impression qu’on ne réussira pas à déplacer les montagnes devant nous. Et pourtant, quelques mois plus tard, on ne pensera plus aux défis qu’on aura réussi à relever. 

“Les victorieuses” a été un excellent rappel pour toutes les petites et grandes victoires qu’on a eues et qui devraient nous accompagner afin qu’on se rappelle que nos batailles d’aujourd’hui sont surmontables, comme l’ont été celles du passé. 

4 jours à Manchester pour le sommet One Young World.

Le Sommet One Young World s’est ouvert le 05 septembre avec la présence de Meghan, la duchesse de Sussex et son époux le Prince Harry, en plus d’autres personnalités. Il s’est achevé le 08 Septembre, jour où la Reine d’Angleterre est décédée. On a donc eu droit à un dîner sans la cérémonie de clôture prévue par respect pour les hôtes.

A la question de savoir à quoi ressemblait Manchester ce jour là, il n’y avait vraiment rien d’inhabituel au début dans la zone où nous étions. L’annonce a été faite au sommet, dans les groupes Whatsapp, et le stream a été arrêté pour ceux qui le suivaient en ligne sur l’application de One Young World.

Très vite par contre, les écrans de la ville affichaient une photo de la Reine et les deux dates marquant sa naissance et son départ. Hier encore, à l’aéroport, les écrans lui rendaient hommage. Hormis cela, je n’ai rien remarqué de particulier. La vie continuait son cours. Maintenant que ça c’est dit, passons au sommet.

One Young World a réuni 2000 jeunes de plusieurs pays à travers le monde. Tous les continents étaient représentés sur les thématiques incluant l’éducation, le changement climatique, la santé, la technologie, l’emploi et l’engagement des jeunes, etc. 

Plusieurs entreprises tenaient des stands et c’était l’opportunité de faire du Networking avec les personnes du même domaine. La plupart des participants ont bénéficié de bourses, comme nous, de « Entreprise for Peace 2022 » du Ministère des Affaires Étrangères des Pays Bas. Vous trouverez la liste des bourses sur le site de One Young World.

Les bénéficiaires de la bourse Enterprise for Peace 2022


Le sommet était organisé autour de conférences en plénière, des stands des organisations, des workshops pour lesquels on devait s’inscrire à l’avance, des ateliers spécifiques aux bénéficiaires de chaque bourse et surtout des moments où on pouvait juste échanger avec les autres participants dans les coulisses. C’est ce moment qui a été le plus important pour moi. 

Avec 2000 participants, on ne pouvait participer qu’à un seul workshop par personne en dehors de ceux fournis par les sponsors des bourses. Les sessions de speechs et panels ne permettaient pas non plus de poser des questions aux intervenants car tout était assez rapide. Nous avons conclu que le sommet a surtout pour objectif de nous réunir, de nous fournir quelques outils basiques, mais c’est à nous que revient la tâche d’en tirer profit à travers les connections qu’on se crée.

J’ai rencontré des jeunes inspirants dont le travail et le parcours m’ont aussitôt boostée pour mes propres activités aussi bien avec le centre Eulis que mon rôle à l’UNICEF. J’ai eu un coup de cœur particulier pour Jamila, la fondatrice de Smart Girls Uganda que je vous invite à découvrir. Elle forme les jeunes, les femmes en particulier mais aussi des hommes, en ingénierie mécanique, leur fournit des emplois ou les aide à créer leur propre business avec l’aide de ses partenaires.

One Young World a été une très belle expérience malgré la fin assez particulière. Alors comment faire pour y participer à votre tour ?


1 – Parler l’anglais. C’était la seule langue commune de tous les participants, qu’ils soient japonais, maliens, kenyans, vénézuéliens, français, allemands, etc. On postule en anglais, les échanges avec les organisateurs se font en anglais, les panels, les ateliers, bref, vous avez compris. 

2 – Être engagé. Certains participants ont été sponsorisés par leur entreprise ou se sont pris en charge eux-mêmes mais pour la majorité, nous devions passer par un processus de recrutement pour bénéficier d’une bourse. Les conditions varient d’un sponsor à un autre mais il faut se démarquer dans le domaine qui intéresse l’organisation. Pour les Pays Bas, il s’agissait de l’emploi des jeunes. 

3 – Postuler et suivre la procédure. J’avais déjà postulé au One Young World Summit sans être retenue. Ils m’ont envoyé un e-mail en 2021 pour que je tente à nouveau ma chance. Après la première sélection, il fallait réaliser une vidéo en anglais pour valoriser son travail. J’ai eu l’aide de mon collègue photographe. J’étais fière de notre vidéo mais je me suis quand même retrouvée sur la liste d’attente. Alors que je n’espérais plus, on m’a finalement choisie parmi les représentantes de la Côte d’Ivoire. 

4 – Préparer son voyage. La demande de visa est prise en charge par le participant lui-même, avec les documents fournis par One Young World. Elle a pris au moins cinq semaines pour la majorité, surtout à cause de la guerre en Ukraine. Les organisateurs nous ont aidé à faire le suivi pour s’assurer qu’on obtienne le visa à temps. Ils ont ensuite géré le billet d’avion, les tickets de train, l’hôtel, et les repas.

5 – Voyager et profiter mais ensuite il faut rentrer chez soi.

Al hamdoulilah, nous sommes bien rentrées à Abidjan. Le prochain sommet aura lieu à Belfast in shaa Allah. Pour plus d’informations rendez-vous sur le site : https://www.oneyoungworld.com

“Suis ta passion” est un mauvais conseil.

“Suis ta passion” est un mauvais conseil.

Je suis bénie d’avoir mon boulot actuel parce que sans ça je n’aurais pas pu continuer à réaliser mon rêve avec le Centre Eulis Faya. 

La passion ne suffit pas. Elle est même surcôtée. Je voulais écrire un article dessus après avoir lu “So good they can’t ignore you” de Cal Newport mais je n’ai pas trouvé les bons mots alors peut-être que cet article ne sortira jamais. 

Ce soir, quand j’ai demandé où on en était avec la procédure pour l’installation du courant à Faya, on m’a dit qu’il y avait une dernière facture pour le compteur. J’ai rigolé à défaut d’en pleurer en pensant à toutes les dépenses qu’on aligne depuis ces derniers mois. 

Ce n’est pas un poste pour pleurnicher mais plutôt reconnaître à quel point je suis bénie d’avoir un emploi qui me permet de financer les activités qui contribuent à me rendre heureuse. 

En début d’année, lorsque je vidais mon compte en banque au fil des travaux du Centre Eulis, j’étais choquée par la vitesse à laquelle l’argent pouvait disparaître alors qu’il prenait tout son temps pour revenir. Mais la passion n’aurait sans doute pas suffi à me permettre de tenir si je n’avais pas d’autres sources de subsistance. 

Ils disent “fais ce que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie.” Il paraît que ça vient de Confucius. Peu importe l’auteur de cette citation, c’est faux ! En tout cas, ce n’est clairement pas à prendre au premier degré. 

Faire ce que l’on aime n’empêche pas d’avoir des factures. Est-ce que ça vous donne le cash qu’il faut pour vous occuper de vous et de votre famille ? Dans ce cas, Al hamdoulilah. Parce que quand tu as faim, tu sens clairement que tu travailles même en étant passionné.

Faire ce que l’on aime n’empêche pas d’avoir parfois envie de rester sous la couette. Même quand on aime écrire, dessiner, il y a des jours où on aimerait bien ne pas le faire parce qu’on est fatigué ou juste pas d’humeur. Quand la passion devient un travail, on peut même perdre l’amour qu’on avait pour cet ancien hobby.

Faire ce que l’on aime est bien, mais tout le monde n’a pas de passion innée qu’il peut poursuivre pour en faire un boulot. Toutes les passions n’ont pas non plus la vocation de procurer un revenu. Ce n’est pas parce qu’on est passionné de foot qu’on aura une belle carrière dans ce domaine. Il faut également les compétences et d’autres paramètres qui ne dépendent pas toujours de vous.

Si vous avez eu la chance de découvrir votre passion relativement tôt, certains ont l’impression d’être nuls parce qu’ils n’en ont pas à priori. Cela ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas exceller et s’épanouir dans un domaine. Cal Newport recommande de choisir une activité pour laquelle on a un minimum d’intérêt et ensuite s’atteler à être tellement bon qu’on ne passera pas inaperçu.

Plutôt que de faire ce que l’on aime, on doit travailler à aimer ce que l’on fait. Développer suffisamment de compétences pour être remarquable dans son domaine et ensuite obtenir les caractéristiques qui font d’un emploi un idéal comme davantage d’autonomie.

Ne lâchez pas tout pour suivre votre passion. Assurez-vous d’avoir assez de ressources pour tenir pendant longtemps. D’ailleurs cet “assez” est bien souvent sous-estimé par rapport à la réalité du terrain. Donc mieux, assurez-vous que votre fameux rêve soit rentable avant de quitter ce qui vous permet de mettre du pain sur la table. 

Pour un entrepreneur dit à succès qui a “tout lâché”, il y en a 1000 autres qui sont tombés plus bas que terre et ont fini par abandonner. Certains ne vous diront pas que leurs parents les ont aidés à tenir. Que Madame cravachait deux fois plus pendant que monsieur essayait de réaliser son rêve ou vice-versa. Si vous n’avez pas de soutiens financier et moral, ne pensez pas que parce que X a fait, vous devez faire exactement la même chose. Vous risquez de flirter avec la dépression.

Je suis très passionnée par l’écriture. La preuve en est que j’ai pris plus d’une heure à écrire ce texte alors que j’ai terriblement faim. Je sais pourtant que je serais folle de quitter mon boulot actuel pour une carrière dans l’écriture alors que je n’en ai pas fait une activité suffisamment rentable. 

Poursuivre ses rêves c’est bien. Je le fais moi-même. Mais il ne faut pas le faire aveuglément. On m’aurait dit ça il y a quelques années, j’aurais trouvé mille et un arguments pour défendre le fait qu’il faut tenter le tout pour le tout peu importe la situation. Je souris en repensant à mes débats avec papa sur le sujet. La jeunesse…

Je ne sais pas si c’est l’âge, l’expérience, les livres que j’ai lu ces derniers mois, ou la combinaison de tout ça, mais je comprends de plus en plus que le plus important n’est pas de suivre sa passion quand il s’agit de carrière professionnelle. 

Al hamdoulilah, mon travail et toutes mes autres activités sont liées à ce que j’aime. Mais trouver sa passion et faire un boulot qui y est lié ne signifient pas qu’on sera miraculeusement comblé en tout point. La passion est bien mais elle est surcôtée. 

Si ça vous intéresse d’en discuter davantage, on organisera une rencontre autour du livre “So good they can’t ignore you” de Cal Newport et le développement d’une carrière professionnelle en Septembre in shaa Allah. La date précise reste à déterminer entre le 17 et le 18 septembre. Si vous êtes intéressé, remplissez ce formulaire : https://forms.gle/nMWAn9g2asECFLz1A

Déçue par la littérature ivoirienne.

Féminisme, droit, politique. Il n’a fallu que quelques mots en quatrième de couverture pour me convaincre d’acheter « Le secret d’Adjaratou. » J’avais hâte de lire un roman qui abordait ces thématiques ensemble sous nos cieux, me disant que j’apprendrais sûrement pas mal de choses intéressantes sur les conditions des femmes en Côte d’Ivoire. 

Adjaratou Fofana née Sylla est issue d’une famille aisée et a également su s’imposer en Côte d’Ivoire à la fois en tant qu’avocate que femme politique. Alors qu’on s’apprête à découvrir son parcours, les premières pages du livre nous révèlent son décès. C’est à travers un journal laissé à ses enfants qu’on connaitra sa vie et son fameux secret. 

Le livre repose entièrement sur la lecture du journal d’Adjaratou, écrit en italique. On assiste à un monologue sur son enfance, sa vie sans sa mère biologique, les problèmes de couple de son père, sa rencontre avec son mari, l’omniprésence de sa belle sœur, sa relation avec sa meilleure amie, ses combats pour la justice, l’égalité, les droits des femmes, son ascension dans la politique et sa fin. 

Dans son genre, « Le secret d’Adjaratou » m’a fait penser à une « Si longue lettre » de Mariama Bâ. Dans le fond et l’intrigue, j’ai été plutôt déçue. J’ai commencé le livre avec beaucoup d’espoirs jusqu’à ce que je perçoive des incohérences lorsque l’auteure évoquait des aspects de la religion musulmane. Deux passages en particulier m’ont troublée. 

« Toutes les personnes à qui elle l’avait posée, son père y compris, avaient fui son regard, feignant d’être étonnés, ou récitaient comme des perroquets, sans vraiment y croire, cette sourate : « Allah léka di Allah lé kata. Ssé té djô gné. Allah ka inala » »

« Nous devions nous rendre à la Grande Mosquée de la Riviera afin de recevoir les bénédictions de l’Imam Ahmed Kamagaté. (…) À genoux face à lui, chacune de ses mains posées sur nos têtes, il nous rappela les préceptes du prophète Mahomet, ainsi que les valeurs auxquelles il était attaché (…). Enfin, il nous récita quelques versets de sourates relatives au mariage. Il immola un mouton en offrande au prophète. » 

Le terme en malinké a été traduit par « Dieu a donné, Dieu a repris. L’être humain n’a aucun pouvoir. Que Dieu ait pitié de son âme. » On pourrait l’identifier au verset 156 de la sourate Al-Baqarah « (…)Certes nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons. » C’est une formule utilisée par les musulmans en cas de malheur et surtout de deuil mais ce n’est pas exactement ce qui est retranscrit par l’auteure. Non seulement elle a utilisé le terme « sourate » au lieu de « versets » mais en plus, c’est plutôt une expression commune dite par les Malinkés qu’elle a attribuée entièrement au Coran. 


En islam, on peut sceller le mariage à la maison avec juste quelques personnes. Aujourd’hui toutefois, bon nombre de couples organisent une cérémonie religieuse à la mosquée, en présence des amis et de la famille. Cette cérémonie se fait toujours avant la cérémonie civile, s’il y en a une, contrairement à la bénédiction nuptiale chez les chrétiens qui se fait après la mairie. 

Les imams n’imposent pas les mains sur des couples à genoux devant eux. C’est une image typiquement chrétienne qui est décrite ici par Léa N’guessan. De même que ces bénédictions faites à la mosquée après le mariage civil, sans aucune référence à une cérémonie religieuse avant ça. 

L’histoire étant racontée du point de vue d’Adjaratou, musulmane, ça semble peu croyable qu’elle utilise le terme « Mahomet » pour parler du prophète Muhammad (saw). Et pire, qu’elle parle d’une offrande de mouton au prophète (saw) comme si c’était un culte des ancêtres. Les sacrifices en islam ne sont destinés qu’à Allah. 

Enfin, il n’y a rien dans le Coran qu’on qualifierait de « sourates relatives au mariage » ou à l’amour comme c’est le cas du Cantique des Cantiques dans la Bible. On peut certes trouver des versets qui parlent de mariage mais pas des sourates qui y soient dédiées.

Je ne lisais plus d’écrivains ivoiriens parce que j’avais l’impression que la qualité des œuvres avait considérablement baissé, hormis quelques auteurs qu’on qualifierait d’anciens. J’ai bien sûr apprécié les ouvrages de certains « jeunes auteurs » comme  « Tristesse au Paradis » de Grâce Minlibé, ou « La candeur entachée » de Lamazone Wassawaney, mais ils faisaient plus office d’exceptions. 

Je ne critique pas tout l’ensemble de la littérature ivoirienne, je ne l’ai pas suffisamment lue pour avoir la prétention de le faire. Toutefois, je trouve qu’il y’a beaucoup de choses qu’on peut améliorer. Cela commence par les couvertures des livres qui ne sont pas toujours attrayantes dans les rayons. Ensuite, le contenu lui-même, qui est parfois plein de coquilles ou d’incohérences. 

Quant au style d’écriture, soit on a des histoires faciles à lire mais dont le fond nous laisse sur notre faim, soit on a affaire à une succession de « grands mots » dont seuls l’auteur et quelques initiés ont la signification. Comme si certains écrivains voulaient juste étaler leur riche vocabulaire.

J’ai hésité avant d’écrire cet article bien que je discute beaucoup des lacunes de notre littérature avec certains amis hors ligne. N’ayant jamais réussi à aller jusqu’au bout de l’écriture d’un livre, je ne suis pas la plus légitime pour critiquer ceux qui y sont arrivés. Je salue d’ailleurs leurs efforts.

Je suis bien placée pour savoir que c’est en forgeant qu’on devient forgeron dans le domaine de l’écriture. Plus on écrit, plus on s’améliore. J’ai moi-même d’anciens articles dont la qualité est plutôt douteuse et dans quelques années je jugerai sans doute durement ceux que j’ai écrits récemment. 

On ne doit toutefois pas oublier que la plume est une force et que les écrivains ont une certaine responsabilité. Les lecteurs se nourrissent des informations qu’ils tirent des livres. C’est aussi leur devoir de faire des recherches mais les informations erronées dans des livres, même fictifs, peuvent affecter leur vision du monde dans le mauvais sens.

Au-delà des écrivains eux-mêmes,  je pense que c’est aussi et surtout aux maisons d’édition de mieux jouer leur rôle. Elles ne doivent pas se contenter de réaliser les impressions des livres, d’organiser des dédicaces et d’assurer la distribution en librairies. Elles doivent s’assurer de l’absence de fautes dans les ouvrages et d’un travail de recherches plus poussées, quitte à faire réécrire des chapitres entiers. 

Je me suis résolue à écrire cet article parce qu’aucun des textes que j’ai lus sur « Le secret d’Adjaratou » n’a relevé les incohérences ou ce secret qu’on devine dès le début. Je trouve dommage que nos comptes-rendus se limitent à des résumés sans pointer du doigt ce qui ne va pas et/ou donner des pistes d’amélioration. 

Je l’ai aussi écrit parce que la biographie de Léa N’guessan – avocate au barreau de Paris – et le résumé du livre m’avaient vraiment enthousiasmée et ma déception n’en a été que plus grande. L’histoire était prometteuse et facile à lire mais ne m’a finalement pas convaincue. Je ne prétends pas être critique littéraire et je ne sais même pas si je me prêterai à nouveau à cet exercice mais j’espère que ma petite contribution pourrait aider à rehausser davantage notre littérature ivoirienne. 

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