Je soigne mon addiction aux réseaux sociaux.

Depuis 2020, je me déconnecte des réseaux sociaux pendant le mois de Ramadan. Ces 30 jours de jeûne digital m’aident à me concentrer davantage sur ma spiritualité. Malheureusement, une fois le mois terminé, je replonge très vite dans mes mauvaises habitudes. 

J’ai réalisé que j’étais accro à mon téléphone et aux réseaux sociaux en particulier grâce aux remarques de certains proches. Il m’arrivait de ne pas savoir de quoi parlait la personne en face de moi parce que j’étais trop occupée à répondre à un commentaire sur Facebook ou à un message sur WhatsApp. Le virtuel avait pris le pas sur ma réalité de manière considérable et je savais que je devais y remédier. Ma lecture de « Digital Minimalism » de Cal Newport est tombée à point pour démarrer 2022 avec une utilisation plus saine de mon téléphone. 

Internet et les réseaux sociaux sont indéniablement sources de nombreux avantages. Personnellement, ils m’ont permis de peaufiner mon écriture, de publier mes textes, de construire une communauté, de gagner de l’argent, d’avoir des dons pour mes projets et de faire de magnifiques rencontres. Mais ils ont également contribué à me rendre beaucoup plus distraite et même anxieuse par moments. J’ai de plus en plus de mal à passer plus de 30 minutes focalisée sur une seule tâche parce que je ressens le besoin quasi maladif de scroller Facebook, Twitter et Instagram

Cal Newport explique que cette addiction aux réseaux sociaux s’est développée avec la naissance de l’iPhone en 2007 et la démocratisation des smartphones les années suivantes. Avant, on pouvait certes passer plus de temps que nécessaire en ligne grâce aux ordinateurs, mais contrairement aux smartphones, on ne pouvait pas les emmener partout avec nous. Aujourd’hui, même à la mosquée ou à l’église, il nous arrive de jeter de rapides coups d’oeil à nos téléphones et de vouloir même capturer certains moments pour les réseaux sociaux plutôt que de vivre réellement l’instant présent. 

Non seulement nous ressentons le besoin de documenter tous les aspects de notre vie, mais en plus, à force de suivre de très près celles des autres, nous avons l’impression que tout le monde est plus heureux que nous, suscitant ainsi des sentiments de jalousie, d’envie, d’anxiété. Nous ne prenons pas toujours la peine de nous demander si ce que nous comptons poster est nécessaire ou si nous avons réellement besoin de savoir si X est en couple avec Y. Cette culture du voyeurisme est tellement ancrée dans notre quotidien que nous ne réalisons même plus que ce n’est pas normal de vouloir absolument tout savoir sur la vie des autres. 

J’ai compris en lisant « Digital Minimalism » que mes détox digitales échouaient parce que je ne prenais pas le temps de réellement analyser mon utilisation des réseaux sociaux. À la fin du mois de Ramadan, je me contentais de télécharger à nouveau toutes les applications que j’avais supprimées et je redevenais aussi accro que par le passé. Cal Newport recommande fortement de reconstruire notre relation avec la technologie en nous basant sur ce qui est réellement important pour nous, nos valeurs. En quoi est-ce qu’utiliser les réseaux sociaux peut nous servir concrètement et comment les utiliser de sorte à ce qu’ils ne nous deviennent pas nuisibles ?  

Je l’ai mentionné, internet m’aide à promouvoir aussi bien mon écriture que mon engagement dans ma communauté. Les réseaux sociaux m’ont permis d’avoir des dons matériels et financiers pour le Centre Eulis et de collaborer avec plusieurs marques. Cela veut dire que je peux continuer à les utiliser en me focalisant sur ces aspects particuliers. Je n’ai pas besoin d’être connectée H24 et d’être au courant de tous les buzz qu’il y a sur la toile. Par contre, je peux utiliser le temps que je passais à scroller sans but précis, pour lire davantage, écrire des articles de qualité, me concentrer sur mon travail ou juste passer du temps avec mes proches.

L’un des conseils que je tire de ce livre est de me connecter uniquement sur mon ordinateur afin de ne pas être constamment scotchée à mon téléphone. Après ma pause digitale en janvier 2022, je compte aller en douceur en téléchargeant uniquement Instagram parce que c’est plus compliqué à gérer sur l’ordinateur. Je déterminerai également des moments précis de la journée ou de la semaine, pendant lesquels je serai connectée de manière intentionnelle. En cas de besoin, je n’hésiterai pas à supprimer à nouveau Instagram ou à me déconnecter par moment si nécessaire, sans même attendre le mois de Ramadan. 

Je compte également écrire davantage sur mon blog en priorité, même si je continuerai de republier mes articles sur Facebook in shaa Allah. Befoune m’a souvent tapé sur les doigts parce que je publiais tellement sur les réseaux sociaux que je délaissais ma propre plateforme. Mon objectif était de toucher le maximum de personnes et je savais que Facebook était sans aucun doute le meilleur moyen de le faire. Malheureusement, cela voulait également dire que je faisais parfois moins d’efforts pour polir mes textes et que je ne publiais plus aussi souvent sur le blog. Pourtant, le changement des algorithmes, les crashs momentanés des réseaux sociaux et les bans de plus en plus fréquents de Facebook sont d’excellents rappels sur la nécessité de créer plus de contenus sur les plateformes qui nous appartiennent. 

Newport explique aussi que nous passons beaucoup de temps sur les réseaux sociaux parce que nous ne savons pas quoi faire d’autre ou que nous avons perdu l’habitude de faire des choses juste pour elles-mêmes sans avoir besoin d’en parler à nos followers. C’est important d’établir une liste d’activités plus utiles à réaliser pour remplacer ces moments en ligne. Cela peut inclure le bricolage, le jardinage, la cuisine, la lecture, l’écriture, le sport, des sorties entre amis, etc. Nous pouvons certes utiliser notre téléphone et les réseaux sociaux pour documenter nos passions ou activités mais le moins serait le mieux. Nous devrions surtout profiter de l’instant présent. 

« Digital Minimalism » aborde plusieurs sujets présentés dans le documentaire « The social dilemma » sur Netflix. Nous ne devenons pas accros aux réseaux sociaux par stupidité ou paresse. Les entreprises du digital se disputent notre attention et ont mis en place plusieurs stratégies pour que nous passions le plus de temps sur leurs plateformes. Ce n’est pas anodin si Youtube, Facebook, Instagram et Netflix nous permettent de regarder automatiquement des vidéos à la chaine sans avoir besoin de retourner dans notre fil d’actualité. Plusieurs fonctionnalités sont copiées après leurs introductions chez un concurrent parce que ces entreprises s’enrichissent grâce au temps que nous passons chez elles. Les ingénieurs derrière ces plateformes ont aussi la possibilité de manipuler nos pensées en nous exposant à des contenus précis. 

Certes, nous aussi pouvons nous enrichir grâce aux réseaux sociaux, mais si nous nous contentons de les utiliser pour faire comme tout le monde, il ne nous seront pas profitables. Comme le dit Newport, ces plateformes ont beau avoir des bénéfices, nous ne pouvons pas construire un empire comme Facebook si nous gaspillons du temps chaque jour en utilisant un service comme Facebook. D’ailleurs, bon nombre de riches et personnes influentes ont recours à des professionnels pour la gestion de leurs pages parce qu’ils sont trop occupés à vivre dans le réel ou qu’ils sont conscients des dangers auxquels nous nous exposons en vivant au rythme des likes et commentaires sous nos publications. 

Pour la première fois depuis des années, j’ai supprimé Whatsapp de mon téléphone. J’ai réalisé que ma détox digitale n’était pas complète parce que j’avais transféré une bonne partie du temps que je passais sur les réseaux sociaux, dans les conversations et stories Whatsapp. J’ai donc décidé de faire une pause d’une semaine au moins, en profitant du fait que je sois en congés et n’ai donc pas besoin d’être active dans les groupes du boulot. Le monde ne s’est pas arrêté parce que je ne scrollais pas frénétiquement sur les réseaux sociaux et que j’ai des messages et commentaires en attente. Cal Newport m’a rappelé qu’en réalité, les personnes qui ont vraiment besoin de me parler pourront toujours le faire à travers un message ou un appel traditionnel.

« Digital Minimalism » a été une délicieuse lecture qui m’a permis de mieux comprendre mon addiction mais aussi d’avoir des exercices pratiques pour me soigner. J’espère qu’il m’aidera à mieux utiliser les réseaux sociaux tout en produisant un contenu de meilleure qualité. 

Si vous avez également envie d’améliorer votre usage d’internet, vous pouvez commander le livre ici.

Publié par

Passionnée de lecture, d'écriture, de voyages et d'éducation. Je rêve de transformer l'éducation en Côte d'Ivoire. De la rendre plus interactive et inclusive.

10 commentaires sur « Je soigne mon addiction aux réseaux sociaux. »

  1. Un article très agréable et édifiant, qui retrace dans certains paragraphes, une partie de ma vie sur les réseaux sociaux. Étant encore étudiant, une bonne partie de mes économies je le dépense à acheter des forfaits internet et la plupart du temps je reste la tête baissée en train de filer le long de la toile, à lire un post.
    Pas que ça seulement, cette manière impact énormément sur ma façon d’écrire sur mon blog. À force de passer plus de temps sur les réseaux sociaux, je n’arrive plus à me concentrer afin de rédiger un article.

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    1. Effectivement, il faut pouvoir joindre l’utile à l’agréable sinon se déconnecter pour faire autres choses qui nous profite et permettent de profiter de nos proches. Merci à toi pour l’article !

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  2. Merci Tchonté pour ce résumé. Nous sommes tellement devenus addicts qu’il faut une cure pour la désintoxication. Je pense que je vais me procurer ce livre et faire preuve de discipline pour y arriver.

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  3. Excellent article Tchonté ! Difficile pour une accro de ne pas se retrouver dans ces lignes.
    Ca fait des lustres que j’essaie de m’éloigner des réseaux sociaux sans succès. En 2015, je l’ai fait mais je ne considère pas cela trop dans la mesure où je n’étais pas devenue autant accro qu’en 2020-21. Je me disais qu’au lieu de me déconnecter, je pouvais en utiliser de manière « utile ». (Utiliser de manière utile, je ne sais si ça se dit mais voilà. rire)
    J’avais d’abord commencé par lister les comptes qui me semblent utile de par leur contenu, très souvent en rapport avec mes projets personnels. Mais à longue, j’ai compris que ça devenait de plus en plus compliqué. Que le plus important, c’était vraiment moi d’abord. J’ai donc finalement décidé cette année de faire un break (Fin Janvier- Fin Mars_voir Avril peut-être). Cependant, j’ai supprimé que mon appli Facebook car c’est là que je passe la plupart de mon temps. Ce temps de scroll, je veux pour ces mois, le consacrer à la lecture, qui est mon autre passion. Travailler sur moi, m’améliorer, mon style d’écriture, etc,.
    Autre bénéfice, c’est l’économie. Je ne calcule pas combien je pouvais mettre dans du forfait par semaine ou par mois. Cet argent pourrait servir à l’achat d’autres livres. #22Livreslus en 2022, c’est mon challenge !

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  4. Merci infiniment pour ce partage Tchonté . Comme d’habitude l’article est très agréable à lire et m’a interpellé sur mon addiction amon telephone. Je vais me dépécher de me procurer ce livre.

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  5. Article vraiment pertinent, aujourd’hui les réseaux tuent la jeunesse plus que les maladies. Avec l’avènement des chinois c’est pire même, d’ici dix, le niveau des élèves va baisser et c’est à ce moment qu’ils vont savoir que c’était une perte de temps et s’ils consacraient ce temps à la lecture et des recherches, ils seraient des grands entrepreneurs. C’est vraiment dommage pour la jeunesse africaine.

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