Mon journal du mois de Ramadan 2020

Ce journal sera mis à jour régulièrement in shaa Allah.

Jour 0 : 23 Avril 2020 – Un ramadan pas comme les autres

Demain, nous commencerons le Ramadan in shaa Allah. Un Ramadan particulier du fait de la pandémie du coronavirus. Cela fera bientôt quatre ans que je suis rentrée en Côte d’Ivoire après trois années d’études aux Etats Unis. Ce Ramadan sera mon huitième et c’est la première fois que je serai à Abidjan sans pouvoir faire la prière de Tarawih en groupe. Bien évidemment, cela sera également une première pour la majorité d’entre vous et ça fait peur. 

Honnêtement, je ne me suis pas suffisamment préparée à accueillir Ramadan. Je ne me suis même pas préparée du tout. J’avais constamment l’impression que le Jour J était loin de moi et sans l’effervescence qu’il y a d’habitude pendant cette période, je n’ai pas réalisé que nous y étions déjà. Si j’écris ce texte, c’est justement pour mettre de l’ordre dans mes idées et établir des objectifs. 

Cette année, l’un de mes objectifs majeurs est de me tenir éloignée des réseaux sociaux. J’y passe trop de temps au quotidien. J’y suis carrément accro, qu’il s’agisse de publier ou de scroller mes différents fils d’actualité. J’ai donc décidé d’être off sur Facebook, Twitter et Instagram pendant tout le mois de Ramadan. Naturellement, c’est plus facile à dire qu’à faire, surtout quand on travaille justement sur les réseaux sociaux. 

Je me suis souvenue que j’interviens dans le programme Jeunes Blogueurs initié par Unicef Côte d’Ivoire. Avec d’autres blogueurs aguerris, nous faisons office de mentors pour une centaine de jeunes ivoiriens qui apprennent la création de contenu, la vérification des informations et le blogging, dans ce contexte de coronavirus et de propagation de fake news. Il me faudra donc me connecter de temps en temps sur Facebook pour répondre à leurs questions et suivre leur évolution. 

Travaillant avec certaines marques, ça ne sera également pas facile de dire non à des opportunités de collaboration pendant le Ramadan. Mais c’est pourtant ce que je compte faire cette année in shaa Allah. Je pourrais trouver des excuses mais je connais très bien les rouages de la tentation. Mieux vaut éviter de flirter avec les réseaux sociaux au risque de s’y perdre pendant plusieurs heures.  

Mon second objectif est un rapprochement du Coran en arabe. Je l’ai déjà lu entièrement en français plusieurs fois. Je souhaite surtout améliorer ma lecture en arabe et apprendre et mémoriser de nouvelles sourates in shaa Allah. Avec quelques amies, nous avons créé un groupe Whatsapp fermé où l’une, experte en la matière, nous accompagne dans notre apprentissage du livre saint. 

Il y a quelques semaines, j’ai commencé « Le nectar cacheté » du Cheikh Safi Ar-Rahman Al-Mubarak Fawri. C’est une biographie du prophète Muhammad (saw). Plus je lis « Le nectar cacheté » et plus je me rends compte de mon ignorance de notre religion. C’est un pur bonheur de découvrir la naissance de l’islam et dans quelles conditions certains versets ont été révélés. Ça rend également humble de découvrir ce par quoi les premiers musulmans sont passés en termes de tribulations. Ce livre me donne encore plus envie de lire des ouvrages religieux. J’essaierai de le lire entièrement pendant Ramadan in shaa Allah. Je voulais ensuite rajouter un second livre islamique mais au vu de tout ce qui m’attend, il faudrait peut-être mieux que j’y aille pas à pas. 

L’une de mes amies apprend en ce moment les 99 noms révélés d’Allah et leur signification. Elle le fait à raison d’un nom par jour, qu’elle récite au cours de la journée. Je trouve que c’est une très belle initiative et je l’ai donc rajoutée à mes objectifs. Pour y arriver, j’ai téléchargé deux fichiers PDF sur Google, l’un avec juste les noms et significations en français et l’autre avec plus de détails. Je ne pense que je pourrai parcourir le second en entier pendant le Ramadan, mais ça serait déjà un bon début in shaa Allah. Je pourrai également regarder des vidéos sur Youtube pour en apprendre davantage. 

Les femmes musulmanes n’ont pas suffisamment d’espaces pour parler de leurs expériences dans la religion et leurs communautés. C’est la raison pour laquelle, j’adore le concept Honest Tea Talk, lancé par trois brillantes femmes basées en Angleterre. Elles se retrouvent autour de différents sujets liés à la religion, avec ou sans invité. Je trouve leurs discussions édifiantes et j’aimerais beaucoup en faire profiter des soeurs qui ne comprennent pas l’anglais. J’avais déjà évoqué la possibilité de faire des traductions en français avec quelques amies. In shaa Allah, j’essaierai de profiter du Ramadan pour faire quelques essais. Ça serait également un bon moyen pour mieux intégrer leurs partages. 

Bien sûr, le fait de vivre le mois de Ramadan ne signifie pas que toutes nos obligations sont en suspens. Je vais devoir également jongler avec d’autres engagements professionnels et personnels dont le Club de Lecture en Ligne que je viens de lancer. Il y aura également le sport à maintenir, ainsi que diverses lectures. 

Je me sens déjà beaucoup mieux après avoir écrit ces lignes et mon parcours pour ce Ramadan semble s’éclaircir. J’espère ne pas en faire trop au point d’être surmenée. L’objectif sera d’arriver surtout à mieux connaitre ma religion, mon Créateur, et à me rapprocher de Son livre saint in shaa Allah. 

J’essaierai de maintenir ce journal pour-moi même avant tout, afin de suivre mon évolution, mais aussi pour d’autres personnes que cela pourrait intéresser. 

Le mois de Ramadan est une période idéale pour assainir nos vies, contrôler nos addictions et avoir de meilleures habitudes. Il sera sans aucun doute différent cette année mais Allah ne dit-il pas qu’à côté de la difficulté est, certes, une facilité ? (Ash-sharh – sourate 94, 5)

Qu’Allah nous aide à nous rapprocher de Lui et à grandir en foi et sagesse à l’issue de ce Ramadan. 

Et vous, quels sont vos objectifs pour ce Ramadan de l’année 1441 de l’Hégire ? 

Jour 1 : 24 Avril 2020 – Leçon d’humilité avec le Qur’an

Je commence cette première journée de Ramadan par une écoute des remarques de mon amie dans notre groupe d’apprentissage du Coran et c’est comment dire… déprimant. J’avoue que ça m’attriste de réaliser mes lacunes et tous les efforts qu’il reste encore à fournir pour améliorer ma prononciation. À force de prier à voix basse et/ou de ne pas respecter particulièrement les règles de Tadjwid, on garde certaines habitudes dont il devient difficile de se défaire. 

Lorsque je me suis convertie, j’ai appris mes quatre premières sourates grâce à Youtube : Al-Fatiha, Al-Ikhlaas, Al-Falaq et An-Naas. Par la suite, j’ai eu l’occasion d’apprendre la lecture du Coran sur des périodes plus ou moins longues, seule ou en groupe. La difficulté majeure était sans doute liée au fait que je bougeais beaucoup pendant mes premières années de conversion et ce n’était pas commode pour suivre des cours assidument dans un endroit précis. Mais je sais aussi que j’ai eu l’occasion de changer la donne et que je ne l’ai pas fait. 

On peut apprendre certaines sourates en écoutant des récitateurs mais on n’aura pas de retour sur notre prononciation . La meilleure façon d’apprendre est de le faire avec un maitre ou une maitresse coranique qui pourra nous corriger. C’est d’autant plus important que certaines lettres et sons en arabes n’ont pas leur équivalence en français. Lorsqu’on prononce mal une lettre on donne un sens carrément différent au mot, comme pécheur et pêcheur. 

La vérité, c’est qu’on n’accorde pas au Coran l’importance qu’il devrait avoir dans nos vies. On est certes empêtrés dans nos tâches au quotidien mais en établissant l’apprentissage du livre saint comme une priorité, nous pourrions tellement faire mieux. L’année dernière, je prenais des cours particuliers mais pour lesquels on mettait plus l’accent sur la connaissance de nouvelles sourates que la prononciation exacte et j’en ai gardé des lacunes. Mais lorsque j’ai voulu faire cours avec l’agence CIFOD, j’ai vite fait de me donner des excuses par rapport à mes autres obligations du week-end. In shaa Allah, après ce Ramadan, j’ai intérêt à me reprendre en main. 

En plus d’améliorer notre lecture, c’est important d’avoir recours à des tafsirs, des interprétations du Coran, pour mieux comprendre le sens des versets et le contexte de leur révélation. La traduction en français ne peut pas retranscrire toute l’essence des mots en arabe. D’ailleurs il y a souvent de légères nuances d’une traduction à une autre, comme du français à l’anglais. Les tafsirs s’appuient souvent sur la racine des mots en arabe. L’une des personnes dont je regarde souvent les interprétations du Coran est Nouman Ali Khan. Je vous le recommande si vous comprenez l’anglais. Vous pourriez aussi essayer d’activer les sous-titres en français sous certaines de ses vidéos ou en trouver quelques-unes qui ont été traduites. Je suis preneuse si vous avez des recommandations de tafsir en français. 

C’est vrai que c’est déprimant d’être confrontée à ses lacunes mais je pense que c’est déjà bien de réaliser qu’on en a et de faire un premier effort avec notre groupe d’apprentissage. J’avoue que j’envie  – je suis carrément jalouse hein ! – certaines de mes amies qui ont un meilleur niveau et ça me donne encore plus envie de me dépasser. Le plus difficile sera d’être constante pendant tout le mois de Ramadan et après. On dit souvent que quand tu laisses le Coran, il te laisse aussi. On doit donc vraiment s’y mettre régulièrement. Mon amie nous a recommandé de faire nos révisions après la prière de Fajr. D’autant plus que la Lecture à l’aube a des témoins (Al-Israa 78). Le Coran sera pour nous un argument de poids pour avoir accès au Paradis in shaa Allah.

Si vous cherchez des moyens de vous motiver pour reprendre ou commencer votre apprentissage du Coran, je vous recommanderais la série « Voyage avec le Coran » de la chaine Darifton & Compagnie. En découvrant toutes ces personnes qui mémorisent le Coran, parfois avec de plus grandes difficultés que nous, certaines avec un handicap, on se remet en question. Mais on se dit en même temps que notre cas n’est pas désespéré. Il y a de l’espoir, mais si et seulement si, on se met au travail. 

J’ai trouvé que cette première journée est passée assez rapidement, même si j’ai dû lutter contre le sommeil après la prière de Asr. Elle n’a pas été que tristesse parce que j’avais du mal à bien prononcer عet à rouler les ر. J’ai été quand même ravie d’avoir pu jeûner sans problème, découvrir que le chapelet qu’on utilise a 99 grains en référence aux 99 noms d’Allah révélés dans le Coran et d’avoir pu faire du sport après la rupture. J’ai même réussi à faire – plus ou moins – des grains de mil pour la bouillie du soir, en compagnie de maman et ma cousine. C’était un moment assez convivial. 

Qu’Allah nous accorde les mérites de cette première journée et comme disait notre Ustadha, qu’Il fasse du Coran le printemps de nos coeurs et la lumière de nos poitrines.

Jour 2 : 25 Avril 2020 – Amitiés et safe zone

Il y a deux ans, avec quelques amies, nous avons créé un groupe pour nous retrouver hebdomadairement pendant le mois de Ramadan. Tous les vendredis, nous allions rompre le jeûne chez l’une d’entre nous. L’objectif était également de pouvoir discuter d’un sujet lié à la religion même si au final on ne l’a jamais vraiment fait en profondeur. Mais ce groupe nous a permis d’être plus proches les unes des autres et sans être des savantes, nous partageons ce que nous apprenons dans le domaine de la religion et ailleurs.

Cette année, nous ne pouvons malheureusement pas vivre la même expérience. Pourtant, en écrivant mon journal aujourd’hui, je me suis rendu compte qu’il y avait effectivement une facilité derrière la difficulté. La majorité d’entre nous étant confinée, nous avons beaucoup plus de temps pour apprendre le Coran et c’est ce que nous faisons avec notre groupe d’apprentissage qui inclut également d’autres soeurs en islam. S’il n’y avait pas eu la pandémie, je doute fort que nous aurions eu l’idée de faire ces efforts pour nous rapprocher du livre saint.

Aujourd’hui, j’ai particulièrement envie de parler de l’importance d’avoir des ami(e)s avec qui nous partageons les mêmes valeurs et avec qui nous pourrions évoluer. J’ai l’habitude de dire que j’ai des amies dans différents domaines. Des amies de qui je suis très proche avec qui je discute de certains sujets en particuliers, et quelques-unes encore plus rares avec qui je parle de quasiment tout, de la religion aux projets, en passant par les histoires de coeur.

Pendant cette période de Ramadan, je suis particulièrement reconnaissante d’avoir des personnes avec qui je peux parler des choses de la foi. Pour moi, le chemin de la foi n’est pas lisse. Il est parsemé de doutes, de questionnement, de périodes hautes et de périodes basses. Il est plus qu’important d’avoir une safe zone, une ou des personnes à qui on peut partager ses tourments sans craindre d’être jugée. Des personnes à qui on peut dire « je me pose des questions, je doute » sans qu’elles ne nous vouent aussitôt à l’enfer.

Personnellement, je suis ravie d’avoir dans mon entourage, des personnes qui savent être rassurantes, tout en me tirant vers le haut. On a tendance à éviter de parler des choses négatives, pourtant, en le faisant, on pourrait découvrir que nous ne sommes pas les seuls à vivre certaines choses. Lorsque j’ai parlé de mes frustrations au niveau de l’apprentissage du Coran avec notre maitresse coranique, elle m’a dit qu’elle aussi a failli pleurer en essayant de mémoriser une sourate. Aujourd’hui, à l’entendre lire avec tant d’aisance, on n’imaginerait pas qu’elle est passée par les mêmes difficultés que nous.

Qu’on le veuille ou non, les personnes avec qui l’on traine ont une influence sur nous et nous aussi pouvons les impacter. Que ce soit par ce que l’on dit ou fait. Tous mes amis ne sont pas musulmans, mais tous apportent une réelle valeur ajoutée à ma vie et j’espère faire la même chose pour eux. L’une de mes amies, non-musulmane, m’a dit que mon journal l’amène à se poser des questions sur sa relation avec Dieu. Ça m’a fait plaisir de savoir qu’il a une utilité au delà de mon bien-être personnel et de la sphère des musulmans. Le but n’est pas du tout de convertir qui que ce soit mais de documenter mon propre cheminement et de pouvoir en discuter avec ceux que ça intéresserait.

Grâce à mon ustadha, j’ai appris une nouvelle règle dans la lecture du Coran et ça m’a vraiment fait plaisir. Je continue ma révision, douloureusement, mais je continue. J’ai failli vomir à force d’essayer de prononcer correctement les lettres. Aujourd’hui, après la prière de fajr, j’étais tellement frustrée que j’ai tout refermé et je suis allée me rendormir. Plus tard, en en discutant avec mon amie qui passe par les mêmes émotions, nous avons conclu qu’on devrait comparer cette expérience à notre apprentissage de la conduite. Au début, c’était difficile, pourtant aujourd’hui, nous conduisons comme si c’était un acte beaucoup plus naturel. In shaa Allah, avec la pratique, on atteindra ce niveau dans notre lecture du Coran.

À mon réveil, j’ai passé des heures à essayer de créer un sommaire dans cet article pour faciliter la lecture. Au final, ce n’était pas si compliqué que ça mais même si j’ai trimé, c’était bien d’apprendre quelque chose de nouveau. Tout comme je suis contente d’apprendre pas à pas les 99 noms d’Allah révélés dans le Coran à raison de 3 au moins chaque jour. Pour le moment, c’est relativement facile parce que je connaissais certains grâce à la lecture du Coran.

Enfin, je lis en ce moment « Trouver son Pourquoi » de Simon Sinek et avant de m’endormir, j’ai repensé au fait que pratiquement tout ce que je fais au final, est lié d’une certaine manière à ma foi islamique. J’ai hâte d’aller plus loin dans ma lecture et j’ai d’ailleurs demandé à l’une de mes amies – la même non musulmane – d’être ma partenaire dans cet autre cheminement pour découvrir mon Pourquoi. Je vous en dirai davantage in shaa Allah.

Je ne suis pas particulièrement satisfaite de cet épisode du journal mais l’essentiel est dit. Cette journée a été spéciale parce que je me suis rappelée que j’ai un cercle d’amis précieux qui m’aident à évoluer de différentes manières.

J’espère que votre deuxième journée de Ramadan s’est bien déroulée et que vous avez dans votre entourage, des personnes qui vous tirent vers le haut aussi bien dans la religion que dans d’autres domaines. Qu’Allah fortifie nos liens amicaux et fasse de nous des bénédictions dans la vie de nos proches.

Jour 3 : 26 Avril 2020 – La « douce » pression du mariage

J’ai pensé à utiliser « 26 ans et célibataire » comme titre pour cet épisode mais ça faisait trop mélodramatique.

Aujourd’hui, j’ai eu une discussion avec une personne que je respecte beaucoup et nous avons parlé de mariage. Il a parlé du fait que les hommes sont parfois hésitants face aux femmes intellectuelles et il a rappelé que le mariage est une étape importante pour tout(e) musulman(e). Je lui ai signalé que les hommes d’aujourd’hui n’étaient malheureusement pas toujours…(j’ai laissé la phrase en suspens) et il m’a souhaité de trouver un homme pieux et bon époux. Je crois que si je pouvais rougir, il aurait pu deviner encore plus facilement à quel point j’étais gênée d’aborder ce sujet avec lui. Dieu merci, il était bienveillant et je ne me suis pas sentie agressée par ses questions. Mais ce n’est pas le cas dans d’autres situations. 

J’ai 26 ans et j’entends de plus en plus « quand est-ce que tu vas te marier ? » « fais tu vas te marier ! » « qu’est-ce que tu attends pour te marier ? ». Si ce matin j’étais juste gênée par la discussion, la plupart du temps, c’est surtout de l’agacement que je ressens. Comme s’il suffisait de claquer des doigts pour se marier ou qu’il faudrait choisir le premier venu. Il y a tellement de pression pour nous inciter au mariage que je me demande si les gens font mine de ne pas remarquer toutes ces personnes malheureuses en ménage. On me dira que leur expérience ne sera pas forcément la mienne et qu’il y a des couples heureux, et je suis d’accord. J’en connais peu à qui j’aimerais ressembler mais je sais que tout n’est pas négatif dans le mariage. Je pense toutefois que c’est un engagement trop important pour être pris uniquement parce qu’on prend de l’âge. 

Il y a quelques jours, j’ai demandé après la fille d’un ami de la famille. Nous avons relativement le même âge et ça fait quelques années que nous ne nous sommes pas vues. Je me souviens qu’à l’annonce de son mariage, puis de la naissance de son premier enfant, j’ai pensé « elle a de la chance de se marier et d’avoir son enfant si jeune ». Lorsque j’ai demandé après elle, son père m’a dit qu’elle était à la maison et qu’elle était en procédure de divorce. Le fait que sa situation soit différente aujourd’hui ne signifie pas forcément qu’elle devrait regretter ce premier mariage ou même que j’aurai plus de chance parce que je me marierai plus tard mais ça me rappelle qu’on ne devrait pas envier la situation des autres parce qu’Allah donne à chacun ce qui lui convient. 

Personnellement, je suis enfin à une étape de ma vie où je me sens prête – si on peut réellement l’être – à fonder une famille, mais je tiens à choisir un époux pour ses qualités et ses valeurs plutôt qu’un individu lambda par défaut. On me dit souvent que je changerai de discours plus tard, en prenant de l’âge, mais al hamdoulilah, je n’y suis pas encore. En attendant de trouver la perle rare, je profite de ce surplus de liberté que me donne le célibat. J’aurai peut-être moins d’occasion de voyager ou de réaliser d’autres projets avec une famille à gérer. Il serait dommage que je passe mes années de célibataire à me morfondre en attendant le prince charmant puis à regretter plus tard de ne plus pouvoir faire certaines choses. 

Il y a quelques mois, l’une de mes cousines est décédée alors que l’enfant qu’elle a tant désiré n’a pas encore un an. Il y a quelques jours, j’ai appris le décès d’un jeune homme qui venait d’être papa et d’un autre qui venait de se marier. Je ne connais pas leurs histoires et je ne veux pas être fataliste. Je ne dis pas que je mourrai juste après avoir convolé en justes noces – astaghfiroullah – mais je pense qu’on ne devrait pas être en quête perpétuelle d’une situation au point d’oublier de vivre l’instant présent. Rien ne nous dit que nous aurons effectivement l’occasion de profiter de ce que nous poursuivons. Autant donc tirer profit de ce que l’on a en ce moment. 

Après être passée par l’étape du « devrais-je vraiment me marier ? » je sais qu’aujourd’hui je le veux mais pour moi-même et ma religion. Pas parce que c’est ce que la société attend de moi. Et je crois aussi qu’Allah fera les choses en temps voulu. Ça m’arrive de m’inquiéter parfois de ne pas trouver le bon mais j’aime relativiser. Quand je pense à Sarah, l’épouse d’Ibrahim (as), Elizabeth, l’épouse de Zakariya (as) ou encore les difficultés du prophète Ayoub (as), je me dis que ma situation est très loin d’être un problème pour Allah et la vôtre également si vous êtes célibataire et qu’on vous rabâche les oreilles avec des « tu attends quoi ? ». Tout viendra à point nommé in shaa Allah. En attendant, je vous recommande de regarder cette vidéo de Zeinab, qui partage 5 activités à faire avec son époux pendant le mois de Ramadan. Même pour les célibataires, ça pourrait être utile. 

Et sinon, dans d’autres épisodes de ma vie, je prends en ce moment des cours de certification en Microsoft Word et je me rends compte encore une fois qu’on ne finit jamais d’apprendre. Moi qui aurais dit que je savais utiliser ce logiciel, je découvre qu’il y a encore mille et une potentialités que j’ignorais. 

Je continue aussi d’apprendre les différents noms d’Allah et quelque chose de particulier s’est produit aujourd’hui. J’écoutais une récitation des 99 noms de Dieu révélés dans le Coran. Je l’avais déjà entendue par le passé mais j’ai ressenti quelque chose de différent parce que cette fois, je comprenais mieux le sens de ce qui était dit et la préciosité de Ses noms. Ça fait vraiment du bien de gagner en connaissances dans la religion. 

Bien sûr, je continue d’apprendre à lire le Coran mais j’ai moins envie de pleurer. D’ailleurs avec mon amie, on a même trouvé plusieurs occasions de rigoler de tout ce qui se passe. Notre ustadha m’a recommandé d’écouter encore plus la récitation des sourates et elle nous a envoyé le lien d’une chaîne Youtube pour apprendre la prononciation. Je suis littéralement tombée sous le charme dès le premier épisode et je vous recommande vivement si vous voulez aussi apprendre. Il s’agit des cours « Arabic sounds » sur la chaîne Quran Revolution. L’ustadh Wisam Sharieff explique magnifiquement bien comment prononcer les lettres en arabe. 

That being said, j’espère que votre troisième journée s’est bien passée. Qu’Allah fasse de nous de meilleurs musulmans, qu’Il fortifie les couples de ceux qui sont mariés et qu’Il accorde des partenaires pieux et pieuses aux célibataires pour qu’on passe d’excellents mois de Ramadan avec eux.

Jour 4 : 27 Avril 2020 – La lutte contre les addictions

Cela fait quatre jours aujourd’hui que je me suis déconnectée des réseaux sociaux, Facebook, Twitter et Instagram. Pour y arriver, j’ai carrément supprimé toutes les applications de mon téléphone et je me suis déconnectée des sites sur mon ordinateur. J’avoue toutefois avoir jeté de rapides coups d’oeil à ma messagerie Instagram parce que je devais faire un retour à l’une de mes abonnées. Hormis ça, pour le moment, je trouve que la cure se passe beaucoup mieux qu’à l’accoutumée. Je n’avais jamais été au delà d’une semaine hors des réseaux sociaux, mais j’espère vraiment réussir à tenir le mois cette fois-ci. Il m’arrive encore par réflexe de saisir mon téléphone pour essayer d’ouvrir une application mais puisque je ne les ai plus, je finis par faire autre chose.

Cette cure des réseaux sociaux reste difficile comme toute cure, et encore plus parce que je dois dire non à certaines opportunités de travail en ligne. Mais contrairement à mes tentatives précédentes, je crois que j’y arrive plus facilement cette fois-ci parce que j’ai trouvé de quoi m’occuper sainement en dehors de Facebook, Twitter et Instagram. Je suis tellement occupée entre l’écriture du journal, l’acquisition de nouvelles compétences, les lectures et l’apprentissage du Coran, que je ressens moins le besoin d’aller m’affairer sur les réseaux sociaux. Je regarde encore des stories sur Whatsapp, mais c’est insignifiant comparé à mes habitudes avant le mois de Ramadan.

Je ne sais pas si je tiendrai tout le mois, surtout quand je ne serai pas dans les dispositions pour jeûner. J’ai même déjà envisagé de me connecter au moins une fois pour partager le journal et je sais que je devrai finalement le faire pour le programme « Jeunes blogueurs » de Unicef dont j’ai parlé dans le premier épisode du journal. Mais mais pour le moment, je tiens bon. Je réalise même qu’en vrai, ce temps loin des réseaux sociaux ne me fait rien rater de crucial. Et cette lutte pour changer mes habitudes m’amène à partager mon expérience avec la musique. 

Depuis Janvier 2020, je fais l’effort conscient de ne pas écouter de musique en dehors des anasheeds (que je n’écoute pas tellement non plus). Il m’arrive d’en écouter à travers des vidéos, des films ou lorsque quelqu’un en met à côté de moi. Il m’arrive même encore de fredonner instinctivement quand j’entends une chanson que je connais ou de chanter certaines chansons que j’aimais bien. Mais depuis Janvier, j’ai mis fin à mes habitudes d’écoute de musique à la radio, en voiture ou via Youtube à la maison.

Vous vous demandez peut-être pourquoi. Le sujet de la musique fait partie des grands sujets controversés en islam. Certains savants estiment qu’elle est catégoriquement interdite, d’autres parlent d’exception pendant les fêtes et d’autres encore de son interdiction lorsqu’elle est associée à des instruments de musique ou lorsque les paroles sont en contradiction avec les valeurs islamiques. La question de la religion est tellement sensible que pour éviter de me tromper, j’ai demandé à l’une de mes amies qui n’écoute plus de musique depuis plusieurs années de me partager directement les avis authentiques qu’elle a. Je lui ai également demandé des avis qui vont dans le sens contraire de l’interdiction catégorique et elle m’a envoyée ce lien. Cet épisode du journal sera long et je n’ai pas la science pour discuter les avis des savants, je vous laisse donc les lire vous-mêmes pour me focaliser sur ma propre expérience. 

Au delà de ce que disent les textes islamiques, on pourrait se demander en quoi est-ce que dans les faits, l’écoute de la musique pourrait être un péché ou même quelque chose de négatif. Ne dit-on pas que la musique adoucit les moeurs ? Pour moi, il s’agit d’un cheminement personnel et je suis arrivée à la conclusion que la musique était une grande source de distraction qui me privait de choses qui m’auraient été plus bénéfiques. J’ai adopté le même cheminement qu’avec mon port du voile. Je l’ai fait parce que j’y ai clairement vu un avantage pour moi. 

J’avais déjà essayé à plusieurs reprises d’arrêter d’écouter de la musique. J’y arrivais beaucoup plus pendant les périodes de Ramadan, puis je reprenais mes anciennes habitudes juste après. Je n’arrivais pas à tenir sur la durée parce que je le faisais uniquement parce que j’avais lu et entendu dire que c’était interdit. Je n’ai réussi à le faire vraiment depuis Janvier, que parce que je me suis rendu compte que je passais plus de temps à écouter de la musique plutôt que la récitation du Coran ou des prêches islamiques. Je voulais vraiment que ça change et donc j’ai choisi des alternatives chaque fois que je ressentais le besoin d’écouter une chanson. 

J’écoute plus le Coran, des podcasts et des enseignements islamiques sur YouTube. Il y’a quelques semaines, plutôt que de mettre de la musique automatiquement en faisant du sport, j’ai écouté le livre « Heart & Hustle » de Patricia Bright, à chacune de mes séances. En dehors du livre, j’écoutais parfois des prêches de Nouman Ali Khan ou des épisodes de Honest Tea Talk. Tout cela a petit à petit fait disparaître le manque que je ressentais par rapport à la musique. Et il m’arrive même parfois de ne rien écouter du tout pendant que je fais mes activités sportives. 

L’une des personnes qui a joué un rôle dans mon cheminement pour arrêter d’écouter la musique est une amie chrétienne. Je me revois dans son studio à Paris, été 2014 (oui je me la joue). Je me souviens qu’elle avait mis des chansons chrétiennes et que dans notre discussion, elle m’a dit qu’elle n’écoutait plus les musiques dites du monde. Elle était « normale », épanouie et le fait de n’écouter que des chansons chrétiennes ne faisait pas d’elle une personne coincée. Je l’avais trouvée brave. Brave d’avoir réussi à changer ses habitudes et brave d’en parler avec autant d’aisance. 

Des années plus tard, j’ai toujours l’impression que les chrétiens ont plus de facilité à affirmer leurs choix religieux, surtout dans le domaine de la musique que les musulmans. Je peux me tromper bien sûr mais c’est mon impression. Peu de personnes musulmanes parlent de leurs efforts pour arrêter d’écouter de la musique. Souvent parce qu’on craint d’être taxée d’extrémiste. Et malheureusement, les rares personnes qui le font adoptent parfois un ton moralisateur qui pourrait dégoûter les autres du message. 

Personnellement, c’est le souvenir de mon amie chrétienne qui m’a aidée à être plus à l’aise avec mon choix personnel de ne plus écouter de musique sans toutefois porter un jugement sur ceux qui le font. Lorsque je lui en ai parlé avant d’écrire cet article, elle m’a dit que ça lui arrivait dernièrement d’écouter des musiques autres que chrétiennes. Est-ce que ça fait d’elle un mauvais exemple? Pas pour moi. Parce que changer ses habitudes est loin d’être une chose facile. Mon amie musulmane à qui j’en parlais, m’a également dit que même après plusieurs années, elle continue encore de lutter pour ne pas écouter de musique.

Nous avons tous une addiction ou une habitude que l’on aimerait changer. La soeur qui a du mal avec le voile mais qui aimerait pourtant le mettre. L’addiction aux réseaux sociaux, aux films pornographiques, à l’alcool, au tabac, etc. Cela va d’habitudes bénignes à des choses plus graves. Mais je crois personnellement qu’il faut surtout se poser les bonnes questions. Est-ce qu’on souhaite changer ces habitudes pour faire plaisir aux hommes ou pour nous-mêmes et notre Créateur ? Allah voit nos efforts et nos intentions. Si on arrive à comprendre exactement en quoi est-ce que cela nous sera bénéfique, on pourrait plus aisément soumettre notre intention de changer à Dieu et faire des efforts pour y arriver. 

En discutant de la musique avec quelqu’un dernièrement, j’ai réalisé que j’avais de la chance au final de ne pas être une vraie passionnée de musique. J’adorais en écouter pour le rythme, les paroles et toute l’évasion que cela procure, mais j’étais plus du genre à écouter des chansons avec lesquelles j’accrochais au pif, plutôt que d’être une puriste comme certaines personnes. C’est peut-être aussi parce que je n’avais jamais été particulièrement portée sur le maquillage, les mèches, vernis et toutes ces choses de filles, que le choix du hijab n’a pas été un poids pour moi, en dehors de mon background de chrétienne catholique et de la crainte du regard des autres. Chacun a sa propre histoire et des luttes plus ou moins difficiles. 

Ce soir, pendant que je faisais le sport, mon frère m’a appelée Diam’s parce que j’ai dit que je ne nageais plus dans des piscines avec des hommes. C’est drôle parce que Diam’s ou Mélanie Georgiades de son vrai nom est justement l’une des personnes dont le parcours dans la religion m’a le plus inspirée. Est-elle plus heureuse aujourd’hui loin des projecteurs ? Elle seule le sait sincèrement mais ça m’a tout l’air d’être le cas. Et je pense que si elle, a pu passer du statut de star de hip hop internationale à une vie beaucoup plus calme, convertie et voilée, nous aussi pouvons arriver à nous rapprocher de notre Créateur. 

J’aime beaucoup cette phrase du prophète Yusuf (as) lorsqu’il a réussi à résister à la femme d’Al-Al-’Azize (Potiphar dans la bible). « Je ne m’innocente cependant pas, car l’âme est très incitatrice au mal, à moins que mon Seigneur, par miséricorde, [ne la préserve du péché]. Mon Seigneur est certes Pardonneur et très Miséricordieux. » Yusuf 53. 

C’est très facile de juger les autres lorsqu’on arrive à se défaire d’une addiction. Pourtant, nous n’y arrivons que parce qu’Allah l’a permis. Il convient mieux d’exhorter par notre comportement et par des paroles douces expliquant le bien fondé du changement. Et pour ceux qui aimeraient bien se détacher de certaines choses mais qui ont du mal, sachez qu’on passe tous par là et que c’est un combat quotidien. 

Pour ceux que ça intéresserait, je vous recommande les vidéos de Nafisa’s Pearlz qui raconte comment elle a arrêté d’écouter la musique et comment elle a décidé de porter le hijab.

Qu’Allah facilite le reste du mois de Ramadan et nous aide dans notre lutte pour changer nos habitudes et nous rapprocher de Lui. 

Jour 5 : 28 Avril 2020Mariage (encore !) et introduction à la sourate Yusuf  

Je me disais que je n’avais rien d’intéressant à écrire aujourd’hui lorsque j’ai fait un rapide bilan de ce que j’ai fait de cette journée. Ce n’est pas si mal en fin de compte. J’ai appris quelques choses intéressantes. 

Je n’ai pas révisé le Coran autant que j’aurais dû mais j’ai quand même écouté et répété plusieurs fois la Fatiha après la prière de Fajr. C’est la même sourate sur laquelle je bosse depuis le début du mois parce que j’aimerais beaucoup parfaire ma prononciation avant de passer à la révision des autres sourates que je connais in shaa Allah. Dieu merci, l’ustadha dit que j’ai fait de bons progrès. J’ai révisé aujourd’hui avec l’un de ses audios et une récitation du Shaykh Mahmoud Al-Hosari qu’elle nous a envoyée. Ce que j’aurais dû faire en plus, c’est la révision des sons arabes avec l’ustadh Wisam Sharieff. In shaa Allah, j’en ferai plus demain. 

J’ai également regardé une vidéo de Nafisa’s Pearlz sur les challenges en tant que femme musulmane célibataire. Elle parlait de l’importance de ne pas cultiver la jalousie dans son coeur lorsqu’on est célibataire et que ses amies sont en majorité mariées, mères. Je ne suis pas encore dans ce cas mais j’ai trouvé que c’était assez pertinent. L’envie et la jalousie sont des sentiments sournois qui se glissent facilement dans le coeur. Personnellement, lorsque je sens que je risque d’en ressentir, pour n’importe quelle raison, je fais aussitôt des duahs pour la personne concernée et je demande à Allah de la préserver des pensées ou sentiments négatifs des gens, moi incluse. Et de ne pas laisser la jalousie m’habiter. 

Nafisa dit aussi dans sa vidéo qu’il faut s’arranger à avoir d’autres amies célibataires parce que celles qui sont désormais des mères de famille n’ont plus les mêmes réalités que nous. Elle met aussi l’accent sur les familles qui pourraient empêcher les plus jeunes filles de se marier lorsque leur grande soeur est célibataire ou même que la grande soeur puisse avoir des ressentiments face à la situation. Il faut garder à l’esprit que tout le monde a une destinée différente. Et pour ceux et celles qui ont envie de se marier, vous pourriez en parler avec des proches en qui vous avez vraiment confiance et qui pourraient vous faire des recommandations. C’est drôle parce que je suis vraiment fière d’avoir contribué ainsi à l’union d’une personne que j’aime beaucoup. Comme quoi, les mises en relation pourraient effectivement marcher. J’ai beaucoup aimé les conseils de Nafisa et je vous recommande, homme comme femme d’y jeter un coup d’oeil. 

Enfin, j’ai regardé une vidéo de mon enseignant préféré, Nouman Ali Khan. C’est sans doute la troisième fois que je le mentionne ici et si vous n’êtes pas encore allés le voir, vous ne savez pas ce que vous ratez. Cette vidéo est la première d’une série qu’il a faite sur la sourate Yusuf. L’une des raisons qui m’ont amenée à me convertir est que j’ai réalisé que l’islam est une continuité des deux religions révélées. Peu de personnes non-musulmanes savent que l’on retrouve les prophètes de la Bible dans le Coran et que nous croyons aux mêmes messages, à quelques différences près.

L’histoire de Yusuf ou Joseph (as) qui a été vendu par ses frères et s’est retrouvé esclave en Egypte était l’une de mes histoires préférées dans la bible. Je l’ai encore plus aimée lorsque je l’ai lue dans le Coran. Nouman met l’accent sur le fait que la majorité des prophètes cités dans le Coran sont des Israélites et eux comme le prophète Muhammad (saw) sont des descendants d’Ibrahim ou Abraham (as). Les Israélites viennent d’Isaac (as), le deuxième fils d’Ibrahim (as), tandis que le prophète Muhammad (as) est un descendant d’Ismaël (as). Nous proclamons tous suivre la religion d’Abraham (as) et de ses enfants. 

Les explications et interprétations de Nouman sont intéressantes parce qu’il raconte les choses de manière simple et avec beaucoup d’humour. Il nous aide à voir le Coran de manière totalement différente. Je ne savais pas que Musa ou Moise (as) était le prophète le plus cité dans le Coran même si j’avais remarqué à quel point il y est beaucoup présent. Je n’avais également pas particulièrement réfléchi au fait que sa destinée et la traversée du désert par les Israélites sont profondément liées à l’histoire de Yusuf (as) à travers qui le peuple des Israélites a quitté Canaan pour s’installer en Egypte. 

J’ai rigolé lorsque Nouman a parlé du fait que Musa (as) a épousé sa femme alors qu’il ne possédait rien et que non seulement il travaillait pour son beau-père mais il vivait également chez eux. Quelque chose qui serait impensable à notre époque. Mais pour le beau-père de Musa (as), le plus important était qu’il semblait un homme travailleur et de bonne moralité. Et cela ne remettait en aucun cas la masculinité de Musa (as) en question. C’était également un mariage inter-tribal qui rappelle l’importance de ne pas empêcher des jeunes de se marier parce qu’ils viennent de différentes origines. Nouman a même établi un parallèle avec les premiers musulmans à l’époque du prophète Muhammad (saw) qui ont dû émigrer à Médine et ont épousé des femmes de tribus différentes alors que les Quraïchites à l’époque préféraient fortement se marier entre eux. 

Je viens de commencer la série et j’ai hâte de savoir ce qu’elle nous réserve comme suite. 

Enfin, je continue d’apprendre les différents noms d’Allah révélés dans le Coran et j’en suis à 19 appris dans l’ordre. Allah, Ar-Rahman, Ar-Rahim, Al-Malik, Al-Quddus, As-Salam, Al-Mu’min, Al-Muhaymin, Al-Aziz, Al-Jabbar, Al-Mutakabir, Al-Khaliq, Al-Bari, Al-Musawwir, Al-Ghaffar, Al-Qahhar, Al-Wahhab, Ar-Razzaq, Al-Fattah. 

Je dois encore apprendre à tous les écrire correctement et à mémoriser leurs significations mais j’aime déjà beaucoup l’expérience. Et vous, qu’avez-vous appris de nouveau en cette 5e journée de Ramadan ? 

Qu’Allah nous aide à rester en quête perpétuelle de connaissances et à apprendre davantage sur notre religion. 

Jour 6 : 29 Avril 2020 – La peur de l’engagement 

C’est l’une de mes amies qui m’a amenée à penser à ce sujet. Elle m’a envoyé des captures d’écran d’une publication Instagram de la modératrice de Honest Tea Talk, Aliyah Umm Raiyaan. Aliyah y parle d’une femme qui jeûne régulièrement les lundis et les jeudis et tous les autres jours qui sont des recommandations de la sunna. Cette femme a une connaissance moyenne de l’islam et lit le Coran très difficilement, mais elle a un amour profond pour Allah. N’ayant pas les moyens pour faire des aumônes fréquemment et n’ayant pas de très grandes connaissances dans la religion, elle espère satisfaire Allah à travers le jeûne. Ce qui est frappant dans son histoire, c’est son dévouement, le fait qu’elle jeûne pratiquement à chaque occasion recommandée, qu’il pleuve ou qu’il neige. Elle a pris un engagement sur le long terme qui peut parfois faire peur.  

En islam, nous avons certes cinq piliers dont les cinq prières obligatoires mais certains actes sont fortement recommandés. C’est le cas de la prière al-witr qui consiste en une rakat entre la dernière prière obligatoire (isha) et la prière de l’aube (fajr ou subh). Il est recommandé de la faire précéder par un nombre de rakats pair. C’est une prière sunna qui a un caractère obligatoire et il ne sied pas au musulman de la négliger. Mais ça reste une prière surérogatoire et avant, je ne la faisais que lors des prières de tarawih en groupe, pendant le mois de Ramadan. Une fois le Ramadan terminé, je me limitais à nouveau aux cinq prières obligatoires. J’avais peur de commencer à faire régulièrement le witr et que cela finisse par représenter une obligation pour moi, même quand je n’en aurais pas l’envie. 

Je ne sais pas à quel moment précis je me suis finalement lancée. Peut-être que c’est à force de côtoyer d’autres musulmans qui le faisaient que j’ai fini par faire cet effort extra des prières surérogatoires. Je le faisais déjà pour la prière de l’aube. J’ai commencé ensuite par witr et au fil du temps j’ai rajouté d’autres prières surérogatoires rattachées aux prières obligatoires. Al hamdoulilah, c’est devenu pratiquement automatique pour moi de faire ces prières alors qu’avant je craignais que ça ne finisse par être trop lourd. Et automatiquement me vient à l’esprit la parole d’Allah : « et cherchez secours dans l’endurance et la salât : certes la salât est une lourde obligation, sauf pour les humbles, qui ont la certitude de rencontrer leur Seigneur (après leur résurrection) et retourner à Lui seul. » Al-Baqara 45-46. Qu’Allah fasse de nous des humbles… 

Il y a quelques jours, mon amie et moi avons comparé notre dévouement au sport à nos efforts dans la religion. Depuis quelques temps, nous faisons très régulièrement du sport, de la corde à sauter en particulier. Pourtant, cela ne faisait pas du tout partie de nos habitudes au début de l’année. Nous y prenons même beaucoup de plaisir en ce moment alors que ça semblait une véritable torture avant. Nous nous sommes dites que si nous pouvons être aussi assidues au sport, nous pouvons et devrions faire mieux dans nos actes de dévotion. 

J’aime tellement manger que je trouve souvent des excuses pour ne pas faire les jeûnes du lundi et jeudi et d’autres jeûnes qui sont pourtant très méritoires selon la sunna du prophète Muhammad (saw). Ce ne sont certes pas des obligations mais ne devrions pas profiter de tout ce qui pourrait nous rapprocher d’Allah ? Je ne sais pas encore si je prendrai ce nouvel engagement après Ramadan mais j’aimerais bien dépasser cette peur de l’engagement et essayer. Si j’arrive à être plus régulière dans les prières surérogatoires, pour le sport, peut-être que je pourrai également l’être pour le jeûne. Si vous avez des astuces, je suis preneuse. 

Dans un autre cadre, aujourd’hui, avec des amies, nous avons parlé de la bible. Suite à mon texte d’hier dans le journal, l’une d’entre elles m’a dit qu’elle découvrait que les Israélites sont des descendants d’Isaac (as). J’ai donc entrepris de lui expliquer la généalogie depuis Abraham (as) jusqu’à Jacob (as) puis Joseph (as). Cette conversation nous a finalement menées à la constitution de la Bible. 

D’autres amies musulmanes ont posé des questions sur le fait qu’il y ait différents livres, avec différents chapitres, à l’intérieur du nouveau et de l’ancien testament dans la Bible. Elles ne comprenaient pas également le fait qu’il y ait quatre évangiles écrits par quatre personnes différentes. Ayant grandi dans une famille chrétienne, ces choses étaient une évidence pour moi. C’est en discutant avec mes amies que j’ai réalisé que le Coran et la Bible ne sont pas organisés de la même manière. Des personnes des deux religions pourraient avoir du mal à comprendre l’organisation de l’un ou l’autre livre saint. Ce qui est une évidence pour certains, ne l’est pas pour d’autres. 

Ça m’a fait plaisir de leur expliquer la conception de la Bible et ça m’a même amenée moi-même à faire des recherches pour comprendre les différences entre les bibles utilisées par différentes églises. J’ai appris par exemple que les juifs d’Alexandrie, au 2e siècle, ont éprouvé le besoin d’avoir leurs écritures dans la langue qu’ils parlaient au quotidien et ont donc réalisé une traduction de la Tora, puis des autres livres saints, de l’hébreu vers le grec. Ils ont également rajouté d’autres textes religieux directement écrits en grec. Plus tard, ces livres, dont Tobit et Judith par exemple, ont été soumis à des divergences et cela explique qu’on les retrouve dans certaines bibles et pas dans d’autres. De même, les différentes traductions faites soit à partir de l’hébreu ou du grec et parfois en gardant les difficultés du langage ou en essayant de l’adapter aux populations, ont également créé des différences entre les versions de la Bible qui sont adoptées par différentes églises. C’était la pause culture générale… 

Dans l’autre sens, alors que j’écrivais « saw » pour l’expression Sallallâhu ‘alayi wa salam (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) après le nom de chaque prophète, mon amie m’a dit que cela n’est utilisé que pour le prophète Muhammad (saw). Pour les autres prophètes, il fallait plutôt utiliser Allayhi salam (as) qui signifie que la paix soit sur lui. Ce qui était une évidence pour elle, ne l’était pas pour moi. 

Dieu merci, j’ai pu faire du sport aujourd’hui. À un moment j’ai ressenti une douleur qui m’a forcée à faire une pause avant de terminer ma routine. Je crois que j’avais bu trop de bouillie… Je ferai attention la prochaine fois in shaa Allah. Mais ça me fait vraiment plaisir d’arriver à continuer le sport même pendant le Ramadan. Je craignais qu’une longue pause rende difficile la reprise après la période de jeûne. 

Al hamdoulilah, j’ai pu réviser le Coran et j’ai appris 4 nouveaux noms d’Allah : Al-Aleem, Al-Qabid, Al-Basit, Al-Khafid. J’ai eu un peu de mal  à les mémoriser. Je sens que je risque de ralentir la cadence pour être sûre de pouvoir bien garder tous les noms que j’apprends. Il ne faut pas qu’en essayant d’accumuler de nouveaux noms je finisse par oublier ceux que j’ai appris. 

Enfin, j’ai l’impression que j’ai regardé trop de stories sur Whatsapp aujourd’hui. Je vais faire l’effort conscient de plutôt chercher à lire ou écouter un enseignement lorsque je suis tentée de passer plus de temps sur les publications des gens. 

J’espère que vous avez appris des choses intéressantes aujourd’hui et que cette 6e journée de Ramadan s’est bien déroulée. Qu’Allah nous aide à exceller dans nos actes de dévotion et à oser prendre des engagements fermes pour nous rapprocher de Lui. 

Jour 7 : 30 Avril 2020 – Règles et gratitude

À la base, je voulais parler de gratitude. Finalement je vais commencer par un sujet moins glamour, les règles. 

Avec mes amies aujourd’hui, nous avons parlé de comment la période des menstrues bousculait chaque fois nos habitudes. C’est une période qui part de trois jours à cinq, voir sept et même plus pour certaines. En islam, les femmes ne font pas la prière pendant ces périodes là et nous ne jeûnons pas non plus. Mais une fois les règles terminées, nous devons rattraper le nombre de jours de jeûne manqués pendant le Ramadan. 

Pendant la période des règles, nous avons tendance à nous réveiller beaucoup plus tard, étant donné que nous ne prions pas à l’aube. On dit souvent qu’on est en congés et malheureusement cela se reflète vraiment dans notre quotidien. Résultat, une fois que la période est passée, c’est difficile de reprendre les bonnes habitudes, surtout pour celles qui peuvent être hors service pendant sept jours. 

Avec nos discussions, nous avons conclu qu’on devrait peut-être essayer de faire des zikrs, d’écouter plus d’enseignements, pour ne pas être trop dépaysées à la reprise. Surtout pendant cette période de Ramadan. Je vous dirai in shaa Allah si j’arrive effectivement à le faire cette année. 

L’une des choses que je n’apprécie pas beaucoup, c’est de devoir rembourser les jours de jeûne manqués après le Ramadan. Il n’y a qu’en 2018 que j’ai réussi à le faire assez tôt. Parfois, je ne le fais qu’à quelques semaines du mois de Ramadan suivant. Je n’ai étrangement pas de mal à jeûner pendant le Ramadan mais une fois que la vibe est passée, les choses deviennent plus compliquées. Je suppose que c’est aussi ce par quoi passent toutes les personnes qui n’arrivent à être assidues à la prière que pendant la période de Ramadan. Ce mois est tellement spécial qu’il semblerait que certains efforts viennent plus naturellement… Etant donné que l’une de mes résolutions est de jeûner plus souvent les lundis, jeudis et les autres jours qui font partie de la sunna, on verra bien ce que ça donne in shaa Allah pour faciliter les remboursements. 

Pour revenir à la gratitude. J’ai réalisé un puzzle de 200 pièces aujourd’hui – avec trois pièces manquantes – … je l’ai fait en écoutant la deuxième partie de l’introduction à la sourate Yusuf de Nouman Ali Khan. Il y établit un parallèle entre les destinées de Yusuf (as) et Musa (as). L’un est né berger et a fini dans un palais aux côtés du pharaon. L’autre a été élevé dans le palais et a dû fuir plus tard pour se retrouver berger chez son beau-père. Ils sont pourtant tous les deux des prophètes. 

Nouman a dit une phrase qui m’a marquée : « sometimes, we see other people’s blessings but we don’t see their trials. » Parfois, nous voyons les bénédictions des autres mais pas leurs épreuves, ou l’inverse. Et quand il s’agit de nous-mêmes, nous avons encore plus de mal à voir toutes les raisons pour lesquelles nous devrions être reconnaissants envers Allah. Nous voyons plus nos épreuves que nos bénédictions. 

Bon nombre de personnes pensent que le simple fait d’être croyants devraient nous garantir une vie sans difficulté. Et quand ce n’est pas le cas, on court de lieu de culte en « homme de Dieu » en espérant l’ultime secours. Le prophète Ibrahim (as) a dû quitter sa terre et sa famille parce que les siens étaient idolâtres et voulaient même le tuer. Yusuf (as) a été vendu par ses propres frères et s’est retrouvé esclave dans un pays étranger. Ayoub (as) a connu mille et une tribulations avant qu’Allah ne lui donne mieux que ce qu’il avait perdu. Ne parlons même pas des épreuves du prophète Muhammad (saw) de la part de sa propre tribu, lorsqu’il a commencé à proclamer l’unicité de Dieu. Au final, Allah les a secouru et pour tous, Il garantit les meilleures places au paradis. 

La vente de Yusuf (as) qui était une épreuve a finalement été une bénédiction qui lui a permis de se retrouver dans une meilleure position et d’élever sa famille avec lui. Lorsque Musa a fui l’Egypte et est devenu berger, il y est retourné en tant que prophète pour faire sortir son peuple de l’esclavage. Les épreuves peuvent cacher quelque chose de meilleur et même face à elles, nous ne devons pas oublier toutes ces autres choses pour lesquelles nous devrions faire preuve de reconnaissance. 

Une jeune dame m’a dit qu’elle me percevait un peu comme une superwoman et que mon journal me donne un côté plus humain. J’en suis ravie. Parfois, au risque d’en dire trop, j’aime justement briser cette image de superhéros que les gens se font de moi. L’objectif est loin d’être de me rabaisser mais de dire que nous sommes tous des humains avec nos faiblesses et nos combats. L’herbe n’est pas forcement plus verte chez moi. J’ai des bénédictions et des épreuves. Mais al hamdoulilah, je préfère encore me focaliser sur les premières. 

Aujourd’hui, je sais que je ne suis pas parfaite et que ma vie ne l’est pas. Mais je suis reconnaissante pour tellement de choses. De pouvoir vivre ce mois de Ramadan, d’avoir une magnifique communauté de jeunes musulmans dans mon entourage, d’être en bonne santé, de ne manquer de rien financièrement, d’avoir une famille, un toit, une plateforme d’expression, de pouvoir écrire ce journal… Et je suis surtout reconnaissante qu’Allah ait fait de moi une croyante. 

Qu’Allah nous aide à garder le bon rythme pendant nos périodes de congés. Qu’Il nous aide également à rester constants pendant et après le mois de Ramadan et à voir plus souvent nos bénédictions que nos épreuves, sans nous comparer aux autres.

Jour 8 : 01 Mai 2020 – Demain sera meilleur in shaa Allah 

On ne peut pas tout contrôler, surtout lorsqu’on n’a même pas de contrôle sur notre corps. Parfois, il faut juste accepter la situation telle quelle et attendre que la tempête passe. Je suis en train de faire cette réflexion particulière parce que mon utérus m’a rappelée à l’ordre. 

Hier, je parlais de l’importance de garder un bon rythme dans nos actes de dévotion pendant nos règles pour ne pas être dépaysées lorsqu’il est temps de reprendre la prière et le jeûne. J’avais complètement oublié que c’est plus facile à dire qu’à faire. La période des règles s’accompagne souvent de douleurs tellement atroces qu’on n’a envie de rien. 

Je souffre de dysménorrhées depuis quelques années et la seule chose capable de me soulager, c’est la prise de deux comprimés d’Antadys au moins deux fois dans la journée. Malheureusement, avec la pandémie du coronavirus, Antadys fait partie des médicaments à éviter pour ne pas avoir de complications en cas de contamination. Je me contente donc de prendre du Paracétamol. Ça apaise mais c’est loin d’être aussi efficace que mon remède habituel. Heureusement, je n’ai mal que le premier jour. Comparé à ce que ressentent certaines de mes amies pendant leurs menstrues, je suis une veinarde. 

Avant que quelqu’un ne le signale, j’ai déjà entendu parler des potentiels effets secondaires d’Antadys et j’ai déjà essayé des alternatives mais la douleur était tellement forte à chaque fois que je finissais toujours par céder. Je sais, si la menace du coronavirus m’a contrainte finalement à endurer plus que d’habitude, peut-être que je pourrais encore essayer d’autres alternatives. Mais cette fois, j’ai sans doute eu la chance de ne pas avoir à travailler avec la douleur. Je ne suis pas sûre que j’aurais pu supporter sinon.

J’ai donc commencé cette journée sans la moindre envie de sortir de mon lit. Même le fait de répondre à certains messages représentait un gros effort. Ce n’est pas juste la douleur, c’est aussi l’humeur, l’appétit, tout notre être qui est affecté lorsque les anglais débarquent. Et parfois, rien ne sert de lutter. Il faut attendre que la tempête passe. Demain sera un meilleur jour in shaa Allah. 

J’ai passé la journée devant la télévision, Hercule Poirot et d’autres séries. Je me suis contentée d’une tasse de bouillie et six comprimés de Paracétamol en attendant l’attiéké du soir. Je n’ai même pas eu la force de retranscrire l’épisode du journal d’hier sur le blog. Demain sera un meilleur jour in shaa Allah. 

Dans la deuxième partie de l’introduction à la sourate Yusuf, Nouman Ali Khan parle des douleurs de la mère de Musa (as) et du père de Yusuf (as) lorsqu’ils ont été séparés de leurs enfants chéris. Pour la mère de Musa, cela n’a duré que peu de temps, lorsqu’elle a dû déposer son fils dans un panier, sur un cours d’eau. Il lui a ensuite été rendu pour qu’elle l’allaite. Elle avait mal mais Allah lui avait assuré que tout irait bien et elle s’en est remise à Lui. 

Dans le cas de Jacob ou Yacoub (as), il n’a reçu aucune révélation sur un potentiel retour de son fils. Yacoub (as) a pleuré et garde le deuil de son fils pendant des années. Et quand bien même ses autres fils lui ont dit que Yusuf (as) était mort, il continuait de garder espoir. Il n’avait aucun contrôle sur la situation et aucune révélation mais il avait toujours foi en Allah. 

Quand Ayoub (as) a tout perdu… bref, vous avez compris la chanson. Parfois, nous ne pouvons pas contrôler la situation, mais nous devons garder la foi. Et je ne parle pas juste de mes douleurs. Je parle de toutes ces fois où nous faisons face à des moments difficiles. Continuons de croire que demain sera meilleur in shaa Allah…

Avec l’une de mes amies, nous avons parlé du fait de toucher le Coran alors qu’on est indisposée. On m’a souvent dit que cela est autorisé lorsqu’on apprend ou qu’on enseigne mais j’ai toujours du mal à le faire. Même avec le Coran en français, j’ai quelques réticences. Je préfère généralement lire avec une application sur mon téléphone. Cette fois-ci in shaa Allah, j’essaierai avec mon Coran en français parce que j’essaie de le terminer pendant le mois de Ramadan. 

Qu’Allah apaise nos tourments et nous aide à espérer des jours meilleurs grâce à Lui.

Jour 9 : Trouver son Pourquoi 


Je vais m’endormir les yeux mouillés parce que j’ai eu la « superbe » idée de regarder Miracle in Cell No. 7 sur Netflix. Plusieurs commentaires sur les réseaux sociaux disaient que le film fait pleurer. Well… j’ai l’impression d’avoir versé toutes les larmes de mon corps. 

C’est un film Turc qui raconte l’histoire d’un homme avec un handicap mental, accusé injustement d’un meurtre et condamné à mort. Mehmet est le père d’une petite fille qui est le centre de son univers. En prison, il est privé de visite et ni sa fille, ni sa grand-mère qui s’occupait des deux ne peuvent le voir. Au début, tout le monde lui est hostile et il est même battu par ses compagnons de prison. Mais peu à peu, la présence de Mehmet dans la cellule No 7 va provoquer de grands bouleversements. Ses compagnons de cellule vont même tout mettre en oeuvre pour l’aider à revoir sa fille. 

Ce film est en fait une réadaptation d’un film Coréen du même titre, sorti en 2013. J’ai commencé à pleurer dès les premières minutes jusqu’à la fin. Mais s’il y a une chose en particulier qui m’a touchée, c’est de voir que même les hommes qu’on qualifierait de pires criminels peuvent faire preuve de grands actes de bonté.

Je n’ai pas grand-chose à rajouter sur cette 9e journée de Ramadan. Je suis toujours en congés mais Dieu merci, les douleurs menstruelles sont passées. J’ai passé plus de deux heures au téléphone avec l’une de mes amies pour discuter du livre « Trouver son Pourquoi » de Simon Sinek, David Mead et Peter Docker. C’est le livre que nous utilisons pour la première cohorte du Club de Lecture en Ligne que j’ai lancé. L’un des exercices requiert que l’on travaille avec un partenaire pour essayer de trouver notre Pourquoi. Mon amie m’a donc posé plusieurs questions sur mon engagement pour essayer de comprendre la véritable raison pour laquelle je fais ce que je fais. 

On a conclu ensemble que j’essaie de faciliter l’acquisition des connaissances pour briser les inégalités sociales. Dit comme ça, ça fait peut-être encore vague. Mon objectif est que tout le monde puisse avoir accès à une éducation de qualité. Le meilleur moyen de le faire pour moi, est d’aider les personnes moins nanties à avoir accès à différents outils d’éducation, dont les livres principalement. Je sais que les livres, aussi bien pour les personnes privilégiées que défavorisées, peuvent aider à rompre avec le mode de pensée unique. Les livres nous aident à découvrir des mondes différents et à s’affranchir de certaines idées stéréotypées. Peu importe le domaine dans lequel nous lisons, nous avons la possibilité d’apprendre quelque chose et de penser différemment. 

Il ne s’agit pas juste des livres mais de tous les moyens qui nous aident à aller à la rencontre de l’autre et du savoir : les podcasts, les documentaires, les conférences, les voyages. C’est pour ça que je lis, que j’écris, que je fais des vidéos, que j’ai ouvert le Centre Eulis, créé des clubs de lecture et organisé des tournées à l’intérieur du pays pour faire des ateliers de lecture. Ça fait du bien d’arriver à chaque fois mieux comprendre ce qui nous pousse. Personnellement, je rajouterais aussi que cette envie d’être utile à ma communauté est profondément ancrée dans ma foi. J’ai l’impression de satisfaire Allah lorsque j’arrive à aider d’autres personnes à apprendre et avoir envie d’apprendre. 

Le concept du Pourquoi a été développé par Simon Sinek au cours d’une conférence Ted, l’une des plus vues d’ailleurs sur la plateforme. Il y explique que les gens n’achètent pas nos produits ou n’adhèrent pas à nos idées pour ce qu’on dit ou fait mais pour ce en quoi nous croyons, nos valeurs. Qu’il s’agisse de clients, d’employés ou d’abonnés, les gens sont loyaux lorsqu’ils croient en les mêmes valeurs que nous. C’est le Pourquoi qui est important, la raison pour laquelle nous faisons ce que nous faisons, pas les produits en eux-mêmes ou même comment nous le faisons. Pour en savoir plus, je vous recommande le Ted de Simon Sinek « How great leaders inspire action ». Il a également écrit un livre sur le sujet qui s’intitule « Start with why » ou « Commencez par Pourquoi ». « Trouver son Pourquoi » est un guide pratique pour nous aider à découvrir le nôtre. 

Qu’Allah nous aide à entretenir notre soif de connaissances et à trouver notre Pourquoi. 

Jour 10 : 03 Mai 2020 – L’amour de soi 

Comme il fallait s’y attendre, j’ai bousillé mon cycle de sommeil en quelques jours. J’essayais de dormir avant minuit et me réveiller à 4h pour la prise du sahour. Mais étant donné que madame ne prie pas en ce moment, elle se permet d’aller au lit après 2h du matin. La reprise sera clairement difficile. 

Aujourd’hui, je me suis endormie aux environs de 17h jusqu’à 21h. C’était donc clair que je ne pourrais pas me rendormir avant minuit. La bonne nouvelle, c’est que j’en ai profité pour publier les épisodes précédents du journal. Ce n’est pas si évident finalement d’écrire tous les jours et d’avoir quelque chose de pertinent à partager. Surtout que ces derniers temps, j’ai passé mes journées à dormir et à regarder la télévision. Mais bon, on continue d’essayer… 

Cela fait un peu plus d’un an que j’ai des locks et plus de quatre ans que je porte le hijab. On me demande chaque fois à quoi cela sert d’entretenir mes cheveux si je les couvre en permanence. Des questions qui viennent la plupart du temps de membres de ma famille. Je ne nierai pas qu’il nous arrive souvent de faire des choses et d’espérer des compliments de la part d’autres personnes. Mais pourquoi est-ce si difficile de croire qu’on fait certaines choses avant tout pour notre satisfaction personnelle ? 

Il y a quelques années, j’ai publié un article sur le fait d’aimer son physique et de se départir de ses complexes. Je continue depuis tout ce temps d’apprécier l’image que me renvoie le miroir chaque fois que je me tiens devant lui. J’avoue que j’aime bien narguer les gens de la maison avec mes cheveux, et encore, ils ne sont pas si longs que ça pour le moment. Mais en vrai, je n’ai pas besoin d’avoir une approbation externe pour décider d’en prendre soin ou pas. Le voile ne nous empêche pas de vouloir être coquette, chacune à notre façon, pour nous-mêmes. 

Avec le confinement, j’ai dû resserrer mes locks toute seule. C’était la première fois que je le faisais et sans crochet en plus. J’ai utilisé une épingle à cheveux et j’y suis arrivée grâce à une vidéo sur Youtube. Le résultat n’est pas parfait mais j’aime beaucoup. Lorsqu’on n’a pas le choix, on finit par être astucieux. 

Les réseaux sociaux et le culte de l’image contribuent fortement à notre envie de plaire aux autres. Qu’on le veuille ou non, ça nous arrive à tous d’espérer un retour positif d’autres personnes. Qu’il s’agisse de ce que l’on écrit, accomplit, ou de notre physique. Mais si on ne vit que pour le regard des autres, on aura tendance à déprécier ce que l’on a parce que notre entourage ne l’apprécie pas autant qu’on le souhaiterait.

Cette cure de Facebook, Twitter et Instagram, m’aide également à lutter contre ce besoin d’approbation. Plusieurs études ont révélé que lorsqu’on reçoit un like, l’expérience produit de la dopamine, l’hormone associée au plaisir. C’est la raison pour laquelle nous sommes si accros aux réseaux sociaux. Le problème c’est qu’au final, on pourrait être tenté de poster tout et n’importe quoi pour ressentir ce plaisir ou finalement abandonner la création de contenu intéressant parce qu’on n’a pas les retours souhaités. On a énormément besoin d’apprendre à faire des choses rien que pour nous-mêmes sans espérer les félicitations des autres. J’espère que ce mois de Ramadan m’aidera à apprendre un peu plus à faire des choses rien que pour moi. 

En ce moment, j’ai terriblement envie de manger des glaces, des crêpes et du poulet de chez Pili Pili. Cela fait plus d’un mois que je n’ai pas eu de glace et si vous me connaissez, vous savez à quel point c’est inhabituel. Mais bien sûr, j’ai aussi la flemme de traverser toute la ville pour m’en procurer, surtout avec cette affaire de coronavirus. Je réfléchis à des solutions in shaa Allah parce que les offres de livraisons existantes ne m’arrangent pas et j’ai naturellement besoin de satisfaire mes caprices du moment. Avec le sport et le jeûne, je peux bien me permettre quelques gâteries… 

J’ai suspendu ma mémorisation des noms d’Allah et l’écoute du Tafsir de la sourate Yusuf pendant ces premiers jours de règles. Il est temps de remettre un peu d’ordre dans mon programme avant la reprise dans quelques jours in shaa Allah. 

Qu’Allah nous aide à nous aimer nous-mêmes, à prendre soin de notre corps, et à faire ce qui nous plait, indépendamment du regard des autres.

Jour 11 : 04 Mai 2020 – Quel genre d’amie suis-je ?

Dans le livre « Trouver son Pourquoi » de Simon Sinek, David Mead et Peter Docker, il y a un exercice à faire avec ses amis. Il s’agit de leur demander ce qui les attire en notre personne, la raison pour laquelle ils sont amis avec nous. Les auteurs nous invitent à pousser la réflexion toujours plus loin pour savoir exactement notre impact dans leur vie. L’objectif final est de nous aider à affiner notre Pourquoi. 

J’ai posé la question à quelques amies. Une fois l’instant du « c’est quelle question ça ? » passé, j’ai eu des réponses assez intéressantes. J’ai été ravie de voir que certaines choses revenaient à plusieurs reprises. Comme je l’ai déjà mentionné dans mon épisode sur l’amitié, j’ai des amies avec qui je partage les mêmes valeurs. Mais avoir les mêmes valeurs n’est pas toujours suffisant pour que deux personnes deviennent très proches. 

L’une de mes amies m’a dit qu’elle peut être elle-même avec moi et ça m’a énormément touchée. C’est d’ailleurs réciproque avec elle. Les autres ont également mentionné la sincérité dans nos relations et le fait de pouvoir se dire certaines choses sans faux-fuyants. Je suis l’amie qui se moquera de toi en cas de goumin (chagrin d’amour) mais qui essaiera quand même de te consoler et de te dire qu’Allah te réserve sans doute mieux. Et j’attends aussi généralement de mes amies qu’elles m’aident à rire des situations tristes et à aller de l’avant.  

J’ai été émue par les retours de mes proches et contente de savoir que j’avais un impact positif dans leur vie. Cet épisode aurait dû être plus long mais je n’ai pas vraiment envie de partager tout ce qu’elles m’ont dit au risque d’en faire trop dans l’auto-flatterie. Mais c’est un exercice que j’ai trouvé intéressant et que je vous recommande de faire avec vos amis. 

L’expérience m’a fait penser à un passage dans le Coran. « Le jour où l’injuste se mordra les deux mains et dira : « [Hélas pour moi !] Si seulement j’avais suivi chemin avec le Messager !… Malheur à moi ! Hélas ! Si seulement je n’avais pas pris « un tel » pour ami !… Il m’a en effet égaré loin du rappel [le Coran], après qu’il me soit parvenu ». Et le diable déserte l’homme (après l’avoir tenté). » Al-Furqaan 27-29.

Autant nos proches pourraient être une source d’égarement pour nous, autant nous pourrions l’être pour eux. Et cela peut se produire même dans des choses qui semblent anodines mais qui nous éloigneraient du droit chemin.

Qu’Allah fasse que nous ne soyons pas des sources de tentation ou d’égarement pour nos amis et qu’ils ne regrettent pas nos liens au jour du jugement. 

Jour 12 : 05 Mai 2020 – Jusqu’au bout 

Avez-vous remarqué que la longueur des épisodes diminue au fil des jours ? On ne parle même pas du retard avec lequel je les publie. Je me rends compte que j’ai fait peu de choses utiles pour nourrir mon intellect et ma foi et je n’aime pas trop ça. Heureusement, j’ai au moins réussi à terminer mon challenge sportif du mois d’Avril après mille et une difficultés. J’avais l’impression que Coacha Lafissou avait décidé de nous torturer avec ce programme. Finalement, j’étais tellement pressée d’en finir que j’ai accéléré la cadence pendant les derniers jours. 

Tiens, c’est une excellente tactique pour combattre la procrastination. Moins tu as envie de réaliser une tâche, plus vite il faut la faire pour t’en débarrasser. Mais bien sûr, je dis ça pour faire absolument le contraire quand il sera temps de l’appliquer. 

Aujourd’hui, j’ai jeté un coup d’oeil rapide sur les réseaux sociaux. J’avais une centaine de notifications et une trentaine de messages sur Facebook, Twitter et Instagram combinés. Je n’ai pas ouvert les messages parce que ça serait flirter encore plus avec la tentation. Mais j’ai regardé les notifications et 90% n’étaient pas directement liées à ma personne.

Est-ce que vous avez remarqué que ces dernières années, les réseaux sociaux, Facebook surtout, nous envoient des notifications pour tout et n’importe quoi ? De même, les messages privés ne sont pas toujours des messages utiles qui s’adressent particulièrement à nous. Parfois, les gens se contentent de nous transférer une video ou un message lambda qu’ils ont eux-mêmes reçus et qui ne nous apporteront rien d’utile. Mais en voyant ces petits chiffres en rouge sur la cloche ou l’icône de messagerie, on a l’impression que nombre de gens ont pensé à nous et on a hâte de tout lire… 

Je n’irai pas jusqu’à parler de complot mais les concepteurs des réseaux sociaux savent exactement comment nous rendre toujours plus accros. Je ne dirai pas non plus que les réseaux sociaux sont totalement inutiles ou nocifs. Je serais très mal placée pour cela. Mais je me rends compte encore une fois que mon usage de ces plateformes est abusif. 

Quand je me suis connectée, j’ai automatiquement vu des publications de trois personnes qui ont généré plusieurs réactions. J’ai immédiatement pensé « oh, les autres continuent de publier de nouvelles choses intéressantes et moi non. Mes abonnés vont m’oublier ou ne réagiront plus quand je reviendrai. » Est-ce que vous réalisez à quel point c’est grave, humain oui, mais quand même grave d’avoir ce genre de pensées…

Heureusement, je n’ai pas fait plus de cinq minutes sur les réseaux sociaux avant de retourner en désintoxication. J’ai eu l’impression pendant quelques secondes de rater quelque chose en ne lisant pas tous les posts publiés en mon absence alors qu’en vrai je pouvais bien continuer de m’en passer et la terre n’arrêterait pas de tourner. 

Aujourd’hui, j’ai eu mes crêpes. Je les ai achetées avec Manolo Crêperie et on me les a livrées à la maison. J’ai partagé avec toute la maisonnée et j’ai même pu en garder trois pour demain in shaa Allah. C’était tellement délicieux et consistant que je n’ai rien mangé d’autre comme dîner. 

J’ai aussi eu une magnifique surprise parce que l’une de mes amies m’a fait livrer un paquet de vivres pour le Ramadan. C’est une belle période pour se faire des cadeaux et surtout faire des aumônes aux moins nantis. Ce qui me rappelle que je suis en retard de ce côté là… mais j’espère que vous en avez déjà fait. 

Encore une fois, je suis ravie d’avoir terminé mon challenge sportif. Il y a un verset dans la bible qui dit que la fin d’une chose vaut mieux que son commencement. C’est exactement à cette phrase que j’ai pensé après avoir fini les 120 Power Jacks qui ont clôturé mon programme. On ressent une satisfaction particulière lorsqu’on réussit à terminer quelque chose d’assez difficile. Même si tout le voyage qui nous y mène a aussi son importance. 

Généralement, on a un sentiment mitigé à la fin du Ramadan. Beaucoup prétendent être tristes que ça soit fini mais avouons qu’on est aussi un peu contents de pouvoir à nouveau manger en journée. Mais la fin vaudra mieux que le commencement parce qu’Allah nous aura permis de bénéficier de 29 ou 30 jours pour accumuler de bonnes actions. Et si nous voulons être satisfaits avec nous-mêmes lorsqu’il sera terminé, il faut qu’on fasse de vrais efforts pour vivre pleinement notre Ramadan jusqu’au bout. 

Qu’Allah nous aide à travailler avec acharnement à l’accomplissement de nos objectifs, sans abandonner face aux obstacles. 

Jour 13 : 06 Mai 2020 – « Ouvrir la boîte de Pandore » 

Dans la mythologie grecque, Prométhée, un titan, a volé le feu des dieux pour l’offrir aux hommes. Pour punir les hommes, Zeus, considéré comme le roi des dieux, a ordonné la création de la première femme humaine, appelée Pandore ou Pandora. Elle a été façonnée par Héphaïstos (le dieu du feu et de la forge) et animée par Athéna (la déesse de la guerre et la sagesse). Tous les autres dieux lui ont ensuite offert divers dons, de la beauté à la capacité de persuasion. Hermès (le messager des dieux), lui a également offert la curiosité et Zeus l’a donnée en Mariage à Épiméthée, le frère de Prométhée. 

Les dieux ont confié une jarre (ou une boite) à Pandore, avec l’interdiction de l’ouvrir. Animée par la curiosité qui lui a été offerte à dessein, elle finit quand même par ouvrir la jarre et libéra ainsi les maux de l’humanité qui s’y trouvaient. Ils s’échappèrent tous avant qu’elle ne referme finalement la jarre sur l’espérance. C’est de ce mythe que provient l’expression « ouvrir la boite de Pandore ». On l’utilise pour qualifier d’une action qui engendre des malheurs. Mais pourquoi est-ce que je vous parle de mythologie grecque aujourd’hui ? 

Hier, j’ai voulu utiliser l’expression « ouvrir la boite de Pandore » dans l’épisode précédent du journal. Et puis, j’ai pensé à une publication sur Facebook qui nous invitait à arrêter de dire qu’on dort dans les bras de Morphée parce que cela serait contraire au principe du monothéisme en islam. J’en ai discuté avec un ami qui m’a aussitôt envoyé cette publication de l’imam Adam Soumahoro. Il a expliqué qu’on devrait bannir cette expression de notre vocabulaire parce que Morphée est considéré comme le dieu des songes dans la mythologie grecque alors qu’en islam, nous croyons en Allah uniquement en tant que Souverain de l’Univers et Détenteur de tous les pouvoirs. 

« Ouvrir la boite de Pandore », « dormir dans les bras de Morphée » sont des expressions que l’on utilise facilement au quotidien sans y rattacher une quelconque intention religieuse. Mais elles restent liées à la mythologie grecque et ces habitudes anodines peuvent nous faire tomber dans le shirk, le péché de l’idolâtrie et du polythéisme. Ça peut paraitre minime ou exagéré mais pour moi ça a du sens et chaque fois que l’on peut délaisser quelque chose à connotation négative, mieux vaut le faire.

Aujourd’hui, j’ai écouté la troisième partie de l’introduction à la sourate Yusuf de Nouman Ali Khan. Il continuait d’établir un parallèle entre les prophètes Yusuf (as) et Musa (as). Yusuf (as) était doté d’une beauté extraordinaire et ça a été à la base de son épreuve puisque l’épouse de Potiphar s’est éprise de lui. Musa était quant à lui un homme très fort et c’est cette force qui a facilité le meurtre qu’il a commis en essayant de défendre l’un des siens. 

Nouman nous dit également que parfois, nous péchons parce que nous y sommes contraints par une personne qui a une autorité ou une influence sur nous. C’est ce qui a failli arriver à Yusuf (as) avec l’épouse de son employeur. D’autres fois, nous péchons en voulant venir en aide à des personnes moins privilégiées que nous, parce que nous les prenons en pitié, comme ce fut le cas pour Musa (as). Mais qu’il s’agisse d’un geste sous l’influence d’une autorité ou par compassion, Nouman nous invite à éviter d’agir dans l’empressement. 

La femme de Potiphar, en invitant Yusuf (as) à commettre l’adultère, lui demanda de se dépêcher. N’eut été la grâce d’Allah, il aurait pu succomber à la tentation. Quant à Musa (as), lorsqu’il vit un Israélite se battre contre un Égyptien, il ressentit l’urgence de la situation et agit avec empressement en portant un coup mortel à l’Egyptien. Il s’en repentit aussitôt mais le lendemain en voyant le même Israélite se battre avec une autre personne, il comprit que c’était un provocateur. Il vaut mieux donc chaque fois, faire preuve de recul et réfléchir avant d’agir.

On ne finira jamais d’apprendre notre religion. Au quotidien, nous sommes face à différentes situations qui pourraient nous faire pécher par ignorance, par omission, sous la contrainte, par compassion, ou même par amour. Heureusement, Allah est le Tout-Miséricordieux, Ar-Rahman et le Très-Miséricordieux, Ar-Rahim. Que notre Seigneur nous pardonne nos péchés et nous éloigne de tout ce qui pourrait nous éloigner de Lui. 

Jour 14 : 07 Mai 2020 – La reprise !

Ça fait tellement de bien de pouvoir reprendre le jeûne et la prière. Je me suis rendu compte que j’avais perdu mes repères parce que je faisais la majorité de mes actes d’adoration juste après la prière de fajr : lecture du Coran, mémorisation des noms d’Allah, écoute d’enseignements, etc. Du coup, lorsque je me réveillais plus tard, toutes mes habitudes étaient bousculées. Al hamdoulilah, la reprise n’a pas été aussi difficile que je l’imaginais. Je craignais même de ne pas pouvoir me lever à temps pour la prise du sahour mais finalement Allah a facilité. 

Au début du Ramadan, j’attendais la rupture avant de faire ma séance de sport. Je n’étais pas sûre de pouvoir faire mes exercices en état de jeûne. Après en avoir discuté avec une amie, j’ai essayé de le faire une heure avant la rupture. C’était juste quelques secondes de planches et une dizaine de minutes de corde à sauter. Tout s’est très bien passé et je ne suis pas tombée en syncope. Je note juste que je devrais commencer le sport un peu plus tôt pour avoir le temps de prendre ma douche et faire quelques duahs avant la rupture, sans avoir à courir dans tous les sens. 

Passons à ce que j’ai appris de nouveau par rapport à la religion. Comme vous le savez, ou pas, en islam, nous avons cinq piliers : la profession de foi, la salât (la prière), la zakat (l’aumône), le jeûne du mois de Ramadan et le hajj (le pèlerinage à la Mecque). Ce qu’on ne sait pas toujours par contre, c’est qu’il y a également six piliers de la foi en islam. Nous devons croire en Allah, aux anges, aux livres saints, aux prophètes, au jour du jugement dernier et au destin. 

En islam, nous croyons que les anges sont des créatures d’Allah, façonnées de lumière et dotées d’ailes. Ils sont chargés d’accomplir différentes missions et contrairement aux hommes, ils ne disposent pas du libre arbitre. Ils sont exclusivement soumis à Allah et n’agissent que pour le satisfaire. 

En ce moment, l’imam Omar Suleiman fait une série de vidéos sur les anges. Généralement, ceux qui connaissant Nouman Ali Khan le connaissent également. L’une des abonnées du blog l’a même mentionné en commentaire du journal. Omar Suleiman a la faculté de nous enseigner les choses simplement et toujours avec le sourire. Il y a une certaine sérénité qui se dégage de ses enseignements. 

Dans la première vidéo que j’ai regardée, l’imam Suleiman nous dit que nous avons tous en permanence au moins quatre anges et un sheitan ou démon. Le sheitan essaie constamment de nous amener vers le péché. Deux des anges nous protègent de tout mal qui n’est pas censé nous atteindre selon le plan d’Allah. Les deux autres se trouvent l’un à notre droite et l’autre à notre gauche et écrivent chacune de nos actions. J’ai trouvé des versets coraniques qui parlent de ces deux types d’anges.

« Il [l’homme] a part devant lui et derrière lui des Anges qui se relaient et qui veillent sur lui par ordre d’Allah.(…) » sourate Ar-Ra’d 11. 

« Nous avons effectivement créé l’homme et Nous savons ce que son âme lui suggère et Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire quand les deux recueillants, assis à droite et à gauche, recueillent. Il ne prononce pas une parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l’écrire. » sourate Qaaf 16-18.

J’ai beaucoup aimé une phrase d’Omar Suleiman dans sa deuxième vidéo. « A sin that brings a person closer to Allah is better than a good deed that takes him away ». Pour dire qu’un péché qui nous rapproche d’Allah est mieux qu’une bonne action qui nous éloigne de lui. Quand nous sommes sur le point de commettre un péché et que finalement nous nous rétractons pour Allah, Il nous le compte comme une bonne action. 

Dans cette deuxième vidéo, Omar Suleiman met l’accent sur les deux anges qui écrivent nos actions. Lorsque nous péchons, l’ange à notre gauche est chargé de l’écrire mais Allah est tellement Miséricordieux qu’Il lui demande d’attendre six heures (6 périodes de temps qui peuvent correspondre à autre chose que des heures) pour nous laisser le temps de nous repentir. Si nous nous repentons dans ce laps de temps, l’ange n’enregistre pas ce péché. – Bien sûr, il s’agit là des péchés que nous ne commettons pas tout le temps en espérant nous repentir juste après. – Aussi, chaque péché est compté comme une seule faute alors que chaque bonne action est comptée comme dix. 

J’espère que votre mois de Ramadan se passe toujours bien et que vous en profitez au maximum. Qu’Allah nous aide à ne pas succomber à la tentation et à plutôt multiplier nos bonnes actions. 

Jour 15 : 08 Mai 2020 – Jeûner quand les autres mangent

En 2016, je faisais un Master en Entrepreneuriat Social à San Francisco. Nous avons eu un cours qui devait durer quelques jours seulement et le professeur nous a fait faire un exercice particulier. Il a demandé à tout le monde donner une petite somme d’argent. Ensuite, nous devions faire un challenge et l’équipe gagnante remporterait la cagnotte. Aucune équipe n’a réussi le challenge. Le prof a donc proposé qu’on achète des pizzas qu’on partagerait ensemble le dernier jour de cours. C’était une idée magnifique ! Sauf que c’était pendant le mois de Ramadan et je jeûnais. Je me rappelle des odeurs et de tout ce beau monde autour de moi en train de manger des pizzas que mon argent avait contribué à acheter… J’avoue que ça m’a piquée ! 

Plus tard, je me suis dit que si j’avais pu tenir face à cette situation, je pouvais tenir face à n’importe laquelle. Du moins, concernant le Ramadan. Et l’année dernière justement, je me suis retrouvée maitresse en maternelle, à donner à manger aux enfants, pendant que je jeûnais. 

Aujourd’hui, je suis ravie de savoir que chaque fois que l’on se retrouve avec des personnes – musulmanes ou pas – qui mangent pendant que nous sommes en jeûne, les anges prient sur nous et demandent le pardon d’Allah pour nous, jusqu’à ce que ces personnes soient rassasiées. Je l’ai découvert dans l’épisode 3 de la série Angels in your presence de l’imam Omar Suleiman. Il peut s’agir du jeûne obligatoire de Ramadan ou même de jeûne surérogatoire, mais dans tous les cas, c’est une source de bénédictions pour nous.

Je sais que ce n’est pas toujours évident de jeûner lorsqu’on est en minorité. Surtout pour des convertis ou des musulmans vivant en occident mais dorénavant, pensons aux mérites supplémentaires qu’Allah va nous accorder. Et puis, pour bien profiter des occasions de gagner des bénédictions, sachez que les anges prient également sur nous lorsque nous nous levons pour prendre le sahour, même si c’est juste un verre d’eau. 

La deuxième chose que j’ai envie de partager, c’est l’importance de prendre nos ablutions avant de dormir. On parle souvent de la difficulté de faire la Salât mais pas assez de celle des ablutions. On a tous déjà vécu ce moment où on vient à peine de les finir et c’est là qu’on a une envie pressante. On est même tenté parfois de forcer alors que ce n’est pas recommandé de prier dans ces cas là. Ce n’est pas toujours parce qu’il fait froid qu’on hésite, quoi que l’harmattan et l’hiver sont particulièrement éprouvants s’il n’y a pas d’eau chaude au robinet. C’est parfois le simple fait de faire les gestes rituels qui génère malheureusement beaucoup de paresse.

Personnellement, la seule chose que j’ai réussi à faire assidument, c’est de toujours prendre mes ablutions juste après ma douche, que je doive prier ou pas. J’essaie également plus souvent de les prendre avant de sortir parce que c’est encore plus difficile pour les femmes voilées de les faire à l’extérieur. Maintenant, il faut rajouter l’habitude de les faire avant de s’endormir. 

Dans l’épisode 4 de la série sur les anges, l’imam Omar Suleiman dit que lorsqu’on s’apprête à dormir, il y a un ange qui nous dit de bien terminer notre nuit alors qu’un démon nous dit de la terminer en faisant quelque chose de mal. Lorsque nous prenons nos ablutions avant de dormir, Allah envoie un ange qui passe toute la nuit à notre chevet et demande à Dieu de nous pardonner parce qu’on est allés dormir en état de pureté. Je ne sais pas pour vous mais moi ça me donne envie de faire encore plus d’efforts pour au moins prendre les ablutions chaque fois que je m’apprête à dormir in shaa Allah. 

Qu’Allah nous aide à supporter la faim et la soif mais surtout qu’Il fasse que nous récoltions beaucoup plus que cela à la fin de ce mois de Ramadan. Qu’Il nous aide à acquérir de meilleures habitudes et de toujours terminer nos journées et nuits en faisant quelque chose de bien. 

Jour 16 : 09 Mai 2020 – Le nouveau monde 

Aujourd’hui, j’avais envie de manger un gratin de pâtes. Je suis donc sortie avec ma petite soeur pour faire quelques courses au supermarché. Mais je ne sors tellement plus de la maison depuis la pandémie du coronavirus que j’ai carrément oublié qu’on devait obligatoirement avoir un masque pour entrer dans certains endroits. Et même pour circuler en ville. Heureusement, il y avait une vendeuse à l’entrée du supermarché qui en proposait. 

N’ayant pas trouvé ce que je voulais, ma soeur et moi sommes allées à Cosmos, le centre commercial de Yopougon. À l’entrée, il y avait des lignes au sol pour maintenir la distance entre les différents usagers. Il fallait ensuite se laver les mains avant de passer le portique de sécurité. Le centre commercial était nettement moins rempli qu’à l’accoutumée et ça m’a vraiment fait bizarre de le voir ainsi. Entre le port du masque obligatoire, les mesures d’hygiène et l’atmosphère générale, j’avais l’impression de me retrouver dans un autre monde. Ça nous montre encore combien de fois rien n’est garanti. Allah peut bousculer tout ce que nous prenons pour acquis du jour au lendemain. 

J’ai fait mes pâtes comme prévu. Entre les courses et la cuisine, ça m’a pris quasiment toute l’après-midi. Du temps que j’aurais pu utiliser à lire le Coran ou à écouter des enseignements. Chose que j’aurais pu faire également dans la cuisine, si je n’avais pas aussi chaud et soif entre ces quatre murs. Quand je vivais à l’étranger, je me retrouvais souvent à cuisiner pendant le mois de Ramadan. Mais cette année c’est différent parce que je mets beaucoup l’accent sur l’apprentissage de la religion. Je me suis rendu compte que pas mal de femmes n’ont pas l’opportunité de faire de même parce qu’elles passent la majeure partie du temps en cuisine. Je voyais souvent des posts sur le sujet mais cette petite expérience m’a encore plus ouvert les yeux sur leur situation. Qu’Allah leur en accorde les mérites et leur facilite quand même l’acquisition de nouvelles connaissances pendant ce mois de Ramadan. Et qu’Il amène aussi les hommes à les aider à alléger leurs tâches. Ce qui m’amène encore au sujet du mariage. Sorry, not sorry. 

Je n’aime pas assister aux fêtes de mariage. En fait, ces dernières années, je n’aime tout simplement plus assister aux fêtes qui rassemblent du monde. Je préfère les cérémonies plus intimistes avec des gens de qui je suis familière. Je vais parfois à certains mariages par obligation ou lorsque je suis vraiment proche de la personne. C’est un peu plus facile lorsque je peux y être avec d’autres personnes que je connais bien mais généralement je me défile quand on m’invite. 

Il y a quelques jours, j’ai entendu dans l’une des vidéos de Nafisa’s Pearlz que les personnes qui nous invitent à leur mariage ont des droits sur nous. Nous sommes tenus d’y assister, même si c’est juste pour faire acte de présence. Aujourd’hui, j’ai également lu dans « La voie du musulman » du Sheikh Abû Bakr Al-Jazâ’iri que l’invité qui ne répond pas à l’invitation (sans motif) aura désobéi à Dieu et à son prophète (saw). C’est chaud hein ! Je vous prie donc de ne pas m’inviter à votre mariage si nous ne sommes pas très proches, s’il vous plait. Dans l’idéal, j’aimerais moi-même ne célébrer mon mariage qu’avec des personnes avec qui je suis assez familière, même s’il faut déjà commencer par trouver l’époux. 

Je discutais avec une amie et nous nous demandions s’il était préférable d’épouser un homme qui nous aime et qui remplit la majorité de nos critères même si on n’est pas spécialement attirée par lui. Par critères on parle de la religion, un certain intellect et une situation financière stable (il peut se prendre en charge). Nous nous sommes posées la question parce qu’il arrive qu’on reçoive des avances d’hommes musulmans qui semblent de bonne moralité sans que nous n’arrivions à éprouver un quelconque sentiment à leur égard. 

J’en ai parlé à un ami marié qui a dit qu’on ne devrait pas se focaliser sur des critères physiques parce que le physique peut changer avec le temps. Bon là je ne suis pas totalement d’accord parce que même les hommes peuvent choisir leur épouse en fonction de sa beauté. Il faut donc un minimum d’appréciation du physique pour moi. Mais il a soutenu qu’il était préférable d’être avec quelqu’un qui nous aime plutôt que quelqu’un qu’on aime et qui ne nous le rend pas de la même manière. Quoi que cela pourrait aussi bien s’appliquer dans l’autre sens… A défaut d’être particulièrement attiré(e) par l’autre ou d’éprouver des sentiments forts, on peut considérer le fait de pouvoir rigoler avec cette personne et d’avoir une certaine aisance dans nos rapports. 

Honnêtement, je n’ai pas la bonne réponse à cette question. Mon amie et moi en avons parlé parce que j’ai lu un hadith dans lequel le prophète (saw) a dit : « Quand un prétendant de moeurs et de pratique religieuse satisfaisantes se présente à vous, mariez-le, si vous ne le faites pas, il s’ensuivra des troubles sur terre et un grand désordre. » (At-Tirmidhî) 

C’est un hadith qui nous amène à nous remettre en question et à se demander si on devrait choisir un prétendant satisfaisant, sans attendre d’avoir de grandes étincelles. Mais franchement, le mariage est tellement sacré et parfois difficile (quand on regarde notre entourage) qu’on craint toujours de ne pas faire le bon choix. Partir de la maison familiale et lier sa vie à une nouvelle personne et une nouvelle famille impliquent tellement de changements qu’il serait souhaitable de les aborder avec la meilleure personne pour nous. 

Avec mes amies, nous avons discuté de la possibilité de faire le premier pas en tant que femme. C’est quelque chose que je m’imagine pouvoir faire – avec la manière – si j’éprouve des sentiments pour quelqu’un et que j’ai l’assurance que cette personne est libre. Mais encore, la société estime très souvent que ce n’est pas convenable pour une jeune fille – pire voilée – de faire ce premier pas donc il faut espérer tomber sur une personne suffisamment ouverte d’esprit. 

Qu’Allah nous donne la grâce de survivre à la pandémie du Coronavirus et qu’Il nous aide à épouser des partenaires qui nous rapprocheront de Lui.

Jour 17 : 10 Mai 2020 – Comment je suis devenue musulmane… (1)

 

C’est une question que l’on me pose souvent lorsqu’on sait que ma famille n’est pas musulmane. Je n’ai pas d’article qui retrace tous les détails de ma conversion. J’ai eu envie d’en parler aujourd’hui suite à une conversation avec une amie. L’une de ses amies s’intéresse à l’islam et elle voulait que je partage les ressources auxquelles j’ai eu accès au moment de ma conversion. On va commencer par la genèse et on verra où est-ce que ces souvenirs nous mèneront. 

À ma naissance, toute ma famille partait à l’église catholique. J’ai été inscrite à la catéchèse en classe de CE2 et j’ai été baptisée en 2005, en classe de 6e. La confirmation a suivi deux années plus tard. Je me suis rendu compte que je partais à l’église comme je partais à l’école. Il y avait des cours de catéchèse et des devoirs et je travaillais de sorte à avoir de bonnes notes. Je faisais également partie des enfants de choeur et j’ai même rejoint notre équipe de concours biblique. L’année de mon baptême, j’ai également rejoint l’équipe de la liturgie qui faisait la lecture de la bible pendant la messe. J’étais chrétienne parce que mes parents l’étaient. J’étais excitée à l’idée d’être baptisée, puis confirmée, parce que cela signifiait qu’on m’organiserait deux belles fêtes avec tous mes amis.

Bon nombre de personnes, chrétiens, musulmans ou autres, ne pratiquent leur religion que parce que c’est celle de leurs parents. Quand on est enfant, on n’a pas vraiment le choix dans ce domaine là. Malheureusement, les parents ne poussent pas la conversation plus loin. Ils se contentent de nous inscrire à des cours religieux et à nous dire de prier et d’aller à l’église ou à la mosquée. Je le dis en pensant aussi à certains amis musulmans qui ont vécu la même chose. On ne discute pas vraiment de la foi parce que ça semble évident ou peut-être parce que les parents eux-mêmes vont à l’église ou à la mosquée juste parce que ça semble la bonne chose à faire.

À l’église catholique, les chrétiens doivent passer par ce qu’on appelle les sacrements. « Un sacrement est un acte (geste, parole) pour que Dieu agisse de manière invisible par l’intermédiaire de son ministre pour le salut des hommes. » On en distingue sept : le baptême, la confirmation, l’eucharistie (la communion), la pénitence (la confession), l’onction des malades, l’ordre et le mariage. Après ma confirmation en 2007, c’était comme si j’avais obtenu mon dernier diplôme nécessaire du moment. Je n’avais plus besoin d’aller à la catéchèse tous les Samedis après-midis et je ne ressentais plus le besoin d’aller à la messe. J’y allais majoritairement parce que je devais faire signer ma carte de catéchèse. 

En classe de 3e, j’étais à l’internat à Grand-Bassam. Je n’allais donc plus dans mon église habituelle mais je continuais d’aller à la messe parce que c’était obligatoire tous les dimanches, pour les chrétiens. En 2nde, je suis revenue à Abidjan et j’allais à l’église moins fréquemment. Paradoxalement, c’est la période pendant laquelle je lisais beaucoup plus ma bible, pour moi, pour comprendre, plutôt que juste pour participer à un concours. De la 2nde à la terminale, je me posais énormément de questions sur ce que je lisais et ce que j’observais autour de moi.

Pourquoi est-ce que les prêtres ne se marient pas alors que dans le livre de 1 Timothée, chapitre 3, on précise que l’évêque ou le dirigeant de l’église de manière générale doit être mari d’une seule femme et doit pouvoir tenir sa maison pour pouvoir tenir celle de Dieu. Pourquoi est-ce qu’à l’église nous avions plusieurs représentations de Jésus, des croix, devant lesquelles nous nous prosternions alors que dans le livre d’Exode chapitre 20, le deuxième commandement donné à Moïse est « Tu ne fabriqueras aucune idole, aucun objet qui représente ce qui est dans le ciel, sur la terre ou dans l’eau, sous la terre ; tu ne t’inclineras pas devant des statues de ce genre, tu ne les adoreras pas (…) » 

J’avais du mal à appréhender le concept de la Trinité, le Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Je n’étais pas à l’aise avec l’idée de confesser mes péchés à un autre être humain, quand bien même il s’agissait d’un prêtre consacré. Je ne comprenais pas le concept de Jésus fils de Dieu et Dieu, surtout que dans la prière qu’il a lui-même enseignée, il parlait de prier à « Notre père qui est aux cieux… » pas de le prier lui. 

Ce sont ces multiples réflexions qui ont fait que j’ai carrément arrêté d’aller à l’église. Je ne me considérais plus particulièrement comme une catholique mais comme une chrétienne tout court. Je me contentais de prier à la maison et de lire ma bible. Plus tard, un prêtre avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger m’a dit que j’aurais dû poser des questions à des dirigeants de l’église. Il a expliqué qu’il y a des choses que l’on ne saurait comprendre en se contentant d’une lecture littérale, des choses qui relèvent plus du spirituel que du simple entendement de l’humain lambda. Je le comprends. Même en islam, nous apprenons l’importance de se référer aux enseignements des savants. On insiste aussi sur le fait qu’il y a des choses qui ne sont connues que de Dieu seul et que nous ne devrions pas nous perdre en conjectures pour ce qu’on ne saurait comprendre.

À l’époque, je ne me suis pas adressée à un prêtre pour différentes raisons. Je n’étais suffisamment proche d’aucun dirigeant de l’église au point de me confier à lui sur mes doutes. On nous mettait souvent en garde contre le fait de rejoindre d’autres églises et de s’éloigner des enseignements de l’église catholique. Il y avait donc une certaine culpabilité ressentie face à mes questionnements. Je supposais également que les prêtres m’auraient dit exactement ce que l’on m’avait déjà dit à la catéchèse et qu’en tant que ministres de l’église, ils ne pourraient qu’essayer de justifier les choses pour lesquelles j’avais des doutes sans forcement chercher à me les expliquer de manière rationnelle. 

Je suis consciente que la religion et la spiritualité font aussi bien appel au rationnel qu’aux choses de l’esprit qu’on ne pourra pas comprendre sans guidée particulière. Mais je partage surtout mon expérience personnelle et mon ressenti. Comment j’ai vécu ma foi et mes questionnements. Je n’étais pas face à des difficultés particulières dans ma vie, je ne recherchais pas spécialement une guérison, un miracle, je me posais juste des questions en lisant ma bible. 

J’ai décidé de raconter cette expérience en plusieurs épisodes. Rendez-vous donc au Jour 18 in shaa Allah. Je vous expliquerai comment je suis passée de mon éloignement de l’église à un intérêt pour l’islam.

Qu’Allah nous aide à trouver des réponses à nos questionnements et nous éloigne de l’égarement et de l’hypocrisie. 

Jour 18 : 11 Mai 2020 – Comment je suis devenue musulmane (2) 

À l’école primaire, nous avons étudié les trois grandes religions monothéistes : le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. J’avais retenu des cours que Moise (as) était le prophète principal du Judaïsme, que Jésus (as) était considéré comme le fils de Dieu et Dieu dans le Christianisme et que Muhammad (saw) était le prophète de l’Islam. Ces trois religions semblaient très distinctes à part le fait qu’elles proclamaient toutes l’existence d’un Dieu unique. 

Je ne me suis jamais intéressée à l’islam jusqu’à ce que j’arrive en terminale. Je connaissais le prophète Muhammad (saw) de nom et les cinq piliers de l’islam. J’ai des cousins, des tantes et des oncles musulmans mais tout ce que je savais de l’islam me venait de l’école. Je me souviens toutefois que quand j’étais beaucoup plus jeune, mon frère et moi accompagnions souvent l’une de mes cousines à la prière de Taraweeh, sur le parking de notre quartier. Je me souviens encore que je disais « amen » pendant que tout le monde disait « amine ». C’est drôle parce que mon frère en question et moi sommes les deux convertis de notre famille. Il s’est converti quelques années avant moi mais nous avons eu des expériences différentes. 

Mon année de terminale s’est déroulée pendant la crise post-électorale 2010 – 2011. J’étais au Lycée Classique d’Abidjan, à Cocody et j’habitais à Yopougon. Avec les troubles, mes parents ont préféré que je reste à Angré chez mes cousins. C’était plus facile pour me rendre à l’école.

Mes cousins avaient le wifi et j’avais accès à leurs ordinateurs. Je passais donc beaucoup plus de temps sur Facebook et j’ai découvert les chroniques. Ce sont des histoires généralement écrites par des jeunes filles. Celles que je lisaient à l’époque racontaient les amourettes de jeunes françaises de banlieue, majoritairement d’origine maghrébine. Elles y partageaient leurs relations avec les garçons, leurs amies, leur famille, l’école et l’islam. Certaines mettaient énormément l’accent sur l’importance d’être proche du Créateur, de faire ses prières, d’éviter la fornication et de faire preuve de pudeur. Ces pages Facebook créaient de véritables communautés et on pouvait finir par se lier d’amitié avec d’autres lectrices. C’est comme ça que j’ai fait la connaissance de Houley que j’ai fini par rencontrer quelques années plus tard en France. 

Je ne sais pas comment Houley et moi avons abordé le sujet de l’islam mais je lui ai fait savoir que je m’y intéressais de plus en plus à force de lire les chroniques sur le sujet. C’est elle qui m’a recommandé de lire « Soraya, des ténèbres à la lumière ». C’était l’histoire d’une jeune fille de 19 ans et son groupe d’amies, leurs relations amoureuses et leur rapport à l’islam. Apparemment, la chronique était beaucoup plus longue mais l’auteur a décidé de supprimer plusieurs parties pour ne garder que celles qui étaient plus liées à la religion. 

Dans l’histoire, Soraya et ses amies, en majorité musulmanes de naissance, faisaient un retour vers Allah. Elles se rendaient compte qu’elles avaient beaucoup négligé leurs devoirs religieux et désiraient à présent se rapprocher de leur Créateur. On suit leur évolution qui les mène à la reprise de la prière, au port du voile et au mariage. Soraya met également l’accent sur sa relation avec Ishaq, un jeune homme converti à l’islam. Ils souhaitent se marier mais les parents de Soraya sont réticents à cause de leur différence d’origine et parce qu’Ishaq est un converti. Ils craignent qu’il ne soit devenu musulman qu’à cause de Soraya. 

Pour écrire ces épisodes sur ma conversion, je suis retournée lire « Soraya, des ténèbres à la lumière ». La page Facebook d’origine n’existe plus mais j’ai retrouvé l’histoire sur une autre page qui regroupe plusieurs anciennes chroniques. J’ai un regard totalement différent en lisant ces lignes 8 ans plus tard. En plus des nombreuses fautes, je trouve que certaines parties sont trop embellies et qu’il y a une certaine naïveté qui s’en dégage par moment. Pas mal de chroniques se targuaient d’être des histoires vraies. En relisant l’histoire de Soraya, je ne sais pas si c’était également le cas, mais j’ai l’impression que pas mal de choses pourraient être fictives. Le but principal étant surtout de faire un rappel aux jeunes pour qu’ils se préoccupent plus de leur rapport à Allah que du bas monde. 

Je ne sais pas si cette chronique aurait eu le même effet sur moi si je la lisais aujourd’hui pour la première fois. J’en doute. Toujours est-il qu’elle fait partie des grands déclencheurs de ma conversion. Et je crois qu’Allah fait ce qu’Il veut et peut nous amener vers lui par mille et un moyens. Je pensais déjà à l’islam depuis pas mal de temps grâce aux chroniques précédentes que j’avais lues mais dont j’ai oublié tous les titres. Papa devant effectuer un voyage en Tunisie, je lui ai demandé de me ramener un Coran en français. J’ai commencé à le lire en plus des chroniques et je regardais plusieurs vidéos sur Internet qui parlaient de l’islam. 

L’un des prédicateurs que j’écoutais beaucoup à l’époque était Ahmed Deedat. Il intervenait dans plusieurs débats comparatifs entre l’islam et le christianisme et s’appuyait surtout sur la bible pour justifier des enseignements de l’islam. Je l’ai également google en écrivant cet épisode et j’ai vu qu’il avait reçu pas mal de critiques pour ses prises de parole, certains estimant qu’il encourageait à la haine raciale et envers les autres religions. À l’époque, ce n’est pas ce que j’ai perçu. Je l’ai surtout trouvé engagé pour une promotion de l’islam qui était une sorte de réaction à l’évangélisme chrétien. Ses interventions liées à la bible m’ont beaucoup intriguée parce que je me posais justement des questions sur le sujet. 

Deux choses m’ont finalement amenée à sauter le pas. Je lisais plusieurs articles de blog, les chroniques et le Coran. Mes lectures m’ont fait réaliser que l’islam n’était pas une religion coupée des deux précédentes. J’ai découvert que le Coran parlait d’Adam (as), Noé (as), Abraham (as), Ismael (as), Isaac (as), Jacob (as), Joseph (as), Moise (as), David (as), Salomon (as), Zacharie (as), Jean-Baptiste (as), et même de Marie et Jésus (as). Tous ces personnages que j’avais découvert dans la Bible se retrouvaient dans le Coran. Ils prêchaient tous le même message, Dieu est unique et Miséricordieux. Ceux qui croient en Lui et font de bonnes actions, auront accès à son Paradis. Nous devons nous repentir et nous rapprocher de notre Créateur. 

La grande différence entre l’Islam et le Christianisme est que Jésus / Issa (as) est considéré comme un prophète et un messager plutôt que le fils de Dieu ou Dieu lui-même. C’était une vision qui était beaucoup plus cohérente avec ma manière de voir les choses et qui répondait à mes préoccupations. Les choses étaient beaucoup plus claires pour moi. L’islam proclame un lien direct avec Dieu sans intermédiaire. C’est à Lui qu’on se confie et à Lui qu’on confesse nos péchés. 

Le prophète Muhammad (saw) a apporté un message qui n’est pas différent du message des autres prophètes avant lui. C’est une simple continuité de ce que l’on apprenait avec les enseignements de Moise (as) dans le judaïsme et de Jésus (as) dans le christianisme. Mais croire en tout ça ne faisait pas forcément de ma conversion une simple formalité. Dans le prochain épisode in shaa Allah, je vous expliquerai comment j’ai finalement sauté le pas et quelles ont été les réactions de mon entourage. 

Je rappelle que ce journal est une expérience très personnelle liée à mon vécu. J’espère qu’il n’offensera personne. Qu’Allah nous accorde de faire preuve de tolérance et de respect face aux croyances des autres tout en pratiquant notre foi pour constamment nous rapprocher de Lui. 

Jour 19 : Comment je suis devenue musulmane (3) et fin

J’ai obtenu le Bac en 2011 et j’ai rejoint l’Université Internationale de Grand-Bassam. J’étais sur le Campus et ne rentrais qu’une ou deux fois par mois. Je continuais de m’informer sur l’islam et j’étais convaincue que c’était la religion qui me correspondait le mieux mais je n’étais pas prête à sauter le pas. J’avais peur. Qu’est-ce que mes parents diraient ? Comment est-ce que mes amis réagiraient ? Comment est-ce que quelqu’un qui a été baptisée, confirmée, enfant de choeur, membre de la liturgie, etc, pouvait devenir musulmane ?

Dans la chronique « Soraya, des ténèbres à la lumière », il y a un personnage qui s’appelait Laura. Elle semblait touchée chaque fois que Soraya et ses amies lui parlaient de l’islam mais elle remettait sa conversion à plus tard. C’était une jeune française qui aimait s’amuser, aller en boite, boire, etc. Un jour, juste après une rencontre avec la bande de Soraya, alors qu’elle rentrait chez elle, Laura a fait un accident de voiture. Elle était sortie avec des amies le jour-même et apparemment c’est parce qu’elle n’était pas encore totalement remise de sa soirée qu’elle a grillé une priorité à droite. 

Cet accident a été le moyen de rapprochement de Laura vers Allah. Elle s’est rendu compte que la vie ne tenait qu’à un fil et que rien ne garantissait en vrai qu’on avait le temps de se repentir plus tard. Pendant son séjour à l’hôpital, ses amies avec qui elle faisait les 400 coups étaient aux abonnés absents pendant que Soraya et les autres essayaient d’être là pour elle. J’avoue qu’en lisant ces passages aujourd’hui, j’ai trouvé que c’était trop facile. Mais à l’époque ça m’avait vraiment marquée. Rien ne me garantissait effectivement que je vivrais assez longtemps pour remettre ma conversion à plus tard. 

Le grand déclic s’est produit avec une partie qui racontait une conversation entre Laura et ses parents. Même s’ils ne comprenaient pas son choix, ils reconnaissaient toutefois que l’islam avait énormément changé leur fille positivement. Elle était plus polie, ne sortait plus la nuit et était bienveillante envers ses parents. Son comportement les a tellement touchés que l’un ou les deux se sont convertis à leur tour. Je n’ai malheureusement pas pu retrouver ce chapitre dans ma relecture. 

C’est l’histoire de Laura, qu’elle soit fictive ou réelle, qui m’a fait prendre conscience que le temps ne m’appartenait pas. Je me suis demandé ce que je pourrais donner comme excuse à Allah si je mourrais en croyant réellement que l’islam est la meilleure voie mais sans avoir eu le courage de me convertir. Sur le coup, toutes mes excuses m’ont paru insignifiantes et j’ai commencé à entreprendre les démarches nécessaires.

L’imam de notre quartier habite à quelques pas de la maison. Je suis entrée en contact avec sa fille pour lui faire part de mon intention. C’est elle qui m’a obtenu un rendez-vous avec lui pour qu’on discute. Elle m’a aussi prêté un exemplaire de « La voie du musulman » pour que j’en apprenne davantage sur la religion. (Fatima si tu passes par ici désolée de l’avoir perdu oh, c’est resté avec quelqu’un d’autre dans mes déménagements…) J’avais également reçu une partie du Coran en français et en arabe d’une connaissance. On y expliquait à la fin comment faire les ablutions et la prière. Et j’ai regardé des vidéos sur Youtube pour apprendre quatre sourates : Al-Fatiha, Al-Ikhlaas, Al-Falaq et An-Nas. 

Lorsque je me suis sentie prête à prononcer la chahada, l’imam a demandé que j’informe d’abord mes parents. C’était une simple formalité avec mon père. Je lui avais déjà donné des indices par rapport à mon intérêt pour l’islam et il n’avait pas d’objection particulière parce qu’il considérait qu’il s’agissait toujours du même Dieu. Lorsque j’ai informé maman, elle a cru que je plaisantais et j’avoue que je n’ai rien fait pour lui faire croire le contraire. Elle a demandé en riant si c’était parce que j’avais un gars musulman. On en a rigolé et j’ai considéré que je l’avais informée… Je n’étais pas assez courageuse pour pousser plus loin. 

Le lendemain, juste après avoir informé maman, j’ai prononcé la chahada chez l’imam : Achhadou an lâ illâha illa-illâh, wa-achadou anna Mouhammadan rassoûlou-llâh. J’atteste qu’il n’y a pas de divinité en dehors d’Allah et j’atteste que Muhammad est son messager. C’était le 12 Juin 2012 et j’avais 18 ans. 

Je me souviens qu’il y avait également deux autres personnes au salon, en plus de l’imam. L’un d’entre eux a entamé une psalmodie. Je ne saurais dire si c’était une sourate ou des duahs mais j’avais été extrêmement touchée. Nous avons également récité la Fatiha ensemble et je suis rentrée à la maison. C’est lorsque ma mère m’a trouvée en train de prier sur la terrasse qu’elle a compris que l’affaire était sérieuse… 

Mes frères et soeurs n’ont pas eu de souci particulier. Certains proches me taquinaient en sous-entendant que je m’étais convertie pour un garçon. C’était des plaisanteries mais ça me faisait un peu mal qu’on imagine que j’aie fait un choix aussi important pour un gars – quoi que chacun est libre de faire ce qu’il veut -. Les musulmans de mon entourage étaient naturellement ravis et j’ai même eu droit à quelques billets de banque, des tapis de prière et des bazins. 

Les nouveaux amis que j’avais à l’université ne m’avaient pas suffisamment connue avant cela pour avoir un avis. Je n’ai pas eu de problème avec ceux que j’ai connus à l’église ou au lycée. J’ignore ce que certains ont pensé ou dit derrière mon dos mais nous n’avons pas eu de discussion déplacée sur le sujet. Donc la seule grande difficulté dans les premiers temps était avec maman. 

Elle ne comprenait pas mon choix et c’était tout à fait normal. Quel parent voudrait voir son enfant suivre une voie religieuse différente de la sienne ? C’était encore plus difficile parce que j’ai commencé à me couvrir les cheveux assez régulièrement. Tantôt avec un foulard ou un bonnet. Je m’éloignais assez de ce qu’elle a toujours connu. Le fait que je vive sur le campus à Bassam a limité nos interactions et donc réduit les risques de tensions mais il y en avait quelques fois. L’année qui a suivi, je me suis envolée pour les Etats Unis et la distance a été encore plus grande.  

Pour ceux qui ont déjà vécu à l’internat ou à l’étranger, loin de leurs parents, vous avez sans doute remarqué que généralement ils semblent nous aimer beaucoup plus lorsqu’on revient à la maison pendant quelques jours. C’est exactement ce qui s’est passé pour moi. J’avais également le choix entre me braquer et être dans la confrontation ou essayer de montrer à maman que ma conversion ne changeait rien au fait que j’étais toujours sa fille. J’ignore qui m’a donné des conseils et ce que j’ai lu sur le sujet mais j’ai compris que je devais multiplier les signes d’affection pour la rassurer. 

J’essayais de lui offrir plein de cadeaux quand je revenais au pays et d’être plus proche d’elle. Surtout que j’ai toujours été une fille à son papa… Je priais également beaucoup pour qu’Allah facilite notre relation. Al hamdoulilah, aujourd’hui, la religion ne représente plus une barrière entre nous. Parfois, pendant le mois de Ramadan, c’est elle même qui me donne des plats particuliers pour l’iftar et elle nous aide souvent à la cuisine pour les fêtes musulmanes. Elle m’a même offert des foulards et des boubous. 

Je sais qu’il lui arrive d’être blessée quand des musulmans lui rappellent ma conversion comme s’ils voulaient faire mes éloges. Ça manque de tact, mais les gens ne s’en rendent pas toujours compte. Je suis également sûre qu’elle continue de prier pour que je redevienne chrétienne. D’ailleurs je fais pareil pour elle… Mais je suis toujours reconnaissante parce que nous nous sommes rapprochées après cet épisode. Bien sûr, il lui arrive souvent d’être fâchée contre moi mais c’est surtout parce que je suis toujours aussi paresseuse quand il s’agit des taches ménagères et de la cuisine… 

Ailleurs, certains enfants sont reniés par leurs proches lorsqu’ils se convertissent à une religion différente. Allah m’a fait la grâce d’avoir une famille tolérante et respectueuse des choix religieux des autres. Je prie chaque jour qu’Il les bénisse et nous accorde de nous retrouver au Paradis. 

Pour ce qui est de la religion, je continue de le faire à travers des livres, des vidéos et j’ai un magnifique entourage de musulmans et musulmanes toujours prêts à m’aider à trouver des réponses à mes questions. Je suis encore très loin dans l’acquisition des connaissances mais al hamdoulilah, on ne finit jamais d’apprendre. Et je crois que les épisodes précédents vous ont donné plus de détails sur mon apprentissage du Coran.

Voilà, je pense que j’ai tout dit par rapport à ma conversion. Si certaines personnes ont envie d’en discuter, mon mail est ouvert. J’espère que mon expérience sera bénéfique pour ceux qui se posent des questions ou passent par les mêmes étapes. Qu’Allah nous apaise et renforce nos liens avec nos proches musulmans et non-musulmans. 

Jour 20 : 13 Mai 2020 – Mise à jour 

Je ne vous ai pas raconté comment mon Ramadan se déroulait pendant ces trois derniers jours mais nous avons fait un superbe retour dans le passé. Ça m’a fait plaisir de replonger dans mes souvenirs pour voir le chemin parcouru et je suis toujours aussi reconnaissante à Allah de m’avoir fait musulmane. 

Les jours se ressemblent un peu en ce moment et j’évite toujours de sortir de la maison. D’ailleurs, je suis même du genre à passer énormément de temps dans ma chambre. Mon programme est relativement simple, réveil à 4h, prise du sahour en écoutant des enseignements, les prières du matin, lecture et écoute de quelques sourates en arabe, lecture d’au moins 30 pages du Coran en Français. Au début, je rajoutais également la mémorisation des noms d’Allah mais je me rends compte que je stagne toujours à ce niveau après les 33 premiers noms. J’essaie de toujours réviser les mêmes.

Avec la dernière décade du Ramadan qui commence, j’ai décidé de me lever une heure plus tôt pour espérer profiter de Laylatul Qadr, la nuit qui est meilleure que mille mois d’adoration. Al hamdoulilah, j’étais loin de m’imaginer que ce Ramadan serait l’un des meilleurs de ma vie. Le fait de ne pas pouvoir aller à la mosquée ou faire des prières en groupe m’amène à faire plus d’efforts en privé. Cette année, je n’ai pas eu de problème avec mon réveil. Fini les réveils tardifs ou on court dans tous les sens pour essayer d’avaler quelque chose avant la fin de l’heure du sahour. Et pourtant, il m’arrivait de dormir relativement tard. 

Je n’aime pas les dattes, pourtant c’est le premier aliment recommandé par le prophète Muhammad (saw) pour rompre le jeûne. D’après le Hadith, il a dit « Si l’un d’entre vous veut rompre le jeûne, qu’il le fasse avec des dattes parce qu’elles sont une bénédiction, et s’il n’en trouve pas, qu’il rompe le jeûne avec de l’eau parce qu’elle est une purification. » (Rapporté par Abou-Daoud et At-Tirmidhi)

Généralement, je romps mon jeûne avec de l’eau. J’ai beau essayer, les dattes fraîches, les dattes sèches, je n’arrivais pas à les apprécier. Eh bien, cette année, j’ai trouvé une stratégie. Pendant ces derniers jours, j’ai fait l’effort de grignoter au moins quelques petits bouts de datte au moment de la rupture, avant de boire de l’eau. J’ai fini ma première datte en entier au bout de trois jours… oui j’exagère mais pour moi c’est un exploit. J’ai d’ailleurs mangé la deuxième en deux jours. Je ne suis toujours pas une grande fan mais je veux quand même arriver à pouvoir rompre mon jeûne sans souci avec une datte comme le faisait le prophète Muhammad (saw). 

Pour arriver à atteindre nos objectifs, surtout lorsqu’ils nous semblent difficiles, il faut essayer chaque jour de faire un petit pas. C’est aussi ce que nous a recommandé notre ustadha pour l’apprentissage du Coran. Elle a dit qu’on peut être tenté d’abandonner parce qu’on ne voit pas directement les améliorations mais plus on pratique, plus notre lecture devient meilleure. 

Elle m’a dit que c’était important de créer une relation avec le Coran en le lisant constamment. Qu’on arrive à prononcer les lettres à la perfection ou pas, il ne faut rien lâcher. On peut prévoir au moins 10 minutes chaque jour pendant lesquelles nous lisons seul(e), sans même écouter un récitateur. Elle recommande aussi de s’enregistrer pour pouvoir s’écouter et déceler nous-mêmes les lettres mal prononcées.

Ensuite, il faut prendre du temps pour écouter tout simplement. Écouter abondamment au point où on aura l’impression que certaines lettres difficiles s’infiltrent d’elles-mêmes dans notre gorge. En ce moment, j’écoute surtout l’imam Mishary bin Rashid Alafasy. J’aimais bien taquiner notre ustadha parce qu’elle l’aime beaucoup mais j’avoue que moi-même je suis conquise. Pour l’écouter plus facilement sur mon téléphone, je me suis abonnée à la chaîne Muslim Central sur Apple Podcasts. La chaîne a mis en ligne la récitation de toutes les sourates par l’imam Mishary. 

Le troisième conseil de notre ustadha est d’écouter et de réciter en même temps. Cela peut nous aider à remarquer lorsque notre prononciation est différente de celle du récitateur. Et puisque tout seul on ne pourrait pas faire tous les progrès nécessaires, nous devons aussi avoir un enseignant rigoureux qui va nous écouter et nous corriger. Rigoureux parce qu’il y a le risque d’avoir quelqu’un qui va nous laisser avancer avec certaines erreurs compte tenu de la difficulté de la prononciation de certaines lettres pour un non-arabe. Il vaut mieux insister pour ne pas accumuler les lacunes. C’est sans doute la raison pour laquelle je n’ai fait que réviser la sourate Fatiha pendant tout ce mois de Ramadan même si je lisais également les autres sourates que j’ai apprises avant. Notre ustadha est duuuure ! 

Enfin, j’ai vécu une expérience assez particulière avec le Coran. J’ai voulu écouter la sourate Yusuf récitée par Mishary, pendant que je la lisais en Francais. Je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai été autant émue à l’écoute du Coran. C’est souvent difficile de se contenter d’écouter des sourates en arabe alors qu’on n’a aucune idée du sens. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai suivi les premières vidéos introductives de Nouman Ali Khan et donc créé une petite relation avec la sourate Yusuf mais franchement l’expérience était bien. Je n’ai pas écouté toute la sourate en Arabe mais les premiers versets étaient suffisants pour m’arracher quelques larmes…

Nous amorçons la dernière décade du mois de Ramadan. Qu’Allah nous aide à développer une relation avec le Coran, pas à pas, et qu’Il nous accorde de profiter de Laylatul Qadr. 

Jour 21 : 14 Mai 2020 – Remises en question 

Aujourd’hui a été une journée particulièrement éprouvante. Al hamdoulilah, j’ai pu me lever à l’heure que je voulais pour prier et manger. J’ai eu le meilleur repas de sahour de ce Ramadan : un Yassa au poulet que ma soeur a préparé. Mais je croyais que j’avais tellement le temps qu’au lieu de boire de l’eau après le repas, je suis d’abord allée me brosser les dents. (Oui je partage tous les détails ici). Résultat, j’ai dû finalement me dépêcher parce qu’il était quasiment l’heure de la fin de la prise du sahour lorsque je me suis rendu compte de mon insouciance. Au final, je n’ai pu avaler que deux gorgées d’eau alors que j’essaie généralement d’en boire deux verres.

J’avais une présentation ce matin à 10h pour le programme Jeunes Blogueurs d’Unicef. Je devais entretenir plus d’une cinquantaine de jeunes sur l’écriture pour le web. Une heure de conversation qui m’a évidemment laissé la gorge très sèche. J’ai donc été éprouvée toute la journée par la soif mais il y a eu autre chose encore… 

Hier, je me suis endormie sur une discussion pleine de malentendus avec une connaissance. Je lui ai laissé une note vocale en allant me coucher et j’ai lu ses réponses plus tard dans la matinée. Ma première réaction à chaud était de lui demander que l’on arrête tout simplement d’interagir pour éviter qu’on ne se blesse davantage mutuellement. C’était la deuxième fois qu’on avait des échanges similaires et cette fois était la pire. J’avais déjà écrit plusieurs paragraphes de réponse avant de demander à mes amies si on était autorisé à rompre les liens avec d’autres musulmans qui ne font pas partie de notre famille. Surtout que nous sommes dans le mois de Ramadan. Al hamdoulilah, elles ont été de bon conseil et je ne me suis finalement pas laissée emporter par mes émotions. Qu’Allah les récompense.

J’en veux à cette personne. Je sais que je dois pardonner et que je ferai les efforts pour cela in shaa Allah. Mais pour le moment, c’est trop frais. Je vois les choses de mon angle de vue et j’ai une idée arrêtée sur les torts de l’une et l’autre. Pourtant, je me suis quand même remise en question au delà de cette altercation. 

Je suis quelqu’un de sarcastique et j’essaie au quotidien d’être le plus honnête et directe possible dans mes interactions. Mes amies les plus proches sont des pros du sarcasme et c’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles nous nous entendons aussi bien. J’attends de mes proches qu’ils me fassent des critiques honnêtes et constructives et j’essaie de faire la même chose lorsqu’on me le demande. Malheureusement, je ne me rends pas compte que ce trop plein de ce que j’appelle franchise peut être considéré comme irrespectueux pour d’autres. Je ne me rends pas toujours compte que mon sarcasme peut également blesser. 

Les échanges que j’ai eus avec cette personne m’ont amenée à réfléchir à mes interactions avec les autres. À repenser la manière dont je m’exprime et surtout à tourner ma langue et mes doigts mille fois avant de parler ou d’écrire. Ce n’est pas juste pour ne pas blesser les autres par mes propos directs mais aussi pour éviter de médire d’eux auprès des autres. En islam, le fait de parler dans le dos de son frère ou de sa soeur est similaire à l’acte de manger sa chair. 

« Ô vous qui avez cru ! Evitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché. Et n’espionnez pas; et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? (Non!) vous en aurez horreur. Et craignez Allah. Car Allah est grand Accueillant au repentir, Très Miséricordieux. » Al-Hujuraat 12. 

La médisance est sans doute le péché le plus facile que l’on commet presque tous. Il s’agit de dire de son frère, en son absence, ce qu’il n’aurait pas aimé que l’on dise sur lui. S’il s’agit d’une vérité, c’est de la médisance. S’il s’agit d’un mensonge, c’est de la diffamation. D’après le prophète Muhammad (saw), au jour du jugement, Allah prendra de nos bonnes oeuvres pour les donner à ceux dont on a médit. Et si on n’a plus de bonnes oeuvres, Il nous donnera une partie de leurs péchés.

Après une dispute, nous avons le réflexe d’en parler à nos proches pour se libérer mais aussi parce qu’on espère qu’ils nous diront que la raison se trouve de notre côté. Mais très souvent, nous le faisons en médisant de l’autre personne. Le fait de donner les détails de notre dispute, surtout en présentant les choses uniquement de notre point de vue, n’a pas véritablement d’avantages à part le fait de nous conforter dans notre position. À moins qu’on le fasse en présence de l’autre et dans le but de chercher une conciliation ou pour demander conseils pour arranger la situation. 

C’est un exercice difficile mais nous devons apprendre à tenir nos langues. Je n’ai jamais réalisé à quel point ça l’était jusqu’à ce que je fasse l’effort de mettre un terme à cette conversation houleuse alors que j’aurais pu encore étaler d’autres arguments. Ça a été encore plus difficile d’essayer de ne pas en partager les détails à d’autres personnes, tout en essayant de me calmer. 

Ce matin, j’ai écouté des enseignements de l’imam Omar Suleiman sur l’importance d’aimer son frère en Allah, de lui rendre visite quand il est malade ou juste pour la cause d’Allah. J’ai eu l’impression que Dieu a fait exprès de me faire écouter ces messages précis parce qu’Il savait que je devrais lutter à la fois contre mon ego et mes émotions. En islam, d’après le prophète Muhammad (saw), celui qui s’écarte de son frère au-delà de trois jours et meurt rentre dans le feu. On pourrait par contre pardonner et prendre ses distances. 

Cette expérience m’a montré mes limites en tant qu’être humain. J’ai une facilité à dire aux autres de pardonner ou d’essayer de se mettre à la place des autres. J’y arrive même généralement également, du moins d’après l’une de mes amies. Mais cette fois-ci, j’ai eu beaucoup de mal. J’ai terminé l’écriture de ce texte au Jour 22 et je suis beaucoup plus apaisée que quand je l’ai commencé. Mais j’ai compris encore une fois pourquoi est-ce qu’on met autant l’accent sur la Miséricorde de notre Créateur. Nous sommes si faibles en tant que créatures… 

Cette journée a été éprouvante mais j’espère que toutes ces remises en question m’aideront à être plus bienveillante dans mon langage. C’est sûr que je serai toujours sarcastique et directe avec certaines personnes (my people), mais je ferai des efforts pour d’autres in shaa Allah. Qu’Allah nous aide à tenir nos langues, à demander pardon et à pardonner comme nous aimons qu’Il nous pardonne. 

Jour 22 : 15 Mai 2020 – La diversité religieuse

J’écris ce texte avec beaucoup de retard parce que j’avais envie d’aborder ce sujet en particulier tout en ayant des réticences. L’une de mes amies m’a envoyée une vidéo d’une conférence de Tariq Ramadan où il aborde le sujet de la diversité religieuse. Son message m’a particulièrement touchée. 
Le fait d’avoir une famille dont les membres pratiquent différentes religions m’en a appris énormément sur le respect des choix. Dans sa conférence, Tariq Ramadan met l’accent sur un passage dans la sourate Al-Baqara, lorsqu’Allah demande au prophète Muhammad (saw) de se tourner désormais exclusivement vers la Mecque pour prier.


« A chacun une orientation vers laquelle il se tourne. Rivalisez donc dans les bonnes oeuvres. Où que vous soyez, Allah vous ramènera tous vers Lui, car Allah est, certes Omnipotent. » Al-Baqara 148


Tariq Ramadan rappelle que l’islam ne fait pas disparaître les autres religions. C’est Dieu lui-même qui a voulu la diversité religieuse pour que cela soit également une épreuve pour nous.


“(…) Si Allah avait voulu, certes Il aurait fait de vous tous une seule communauté. Mais Il veut vous éprouver en ce qu’Il vous donne. Concurrencez donc dans les bonnes oeuvres. C’est vers Allah qu’est votre retour à tous; alors Il vous informera de ce en quoi vous divergiez.” Al-Maaida 48.


Il ne suffit pas de se prétendre musulman et dire qu’on appartient à la meilleure communauté. En quoi est-ce que nous nous distinguons au quotidien dans notre comportement ? Le fait de se tourner vers la Mecque n’est pas juste une orientation physique, c’est aussi un engagement à respecter les principes de l’islam.


Aujourd’hui, les femmes voilées représentent plus facilement le visage de l’islam. Qu’on le veuille ou non, nos actes seront utilisés pour apporter un jugement sur l’ensemble des musulmans. Nous avons le devoir de faire preuve d’une intégrité morale où que nous soyons. Ce n’est pas facile, c’est sûr. Le simple fait d’être musulmane ou même voilée ne nous rend pas infaillible. Mais pour faire partie de la Umma du prophète Muhammad (saw) nous devons faire encore plus d’efforts pour montrer le bon exemple dans nos actes.

La présence des autres religions est une épreuve pour nous parce que nous pouvons être tentés de nous tourner vers d’autres voies ou d’être plus complaisants dans la pratique de notre religion. Tariq Ramadan dit que plus qu’une tolérance, nous devons respecter les autres religions. Mais cela ne doit pas nous amener à nous détourner de la nôtre.


De manière générale, les gens respectent ceux qui sont fidèles à leurs valeurs. Le musulman ne boit pas, ne mange pas de porc, il doit faire ses cinq prières, il doit être honnête, etc. Lorsque nous nous éloignons de nos principes pour faire plaisir aux autres, non seulement nous déplaisons à notre Créateur mais en plus nous montrons que nous craignons plus le regard des autres que celui d’Allah. Et que nous sommes prêts à faire des compromis dans nos croyances.


Bien sûr, on peut pas plaire à tout le monde. On ne peut être d’accord avec tout le monde non plus. Certaines personnes trouveront le moyen de vous critiquer juste parce que vous êtes musulmans et respectez les règles de l’islam. Quand bien même vous ne les gênez en rien. D’autres iront jusqu’à vous traiter d’extrémiste parce que vous ne voulez pas faire de compromis. Mais Tariq Ramadan a dit une phrase qui m’a touchée.


“Il y a des gens qui parce qu’ils ne savent pas où ils vont, sont toujours gênés par ceux qui savent où ils vont.”


C’est connu. Même au delà de la religion, nous avons tendance à répercuter nos limites sur les autres. A leur dire qu’ils ne peuvent pas faire telle ou telle chose, juste parce que nous ne nous croyons pas capables nous-mêmes de le faire.


J’hésitais à écrire ce texte avec une conférence de Tariq Ramadan comme référence à cause des polémiques dont il est au centre depuis ces dernières années. On se rend compte que c’est beaucoup plus difficile de prendre position et de juger lorsqu’on apprécie soi-même la personne accusée. Ça m’a fait penser à l’inévitable question : doit-on distinguer l’artiste ou la personnalité publique de l’homme ?


En temps normal, j’aurais été catégorique. Aujourd’hui, je suis amenée à remettre en question mon jugement. À me demander s’il s’agit effectivement d’un coup monté ou s’il est coupable de ce dont on l’accuse. Ça montre bien encore une fois que l’être humain est très souvent dans le deux poids deux mesures.


Je n’ai pas les bonnes réponses mais cette fois j’ai choisi de me focaliser sur le message. Respectons les autres religions, rivalisons en bonnes œuvres pour se distinguer, restons fidèles à nos principes et ne nous détournons pas de notre voie.


Qu’Allah nous aide à être et à persévérer dans le droit chemin. 

Jour 23 : 16 Mai 2020 : Profitons de Laylatul Qadr

Rassurez-moi, j’espère que je ne suis pas la seule à dormir quasiment toute la matinée après avoir veillé la nuit. J’imagine bien que c’est un luxe que ne peuvent se permettre que ceux qui ne travaillent pas actuellement comme moi. Ou qui sont en télétravail avec des horaires flexibles. 

En ce moment, nous sommes dans les dix dernières nuits du Ramadan. Nous veillons en espérant profiter de Laylatul Qadr, la nuit qui vaut mieux que mille mois d’adoration. Ceux qui auront la grâce de prier pendant cette nuit verront leurs péchés antérieurs pardonnés. Qui ne voudrait pas bénéficier de cette absolution complète ? 

Je suis ravie de pouvoir me réveiller au milieu de la nuit et prier jusqu’à l’heure de la prise de Sahour puis la prière de Fajr. Mais après je suis tellement K.O que je pourrais dormir jusqu’à la deuxième prière obligatoire de la journée. Je me demandais même si cela ne risquait pas d’annuler mon jeûne. Dieu merci, ce n’est pas le cas. Mais ce n’est pas recommandé de trop dormir en journée lorsqu’on jeûne. C’est faire preuve de négligence alors qu’on pourrait passer ce temps à faire des actes d’adoration. Pour le moment, je me console avec le fait que je profite de ce sommeil en journée pour remplacer le temps passé en prière la nuit. 

Les dix derniers jours du Ramadan sont également propices pour la multiplication des aumônes. Tout ce que nous ferons en bonnes œuvres aura encore plus de valeur. L’Imam Omar Suleiman a partagé une astuce familiale que j’ai beaucoup aimée. Quand il était petit, ses parents faisaient passer une caisse tous les jours, dans laquelle ils devaient mettre un montant. Qu’il s’agisse d’un dollar ou moins, tout le monde devait participer. À la fin du mois, le contenu de la caisse était offert en aumône. C’est une excellente manière d’apprendre aux enfants à donner et on pourrait nous-mêmes l’utiliser en temps qu’adultes. 

Personne ne sait exactement quand a lieu Laylatul Qadr. Quand bien même les mosquées ont l’habitude de faire une veille spéciale pendant la 27e nuit du Ramadan, c’est surtout recommandé de la chercher pendant toutes les dix dernières nuits. On parle aussi souvent des nuits impaires mais en vrai, une nuit paire chez nous peut être impaire ailleurs.

Dans une ancienne vidéo, Omar Suleiman nous rappelle aussi que Laylatul Qadr commence après la prière de Maghrib. Nous devons faire encore plus attention à ce que nous disons et faisons dès cet instant là. Il serait dommage qu’on ne bénéficie pas des mérites de cette nuit bénie juste parce que nous nous sommes embarqués dans des discussions ou actes futiles. C’est plutôt le moment de multiplier les invocations. L’invocation idéale est rapportée dans ce hadith. 

« D’après Aicha (qu’Allah l’agrée) : j’ai dit au Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui): Ô Messager d’Allah ! Vois-tu si je connais dans quelle nuit est la nuit du destin que dois-je dire durant cette nuit ?

Le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Tu dis: Ô Allah ! Tu es certes pardonneur et tu aimes le pardon alors pardonne moi ». »

(Rapporté par Tirmidhi dans ses Sounan n°3513 qui l’a authentifié et il a également été authentifié par cheikh Albani dans sa correction de Sounan Tirmidhi)

En arabe : اللَّهُمَّ إِنَّكَ عَفُوٌّ تُحِبُّ العَفْوَ فَاعْفُ عَنِّي

En phonétique : Allahoumma Innaka ‘Afouwoun Touhiboul ‘Afwa Fa’fou ‘Anni


Pour celles qui sont indisposées pendant cette période, mon amie m’a envoyé cette vidéo de Nouman et Omar Suleiman. Vous pourrez apprendre comment profitez de Laylatul Qadr même sans pouvoir prier.

Qu’Allah nous aide à multiplier les aumônes, les prières et à bénéficier des mérites de Laylatul Qadr.

Jour 24 : 17 Mai 2020 – Rien n’est garanti


La première chose que j’ai faite à la rupture aujourd’hui a été d’avaler deux comprimés d’Imodium. Les connaisseurs connaissent…

J’ai fait une indigestion toute la journée et je n’ai bu que de l’eau à l’heure de la rupture. Même l’odeur de l’attiéké-poisson braisé me donnait la nausée. C’est dire à quel point c’est grave. On se rend toujours plus compte du caractère précieux de la santé lorsqu’on est malade. Lorsqu’on est dans l’incapacité totale de contrôler son corps et ses envies.

Je disais à l’une de mes amies qu’en 2016, j’avais eu très mal parce que mes règles sont venues au moment de la 27e nuit du Ramadan. J’étais au Canada, chez une autre amie. J’avais mal non seulement de ne pas pouvoir faire la prière de nuit à la mosquée mais aussi de devoir être juste assise pendant la prière de l’Eid. Mon amie m’a dit que je lui avais déjà raconté cette anecdote et ça m’a montré à quel point ça m’avait vraiment touché, au point d’en parler à chaque fois.

Cette année, les anglais ont débarqué plus tôt. Al hamdoulilah, je me réjouissais de pouvoir vivre plus amplement les dix dernières nuits du mois de Ramadan et la prière de l’Eid. Même si l’accès aux mosquées est restreint à cause du coronavirus, je savais que je pourrais au moins prier chez moi. Et puis, je suis tombée malade et je me suis posée des questions.

Rien ne nous garantit que tout se passera comme prévu. C’est bien pour cela qu’Allah nous demande chaque fois de dire “In shaa Allah”, si Dieu le veut. Je me sentais tellement mal dans la soirée que je craignais de ne pas pouvoir me lever cette nuit pour prier et de peut-être rater Laylatul Qadr. Al hamdoulilah, Allah m’a fait la grâce de pouvoir faire quelques Rakats parce que je n’arrivais plus à dormir entre 23h et 2h du matin.

Cette nuit, pendant que j’avais mal, on nous annonçait le décès de l’imam Cheick Aima Boikary Fofana, président du Conseil Supérieur des Imams en Côte d’Ivoire. Inna lillahi wa inna ilayhi raji’un. Certes nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons.

L’imam est décédé à 77 ans d’une maladie. Certains communiqués parlent du covid-19. Je ne savais pas grand-chose de lui. Tout le monde s’accorde toutefois à dire que c’était un grand homme de foi et un artisan de paix. Les hommages fusent en ce moment sur les réseaux sociaux et sa mort est un rappel pour nous. Que dira-t-on de nous quand on partira ? Mais surtout, quelle sera notre relation avec Allah au moment du grand départ ?

La mort n’épargne personne. Lorsque nous mourons, le père ne rendra pas de compte pour son enfant et l’enfant ne rendra pas de compte pour son père. La seule chose qui comptera sera les bonnes œuvres que nous aurons accumulées. L’imam part dans un mois béni. Il ignorait sans doute qu’il ne verrait pas l’Eid et nous non plus ne savons pas si nous en aurons la grâce. Profitons encore plus de ce mois d’adoration pendant que nous le pouvons car rien ne nous garantit le prochain Ramadan.

Qu’Allah accorde les plus hauts degrés du Paradis à Son serviteur Cheick Aima Boikary Fofana et qu’Il nous accorde à tous une bonne fin.

Jour 25 : 18 Mai 2020 – Toujours dire al hamdoulilah

Dans l’épisode 16 de la série Angels in your presence, Omar Suleiman met l’accent sur l’importance d’être reconnaissant envers Allah, même quand on est malade. Lorsqu’une personne nous demande notre état de santé, nous devons avant tout dire al hamdoulilah (louange à Allah), pour toutes les autres choses dont Allah nous fait grâce. Nous pouvons ensuite décrire ce qui ne va pas, mais seulement en termes de description plutôt que pour nous en plaindre. 

Lorsque nous sommes malades et que nous disons Al hamdoulilah, les anges à notre chevet rendent compte à Allah. Allah décide alors qu’en cas de décès, Il nous accordera Son Paradis. En cas de guérison, Il nous pardonnera nos fautes et remplacera notre chair et notre sang par quelque chose de meilleur. 


J’ai regardé cet épisode il y a quelques jours et j’ai eu l’occasion de le mettre en pratique aujourd’hui. Mais au-delà d’avoir envie de bénéficier de ces grâces d’Allah, je suis vraiment reconnaissante parce qu’il y a eu du mieux dans ma santé. Ma fièvre est tombée et c’est déjà très bien. J’ai même pu avaler quelques bouchées de riz blanc et boire une soupe et un thé. C’est dommage que je ne me sois pas pesée en ce début du mois de Ramadan. Je n’imagine pas tous les kilos que j’ai dû perdre entre le sport, le jeûne et l’indigestion… 


J’ai regardé le premier épisode du Tafsir de Nouman Ali Khan pour la sourate Yusuf. Les épisodes introductifs étaient assez longs pour détailler des parallèles entre les histoires de Yusuf (as) et Musa (as). Maintenant, on plonge dans la sourate elle-même. Nouman a décidé d’y aller pas à pas en prenant un ou deux versets à la fois. Il se pourrait que cette série soit très longue et continue après Ramadan mais le plus important est tout ce que nous apprendrons grâce à ça. 


Dans le Coran, plusieurs sourates commencent par des lettres de l’alphabet arabe. C’est le cas de la sourate Yusuf qui commence par Alif, Lām, Rā (الر). Nous ne connaissons pas le sens de ces lettres dans ce contexte. La signification se trouve seulement auprès d’Allah, l’Omniscient. Nouman Ali Khan nous rappelle qu’il est inutile et même interdit de conjecturer sur le sens de ces choses dont Allah a choisi de nous cacher le sens. 


Ici, on ne parle pas de certaines choses dont on pourrait avoir la signification en étudiant, avec l’aide des savants. On parle de ce dont Allah a décidé qu’on n’avait pas besoin pour être guidés. Nouman Ali Khan a d’ailleurs raconté une anecdote de quelqu’un qui lui disait qu’il avait trouvé où se trouve la caverne dont Allah parle dans le Coran, en analysant les écrits et en regardant sur Google Earth… SoubhanAllah !


En même temps que Nouman nous met en garde contre le fait de se perdre en conjectures sur les choses qu’Allah Seul sait, il parle aussi de l’importance d’apprendre la langue arabe pour mieux comprendre le Coran. Le deuxième verset de la sourate Yusuf est : «  Nous l’avons fait descendre, un Coran en [langue] arabe, afin que vous raisonniez. »


On aurait sans doute préféré avoir le Coran original dans nos langues maternelles mais Allah sait pourquoi Il fait ce qu’Il fait. Nouman partage plusieurs particularités de la langue arabe, liées au fait qu’à l’époque, le peuple arabe était isolé dans le désert. Mais il explique surtout qu’aujourd’hui, l’Arabe n’est plus la langue que des natifs mais de tous les musulmans. D’ailleurs, la plupart des grandes exégèses faites à partir même du sens complexe de certains mots arabes ont été réalisés par des non-arabes.


En tant que musulmans, nous devons apprendre la langue du Coran pour nous rapprocher de la parole d’Allah. C’est sûr que ce n’est pas une chose facile mais on devrait l’inclure dans la liste de choses à réaliser. Il ne suffit pas juste de savoir distinguer les lettres même si c’est un excellent début. Il faut arriver à comprendre ce que l’on lit. J’avoue que c’est tellement intéressant ne serait-ce que de pouvoir savoir lorsqu’on entend miskin, qu’il s’agit de « pauvre » ou encore de savoir ce que signifie les noms d’Allah quand on les entend dans un verset. Il y a clairement une énorme différence entre réciter ou écouter le Coran en sachant ce que cela signifie et lorsqu’on n’entend que des sons sans sens particulier pour nous.


Qu’Allah nous facilite l’apprentissage de l’arabe, de la lecture du Coran et nous aide à toujours dire al hamdoulilah. 

Jour 26 : 19 Mai 2020 – Les tourments du passé

Il est beaucoup plus difficile de se pardonner certaines choses que de pardonner aux autres. Du moins c’est mon expérience personnelle. On ressasse sans cesse nos erreurs, nos péchés, quand bien même on a déjà demandé pardon à Allah. C’est comme si finalement on doutait un peu de sa capacité à nous pardonner ou qu’on décidait malgré Son pardon de nous punir nous-mêmes. On a parfois peur d’être démasqués, qu’un jour quelqu’un nous jette nos erreurs à la figure et on continue donc sans cesse de s’en vouloir.

J’ai regardé une vidéo de Mufti Menk sur le fait d’être hanté par son passé, et ça m’a fait penser à un passage que j’ai lu dans le Coran. 

« Il dit: «Et qui désespère de la miséricorde de son Seigneur, sinon les égarés? »

Al-Hijr 56. 

C’était une réplique d’Ibrahim aux anges qui sont venus lui annoncer qu’il aurait un enfant malgré son âge très avancé. Ça m’a marquée parce que je me suis dit que chaque fois que nous désespérons de la miséricorde de notre créateur, nous prenons le chemin des égarés. C’est difficile de se pardonner soi-même. C’est difficile parfois de se dire qu’on mérite telle ou telle chose en analysant nos erreurs du passé. Mais on devrait se rappeler que si Allah lui-même décide de nous pardonner, personne d’autre ne compte, pas même nous. Ça ne sert à rien de ressasser sans cesse les mêmes erreurs parce que ça ne changera pas ce qui a été. Il vaut mieux se focaliser sur ce qu’on peut faire mieux à l’avenir in shaa Allah.

L’une de mes amies m’a fait remarquer que je consomme beaucoup de contenus YouTube en ce moment. Je crois que c’est pour compenser le temps que je passe généralement sur Facebook, Twitter et Instagram. J’aime beaucoup parce que du coup j’apprends encore plus de choses, surtout dans la religion. Mes enseignants préférés du moment sont Omar Suleiman, Nouman Ali Khan et Mufti Menk.

J’avais fait une pause dans ma lecture du Coran en français et en arabe à cause de l’indigestion et les douleurs mais j’ai pu reprendre aujourd’hui. Al hamdoulilah il ne me reste plus que quelques pages pour terminer le Coran en français et je crois que ça sera peut-être la première fois que je le fais en un mois. Pour le Coran en arabe, j’ai revu mes objectifs à la baisse et je me contente de lire et écouter les 25 dernières sourates. J’essaie toujours d’améliorer ma prononciation de certaines lettres avec la sourate Fatiha. Les douleurs partent au fur et à mesure donc j’espère pouvoir bien reprendre in shaa Allah.

J’ai aussi eu l’occasion de terminer « Trouver son pourquoi » de Simon Sinek, Peter Docker et David Mead. Ça m’a pris trois semaines au total parce que c’était important de mettre en pratique certains concepts. Ce livre m’a été très utile, aussi bien lorsqu’il s’agit de ma mission personnelle que celle du Centre Eulis. J’espère in shaa Allah pouvoir l’utiliser avec l’équipe du centre. En attendant, j’essaie de booster les membres du club de lecture en ligne pour qu’ils le terminent à leur tour et trouvent leur Pourquoi. Je vous le recommande si vous voulez découvrir la raison pour laquelle vous faites ce que vous faites et comment retranscrire vos valeurs en actes. Si vous faites partie d’une équipe ou d’une organisation, ça vaut vraiment la peine d’essayer de trouver votre Pourquoi tribal. 

Je vous ai suffisamment parlé de mariage pendant ce mois de Ramadan mais je vais quand même l’aborder à nouveau brièvement. J’ai regardé un magnifique panel avec Nouman Ali Khan, Omar Suleiman et Abdul Nasir Jangda. Ils ont abordé les thèmes de pluralité d’écoles et confréries en islam, le terrorisme et les relations hors-mariage. Ce Ramadan m’a permis de faire énormément d’introspection et j’ai réfléchi à nouveau sur cette idée selon laquelle on doit forcément développer une relation sur le long terme avant de se marier, alors que c’est interdit en islam. Je n’en dirai pas plus ici parce que j’ai écrit un texte sur Medium pour partager mon ressenti. Medium est un peu comme mon journal intime où je dépose certains textes en anglais, je vous laisse apprécier. 

J’espère que vos nuits en prière se déroulent bien et qu’on sortira tous meilleurs de ce mois de Ramadan. Qu’Allah nous aide à nous pardonner nous-mêmes, à tirer des leçons de notre passé et à mieux vivre notre présent pour préparer notre avenir ici-bas et dans l’au-delà.

Jour 27 : 20 Mai 2020 – Conservons nos acquis. 


On approche inexorablement vers la fin du mois de Ramadan et je crains déjà de replonger dans mes mauvaises habitudes concernant les réseaux sociaux. Je sais qu’il y a une tonne de messages qui m’attendent mais pour le moment je ne ressens aucune pression. Je crains que le retour m’amène à être encore plus boulimique dans ma consommation des réseaux sociaux pour rattraper le temps en dehors. J’en discutais avec une amie et elle m’a dit que ça serait bien de me rappeler de temps en temps tout le positif que j’ai tiré de cette période off. Le fait de repenser à la quiétude que j’ai ressentie lorsque je ne me sentais pas obligée de poster tout le temps ni même de checker les messages pourrait m’aider à mieux gérer mon usage. On verra bien in shaa Allah. 


J’ai également beaucoup apprécié de pouvoir me lever plus tôt dans la nuit jusqu’à Fajr. J’espère pouvoir continuer comme ça in shaa Allah même si je n’aurai pas toujours l’occasion de faire la grâce matinée après. Ça serait top de temps en temps au moins de pouvoir prier la nuit et réciter le Coran. Dans la sourate Al-Muzzammil, ayat 6, Allah nous dit Lui-même que « La prière pendant la nuit est plus efficace et plus propice pour la récitation. » Je l’ai effectivement expérimenté. Je crois que le fait de n’avoir aucun bruit aux alentours et de n’avoir pas vraiment eu le temps de réfléchir à mille et une choses juste avant aide beaucoup à mieux se concentrer pendant la prière. 


Mes douleurs sont enfin parties al hamdoulilah. Je crois que c’était la deuxième fois que je souffrais d’indigestion. Je devrais faire plus attention à mon alimentation et surtout éviter de manger tard comme j’en ai l’habitude. Ces derniers jours, je craignais tellement d’aggraver la situation que je prenais surtout du thé et des biscottes à l’heure de la rupture, ou juste de l’eau. Je suis ravie d’aller enfin totalement mieux. 


Maintenant que j’y pense, qu’est-ce qui nous empêche d’avoir des objectifs après Ramadan comme nous l’avons fait pendant ? Et si on essayait chaque nouveau mois de déterminer deux ou trois choses qu’on a envie de réaliser pour améliorer notre rapport au Créateur et acquérir la connaissance ? C’est une idée que j’ai envie d’explorer même si cette fois elle ne sera pas documentée dans un journal. Je vous encourage également à réfléchir à toutes ces choses que vous aimeriez continuer ou commencer après Ramadan in shaa Allah. 


Qu’Allah nous garde et nous aide à ne pas perdre tous les acquis de ce mois de Ramadan. 

Jour 28 : 21 Mai 2020 – L’engagement en tant que musulmans

Aujourd’hui, j’ai pris part à une rencontre en ligne avec Sobel Aziz Ngom, le fondateur de la Social Change Factory, qui organise le programme Voix des Jeunes. Il s’agit d’un programme de leadership qui amène des étudiants de différentes universités à réfléchir sur des thématiques, déterminer un problème dans une communauté et mettre en place une solution. Les différentes universités sont mises en compétition et passent devant un jury à la télévision. 

Cette année, il y a une innovation. Avec quatre autres jeunes ivoiriens actifs dans leurs communautés et domaines, nous ferons office d’ambassadeurs pour le programme. Chacun d’entre nous a rejoint une équipe et doit servir en quelque sorte de coach pour aider les étudiants tout le long de la compétition. Je fais partie de l’équipe de l’Université de Man et j’ai hâte de voir ce qu’on pourra faire ensemble. 

Au cours de cette rencontre en ligne, Sobel nous a partagé son parcours, ce qui l’a amené à créer la Social Change Factory. Il a parlé de son envie de réduire les inégalités sociales, d’aider les jeunes à être des créateurs de solutions dans leurs communautés et surtout d’amener les Africains à résoudre leurs problèmes eux-mêmes. Nous avons un engagement similaire et comme lui, je crois que tout passe par l’éducation. Mais cette séance d’échanges m’a amenée à penser à mon engagement en tant que jeune musulmane. 

Il y a quelques mois, j’ai été interviewée pour une radio islamique de la place. La journaliste m’a demandé pourquoi je n’avais pas associé mes actions à la religion. Pourquoi je ne relie pas directement l’islam aux activités du Centre. Je ne m’attendais pas du tout à la question mais les réponses m’ont eu l’air évidentes. Je ne pensais pas avoir la science nécessaire pour porter le flambeau de la religion jusqu’à un certain niveau et je pense que les solutions que j’apporte dans ma communauté sont nécessaires pour tout le monde, pas juste les musulmans. 

Je sais que mon voile et ma personne en elle-même parlent déjà pour moi en termes de mon appartenance à l’islam. J’ai déjà reçu pas mal de retours positifs du fait de voir une femme musulmane voilée être aussi active dans sa communauté. Mais ça n’a jamais vraiment été intentionnel. Je fais ce que je fais en espérant des mérites auprès d’Allah et en voulant être utile mais je ne me disais pas particulièrement que je voulais représenter la femme musulmane. 

J’ai toujours une petite crainte lorsqu’on m’invite à prendre la parole dans un cadre religieux. J’estime que j’en sais encore trop peu sur la religion pour avoir quelque chose à dire. J’ai appris toutefois avec le temps, que le peu que je sais peut être utile à certaines personnes. Mais je prends généralement le soin de ne parler qu’en mon nom et pour ce qui me dépasse, de donner des références.

Je crois également qu’on peut tous être engagés pour la cause de l’islam, même en le faisant dans des domaines a-religieux. Le club de lecture Lire, discuter et manger, n’est pas un groupe islamique. Pourtant, la majorité des membres le sont et en grande partie des jeunes femmes voilées. Je crois que cela est juste dû au fait que l’on attire ce qui nous ressemble. 

Le fait d’être engagée dans son domaine et de prendre la parole en public, montre à d’autres jeunes filles qu’elles aussi n’ont pas à être limitées par leur genre ou leur voile. Il en est de même pour des jeunes musulmans. Et même ce journal de Ramadan est une marque d’engagement pour moi. J’ai voulu faire ce que je sais faire le mieux, écrire, partager, en partant de mon expérience personnelle et je l’espère, sans prétention. 

On peut aussi être engagé auprès de ses amies, de sa famille. En fait, nous le sommes même tout le temps lorsque nous adoptons un bon comportement au quotidien parce que nous représentons tous notre communauté. Certains vont plus loin en étant membres d’associations islamiques, en donnant des cours coraniques, de langue arabe ou religieux. Vous pouvez aussi le faire en partageant des passages du Coran, des enseignements, etc. Allah voit nos actions et nos intentions et en tiendra compte. 

Que notre Créateur fasse de nous de bons exemples dans nos communautés et que nos bonnes actions effacent nos péchés.

Jour 29 : 22 Mai 2020 – La fin du voyage 

Mon amie a dit que cet épisode devait être spécial mais franchement je ne sais pas comment lui donner ce goût particulier. J’ai l’impression d’avoir tout donné pendant ce mois de Ramadan; je veux dire en termes d’écriture. Ce n’était pas la première fois que je me défiais d’écrire régulièrement mais c’est bien la première fois que j’y suis arrivée pendant un mois entier. 

Il y a eu des jours avec et des jours sans. Il est même arrivé que je note les grandes idées et que je n’attende qu’un jour ou deux plus tard pour écrire l’épisode. Mais je suis assez fière d’avoir tenu jusqu’au bout. Et je suis vraiment contente de tous les retours que j’ai eus, de ces personnes musulmanes et non-musulmanes qui prenaient leur temps pour me lire et m’encourager. 

Ce mois de Ramadan a été un très beau voyage avec moi-même et les autres. M’éloigner des réseaux sociaux, même s’il m’arrivait de jeter de rapides coups d’oeil parfois, a été l’une des meilleures décisions que j’ai prises. Sans cela, je n’aurais sans doute pas réussi à écrire 30 épisodes pour ce journal, et plus de 27000 mots au total. Cette désintoxication m’a également aidée à m’éloigner de certaines choses qui auraient pu interférer avec mes actes de dévotion. 

Écrire a été très utile pour mon introspection et ça m’a amenée à apprendre davantage pour avoir quelque chose à partager. Chaque fois que je le faisais, je synthétisais toutes ces nouvelles connaissances acquises et j’avais l’opportunité d’en discuter avec les autres et de m’enrichir davantage. L’écriture est sans aucun doute l’une des plus belles thérapies que je connaisse. Je vous souhaite d’en faire l’expérience. 

J’ai réappris l’importance d’avoir le Coran comme compagnon de vie au quotidien. C’est bien de le lire en français mais c’est mieux de pouvoir le faire dans sa langue d’origine et surtout de pouvoir le comprendre. J’ai clairement vu une nette différence dans ma vie, en essayant de le lire pendant au moins dix minutes tous les jours. Evoluer aux côtés de mes amies et recevoir l’aide de ma chère ustadha, a été l’une des plus belles expériences de ce Ramadan. Elles m’ont encore plus donné envie d’apprendre pour atteindre un meilleur niveau in shaa Allah. 

J’ai beaucoup parlé de mariage pendant ce mois, au point de saouler mes amies. Mais j’ai aussi pris énormément de plaisir à apprendre parce que je me suis rendu compte que j’ignorais beaucoup de choses sur le mariage selon notre religion. Comme l’apprentissage du Coran, c’est un voyage qui débute à peine et j’espère pouvoir vous en parler de temps en temps sur les réseaux sociaux in shaa Allah. En en faisant moins bien sûr parce que j’ai clairement abusé pendant Ramadan… 

Ceux qui me suivent sur Whatsapp m’ont vu pratiquer le sport de façon très régulière. C’est également l’une de mes plus belles fiertés. D’avoir tenu le rythme, même en jeûnant. Je ne peux que remercier Allah de m’avoir aidée à adopter cette habitude qui pourra contribuer à assainir mon style de vie in shaa Allah. De plus, plusieurs personnes m’ont dit qu’elles ont également été motivées à pratiquer le sport, la corde à sauter en particulier, en voyant mon engagement. Qu’Allah nous facilite la suite. 

J’ai mis un point d’honneur à éviter de citer des noms tout le long de ce journal mais je ne peux le terminer sans parler de ces personnes particulières qui m’ont accompagnée pendant ce voyage. Mes soeurs du groupe Oukhtys Djakouille, avec qui je prends plaisir au quotidien à avancer dans l’apprentissage de notre religion. Même si je ne vous le dis pas souvent, vous savez que je vous aime énormément en Allah. Kolo, Assia, Ahichatou, Latifa, Fatima, Mady, Sakina. Et Véro qui nous a rejoint dans le groupe Shahrul Qur’an. Vous êtes des perles et je prie qu’Allah nous réunisse au Paradis. 

Ma chère ustadha Maeva, que pourrais-je te dire que tu ne sais pas ? Ta présence a apporté tellement de positif dans ma vie, aussi bien pour ma foi que ma personne. Notre amour commun pour Nounou, Omar, Mufti et surtout Allah, n’a fait que renforcer nos liens au fil des années. Merci de m’inspirer au quotidien, par tes écrits, tes actes, et les nombreux liens Youtube qu’on s’échange. Tu es l’un des plus beaux exemples contemporains que je connaisse dans notre religion et je prie Allah de continuer à te guider sur le droit chemin. Qu’Il t’accorde les mérites de tous tes actes et les plus hauts degrés du Paradis.

Lalla, ma travel buddy. J’ai reçu tellement de menaces de mes autres amies à cause de toi que je ne sais pas si je devrais vraiment continuer à parler de toi. Mais bon, soyons suicidaires ! Cette année aurait dû nous voir explorer le Cameroun mais Allah en a décidé autrement. Pourtant, de la plus belle des manières, tu as encore été ma compagne de voyage pendant tout ce mois de Ramadan. Tu étais la première à lire mes textes comme toujours, et celle que j’ai le plus saoulée et que je saoule toujours avec mes émotions, ce que j’apprends et toute ma vie en général. Mais bien sûr, tu me le rends bien. Cette année, tu étais aux premières loges pour assister à ma transformation et je ne sais pas si elle aurait été effective si je n’avais pas ta plateforme pour dire tout et n’importe quoi. Qu’Allah nous permette de nous retrouver au Paradis pour nous remémorer tous nos voyages et ce mois de Ramadan en particulier. 

Allisson, tu ne t’attendras peut-être pas à voir ton nom ici mais tu as apporté une touche particulière à mon expérience avec ce journal. Ma vieille mère Befoune et toi m’avez profondément touchée en lisant le journal parce que j’ai compris que c’était une expérience qui allait au delà des personnes de ma confession religieuse. Merci pour tous tes messages et de m’avoir montrée que mes écrits étaient utiles. 

Befoune, j’ai la flemme de te dire merci. Si tu arrives ici, tu sais déjà tout. 

Les enseignants Nouman Ali Khan, Mufti Menk, Omar Suleiman et Rachid Eljay ne liront jamais ce journal mais je prie qu’Allah les récompense pour tout le savoir qu’ils nous partagent au quotidien. En particulier pour les nombreuses vidéos publiées pendant ce mois de Ramadan.  

Je ne pourrais pas citer tout le monde. Mais à toutes ces personnes qui m’ont lues, qui ont commenté le journal et partagé avec leur entourage, je vous suis reconnaissante. Qu’Allah vous bénisse et vous accorde ce que vos coeurs désirent et qui aura un impact positif dans votre vie. Merci à tous d’avoir pris part à ce voyage avec moi. 

Enfin, ce soir, je veux exprimer toute ma reconnaissance envers Al-Khaliq, le Créateur. C’est par Sa Grâce et seulement par Sa Grâce et Sa Miséricorde que nous voyons aujourd’hui ce dernier jour de Ramadan. C’est Lui qui nous a permis de vivre cette magnifique expérience aux cotés de nos proches et ce, pendant une période aussi trouble. J’ai réappris que tout arrive pour une raison et que sans le confinement je n’aurais sans doute pas vécu un Ramadan aussi particulier. J’ai appris 35 de Ses plus beaux noms et j’espère en apprendre davantage pendant les prochains mois in shaa Allah. Nous ne savons pas si nous verrons demain mais nous avons entièrement confiance en notre Souverain, Al-Malik. Je lui rends gloire pour m’avoir permis d’être sur un petit nuage pendant ces 29 jours de jeûne. Je prie que la fin de ce voyage marque le début d’un autre encore plus grand qui nous rapprochera davantage de Lui. 

Qu’Allah nous accorde encore d’autres mois de Ramadan entourés de ceux qu’on aime. Qu’Il pardonne nos péchés et les péchés de ceux qui nous ont précédés auprès de Lui. Qu’Il nous accorde les plus hauts degrés de Jannah et nous aide à continuer nos efforts pour être de meilleures personnes après Ramadan.

Eid Al-Fitr Mubarak ! 

Publié par

Passionnée de lecture, d'écriture, de voyages et d'éducation. Je rêve de transformer l'éducation en Côte d'Ivoire. De la rendre plus interactive et inclusive.

20 commentaires sur « Mon journal du mois de Ramadan 2020 »

  1. C’est un plaisir de vous lire j’avoue et je vous réitère mes encouragements. Rien n’est vraiment facile mais Tout est Possible quand On est déterminé. Bonne chance surtout dans ces objectifs que vous vous êtes fixés pour ce Ramadan. Qu’Allah Facilite cet apprentissage dans ce mois béni. Qu Allah Accepte Vos Duas formulés également.

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  2. J’avais oublié que tu avait dit que tu écrivait un journal. Ibraheem me l’a rappelé tout à l’heure et je suis venue directement tout lire. J’ai beaucoup appris. Te lire m’a aidée à structurer mes idées et mes sentiments actuels. J’en avait besoin. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais je me sens plus apaisée, plus motivée aussi à faire certaines choses. Qu’Allah te récompense. Je vais te suivre in shaa Allah jusqu’à la fin, Barak’Allahou fik 😘

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      1. Merciii tata Tchonte pour ce journal Allah nous accorde les merites de ce mois beni de Ramadan , pardonne nos peches et fasse de nous des musulmans pieux et sincères
        Cest toujours un plaisir de vous lire🙏🏽🙏🏽🥰

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  3. Chronique très inspirante ! Je me reconnais dans beaucoup de choses que tu décris. Je repars avec plein de nouvelles références : Honest tea talk entre autres que j’ai hâte d’aller écouter et The reason why qui me faisait de l’oeil depuis un moment haha
    Ça fait plaisir de lire une personne qui partage les mêmes problématiques que soi dans sa pratique de la foi et la même envie d’amélioration. Concernant le jeune surérogatoire, j’ai réussi a l’intégrer dans ma routine en m’imposant de le faire tous les lundi. Certes, inclure le jeudi serait bien également mais avec cela je réponds au moins à la sunnah des 3 jours de jeune par mois. Inscrire les pratiques comme habitudes c’est la clé dans tout apprentissage je trouve donc avoir des jours dédiés ou horaires dédiés pour lire, jeûner, faire du sport… Rend les choses beaucoup plus aisées.
    Tu m’as donné envie de mieux redécouvrir Nouman Ali Khan. L’imam Omar Suleiman est très inspirant également si jamais tu ne connaissais pas.
    Merci pour cette Chronique Tchonté ! Bon ramadan 🙂

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    1. Merci beaucoup Naida ! Ça pourrait être une très bonne idée de commencer par le jeûne du lundi pour moi et voir ensuite si je peux rajouter le jeudi in shaa Allah. Qu’Allah te récompense pour ton partage.

      Je connais l’imam Omar Suleiman même si je l’écoute moins que Nouman. Et en ce moment il a d’ailleurs une série très intéressante sur les anges. Je vais en parler dans le journal in shaa Allah.

      Bon Ramadan à toi également 😊

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  4. C’est toujours un plaisir de te lire, masha’Allah! Merci pour tous tes partages utiles, j’ai pris mon temps pour tout lire aujourd’hui. J’irai faire un tour sur toutes ces pages YouTube et ferai un effort de lire les e-book que tu as pris le soin d’insérer. Qu’Allah te rétribue de la meilleure des manières et bonne suite du mois de Ramadan. Salamou aleykoum

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  5. Merciii énormément pour tes articles🙏
    Je me posais la question avant de te lire
    Est ce qu’on peut vraiment faire les choses pour soi même? même lorsqu’on le prétend.
    Je le dis souvent très souvent je le conseille mais ce soir le doute à ce sujet à envaillir mon esprit pour des raisons assez personnelles qui m’ont vraiment faire réfléchir.
    Et j’ai voulu lire tes nouveaux articles et je me suis rendu compte de n’avoir pas lu celui sur  » la lutte contre les addictions »
    Et j’ai eu réponse à mon interrogation on peut faire les choses pour soi même.
    Mais comment savoir qu’on a fait telle chose pour nous même? Cette interrogation par contre me revient.
    J’ai compris que quand on le fait pour nous les préjugés ne nous disent pas grandes choses .
    Mais comment avant les préjugés et tout faisons nous pour savoir que « je le fais pour moi »?

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    1. Je me dit qu’on le sait si on le ferait même si personne d’autre n’était au courant. Qu’on le veuille ou pas, les autres peuvent avoir un impact sur nos décisions mais est-ce que sans leur regard on ferait ou pas certaines choses ?

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  6. Aid-El-Fitr Moubarak Tchonté!
    Je te suis sur insta et comme toi je m’en suis coupée pendant les 15 derniers jours environ et franchement ca fait un bien fou et j’ai super envie de continuer ainsi.
    Merci pour ce journal que j’ai lu au fur et à mesure, pour avoir couché ici tes pensées et nous avoir amené(e)s à prendre du recul sur nombre de choses.
    Qu’Allah accepte notre jeûne, qu’Il exauce nos duas, qu’Il continue de nous aider, qu’Il nous aide à renforcer les acquis de ce mois béni et nous aide à maintenir les bonnes résolutions !
    Qu’Allah t’accompagne dans tes projets et les facilite !

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  7. As salamuleykum, c’est un billet un peu vieux mais sacrément utile par sa richesse.
    Ma réaction fait suite à la lecture de « comment je suis devenue musulmane ? » de « mon journal de Ramadan 2020 ». Je suis tombé sur ton blog par curiosité après avoir écouté tes conseils concernant l’incitation des enfants à la lecture en 10 points. Vraiment convainquant ! Une partie de ton vécu qui ressort dans ces paragraphes incite à te lire davantage. Merci pour cette générosité. Qu’Allah nous assiste et nous rende meilleurs. J’ai des questions à poser si ce ‘n’est pas trop demandé.

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