L’homme n’est pas forcément bon ou mauvais

J’aime les auteurs qui dépeignent la complexité de l’être humain à travers leurs personnages. Pour moi, les bonnes fictions nous montrent que l’homme n’est pas juste bon ou mauvais et nous aident à développer notre empathie. C’est la raison pour laquelle j’aime les livres de Chimamanda Ngozi Adichie et c’est pour cette même raison que je viens vous parler de deux romans de Khaled Hosseini.

Khaled Hosseini est né en Afghanistan en 1965 et réside aujourd’hui aux États-Unis. Médecin de formation, il a quitté le domaine pour se consacrer à l’écriture après le succès de son premier roman, “Les cerfs-volants de Kaboul”.

J’ai découvert Khaled Hosseini avec son troisième livre, “Ainsi résonne l’écho infini des montagnes”. Je l’ai eu par hasard dans une librairie par terre et je me souviens l’avoir adoré. Je ne me rappelle plus de toute l’histoire et je n’avais malheureusement pas pris de notes. Mais je me souviens encore de certains personnages dont les actes, les relations et les parcours m’ont marquée. Je savais déjà que Hosseini ferait partie de mes auteurs favoris.

A l’occasion de notre club “Lire, discuter et manger”, nous avons choisi de lire “Mille soleils splendides”. Je ne l’ai pas trouvé à la FNAC et du coup j’ai acheté “Les cerfs-volants de Kaboul” qui était disponible. Plus tard, l’adorable Dyna m’a fait parvenir une dizaine d’exemplaires de “Mille soleils splendides” de France. 

Le premier roman de Khaled Hosseini raconte l’histoire d’Amir et Hassan. On pourrait les qualifier d’amis, de frères même, s’il n’y avait eu cette persistance de la société à établir une hiérarchie selon les peuples, castes et milieux sociaux. Hassan est hazara, une ethnie de l’Afghanistan qui a souffert de discriminations de la part des pachtouns, l’ethnie dominante. La majorité des hazaras est au bas de l’échelle sociale et ils sont considéré par les autres avec beaucoup de mépris. Hassan est le fils d’Ali, l’employé de maison du père d’Amir. Hassan et son père travaillent donc pour la famille d’Amir quand bien-même les deux pères et les deux fils ont grandi et joué ensemble comme des frères. Hassan voue un amour et une loyauté sans bornes à Amir, le défendant même parfois face à des brutes. Mais un jour, alors qu’ils débutent leur adolescence, Amir abandonne Hassan alors qu’il se trouve dans une situation tragique. Plus tard, Amir se réfugie aux États-Unis avec son père et essaie de refaire sa vie loin de la guerre. Son passé le rattrape quelques années plus tard et Amir doit retourner en Afghanistan et tenter de se racheter. 

“Mille soleils splendides” se déroule également en Afghanistan. Mariam est issue d’une relation adultérine entre Jalil, l’un des hommes les plus riches d’Herat, et Nana, l’une de ses employées. Sa mère et elle vivent dans un endroit reculé et difficilement accessible à partir de la ville. Mariam ne sait rien d’autre du monde extérieur que ce que lui dit sa mère et son père lorsqu’il passe la voir. À la mort de Nana, Mariam est donnée en mariage forcé à un homme violent avec qui elle part vivre à Kaboul. Quelques années plus tard, alors que l’Afghanistan est mutilé par la guerre, d’abord contre les Russes, puis entre différentes factions de talibans, Mariam doit accueillir Laila dans son foyer. Au delà de la rivalité qui les lie au départ, Mariam et Laila vont tisser une profonde amitié. 

Les récits de Khaled Hosseini sont dramatiques et nous plongent dans l’histoire de l’Afghanistan avant et pendant les guerres. Sa plume émeut et nous amène à prier pour que tout se termine bien. Contrairement à Dyna, j’apprécie le fait que ses livres se terminent sur une note d’espoir malgré les nombreux malheurs que rencontrent les personnages.

Au-delà de la situation politique en Afghanistan, Khaled Hosseini met aussi en avant le tribalisme, les conditions de vie des femmes et des personnes vivant avec un handicap, l’importance de l’éducation, l’amour, l’amitié, la complexité de l’être humain… On ressent de l’empathie pour certains personnages qu’on aurait cloué au piloris si l’auteur n’avait pas évoqué leur passé et les tourments qui les habitent. Tout le monde peut faire des erreurs, cela ne signifie pas forcement qu’un tel est foncièrement mauvais. Parfois, face à des choix difficiles, même ceux qui essaient de constamment faire le bien autour d’eux sont amenés à prendre des décisions tragiques. 

Bien sûr, certains cas laissent à désirer comme celui du sociopathe Assef dans “Les cerfs-volants de Kaboul” ou encore Rachid, l’époux de Mariam et Laila dans “Mille soleils splendides”. Mais peut-être que même pour eux, en allant plus loin, sans les justifier, on aurait pu comprendre comment ils sont devenus les monstres qu’ils ont été.

J’ai pris plaisir à déceler des points communs en lisant “Les cerfs-volants de Kaboul” et “Mille soleils splendides” de Khaled Hosseini. Il y a même un personnage secondaire que l’on retrouve dans les deux livres. J’apprécie beaucoup la plume de Khaled Hosseini et c’est un auteur que je vous recommande si vous aimez les drames. 

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Passionnée de lecture, d'écriture, de voyages et d'éducation, je rêve de transformer l'éducation en Côte d'Ivoire. De la rendre plus interactive et inclusive. C'est pourquoi j'ai créé le Centre Eulis en 2017 et ce blog me sert de journal de bord pour tout ce que j'apprends au quotidien. J'écris des histoires, des comptes-rendus de livres, d'évènements, de voyages, mais surtout, je m'écris.

4 commentaires sur « L’homme n’est pas forcément bon ou mauvais »

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